posts de février 2008


Deux pourcentages

  39% d’opinions positives pour Sarkozy en février.

   82% de français qui réprouvent son comprtement personnel.

  Ca commence à faire beaucoup, non ?

Désirs d’Avenir sauve l’honneur (3)

  Troisième (et pas encore dernière) partie de cet article consacré au dernier débat Désirs d’Avenir.

  Nous en étions restés sur la question du logement. Selon l’un des animateurs, il ne s’agit ni d’une idée de gauche, ni d’une idée de droite. De même, celui-ci met en avant un phénomène certes assez curieux : celui d’un antagonisme assez sensible entre la proportion de propriétaires et l’état de démocratie. En effet, les trois pays européens qui comptent le plus de propriétaires sont la Serbie, l’Albanie et le Montenegro ! En fait, la situation peut être expliquée ainsi : la propriété est souvent le fait d’une élite, d’une oligarchie en bref. Ce n’est évidemment qu’une portion de la question, mais elle est là, et bien là.

  De même, en Espagne, on observe que la grande proportion de propriétaires a des effets pervers… puisqu’elle ne laisse, dès lors, que peu de logements disponibles pour les « jeunes » ! De cela, découle une nuptialité tardive, qui ralentit le taux de fécondité, sans compter les désagréments dus à la simple promiscuité.

  Les socialistes proposent, dès lors,de réformer le droit de préemption sur les logements. A titre d’information, je fais ici un copier-coller qui resitue l’état actuel de ce principe :

1 - Je viens de louer un logement, mon bailleur souhaite le vendre, suis-je prioritaire pour l’acheter ? 

En principe non, car vous ne bénéficiez d’un droit de préemption qu’à la fin de la durée de votre bail (initial ou renouvelé) et sous réserve que le bailleur respecte un préavis de six mois lorsqu’il vous adressera un congé pour vente.

Deux exceptions  (voir questions 3 et 4):

  • si votre bailleur est propriétaire de tout l’immeuble (sous certaines conditions);

  • s’il s’agit de la première vente de ce logement après la mise en copropriété de l’immeuble dans lequel il est situé. 

3 - Je suis locataire d’un logement relevant de la « loi de 1948″, mon propriétaire qui possède tout l’immeuble, souhaite vendre les logements par lots. Est-ce que je bénéficie d’un droit de préemption ? 

Oui. Lors de la première vente du logement après la  mise en copropriété de l’immeuble, tout locataire bénéficie d’un droit de préemption au titre de l’article 10 de la loi du 31 décembre 1975.

Ce droit de préemption ne constitue pas un congé pour vendre.

Ce droit concerne aussi tous les locataires d’un local  à usage d’habitation.

4- Je suis locataire d’un appartement situé dans un immeuble appartenant à un seul propriétaire. A la suite de son décès, ses héritiers veulent vendre l’immeuble. Quels sont mes droits?

Si l’immeuble comprend plus de 10 logements et que le propriétaire veut le vendre en intégralité en une seule fois, le locataire bénéficie d’un droit de préemption pour acquérir le logement qu’il occupe sauf si l’acquéreur s’engage dans l’acte notarié à poursuivre la location pendant les six années qui suivent la vente.

  Facile à comprendre, non ? Les socialistes veulent que le locataire puisse, systématiquement, faire appel à un droit de préemption, lorsque son logement est vendu par son propriétaire. Voilà. Continuons… 

  Vient ensuite une intervention qui détaille certains principes du développement durable. A quoi correspond-il, en principe, hormis le célèbre tri sélectif ? Comment les solutions sont-elles mises en oeuvre ?

  Il s’agit, notamment, de penser en amont à la maintenance d’un système (ce qu’on appelle le « coût différé »), afin d’éviter de toujours tout transférer sur les usagers. Evidemment, il est également question d’économiser l’énergie et la terre (le foncier), ainsi que toutes les ressources non-renouvelables. Pour cela, il est nécessaire de former et d’informer, même et surtout les élus !

Une application concrète est intéressante à étudier : celle de la cogénération. Il s’agit d’utiliser, par exemple, la chaleur perdue dans une transformation, afin d’alimenter un autre système. Godin, du CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) a ainsi utilisé le refroidissement de l’eau d’une usine afin de pourvoir en eeau chaude une piscine pour ses ouvriers !

Le débat a ensuite dérive sur la question de l’équité fiscale. Ainsi, on s’aperçoit que Trmblay et Villepinte reçoivent les retombées économiques de l’aéroport de Roissy, alors que les habitants de Sevran, eux, ne touchent rien !

Un intervenant a, par la suite, épinglé violemment la gestion générale (donc y compris à gauche) de certaines « zones » administratives, qu’il a qualifié de « poubelles » – citant en exemple le Nord de la France, particulièrement décrépi.

Le jugement des petits patrons

J’ajoute à cette dépêche, qui relate un sondage pessimiste -mais fort logique – l’avis d’un patron de PME, qui confirme cet état de fait.

PARIS (AFP) – Une grosse majorité des dirigeants de petites entreprises françaises (moins de 50 salariés) jugent que l’action du gouvernement est restée sans effet sur leur activité, selon une enquête TNS (NYSE: TNS – actualité) -Direct pour Companeo (guide d’achat de services et d’équipement pour l’entreprise).

Interrogés sur l’impact de l’action du gouvernement sur l’activité de leur entreprise, 68% estiment qu’elle est restée sans effet, selon cette enquête envoyée mercredi à l’AFP. Seuls 8% d’entre eux estiment que l’effet a été plutôt positif, alors que pour 16%, il a été plutôt négatif.

Les dirigeants restent réservés sur l’impact de l’action gouvernementale attendu en 2008 : la moitié (50%) estime qu’elle sera sans effet, 18% pensent qu’elle sera négative, contre 11% qui jugent qu’elle sera positive.

Par ailleurs, parmi les enjeux jugés les plus importants pour la vie de leur entreprise en 2008, « la hausse du pouvoir d’achat » est plébiscitée par 63% des personnes interrogées, suivie par le « développement durable » (51%).

Viennent ensuite « la parité hommes/femmes » (36%), « les nouvelles lois sociales sur le temps de travail » (35%), « l’embauche et la formation des jeunes » (34%). « Le développement du marché à l’export » arrive en dernière position (15%).

Enquête réalisée par téléphone du 23 au 29 janvier 2008 auprès d’un échantillon de 500 entreprises françaises de moins de 50 salariés.

Je fais partie de ce genre là de patrons. Et je me tue à le répéter.

