Comparatif santé privée / santé publique

  En ces temps de réforme au Venezuela, tout en me documentant encore sur le référendum en question, dont les résultats ne devraient pas tarder à paraître, je suis tombé sur cet article émanant du site www.legrandsoir.info , ma foi très touchant. (Encore un site que je vais rajouter à mes favoris, tiens…) Il rapporte l’aventure d’un journaliste au Venezuela, lorsque sa compagne et lui se sont sentis mal en plein reportage.

  Enjoy !

  Ma compagne se plaint de fortes douleurs abdominales à deux heures du matin. Nous allons donc dans une clinique privée. Elle, elle a la chance d’avoir une police d’assurance privée, donc nous partons confiant. Arrivés à la clinique, ils la placent en observation le temps d’appeler l’assurance et de vérifier que celle-ci remboursera les frais médicaux. L’assurance mettra plus de 4 heures à répondre. Lorsque les médecins, enfin sûrs de pouvoir être rémunérés, daignent s’occuper de ma compagne, je leur fis remarquer que si le mal avait été plus grave, elle serait sans doute morte durant ces 4 heures d’attente. Leur réponse à ma préoccupation fut très claire. Ils ont appelé les vigiles chargés de la sécurité de la clinique, et je me suis fait jeter dehors. Oui, oui, dehors, pas d’une discothèque, mais de la clinique où mon amie était hospitalisée. Ma compagne va bien, elle vous embrasse.

Donc, lorsque vint mon tour d’avoir des ennuis de santé, je suis allé sans réfléchir dans une clinique publique de Barrio Adentro. Dans le taxi qui m’emmenait à la clinique ’Salvador Allende’, je me demandais un court instant si les médecins cubains allaient me soigner avec le couteau entre les dents ou plutôt rangé dans le fourreau, à la ceinture. En fait, j’ai pas vraiment eu le temps de regarder car à peine 15 minutes après mon arrivée, ils me faisaient une radio et je passais devant le médecin-chef qui fut formel : ’Vous restez en observation, on vous opère demain’. J’ai eu beau leur expliquer qu’ils avaient dû se tromper, qu’une opération n’était peut-être pas justifié, en fait n’importe quelle excuse pour cacher ma trouille de passer sur le billard. Eux aussi, ils ont été très clairs. Mais alors que leurs collègues vénézuéliens de la clinique privée m’avaient foutu dehors alors que je voulais rester, les cubains m’expliquèrent qu’ils ne me laisseraient pas partir ainsi, et me mirent en confiance quant à l’opération du lendemain. Je suis resté hospitalisé 5 jours, soit un jour de plus que Djamel. Le traitement des infirmier(e)s m’a paru exceptionnel ; même la bouffe était bonne, préparée avec des produits frais provenant des supermarchés d’Etat Mercal. J’ai vu travailler l’équipe cubaine, ça ne doit pas être facile de travailler aussi dur. Au fond de mon lit, j’en étais épuisé pour eux. Au bout de 5 jours, et alors que je m’apprêtais à partir, un médecin me rattrape. L’image des 2000 euros me passa par l’esprit. ’Tiens, tu as oublié tes médicaments pour tes trois semaines de repos, et n’oublies pas de repasser toutes les semaines pour faire une radio’. Un peu honteux d’avoir pensé à la facture, je suis reparti avec les médicaments. On ne m’a pas demandé un centime. Juste mon nom, que la réceptionniste a d’ailleurs mal orthographié. Quand je suis arrivé chez moi, m’attendaient mon lit et l’ordre ’castro-communiste’ de formellement y rester. J’ai acheté le journal. Ultimas Noticias, le plus lu du Venezuela, celui là même que l’organisation politique internationale Reporters Sans Frontières juge ’contrôlé par le chef de l’Etat vénézuélien’. Dans les premières pages, sous forme d’une publicité d’une pleine page figurait un pamphlet appelant à ’Renverser la Réforme’ fait par un leader d’opposition. Outre l’appel aux universitaires, aux Forces Armées Nationales, aux élus du Peuple à ’renverser la réforme constitutionnelle’ (un référendum ne se renverse pas, il se gagne par les urnes, les linguistes apprécieront), on pouvait trouver cette petite perle : ’Ce régime humilie les Vénézuéliens en important des médecins étrangers aux salaires élevés alors que le Venezuela a accouché de nombreux médecins illustres au service du pays et de l’humanité’. J’ai pensé à Djamel, à ma compagne et à l’équipe cubaine de la clinique de Barrio Adentro. Ca m’a attristé ce mensonge outrancier publié dans les media. Et pourtant je suis rodé. Et puis ça m’a énervé, mais je ne pouvais pas m’énerver, je devais me reposer. Alors, j’ai souhaité 5 minutes, juste 5 minutes, être Vénézuélien pour pouvoir voter contre ce cynisme, contre cette ’réalité virtuelle’, pour voter contre l’opposition vénézuélienne au prochain referendum sur la Réforme Constitutionnelle. Et puis je me suis calmé. Je me suis dis qu’il fallait que je me repose si je voulais écrire cette chronique sitôt remis. Et je me suis rappelé que j’étais Français, et qu’à moi, quand mon gouvernement veut changer la Constitution, il ne me demande rien.

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