Esquisses de paix et de progrès social (Première Révolution)

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  Allez, foin des anarchistes poseurs de bombes, et des têtes empalées/guillotinées/tranchées avec l’instrument approprié, nos révolutions n’ont heureusement pas été que des boucheries.  

  A ce sujet, je voudrais dire qu’on ne fait pas forcément la révolution dans les rues, entouré de barricades, face à des militaires… Ca, c’est ce qui s’appelle du combat de rues. Ca peut certes faciliter la révolution – la transition d’un régime à un autre – mais c’est aussi prolixe, en matière judiciaire… ben, qu’une balle justement. 

  Alors restons-en pour un moment au législatif, à ce que la politique peut faire pour le peuple, au moins la première fois où on lui en a vraiment laissé l’occasion ( mais sans les femmes, bien sûr… on peut être révolutionnaires et misogynes… )  

  Pour narrer ces premières réformes, je convoque ici l’ami Hugo, qui les a couché sur le papier de manière flamboyante. C’est emphatique, certes, mais c’est sincère et cela reste très exact. Une de nos très belles pages de littérature : 

  « En même temps qu’elle dégageait de la révolution, cette assemblée produisait de la civilisation. Fournaise, mais forge. Dans cette cuve où bouillonnait la terreur, le progrès fermentait. (…) La Convention promulguait ce grand axiome : La liberté du citoyen finit où la liberté d’un autre citoyen commence ; ce qui résume en deux lignes toute la sociabilité humaine.   

  Elle déclarait l’indigence sacrée ; elle déclarait l’infirmité sacrée dans l’aveugle et dans le sourd-muet devenus pupilles de l’Etat, la maternité sacrée dans la fille-mère qu’elle consolait et relevait, l’enfance sacrée dans l’orphelin qu’elle faisait adopter par la patrie, l’innocence sacrée dans l’accusé acquitté qu’elle indemnisait.  

  Elle flétrissait la traite des noirs ; elle abolissait l’esclavage. Elle proclamait la solidarité civique. Elle décrétait l’instruction gratuite. (… ) Elle créait les conservatoires et les musées. Elle décrétait l’unité de code, l’unité de poids et de mesures, et l’unité de calcul par le système décimal. Elle fondait les finances de la France, et à la longue banqueroute monarchique, elle faisait succéder le crédit public. 

  Elle donnait à la circulation le télégraphe, à la vieillesse les hospices dotés, à la maladie les hôpitaux purifiés, à l’enseignement l’école polytechnique, à la science le bureau des longitudes, à l’esprit humain l’institut. En même temps que nationale, elle était cosmopolite.

  Des onze mille deux cent dix décrets qui sont sortis de la Convention, un tiers a un but politique, les deux tiers ont un but humain. Elle déclarait la morale universelle base de la société et la conscience universelle base de la loi. »

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