La vérité c’est que nous n’intéressons pas Sarkozy, qui n’a absolument rien fait pour les PME, car il ne peut pas toucher d’argent dessus. Seules lui importent les entreprises faisant partie du monde de la finance via la bourse. Car là les financiers peuvent faire des profits.

De toutes façon, la croissance est là pour les riches qui spéculent et pas pour nous qui suons.

En ce qui concerne les « charges » — mais ne devrait-t-on pas parler de « cotisations » plutôt, ceci afin de cesser de propager la propagande des financiers — elles ne pénalisent qu’une seule sorte d’entreprise … celles qui se mettent en concurrence directe avec celles qui ont déjà délocalisé.

Et l’avenir de l’entreprise en France ne passe pas par ces entreprises là.
Si on doit demain rivaliser avec les salariés chinois, c’en est fini du marché intérieur français, donc de la croissance, … le marché immobilier va s’écrouler, et ce sera la révolution à plus ou moins court terme …
C’est toute l’incohérence que porte cette logique de développement.

Les PME françaises doivent se concentrer sur des activités à forte valeur ajoutée non délocalisables.
Là est l’avenir de l’économie française.
Et surtout dans l’environnement.

Une histoire de policiers en banlieue…

  4000. C’est le chiffre avancé par Sarkozy, afin de renforcer les Groupes d’Intervention Rapide en « banlieue » (comme s’il n’y avait pas de problèmes dans les autres villes de France… enfin…).

  Mes lecteurs savent que je ne suis pas mauvaise langue. Un renfort policier, c’est toujours ça de pris pour assurer la protection du peuple. Lorsque le Président dit que « le premier devoir de la République est d’assurer la sécurité des citoyens », c’est évidemment vrai et juste. Encore qu’on pourrait trouver d’autres « priorité des priorités », question de goûts sans doute, mais fondamentalement, rien n’est possible sans ordre établi. Non ?

  Ce qui tourne nettement moins à l’avantage de Sarkozy, en revanche, derrière cette jolie phrase pompée dans les manuels et les affiches des services policiers français, c’est la question des méthodes, et de la répartition. Les policiers eux-mêmes (il suffit de visiter le forum des GPX) réclament une remise à plat des effectifs. Ceux-ci étant gardés secrets (vachement démocratique, pour le « premier devoir de la République », hein ?), on ne peut que se fier à des fuites. Le Canard, il y a quelques temps, évoquait ainsi le fait que quatre fois plus de policiers (plus de 12000) sont déployés dans le 92, par rapport au 93 (environ 3500). Edifiant, non ? Comment assurer l’ordre lorsque les départements les plus « criminogènes » sont également les moins bien dotés ?

  Dans ce contexte, un renforcement des moyens parait, somme toute, une bonne manière de résorber ces inégalités territoriales. Notons que par rapport à la risible proposition de MAM (30 policiers volontaires), l’annonce de Sarkozy est tout de même 133 fois supérieure. Mais est-elle suffisante ? Je viens de donner quelques chiffres. Quand on imagine que plus de 12 000 policiers sont en service dans le 92, que valent des effectifs de 4000, répartis dans toute les « banlieues » ?

  Bon point cependant, ce sont des GIR. L’une des bonnes idées, indéniablement, de Sarkozy période ministre de l’Intérieur; qu’il n’avait pas vraiment développé d’ailleurs, malgré son caractère novateur (en gros, cela a surtout été une mesure d’affichage). Les GIR sont composés de gendarmes, de policiers, d’agents du Fisc, et de fonctionnaires des douanes. Une bonne synergie de forces donc, qui réduit sensiblement les guerres entre les services.

  Ce qui me chagrine un peu, en revanche, c’est que pour avoir du porter plainte récemment, je m’aperçois que nos polices ne sont toujours pas au point au niveau du rapport humain. Sarkozy a préféré compter sur des « citoyens volontaires » bénévoles pour assurer la prévention, et le soutien des victimes. Pourquoi pas ? Sauf que c’est toujours autant le parcours du combattant pour déposer une plainte, en France… et à ce sujet, rien ne semble avoir été franchement entrepris. Vous voulez le détail, rien que pour une agression ?

  D’abord, évitez la police municipale, s’il y a une police nationale à proximité. Vous économiserez du temps. Ensuite, pour déposer plainte dans ce contexte (agression), il faut fournir un certificat médical délivré par un hôpital. Bonne chance pour en trouver un lorsque vous venez de vous faire tabasser. Revenez au poste après cela. Si un officier (dit « de quart ») est là – de 10H à 19H généralement – il pourra, après que vous ayez enregistré votre déposition (c’est généralement très long), vous donner une réquisition (sans quoi la plainte ne sert à rien). Après cela, il faudra encore faire établir un autre certificat médical auprès d’un Centre Médico-judiciaire, revenir encore. Rajoutez bien quinze-vingt minutes dans chaque administration, pendant lesquelles on vous laisse poireauter tout seul… voilà, en gros, à quoi ressemble notre système actuel. La sécurité, « premier devoir de la République » ? Certes. Lorsqu’on n’est pas en train de saigner à mort…

Une histoire de « Shoah »

  Ami lecteur, ne m’en veux pas d’exprimer un avis peut-être iconoclaste sur la question de « l’holocauste », mais il reflète une logique historique indéniable… Sarkozy vient de dévoiler l’une de ses nouvelles grandes idées communautaristo-larmoyantes : l’obligation pour chaque élève de CM2 de connaître le nom et l’histoire d’un enfant juif français déporté lors de la seconde guerre mondiale.

  Ce qui m’embête là-dedans, en premier lieu, c’est la bonne vieille tactique sarkozienne de l’argument imparable. Comment s’opposer à cela ? Mon bon monsieur, vous êtes donc antisémite ? Vous n’aimez pas les enfants ? Vous ne trouvez pas cela important, peut-être ?

  Première règle d’or de la communication, rappelons-la encore : ce qui concerne les enfants intéresse PARTICULIEREMENT les électeurs. Pourtant, on peut penser que cette fois, Sarkozy va peut-être un peu trop loin; d’abord parce qu’il impose cet exercice à des élèves de 10 ans; ensuite parce que s’il y a bien une période de l’Histoire qui est étudiée à l’école, c’est celle de la seconde guerre mondiale ! Enfin, parce que cette proposition, annoncée juste avant un vote important, devant le lobby religieux du CRIF (appelons un chat un chat), laisse un goût assez morbide et, pire encore, électoraliste, en bouche.

