Injustices dans le traitement des vendeurs d’artifice

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  Je souhaite rapporter ici un constat assez pointu d’un commerce en particulier : la vente de feux d’artifices, « pétards », et autres articles pyrotechniques. Exercice ardu s’il en faut car la plupart des français ne me semblent pas connaître les différentes réglementations en vigueur, lorsqu’ils ne se servent pas de leurs fusées « comme dans les dessins animés » (en les plantant dans le sol par exemple, comme des piquets, ou en allumant un soleil sur la table de leur cuisine).

  Etrangement, malgré donc ce qu’on pourrait penser de prime abord, ce ne sont pas tant les « graines de délinquants » qui se font des guerres de pétards ou (plus dangereux) de chandelles lance-boules qu’il faut craindre en premier, mais bel et bien les comportements parfois demeurés ou bien trop confiants de familles qui ont l’air tout-à-fait normales, et qui sont les premières à faire n’importe quoi avant de lire la notice. 

  Cette introduction mettra en avant l’un des points importants de la présentation que je tente de faire : OUI, l’artifice est dangereux par nature. La poudre noire explose, le carton se crève, les fusées filent très vite, les chandelles crachent des boules de feu. C’est un fait. Pour autant, doit-on se priver d’un instrument traditionnel s’il en est de la célébration populaire, doit-on en quelque sorte « priver le peuple d’un de ses jouets », qui n’était déjà autorisé que quelques jours par an, pour suivre les directives autoritaires d’un Ministère de l’Intérieur et d’un Ministère de l’Industrie qui ont peu à peu établi, dans ce domaine, un réseau inextricable et incontournable de décrets sécuritaires absurdes et injustes ?  

  Pour bien faire comprendre la situation, je vais devoir vulgariser un peu ce sujet en donnant la classification (heureusement fort simple) des artifices en France : 

  K1 correspond aux « petits pétards » qui peuvent être achetés par des mineurs, ainsi qu’à du tout petit artifice (pour donner un exemple, seules les plus petites fusées sont classées dans ce domaine)  

  K2, déjà, est réservé aux majeurs. C’est l’agrément le plus varié en définitive, on y trouve à peu près tous les types d’artifices et de pétards, y compris des compacts déjà assez imposants. 

  Pour utiliser de l’artifice du groupe K3 et supérieur, il est nécessaire de faire la demande auprès de la mairie, et de respecter encore plus scrupuleusement les règles basiques de la prévention ( pas de public à moins de quinze mètres des pièces, par exemple ). On trouve dans ce groupe des compacts ( tableaux ) de la classe supérieure, et des bombes ( artifice projeté par mortier, qui fait « l’effet palmier » ) d’assez gros calibre.  

  Le groupe K4 nécessite, pour l’utiliser et l’acheter, l’agrément de la mairie et une licence d’artificier. 

  On voit d’après cette brève présentation que le secteur de l’artifice est déjà très classifié et que l’achat et l’utilisation des pièces ne sont pas facilités. J’ajoute que dans le groupe K1, les pétards sont encore subdivisés en articles autorisés pour les moins de seize, douze, dix et huit ans. Quelle est, ou plutôt quelle était, la situation en France face au respect de ces réglementations ? C’est là que se trouve le nœud secret de ce problème légal et financier : Dans les entreprises officielles et déclarées qui pratiquent la vente de ces articles, déjà, la situation est très difficile (j’y reviendrais plus tard), MAIS il faut prendre en compte tous les supermarchés, stations-services, bureaux de tabac et solderies qui, à l’approche des fêtes, bradent ces articles. 

  La comparaison entre ces deux « types » de commerce est très intéressante : Alors que les uns déclarent leur stock, sont astreints à une limite, à un point d’eau situé au maximum à une dizaine de mètres, à des caisses en métal pour le stockage et des présentoirs agréés (et hors de prix) pour la vente, les seconds… n’ont rien. Aucune sanction, rien, on les laisse tranquillement vendre leurs pétards dans des conditionnements à moitié déchirés, accessibles au ras du sol ou au comptoir par n’importe quel gamin, et vendu à n’importe qui (cher, en plus), sans souci de l’âge…

  Le résultat ? Des commerces spécialisés qui périclitent et tout un secteur du commerce français qui est sacrifié aux vendeurs de sacs tout fait en supermarché, qui sont des arnaques caractérisées à mon humble avis (une belle boîte pour trois artifices et deux fusées fabriquées en Chine…). Le résultat ? Nos fêtes, de ce 31 Décembre au 14 juillet, ont perdu de leur éclat et un peu de leur joie. Le résultat ? Des petits commerçants compétents qu’on harcèle jusqu’à ce qu’ils cessent leurs activités, sous couvert de respect des décrets ministériels et de la lutte contre le terrorisme, tandis que les terroristes peuvent se servir sans problème en poudre noire dans des solderies, et les gamins en énormes pétards qui leur arracheront la main. Les adultes, eux, iront se faire arnaquer dans des supermarchés. 

