Les chômeurs se font taper sur les doigts

Source : AFP

Des associations de chômeurs et des syndicats ont dénoncé vendredi une « stigmatisation » croissante des demandeurs d’emploi, alimentée selon eux par les appels répétés du président Sarkozy à des sanctions plus fortes en cas de refus d’emploi ou de fraudes.

Le chef de l’Etat a en effet préconisé jeudi des sanctions pour les chômeurs qui refuseraient deux offres d’emploi.

Le 6 septembre, il avait déjà jugé « pas normal qu’on refuse un emploi qui correspond à votre qualification, parce que ce sont les autres qui paient » et appelé au lancement d’un « gigantesque plan national contre la fraude », comme s’il s’agissait de deux phénomènes liés.

Cet appel de M. Sarkozy intervient alors que les partenaires sociaux sont amenés à définir le caractère « acceptable » d’une offre d’emploi lors de futures négociations, et que le Sénat doit entamer mercredi l’examen du projet de loi sur la fusion ANPE-Unedic.

En réalité, des sanctions existent depuis une loi de 2005. En 2006, selon l’ANPE, 22.000 personnes sur 4,5 millions inscrites à l’Agence ont ainsi été sanctionnés pour refus d’emploi, de formation ou insuffisance de recherches.

Mais M. Sarkozy juge cette situation insatisfaisante et en octobre, un rapport parlementaire estimait que le système français de contrôle des chômeurs était « complexe et faible », citant en exemple la Grande-Bretagne.

Quant à la fraude, autre phénomène visé par M. Sarkozy, elle résulte principalement d’escroqueries organisées et non de chômeurs individuels cherchant à abuser du système. Ainsi, l’Unedic a perdu 140 millions d’euros sur plusieurs années dans 32 affaires, alors qu’elle a versé sur la seule année 2006 23 milliards d’euros d’allocations.

Réagissant aux propos du président, des associations de chômeurs et syndicats ont dénoncé une nouvelle « stigmatisation » des chômeurs.

Bernard Van Craeynest (CFE-CGC) s’est dit vendredi sur France Info « profondément gêné » par la « démarche » du chef d’Etat : « on procède par la stigmatisation de différentes catégories sociales qui seraient à considérer comme des nantis (…): tantôt les fonctionnnaires, tantôt les ressortissants des régimes spéciaux, aujourd’hui les demandeurs d’emploi ».

La CGT a dénoncé un « discours cynique et méprisant au plus haut niveau de l’Etat », instaurant « une double peine pour les chômeurs » : « au traumatisme subi de la perte de son emploi s’ajouterait celui de devoir accepter une sous-qualification ou une dégradation de ses conditions de vie ».

Pour Marc Moreau, de l’association AC!, cette « agitation idéologique » vise à faire accepter des « emplois précaires ou saisonniers, aux salaires très bas, dans des zones excentrées ».

Thierry Bailly, de l’Apeis, se demande pourquoi serait « acceptable le principe de contrôle des chômeurs, alors qu’il n’y a aucun contrôle des placements financiers des entreprises », aux conséquences pourtant très lourdes.

M. Sarkozy « peut présenter cela comme il veut, cela s’appelle taper sur les chômeurs », s’indigne le comité CGT des chômeurs.

Une mouture provisoire du projet d’accord relatif au marché du travail, que les partenaires sociaux vont tenter de conclure le 10 janvier, précise qu’une « offre valable d’emploi » doit tenir compte « de l’ancienneté dans le chômage, du parcours professionnel, de l’expérience, de la formation, de l’ancienne rémunération et du lieu de résidence ».

Quant à la fusion ANPE-Unedic, elle pourrait conduire à une confusion dangereuse entre les personnes qui contrôlent le suivi de la recherche d’emploi et celles qui décident des allocations, préviennent certains syndicalistes.

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