  Ce qui me permet de développer mon point de vue sur la question. Je n’aime décidément pas qu’on emploie le terme « Shoah » ou « Holocauste ». Pourquoi ? Parce que, de mon point de vue, c’est simplificateur et dangereux. Ces deux termes renvoient, premièrement, à des notions religieuses; « Shoah » est un mot juif; or, les nazis n’ont pas tué que des juifs… Occulter cet état de fait, même involontairement, par un mot « spectaculaire » ou par un autre, me choque profondément. C’est oublier les homosexuels, les résistants, les personnes handicapées mentales, les tziganes, les communistes, les francs-maçons, les artistes dérangeants pour le pouvoir… réduire cette boucherie massive au sort des juifs me semble ainsi très faux, même si, c’est certain, ce peuple a payé la plus lourde part dans ces horribles agissements. Est-ce une raison pour en faire un monopole ? Pour reprendre le fil de la proposition récente du Président, seuls les enfants juifs déportés ont-ils droit à ce que l’on honore leur mémoire ? N’est-ce pas les discriminer encore un peu, à titre posthume, que de les isoler ainsi ?

  Ensuite, je trouve cela méchamment dangereux. D’utiliser les termes « Shoah » et « Holocauste ». Le raisonnement est ici, peut-être, plus subtil : Attacher des termes religieux aux déportations nazies, c’est leur reconnaître un statut exceptionnel, quelque chose comme un évènement.

  Désolé, mais tuer des gens et les enfermer dans des camps pour s’approprier leurs possessions, je ne vois pas ce que cela a d’original. Or, en créant des termes spécifiques, quelque part, on « mythifie » ces atrocités… les pogroms n’ont-ils jamais existé ? Les anglais n’ont-ils pas utilisé des camps de concentration lors de la guerre des Boers ? Qu’ont bien pu inventer les nazis, si ce n’est qu’ils ont pu massacrer pendant des années ? Et c’est là le point crucial, à mes yeux, qu’il faudrait enseigner, justement, aux enfants : que les nazis n’étaient pas investis d’une « mission », comme nombre de leurs cadres ont pu l’avouer par la suite; que toutes ces tueries n’avaient que deux buts : Le fric et la peur. Mais surtout le fric. Imaginez ce que représentent les possessions accumulées d’au moins six millions de personnes !

  C’est de cela qu’il s’agit. Les nazis s’en sont mis plein les fouilles en capitalisant sur des haines… ils ont posé la question de l’expropriation LEGALE d’un individu, de son assassinat et plus loin, du sort réservé à des communautés entières. N’est-ce pas un peu différent de la version officielle, selon laquelle « Hitler était fou et a fait tuer des juifs ? »

Panafieu fait son intéressante

  Voilà, c’est l’info inutile du moment… Panafieu, déjà larguée dans les intentions de vote, décide de faire parler d’elle. La voici donc qui s’enfonce en maniant l’insulte… Heureusement, Delanoë n’a pas donné suite, et comme il fallait s’y attendre, c’est bien l’attaquante qui subit le poids de ses dénigrements. Bien fait pour elle ! Panafieu est une catastrophe… La gauche ne pourra jamais assez la remercier de mener une campagne aussi stupide et bouffonne. Et je n’écris pas cela dans un esprit partisan ! Nonobstant le « tocard », notons que son slogan est bizarre (« le maire de l’essentiel »), ses idées soit volées à l’adversaire, soit complètement imprécises. Panafieu peut attaquer le tramway un jour, et s’en réclamer le lendemain… pas de réjouissance hâtive cependant, car le scrutin à Paris est particulier, et la droite y est encore très puissante… mais franchement, parti politique excepté, qu’a fait cette femme pour se parer d’une telle morgue ?

 Comme disait tonton Asimov dans Fondation, « La violence est le dernier refuge de l’incompétence ».

Comment porter plainte contre le fascisme européen ?

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(4 février, comité d’accueil du public devant le Congrès de Versailles) 

  Je relaie ici la procédure engagée par près d’un millier de citoyens français, auxquels je compte bien me joindre, afin de porter plainte contre l’absence de référendum, ou d’une quelconque consultation (même parlementaire, au niveau européen) à propos du  »nouveau » traité qui va bientôt lier les destinées de 27 peuples. Comme vous pourrez le lire sur ce site : http://www.29mai.eu/index.php?option=com_frontpage&Itemid=1 , la plainte initiée (et financée) collectivement repose sur la transgression d’au moins trois articles des précédents traités européens, qui garantissent les droits des citoyens de l’Union.

  Alors, s’il te plaît, ami lecteur, ne te laisse pas décourager, ne te laisse pas conduire à l’abattoir sans lutter… Certes, il est possible que ce procès aboutisse à un échec, mais nous n’avons rien à y perdre qu’un peu de temps et d’investissement initial (pas de dommages et intérêts à payer en cas de défaite), et il semble que cette procédure soit la seule et dernière porte de sortie qu’il nous reste…

  Bref, on a besoin de tout le monde sur ce coup-là, et c’est très important. Je ne pourrais mieux l’exprimer.

Une (très grave) affaire de SMS…

  Décidément, la politique vole bas sous le règne de notre cher Président… Tout le monde a entendu parler de ce fameux texto qui aurait été envoyé, une semaine avant son remariage, à son ex-femme, lui assurant l’annulation de sa nouvelle union si elle daignait revenir… Evidemment, le JRDF comptait bien ignorer superbement cette « nouvelle », qui n’était au pire qu’un ragot sans fondement, au mieux une affaire privée absolument pas politique – et donc, de notre point de vue, exempte d’intérêt.

  C’était sans compter avec la réactivité de notre représentant suprême… qui vient de déposer une plainte guère sympathique pour « faux, usage de faux et recel » à l’encontre du journal et du journaliste coupables de cet abus d’information (un terme que je viens d’inventer, mais qui ne devrait pas rester dans son tiroir à l’orée des pratiques actuelles de l’UMP…) Résultat des courses ? Les responsables encourent une peine de trois années de prison… ce qui charge, tout de suite, cette nouvelle d’une importance politique non-négligeable.

  Alors ? Qui a raison ? Qui a tort ? Notons que Ayri Routier, le journaliste du Nouvel Observateur à l’origine de ce qui peut, à présent, passer pour un bon gros scandale à l’ancienne, maintient sa version des faits. Vu le risque encouru, c’est un geste indicatif… admettons, un instant, que cette « révélation » soit exacte. L’équation devient, dès lors, très simple : deux personnes seulement peuvent avoir fait fuiter ce texto : Nicolas Sarkozy, ou Cécilia… comme on peut innocenter le premier (à moins de lui reconnaître une sévère schizophrénie dissociative…), ben voilà, on peut présumer que ce gros « plouf dans l’étang » représente une vengeance de son ex-femme, voire de son nouveau mec. Elle n’aura peut-être pas apprécié les bouquins sortis dernièrement sur elle… et voici (aha jeu de mots involontaire) comment une affaire complètement people peut devenir un véritable scandale à la tête de l’Etat. Car, si le journaliste du Nouvel Observateur parvient à prouver l’authenticité de ce fameux SMS (par exemple en citant sa source), c’est bien notre Président qui se retrouvera coupable de calomnie !

