Une histoire de consultants…

  J’en profite pour mettre également en ligne certains des amendements/idées que j’ai défendus lors de la démocratie participative, et lors du processus récent de préparation du prochain congrès.

  Parmi ces propositions, celle-ci me semble clairement la plus dangereuse et la plus puissante, d’un point de vue démocratique; elle n’en sera que plus difficile, hélas, à populariser et, éventuellement, à appliquer.

  Tous les plus grands travers de la politique viennent de là : la corruption. Les politiciens modernes usent d’un terme plus obscur, moins choquant : le lobbying. Là où la collusion d’intérêts entre l’Etat et certains entrepreneurs (en théorie, parce qu’en pratique nous avons depuis longtemps franchi le pas) est interdite par la Loi, le fait qu’un parlementaire puisse recevoir en toute légalité un salaire d’un industriel, en tant que « consultant », est bien peu connu.

  C’est pourtant une réalité. Voyons les effets du lobbying, dans le monde : Aux Etats-Unis, les lobbys des armes à feu, du tabac, des anti-avortement ou des pétroliers ont déjà, maintes fois, fait pencher la balance des votes au moment voulu, au Congrès. En Amérique du Sud, les expropriateurs de paysans payent les politiciens pour couvrir leurs basses-œuvres. Trop loin ? En Italie, Berlusconi a illustré à la perfection comment les intérêts industriels (médias, sport…) pouvaient influencer une élection. En France, les lobbys de l’amiante ont freiné les recherches sur sa nature cancérigène pendant quarante ans, les lobbys des pesticides ont envahi les organes de décision depuis 1945, et à présent on voit comme la réaction peut être vive, à droite, lorsqu’on pose la question des OGMs en plein champ.

  Ma proposition consiste, simplement, à interdire à un parlementaire le droit de devenir consultant extérieur dans une entreprise. On pourrait imaginer qu’au moins, on puisse lui interdire de s’allier ainsi avec certains lobbys : ceux en rapport avec la santé, notamment. Mais en pratique, évidemment, il est immensément dur de faire passer une telle idée : d’abord parce que nombre de politiciens sont également des hommes d’affaires, ou des scientifiques, et qu’ils ont besoin de rémunération lorsqu’ils ne sont pas élus; mais surtout parce que ce principe engendrerait toujours autant d’affairisme, mais encore plus secret cette fois.

  La seule solution, pour faire appliquer de telles idées, consiste à établir un office de contrôle des parlementaires, qui irait vérifier l’application de ces dispositions. Pas si français que ça, hélas…

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