  Je sais que ce sujet peut sembler puéril ou mineur à certains, mais il est à la croisée des directives sécuritaires de Sarkozy, et du bien-être de la population française, et montre bien les dérives du système : le marché est devenu faussé, dangereux, réservé aux incompétents fraudeurs et dur envers ceux qui s’étaient pourtant déjà astreint à de très nombreuses normes de sécurité. Aujourd’hui, c’est autour de la « matière active » que se joue la désertification des marchands d’artifices; on ne les laisse plus en garder sur l’ensemble de leurs produits qu’une quantité infime, pour les forcer à arrêter leur commerce. Mais aucune sanction ou aucun contrôle à l’horizon pour les vendeurs occasionnels… 

  J’ajoute que certains gros distributeurs ont été rachetés par des firmes majoritairement américaines, y compris dans d’autres secteurs du domaine de la « fête », avec également des conséquences absurdes (les nouveaux « propriétaires » font des choix irraisonnés dans les produits qu’ils tuent et ceux qu’ils conservent, détruisant des particularités qui assuraient jusque là leur succès). Enfin, pour rester sur le domaine de l’artifice, que les « gros contrats » types feux de mairie pour le 14 juillet par exemple, sont inaccessibles à de nombreux artificiers car les appels d’offre sont truqués, comme de nombreuses activités en mairie, réservés à des entreprises qui ont su bien se faire voir des administrateurs, plutôt que d’être compétitives et compétentes.     

5 Réponses à “Injustices dans le traitement des vendeurs d’artifice”

  1. yohanlavigne dit :

    « Je suis la mère de Yohan Lavigne et je lance un appel à ceux qui voudraient signer la pétition pour éclaircir la mort d’un jeune homme de vingt ans. Car l’on prétend un suicide par pendaison, alors que son corps ne porte que des traces de coups. Puis sur la soit disant lettre d’Adieu, il y a une autre écriture que celle de Yohan, certifié par analyse graphologique. Et l’on a voulu faire incinérer mon fils en usurpant mon identité. Je ne veux que la vérité et si vous voulez m’aider à l’obtenir grâce à une vraie enquête, ne serait ce que pour ne pas prendre le risque de laisser des assassins en liberté, alors signez la pétition qui se trouve en bas de page ou le lien ci-dessous vous amène. Si vous avez déjà signé merci. Sinon une fois fait, le lien pour la confirmation de votre signature arrive de suite dans votre boite de réception, si ce n’est pas le cas dites moi le. merci. http://www.altermonde-levillage.com/spip.php?article10516 Si vous voulez en savoir plus : http://yohanlavigne.unblog.fr Mon mail : helenebourt@hotmail.fr

  2. renoust dit :

    Curieusement, je retrouve le sens de mes propres réflexions dans mon métier de caviste. Les contraintes, voire les multiples contrôles qui nous sont imposés, ne le sont pas en grande distribution.
    La dérive qui touche tout le petit commerce au profit de grands groupes sera chèrement payée par le consommateur qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez… Quand ILS seront seuls sans concurrence, nous assisterons à un concert trop tardif de larmes médiatiques…
    Meilleurs voeux

  3. emmanuelle dit :

    bonjour, je suis d’accord avec vous pour l’usage des pétards

    les bureaux de tabac peuvent en vendre comme ils veulent et sans contrôle de l’age de l’individu

    monf ils de 11 ans avec son camarade de 9ans ont pu acheter plusieurs gros pétards( avec lesquels comme vous dites ils auraient pu s’arracher la main) interdit aux mineurs en plus d’autres pétards plus petits

    et pour couronner le tout le buraliste leur a donné deux boîtes d’allumettes gratuitement

    selon moi l’utilisation et la vente de pétards devrait tout simplement être interdite a des mineurs

  4. emmanuelle dit :

    bonjour, je suis d’accord avec vous pour l’usage des pétards

    les bureaux de tabac peuvent en vendre comme ils veulent et sans contrôle de l’age de l’individu

    mon fils de 11 ans avec son camarade de 9ans ont pu acheter plusieurs gros pétards( avec lesquels comme vous dites ils auraient pu s’arracher la main) interdit aux mineurs en plus d’autres pétards plus petits

    et pour couronner le tout le buraliste leur a donné deux boîtes d’allumettes gratuitement

    selon moi l’utilisation et la vente de pétards devrait tout simplement être interdite a des mineurs

  5. jrdf dit :

    Chère Emmanuelle,

    Vous versez dans l’extrême inverse, à mon avis… les restrictions imposées par la loi sont déjà suffisamment contraignantes. Le problème est, comme j’ai essayé de l’expliquer avec cet article, qu’elles ne sont pas appliquées également selon les points de vente ; à titre d’exemple, les « chandelles » – des tubes qui envoient des boules de feu – sont à présent interdites aux mineurs, exceptées les plus petites (10 boules non explosives, de faible calibre). En pratique, dans les magasins non-agréés, elles sont vendues sans états d’âme, à n’importe qui…

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