  Certes, son immunité diplomatique (qu’il devait virer d’ailleurs, soit dit en passant…) lui épargnera dès lors de funestes conséquences judiciaires, mais tout de même, cela ne fera pas très sérieux, du point de vue de sa crédibilité… (déjà qu’il a récemment menti sur la transparence de son état de santé…)

MAM face aux méchants terroristes d’extrême-gauche

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  Ce qu’il y a de bien avec la droite française, il faut le reconnaître, c’est qu’on n’est jamais déçu, en matière de chasse aux sorcières; L’UMP semble, effectivement, douée d’une capacité infinie de stigmatisation et d’alarmisme. Après les jeunes, les chômeurs, les « fonctionnaires privilégiés » et les immigrés, voici que le pouvoir en place s’attaque aux vils gauchistes terroristes (fraudeurs et voleurs, il va sans dire…). Peut-être un contrepoint à la récente et gênante affaire des policiers fachos qui se sont fait arrêter pour avoir proféré des insultes racistes et antisémites, entrecoupées de saluts hitlériens, dans un bar parisien ?

Source : LCI. 

La ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a dit « craindre » en France le « terrorisme d’extrême gauche« , qui viendrait s’ajouter, selon elle, aux risques terroristes « d’Al-Qaïda, d’ETA ou de Corse« . Invitée du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, la ministre a souligné qu’elle réunissait chaque semaine « tous les responsables de la lutte antiterroriste en France pour suivre avec eux les différentes formes de terrorisme, terrorisme islamiste, terrorisme de l’ETA, terrorisme Corse et risques terroristes d’extrême gauche« .

A cet égard, elle a mentionné deux interpellations « le 14 et le 16 janvier (qui) nous ont fait arrêter des gens en possession de matériels, de produits, qui peuvent servir à faire des bombes et sur la dernière nous avons trouvé dans la voiture des manuels pour fabriquer des bombes, nous avons trouvé des plans« . S’appuyant sur « leurs déclarations, les papiers qu’ils avaient en leur possession« , la ministre a assuré que les quatre personnes interpellées pouvaient être reliées à l’extrême gauche.

« Dans notre histoire, chaque fois que les partis extrêmes sont considérablement affaiblis nous voyons se créer des groupuscules beaucoup plus radicaux qui dans un certains nombre de cas sont passés à l’acte, nous l’avons vu avec les brigades rouges« , a estimé la ministre de l’Intérieur. Aussi « c’est quelque chose que je crains parce que la situation redevient celle-là« , a affirmé Michèle Alliot-Marie. « La réalité aujourd’hui est en train de me donner raison : ces groupuscules qui, il y a quelques mois, se contentaient d’invectives et de provocations sont ensuite passés à des cocktails Molotov« , a-t-elle conclu.

Municipales : Un candidat indépendant pour le 13e

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  Je profite de ce que la section de ce blog consacrée aux « indépendants » de la politique n’est pas tellement développée, pour composer un article sur un candidat aux municipales que je viens de découvrir, et qui m’a fait une bonne impression.

  Evacuons d’emblée les considérations les plus clichées : Félix Wu est un français d’origine chinoise, et il se présente dans le 13e arrondissement de Paris, surnommé « le quartier chinois »; voilà qui est fait. Cela a-t-il une importance ? Certes, bien que représentant environ plus d’un million de citoyens, les français d’origine asiatique ne disposent d’aucun élu. Il ne faut pas s’en abstraire; mais nos fidèles lecteurs savent que le JRDF ne supporte pas du tout le communautarisme, ou alors en se forçant lorsqu’il s’agit de rééquilibrer un minimum les choses (je me suis, personnellement, récemment converti à la discrimination positive, parce que dans un monde idéal on ne devrait même pas en parler, mais que nous ne vivons pas dans un monde idéal…).

  Arguons simplement, pour clore cette délicate question, qu’un asiatique ne représentera pas forcément les intérêts des asiatiques, comme jadis des Noirs ont soutenu le système de l’Apartheid (eh oui…); si les volontés politiques des gens étaient inscrites sur leur visage, ça se saurait, non ?

  Donc, intéressons-nous à la personne, et à son programme. Le logiciel de Félix Wu est simple, certes, mais il a le mérite d’exister, de se retenir facilement, et de piocher un peu dans tous les camps. De gauche comme de droite donc…. et personnellement, ça ne me gêne pas, d’autant plus dans le cadre des élections municipales. Vous pouvez le consulter ici : http://www.vuedu13.com/ 

  L’homme (restaurateur de son état) souhaite ainsi réorganiser le plan de circulation du 13e, faire construire de nouvelles places de stationnement, créer et soutenir un pôle marchand, développer au maximum les crèches, améliorer les services de voirie (notamment par l’utilisation de produits d’entretien écologiques), mettre en place des services de traduction afin de faciliter les démarches administratives… plein de petites idées, que les graaands idéologues trouveront sans doute « ras-les-paquerettes », mais que je trouve intéressantes (connaissant un peu le 13e, elles mes paraissent notamment adaptées à la situation).

  Alors, c’est sûr, ami lecteur, comme tu pourras en juger sur cette vidéo, http://www.scoopeo.com/politique/felix-wu-le-premier-candidat-asiatique-a-se-presenter-aux-municipales-a-paris , le candidat essuie les plâtres, enchaine les « euh » lors de sa première prestation publique, et axe une partie non négligeable de son discours sur la communauté chinoise ; cependant, ses réflexions sont documentées et, à mon humble avis, pertinentes, et son billet consacré au communautarisme, sur son blog, remet en place ses détracteurs (il s’y amuse qu’on l’accuse de ne s’occuper que des intérêts d’une portion du 13e, alors que sa liste ne comprend qu’un cinquième d’ »asiatiques », et brasse toutes les origines en respectant à peu près les proportions de l’arrondissement…) ; et puis, moi je le trouve sympathique, ce monsieur Wu, encore une fois pas parce qu’il est « un-représentant-d’une-communauté-discriminée », mais parce qu’il va à la rencontre des électeurs, très simplement, dans la rue, qu’il reconnait publiquement que son expérience politique est relativement fraîche, poussant même jusqu’à avouer, dans cette vidéo de sa fameuse « première prestation publique », que sa liste sera ouverte, et que pour l’instant « il est tout seul », déclenchant ainsi une vague d’hilarité sympathique dans le public.

