Un requin s’échappe ?

  Excellent article de L’Express, que je relaye ici… Charles Pasqua. Tout un personnage… Dire qu’une bonne partie de ses méfaits sont avoués, parfois à mots couverts mais tout de même, dans son bouquin « Ce que je sais ». Hélas, les gens ne lisent pas, même un livre avec un titre aussi explicite…

  A noter que notre beau pays peut s’enorgueillir d’avoir fait acte de justice sur son fils, ainsi que sur quelques autres gros poissons, qui écoperont de peines de prison allant du sursis à deux années de prison ferme. J’oubliais les quelques centaines de milliers d’euros d’amende… pour des affaires de trafic d’armes et de détournement de fonds, atteignant les millions d’euros. La France est décidément un pays très sévère.

  Quant au requin en chef, à 80 ans, on doute qu’il lui arrive quoique ce soit de vraiment fâcheux. N’allons cependant pas accuser trop vite le pouvoir en place : Au contraire, la mise en examen du « tonton flingueur » hume bon la vengeance d’Etat. Pour les connaisseurs, Pasqua et Sarkozy ont effectivement connu un conflit, à l’époque où ce dernier lui a piqué la mairie de Neuilly. Pasqua avait juré de ne jamais pardonner… Notre Président dégaine, décidément, plus vite que son ombre.

 

Personnage emblématique de la droite française, Charles Pasqua, jugé pour la première fois en correctionnelle lundi à Paris, annonce qu’il ne répondra pas aux questions sur l’accusation de financement illégal de sa campagne électorale pour les européennes de 1999.

Devant le tribunal, son avocat, Lef Forster, a d’emblée expliqué que son client, âgé de 80 ans, ne répondrait à aucune question du tribunal sur les faits car il s’estime victime d’une violation de ses droits fondamentaux.

Selon lui, le dossier, qui doit être jugé pendant un mois, relève en effet de la seule Cour de justice de la République (CJR), juridiction compétente pour les actes ministériels.

Le sénateur, mis en examen au total dans sept dossiers, n’est donc venu à la barre, démarche lente, mains derrière le dos et visage impassible, que pour répondre à l’interrogatoire sur son identité et sa carrière politique « aussi prestigieuse que controversée », selon l’expression du président du tribunal Jean-Louis Kantor.

Charles Pasqua a déclaré aux magistrats 8.000 euros de revenus mensuels et a expliqué que son parti, le Rassemblement pour la France (RPF) était aujourd’hui « en sommeil ».

Six de ses proches comparaissent à ses côtés, dont Michel Tomi, 60 ans, patron d’un empire de jeux de hasard en Afrique de l’ouest, sa fille Marthe Mondoloni, 38 ans, présidente du PMU gabonais, l’avocat Edgard Vincensini, 53 ans, Daniel Romo, 59 ans, Gilbert Musiquian, 76 ans, et Robert Assadourian, 73 ans.

Michel Tomi et son associé Robert Feliciaggi, assassiné en Corse en mars 2006 , auraient, selon l’accusation, échangé l’autorisation d’exploitation du casino d’Annemasse (Haute-Savoie) – délivrée en avril 1994 par Charles Pasqua, alors ministre de l’Intérieur, – contre un financement illégal de son parti, le RPF.

SIX AUTRES DOSSIERS

Charles Pasqua avait délivré l’autorisation contre l’avis de ses services qui lui avaient signalé les liens possibles entre les deux hommes et le « milieu ». Michel Tomi et Robert Feliciaggi ont revendu le casino d’Annemasse dès 1995, réalisant une plus-value de vingt millions de francs (trois millions d’euros).

Une somme de 7,5 millions de francs (1,14 million d’euros), don par lui-même illégal selon l’accusation, a ensuite été versée en 1999 par Marthe Mondoloni, elle-même candidate sur le liste RPF, à l’association de financement de Charles Pasqua pour les élections européennes.

Les prévenus nient toute corruption et expliquent qu’il s’agissait d’un prêt et non d’un don. La partie du dossier visant l’autorisation d’ouverture du casino ayant été confiée à la CJR, la défense conteste en outre ce découpage juridique. Elle demande le renvoi du procès.

Ancien résistant, ancien cadre de la société Pernod-Ricard, fondateur du Service d’action civique (SAC), le bras armé controversé du parti gaulliste, ministre de l’Intérieur en 1986-1988 et 1993-1995, Charles Pasqua est considéré comme un personnage-clef de la droite sous la Ve République.

Il fut proche de Nicolas Sarkozy, auquel il a cédé la présidence du conseil général des Hauts-de-Seine, juste avant de devenir sénateur de ce département en 2004, avec l’appui de l’UMP.

Le risque de prison est quasiment nul pour lui, grâce à ces fonctions parlementaires qui interdisent toute mesure coercitive comme le mandat de dépôt, la garde à vue ou le contrôle judiciaire, sauf avis contraire du bureau du Sénat ou condamnation définitive, après appel et cassation.

Outre l’autre partie de ce dossier « Annemasse », deux autres affaires de corruption présumée remontant à la période 1993-1995 sont instruits depuis 2004 à la CJR.

Il sera en outre jugé l’an prochain dans le dossier d’un trafic d’armes vers l’Angola. Enfin, les deux derniers dossiers, relatifs à de présumés pots-de-vin perçus du régime de Saddam Hussein et à ses rapports avec l’homme d’affaires libanais Iskandar Safa, sont encore à l’instruction.

Laisser un commentaire

WADE - Président - |
la vérité |
Mohamed Fouad Barrada |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | sarkosy un espoir pour la f...
| Sylvie Trautmann
| optiqueslibérales