La mauvaise bonne surprise

  Un détail me fait halluciner, sur ce blog, et servira peut-être d’introduction intéressante : Il s’agit des statistiques détaillées, qui décrivent assez précisément les articles que toi, ami lecteur, tu as tendance à consulter. A ce sujet, le score est sans appel : De loin, le post « le business de l’identitarisme », semble le plus populaire. Consulté environ 150 fois par semaine (vingt fois plus que les autres ), il arrive devant « Nicolas Sarkozy bat-il sa femme ? », qui cartonne également.

  Ce qui m’embête un peu, ami lecteur, je dois te l’avouer… Car l’un s’est finalement trompé ( je pensais que Le Pen ferait un score haut en 2007 ), tandis que l’autre n’était là que pour contrer le blackout officiel, ce qui a son utilité, mais n’était finalement pas si politique que ça…

  Malgré tout, ces scores sont indicatifs. Les bad guys semblent avoir toujours la cote, et c’est ce qui motive, entre autres, cet article. Revenons-en au sieur Le Pen. Si son score finalement faible, en 2007, peut sembler, de prime abord, de bonne augure pour la « démocratie », comme on dit (encore que pour moi, il s’agisse d’un parti légitime, je ne suis pas sectaire), nombreux sont ceux qui souriront jaune, en constatant qu’évidemment, ses voix se sont reportées massivement sur l’UMP…

  Alors, le FN est-il mort ? J’aurais tendance à penser, plutôt, que ce parti est en sommeil, mais que 2012, voire 2017, peuvent voir sa renaissance. La question du leadership y est cruciale, évidemment, et c’est là que j’en profiterais pour faire mon mea culpa. En examinant les scores du FN, jusqu’en 2002, on ne voit qu’une courbe ascendante : il était donc logique, après l’entrée « surprise » de Le Pen au deuxième tour de la présidentielle, que ses troupes veuillent « poursuivre le combat » ; pourtant, c’est un effondrement qui est survenu. Pourquoi ?

  En premier lieu, il faudrait distinguer, grossièrement, différents types d’électeurs frontistes : ceux qui veulent (voulaient ?) réellement que Le Pen prenne le pouvoir, de ceux pour qui le leader n’est qu’un « message de premier tour » ; c’est sans doute ceux-ci qui ont, en 2007, largement lâché leur favori. Au vu de l’élection présidentielle de 2002, et du score finalement très bas du FN au deuxième tour, le doute n’était plus vraiment permis : même en finale, Le Pen avait bien peu de chance de l’emporter. Pourquoi parier sur lui, alors ? C’est ce que j’appelle « la mauvaise bonne surprise » ; tandis que le FN fêtait sa semi-victoire, il n’a pas réalisé que celle-ci n’était pas voulue par une grande partie de ses électeurs ! Ces derniers n’ont, alors, pas réitéré l’expérience. En prenant en compte la participation, bien plus forte, l’effet s’est multiplié.

  D’autres facteurs ont joué, évidemment : l’âge, bien entendu, surtout face à la « jeunesse » de Sarkozy. Mais d’autres facteurs sont plus rassurants, objectivement : ainsi, de nombreux électeurs anciennement frontistes n’ont pas, mais alors pas du tout, apprécié que Le Pen fasse référence aux origines « non-françaises » de Sarkozy… quelle ironie ! Les électeurs d’un parti « raciste » choqués précisément par des arguments xénophobes ! Mais il y a, encore, d’autres facteurs qu’il faut prendre en compte : la paresse du FN, par exemple.

  En effet, les campagnes 2002 et 2007 de ce parti ont été très différentes. La première, sans espoir de succès, a été mené tambour battant, au gré de très nombreux meetings, face à des rivaux qui souffraient d’un certain manque de charisme : Jospin, Chirac. Là où Le Pen faisait mouche contre le « Grand Jacques », il a fait flop contre Sarkozy, qui n’a pas le même passif, et qui disposait d’un discours finalement bien plus proche du sien… Mais le FN ne s’en est pas aperçu, pas tout de suite, du moins. Pire, le leader frontiste a accentué les défauts de sa campagne, en se reposant sur ses lauriers : il l’a avoué lui-même, il n’a pas fait beaucoup de meetings. Pourquoi donc ?

  Parce que, pour la première fois de son Histoire, Le Pen a été considéré, en 2007, comme un candidat légitime par les médias français – avant de se faire exploser, évidemment. Malheur aux vaincus… Nonobstant, on lui a ouvert, avant sa défaite, les portes des studios de télévision, qui lui étaient auparavant closes. Coincé dans le confort des interviews, auxquelles il n’est pas habitué, le vieux leader s’est adouci – ce qu’on a appelé la stratégie du « FN light ». Il a été, ainsi, jusqu’à se faire l’apôtre des animaux, dans un clip de campagne, jusqu’à se prétendre de « centre-droit »… alors que son adversaire, lui, durcissait le ton. Tentant de se rétablir, Le Pen a tapé sous la ceinture –et s’est tiré une balle de plus dans le pied.

  On voit donc que le score du FN, en 2007, n’est finalement pas lié à une baisse réelle des sentiments « agressifs et xénophobes » de certains français, mais est plutôt lié à certaines circonstances. La « divine surprise » de 2002, pour reprendre les mots du leader frontiste (piqués à Maurras, à propos de Pétain, d’ailleurs…) a engendré un contre-effet en 2007. Corollaire : la « bonne nouvelle » de 2007 (d’un point de vue « républicain », s’entend) risque de n’être également que passagère… en cas de changement de direction, par exemple…

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