  Voilà. Cet homme gagnera, ou perdra peut-être, c’est une autre affaire, et on sait que la politique électorale n’est pas forcément un gage de justice, mais quelque part, je retrouve dans ce candidat la fraîcheur, la spontanéité, en bref la naïveté dans son sens le plus positif, que devraient avoir tous ceux qui font le choix de consacrer leur temps et leur vie à aider leurs concitoyens. Disons qu’en 1871, ce monsieur Wu aurait eu de grandes chances d’être élu à Paris…

Municipales : Martinon non non…

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  Ce pauvre David Martinon, (encore ?) porte-parole de l’Elysée de son état, n’en finit plus de déchanter… après avoir affronté une bronca des électeurs de Neuilly, qui a progressivement fait passer ses intentions de vote au premier tour en-dessous de celles de son rival de droite autodésigné, Jean-Christophe Fromantin, le voici tout simplement lâché par sa famille politique, fils de Nicolas Sarkozy en tête… les temps sont durs, pour les technocrates parachutés.

  Il faut les comprendre, ces UMPistes qui viennent d’opérer une sacrée volte-face… Neuilly est un coffre-fort. La ville la plus riche de toute la France; Qui voudrait perdre un tel pactole ? Alors, après tout, on n’en est plus à une trahison près… Remarquez que personnellement, je ne sympathise pas pour autant avec le bonimenteur officiel de l’Elysée, mais tout de même, ce revirement est tellement emblématique des méthodes de la droite française… Aucune conviction, aucune loyauté, aucun courage : toujours se placer dans le sens du vent !

  Ultime clou dans le cercueil, histoire de bien nous marrer, le fameux Fromantin a récemment déclaré qu’il n’avait pas encore accepté de prendre contact avec l’UMP ! Même s’il ne renie pas un probable accord, « entre gens civilisés », le voici qui en profite pour lâcher : «Quand je vois ce qui s’est passé ce week-end… hier, tout le monde disait que Martinon était le meilleur, et en l’espace de 24 heures et d’un sondage, tout vole en éclats. Ce n’est pas sur des bases comme ça que l’on construit un projet politique sérieux». Aaaah… la vengeance…

  On peut donc douter de l’indépendance future du monsieur, mais juste pour le plaisir, ce serait tout de même bien drôle de penser que l’UMP puisse se retrouver, in fine, le bec dans l’eau à Neuilly…

Ayaan Hirsi Ali plaide pour sa survie

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  Intégrisme islamique, encore et toujours… les personnalités politiques qui font valoir une position « modérée » ou « hostile » face aux lois et aux pratiques de certaines formes de l’Islam (rappelons que cette religion comporte au moins une quinzaine d’écoles de pensée), n’en finissent pas d’être menacées… ou tout simplement exécutées. Ainsi, Ayaan Hirsi Ali, ex-députée néérlandaise, demande actuellement l’aide de la France, et du Parlement européen, afin de pouvoir financer sa protection. Je ne suis personnellement pas d’accord avec toutes les paroles de cette femme, qui ont souvent versé dans l’outrance – assimilant notamment Mahomet à un « pervers » et à un « tyran » (ce qui n’a pas beaucoup de sens dans le contexte de l’époque), et se référant à l’Islam comme à un « nouveau fascisme » (alors que toutes les religions ont tué pour s’imposer… eh oui, même les bouddhistes…); Cependant, il ne faut pas minimiser le danger face auquel cette politicienne s’est exposée.

  Son ami cinéaste, Théo Van Gogh, avec lequel elle a réalisé le film « Submission », qui traite de la place des femmes dans la société musulmane (de manière très revendicative, certes), a en effet été assassiné en 2004. Sur son cadavre, on a retrouvé une lettre de menaces la visant personnellement… difficile de faire plus concret, en matière de danger… Ayaan n’en a pas, pour autant, arrêté de critiquer la religion coranique. Son passé en est, déjà, un début d’explication : excisée à cinq ans, elle a par la suite rompu tout contact avec sa famille, afin d’éviter un mariage forcé, puis a finalement renié l’Islam en 2001. Son parcours reflète donc, tragiquement, nombre des dérives de cette religion, ou plutôt des lois et des pratiques qu’on en a tiré.

  Pourtant, n’est-il pas écrit dans le Coran qu’il ne faut pas forcer la foi d’un croyant ? Partant le là, l’Islam ne doit-elle pas être une religion tolérante, notamment face à la critique, puisqu’elle rejette le prosélytisme ?

  Pour sûr, ces questions mériteraient que certains fanatiques acceptent d’y répondre… autrement que par le meurtre.

Oui, ils se foutent de vos gueules (puissance trois)

  En ces temps de joie et de bonheur, voici encore une bonne nouvelle pour la liberté citoyenne des français : le Sénat vient d’adopter un amendement instaurant un « délit de fauchage ». Le texte, proposé par le rapporteur UMP Jean Bizet, instaure une peine de trois ans de prison et de 150 000 euros d’amende en cas de « dégradation d’une parcelle de culture de plantes transgéniques ». La gauche a vivement protesté contre cette disposition, qui « revient à distinguer la destruction d’un champ d’OGM de celle d’un champ de culture conventionnelle »; en vain. 

  Alors, les écolos, toujours fiers de votre « victoire » suite à l’utilisation du principe de précaution ? (Rappelons que Barnier a confirmé, il y a une semaine, que les OGM seront bien cultivés en 2008).

Désirs d’Avenir sauve l’honneur (2)

  Suite de l’article consacré à la dernière assemblée participative, axée sur le thème de la « vie chère », dans le cadre des futures municipales…

  Un représentant de la Fondation Abbé Pierre prend la parole : il dénonce un manque estimé à 800 000 logements en France. Ce déficit est à mettre en rapport avec une flambée des prix historiquement haute, se traduisant par des loyers qui ont presque DOUBLE en sept ans ! Rien que sur le changement de locataire, on enregistre des hausses de l’ordre de 10 à 14% ! En parallèle, les salaires n’ont augmenté durant la même période que d’à peu près 15%… A noter que l’UMP déclare, avec raison, que 430 000 logements sont construits par an… MAIS seuls 24% de ces derniers sont accessibles aux 2/3 des français (qui ont des revenus plutôt modestes). Le discours s’attaque ensuite, ce qui n’est pas une nouveauté au PS, à l’indice frauduleux utilisé par le pouvoir en place pour calculer le pouvoir d’achat des français; ce dernier incluant dans le « panier de la ménagère » des articles tels que du matériel informatique, de reprographie, bref des produits certes de plus en plus abordables, mais sûrement pas de consommation courante…

  En revenant à la question des logements, DA a souligné que l’accession à la propriété ne devait pas être idéalisée : en effet, devenir propriétaire signifie souvent contracter un crédit sur des dizaines d’années, avec le risque de se faire arnaquer (subprimes ou « crédit  à taux évolutif ») ; un participant a rappelé qu’il ne fallait pas oublier que de nombreux logements sont mal isolés dans les quartiers populaires, ceci résultant dans des déperditions d’énergie – sans parler des nuisances sonores. Un autre a ensuite déclaré que la prise en charge des personnes âgées dans les quartiers populaires, et dans les cités hospitalières, devait être renforcée et mieux contrôlée. Enfin, une personne du public a appelé les socialistes à rester fidèles aux valeurs de l’internationalisme, notamment développées par le philosophe Edgar Morin. J’ai personnellement pu, à mon tour, rappeler que sous Jospin une loi avait permis le double affichage des prix sur les fruits et légumes dans les centrales d’achat, permettant de voir clairement les marges effectuées par ces dernières. J’ai également soutenu les principes des circuits courts, tout en exhortant le PS à prendre des mesures encore plus radicales, afin d’éradiquer la faim en France – ce qui est tout-à-fait possible en achetant par exemple des féculents (pâtes, riz) en grosse quantité, ou en employant le modèle dit des « épiceries sociales », comme au Venezuela. J’en ai également profité pour réaffirmer mon idée de systèmes de sécurité à disposition de tous les français, afin de lutter contre les cambriolages (déjà détaillée, et je le referais bientôt).

  Les idées issues de la base se sont encore succédées : un participant a rappelé que « 20% des êtres humains se partagent 80% des richesses mondiales » (un calcul qu’il faudrait encore nuancer, mais juste dans l’absolu); un autre, que dans certaines banlieues, le taux de chômage atteignait les 40% ! Un citoyen, lui, a appelé à renforcer la solidarité entre les collectivités locales et territoriales. Un autre, a dénoncé les logements sociaux, qu’il juge « architecturalement laids » (je suis d’accord, et sur ce point les chinois par exemple, qu’on taxe de faux communistes, ont eu le mérite d’ériger des constructions bon marché agréables à habiter); cette personne a également incité à l’obligation de concevoir des pièces collectives au rez-de-chaussée de chaque bâtiment.

  Encore d’autres idées entendues ce jour-ci, défendre les systèmes d’habitations groupées autogérées; assurer la taxation de la publicité papier; faire pression sur les productions pour faire baisser les prix, par exemple sur le pain (ce qui a déjà marché dans le passé); rétablir les dispensaires (une des toutes premières mesures du programme de Royal); Obliger les constructeurs à appliquer les critères Haute Qualité Environnementale (sachant que ceux-ci sont déjà peu contraignants, en pratique); Remonter la hauteur des immeubles, afin de permettre de développer des mezzanines, par exemple (et donc accroître ainsi la place habitable); Elever l’allocation des personnes handicapées (il y en a deux différentes, en fait, mais c’est l’idée générale); Lutter contre la prostitution des étudiants; Réévaluer d’urgence le SMIC face à la hausse des prix (pas une nouveauté, mais l’intervention était vraiment « énergique »); Rencontrer les gens, par exemple à travers des rendez-vous avec la mairie, afin de leur permettre de payer leurs amendes à temps – ou de les payer progressivement, sans qu’elles augmentent entretemps. Envisager la mixité sociale avec SERIEUX. Rétablir, à ce sujet, les « chambres de bonnes » afin de résoudre les transports massifs quotidiens de toute une population de la banlieue vers la capitale (la réponse à cette suggestion a été que les « chambres de bonnes » étaient souvent insalubres et exigües, mais que le phénomène de migration de masse, le matin et le soir, était effectivement avéré, écologiquement désastreux, et surtout pénible pour les usagers). Un participant, de même, a évoqué le principe d’un collectif pour récupérer la nourriture perdue, lorsque les dates de péremption sont passées (je lui ai personnellement indiqué que les centrales d’achat les détruisaient à présent avec de l’acide, afin d’éviter des bagarres qui avaient lieu lorsqu’elles décidaient d’en faire don aux pauvres… triste mais vrai). Enfin, un dernier intervenant a évoqué la nécessité de rendre progressive (par rapport au revenu, donc) la taxe d’habitation, et la taxe foncière (encore une idée de Royal, d’ailleurs).

  Fin de ce deuxième article, restent environ huit pages de notes… j’enchaine avec d’autres infos, mais je reviendrais plus tard sur le sujet… Alors ? Qui a dit que la démocratie participative était de la démagogie ?

Désirs d’Avenir sauve l’honneur (1)

  Le voici donc, le fameux article promis précédemment, qui traite de la dernière grande réunion participative autour de Ségolène Royal, et qui a été, à mon sens, une réussite. De 10H à 17H, dans un cadre adapté (la grande salle à l’étage de la Bellevilloise, un peu spartiate mais qui a fait l’affaire), en laissant une plage d’environ une heure et demie au total de parole pour le public… Bien sûr, les journalistes avaient tous disparu de la circulation trois minutes après la sortie de la Dame du Poitou, mais bon… c’est tellement répété qu’à force, on s’habitue. Nonobstant donc, je vais m’employer à relater ici les idées exposées par les « animateurs » comme par le « public », un peu pêle-mêle, mais bon, le coeur y est… pardon pour le délai, mais douze pages de notes, ça ne se transpose pas en une minute. Cet article sera suivi, normalement, par d’autres qui expliciteront tout un tas d’idées, certaines personnelles, certaines glanées en presque 2 ans de démocratie participative (comme le temps file…). Bien sûr, l’actualité ne sera pas en reste, mais je suis plus fermement partisan de la construction que de la critique.

  Cet article ne citera que rarement les noms des animateurs et des participants, d’une part parce qu’ils n’étaient pas tous clairement présentés, d’autre part parce que, justement, les idées sont pour moi mille fois plus importantes à étudier que les personnes. A mon arrivée donc, Royal vient de partir, et un animateur déclare que la gauche ne doit pas céder à la tentation de la « bonne gestion », dans l’optique des futures municipales. Il avance l’argument que les français, lorsqu’ils votent pour les progressistes, attendent une vraie gauche, et pas seulement une alternative à la droite, toute compétente qu’elle soit. De même, l’orateur met en garde contre une future dérive du développement durable; il ne faut pas que ce dernier engendre de nouvelles inégalités, notamment en ne profitant qu’à quelques-uns. Il termine son allocution en citant des principes contre lesquels je n’ai certes rien à redire, à savoir la politique de l’acte et de la réalisation, et surtout, le fait de ne pas avoir peur d’exercer un contrôle.

  Les débats commencent réellement, axés autour du thème de la « vie chère », surtout dans le cadre des municipales, et d’une manière générale, de l’égalité et de la redéfinition du rapport au sein des entreprises (très intéressant d’ailleurs, entre autres par la présence bienveillante de la directrice du BHV, qui prouve que le gros patronat peut aussi avoir une sensibilité de gauche humaniste… j’y reviendrai plus loin). Sur la question du logement, on énumère des chiffres : sa part représenterait, en moyenne, plus de 25% du budget des ménages modestes, contre moins de 15% pour les plus fortunés (j’ai personnellement connu des cas plus extrêmes encore, par exemple des petits retraités qui reversent plus de la moitié de leur pension dans le loyer). L’idée qui jaillit de ce constat consiste à réévaluer les baux des HLMs tous les neuf ans (pour moi, on devrait même l’étendre à tous les logements, quitte à faire preuve d’autoritarisme). La discussion a, par la suite, tourné autour des expropriations, qui doivent être mieux contrôlées dans un évident objectif humaniste, et autour de l’accession à la propriété, un rêve certes très important pour nombre de français, mais qui peut avoir de tragiques conséquences (réduction de la mobilité au sein de l’immobilier, endettement, crédits « évolutifs » qui ne peuvent être remboursés, et travaux divers qui peuvent atteindre des sommes colossales…). Plus difficile à comprendre, et plus polémique peut-être, la volonté de réduire la taxe d’habitation (qui profite à la commune) de 14,5% à 10%, avec en contrepartie une hausse de la taxe locative (qui profite aux collectivités territoriales, mais prévoit souvent nombre d’abattements).

  Un autre sujet abordé, dans le cadre de la lutte contre la « vie chère », à savoir la question des crèches. Les socialistes avancent alors un projet très simple, que j’applaudis des deux mains, et déjà en partie réalisé : des crèches publiques accessibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, à des tarifs évidemment bas. Ce problème de trouver où faire garder son enfant est très important : il grève les recherches d’emploi, notamment, et contribue au clientélisme électoral (je te file une place en crèche si tu votes pour moi, une tactique éprouvée à droite, par exemple dans le 92… n’est-ce pas monsieur Balkany ?)

  Par rapport à la question de l’alimentation, les réponses abordées m’ont également agréablement surpris par leur aspect « radical » : les socialistes (de Désirs d’Avenir , au cas où cela ne serait pas suffisamment clair) proposent des circuits courts pour assurer l’accès aux aliments de base, en gros des ventes organisées presque directement du producteur au consommateur, à des prix évidemment plus bas qu’en grande surface (puisque celle-ci en profite pour récupérer sa marge dans l’intervalle). Personnellement, et c’est une idée que je développerai plus tard, je suis partisan de mesures encore plus radicales : assurer qu’en France, plus personne ne mourra de faim, en développant des épiceries sociales ou un simple don organisé de pâtes, de riz, de pain… des ressources qui, achetées en énormes quantités, ont un coût minable (on peut probablement faire descendre le paquet de 500g de pâtes en-dessous des 40 centimes… et nourrir avec une personne pendant deux ou trois jours !). Mais revenons aux mesures avancées par DA… en finançant à l’avance des circuits courts, basés sur l’assurance d’écouler les produits (donc en restant en contact avec le consommateur), on peut effectivement établir des systèmes non seulement écologiques, mais rentables, et produisant des aliments à très bas prix. A titre d’exemple, le pain bio produit de la sorte, actuellement, coûte 35% moins cher, au final, pour le consommateur.

  Au niveau culturel, DA propose d’établir un ticket-musée à 1 Euro pour relancer la fréquentation, voire même 1 Euro par semaine… personnellement, je trouve cela trop bas, et l’un de mes précédents posts sur l’Institut Edgar Quinnet, au cours duquel fut également évoqué ce principe (gratuité en fait, mais c’est très proche) traitait du fait que, de toute manière, certaines personnes n’iront JAMAIS au musée. Pour ma part, je pense donc qu’une bonne mesure doit être gardée, entre le prix du ticket qui finance le musée, et son accessibilité. Les pass (à 10 Euros l’année par exemple) sont, à ce titre, un bon compromis me semble-t-il. Plus révolutionnaire encore, à mon sens, la mutualisation des accès haut-débit, permettant de couvrir l’intégralité du territoire, en assurant un service équivalent pour un prix encore plus abordable. Un participant a également évoqué l’intérêt crucial du microcrédit popularisé par Royal dans sa région, qui permet de créer les premières structures d’une activité, en contournant le piège des banques méfiantes, méprisantes, et de leurs taux d’intérêt élevés – le microcrédit étant un prêt à 0%.

  Je termine cette première partie avec une idée d’un participant, compliquée à comprendre, mais proprement géniale : pour payer l’usufruit des loyers à l’Etat, dans le cas des HLMs par exemple, celui-ci peut utiliser le « crédit vendeur », une procédure limitée à 50% du montant de la transaction, étalée sur 1 à 3 ans, qui établit une dette directement entre les contractants, sans passer par une banque. Résultat : une baisse de 40% du total à payer, par rapport à la méthode classique de taxation.

La Cour des Comptes pas contente…

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  Quand on pense que c’est Séguin qui la préside… ben alors, ils se tapent entre eux, maintenant, à droite ? En tout cas, on ne peut que saluer l’honnêteté et l’intégrité de cette institution (pour l’instant)…

 

Le rapport de la Cour des Comptes publié mercredi, qui passe traditionnellement au crible les politiques publiques, fait cette année la part belle aux maladresses coûteuses et à la gestion approximative de l’Etat dans ses privatisations et ses opérations immobilières.

Faute de stratégie claire et d’une bonne évaluation des conditions de marché, « l’Etat actionnaire » ne réalise pas toujours de bonnes affaires et les recettes des privatisations ont eu trop souvent tendance à financer les dépenses courantes du budget général plutôt que le désendettement de la France.

La privatisation des sociétés d’autoroutes (de 2002 à 2006) est notamment montrée du doigt, l’Etat ayant au passage omis de protéger l’usager contre des hausses tarifaires excessives des nouveaux concessionnaires privés.

Retards, surcoûts, incohérences: la compétence de l’Etat dans le domaine immobilier ne paraît guère plus satisfaisante à la Cour, qui dénonce des dérapages multiples et une gestion « au fil de l’eau ».

Quant à la liquidation des actifs douteux hérités du Crédit Lyonnais, du GAN ou du Crédit Foncier de France dans les années 90, elle aura coûté plus de 20 milliards d’euros au contribuable, qui a souvent réglé la note en lieu et place des sociétés concernées.

Le rapport passe ensuite en revue une vingtaine de sujets, du CNRS, dont l’Etat doit clarifier le rôle, la fusion ANPE-Unedic, les universités des villes nouvelles en Ile-de-France, victimes de leur succès.

L’institution s’alarme particulièrement de la situation de l’hôpital-prison de Fresnes et des « risques » qu’y encourent les patients, notamment à cause de la pénurie de médecins.

L’Etat est encore une fois épinglé pour ses retards dans l’emploi des handicapés et sa « médiocre » gestion des retraites des fonctionnaires.

Et la Cour inflige une volée de bois vert à la « dotation de continuité territoriale » destinée à subventionner les billets d’avions entre la métropole et l’outre-mer: un « échec » qui a en prime engendré des « abus »

Oui ils se foutent de vos gueules

  Je l’avais soupçonné, et j’aurais préféré me tromper… les OGMs en plein champ seront bien balancés lors de la prochaine saison des semis (dixit Barnier). Voilà ce que vaut la parole de l’UMP. On invoque un principe de précaution devant les caméras, pour se torcher le cul avec une fois les projos éteints. Est-il besoin d’épiloguer ? La politique de la droite au pouvoir me file la nausée…

PARIS (AFP) – Le ministre de l’Agriculture Michel Barnier a annoncé mardi devant le Sénat que de nouvelles autorisations d’essais de culture OGM en plein champ seraient délivrées « dès 2008″.

« Il nous faut une recherche en plein champ et dès 2008″ a déclaré M. Barnier en présentant le texte de loi sur les organismes génétiquement modifiés.

« A cette fin, j’ai obtenu que par décret une commission d’évaluation des demandes d’autorisation d’essais en plein champ soit mise en place. Cette commission nous permettra d’autoriser dès 2008 des essais en champs dans des conditions sécurisées », a-t-il précisé.

La loi sur les OGM dont le Sénat commence mardi l’examen, doit créer un Haut Conseil des biotechnologies, qui sera chargé de procéder à l’évaluation préalable du risque lié à ce type d’essais.

La France a décidé d’activer à Bruxelles la « clause de sauvegarde » et de suspendre les cultures OGM en milieu ouvert, notamment celle de la seule culture commerciale concernée, le maïs MON810, jusqu’à ce que la commission européenne ait procédé à de nouvelles expertises.

Pour Lylian Le Goff, responsable de la mission biotechnologies de la fédération France Nature Environnement (FNE, 3000 associations), chargé du dossier OGM: « il n’est pas urgent de reprendre les essais en plein champs (mais) il est urgent d’attendre l’installation du Haut conseil des biotechnologies et de lui laisser le temps de travailler dans la sérénité ».

Pour FNE, « l’annonce de Michel Barnier n’est certainement pas conforme à l’engagement du gouvernement en faveur d’une recherche scientifique renforcée, transparente et pluraliste ».

Les Verts ont jugé mardi que les déclarations du ministre de l’Agriculture Michel Barnier sur les OGM faisaient penser « quasiment à de l’escroquerie ».

Commentant l’annonce d’autorisations de cultures en plein champ par le ministre, Cécile Duflot, secrétaire nationale du parti écologiste y a vu « la confirmation des pires craintes des Verts ».

« Cela fait penser quasiment à de l’escroquerie, car suspendre les cultures en plein champ en hiver pour les reprendre au printemps, c’est à la fois se moquer du monde et ne pas tenir sa promesse », s’est insurgée la responsable.

Par ailleurs quelque deux à trois cents militants anti-OGM ont manifesté bruyamment devant le Sénat mardi soir, alors que les sénateurs entamaient l’examen du projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés.

Les manifestants qui venaient du boulevard Saint-Michel ont été arrêtés par des barrières métalliques en haut de la rue de Tournon, alors qu’un cordon de policiers était déployé devant le palais du Luxembourg.

Le cortège était précédé d’un camion sur lequel avait été érigé un épi de maïs en toile gonflée à l’air chaud, de 4 à 5 mètres de haut.

Sous la bannière de la Confédération paysanne, des Amis de la Terre et des Faucheurs volontaires, les manifestants scandaient : « A ceux qui veulent imposer les OGM, nous répondons : Résistance ! ».

Au Tchad

  L’une des dernières boucheries de notre actualité… enfin, du moins, cette révolte est traitée comme telle. Qui ira chercher la vérité, hein ? Donc le gouvernement de Déby est attaqué par des « méchants rebelles », et de son côté, la « gentille-ONU » demande de soutenir le pouvoir « légitime ». Sur ces entrefaites, Sarkozy nous apprend que l’armée française n’a pas été déployée au Tchad pour « s’opposer par les armes » (ben non, ils sont là pour cueillir des fleurs voyons), mais qu’elle respectera la décision de l’ONU au cas où les « agresseurs » ne rentrent pas gentiment chez eux sans faire d’histoires.

  C’est vrai ça, qu’ont-ils donc, ces vilains-rebelles-pas-beaux, à se révolter contre une dictature militaire sanguinaire entérinée par des élections truquées, hein ? La France s’est officiellement retirée de ses anciennes colonies, c’est vrai… mais personne n’a  parlé des gouvernements ! Après tout, qu’est-ce qui peut empêcher une puissance mondiale de financer et de soutenir une junte militaire en échange de ressources et de contrats d’armement, mmm ? Le respect de la souveraineté des tchadiens ? L’honnêteté la plus élémentaire ? La passion de la démocratie ? On voit bien que ces arguments sont fallacieux. Après tout, une dictature de plus ou de moins, mon bon monsieur, vous savez… C’est pas l’ONU que ça dérangera. La preuve, à l’unanimité, elle vient de décréter que Déby était un martyr. 

  Ouf ! On est rassuré. Manquerait plus que le peuple tchadien établisse un régime qui ne soit pas corrompu… et notre pétrole, on irait le chercher où, hein ?

Sarkozy avant/après

http://www.dailymotion.com/relevance/search/promesse+election/video/x40bic_promesse-de-sarkozy-fait-bien-rire_politics

Une vidéo qui compare les promesses de la campagne avec le fameux discours « les salaires ne seront pas augmentés », qui a dernièrement fait fureur (popularité négative dans les sondages, et pan dans les dents !). C’est vrai que c’est drôle. Un peu trop réaliste pour moi, mais bon, les gens retiendront peut-être mieux comme ça…

2050 ?

http://www.dailymotion.com/video/x1l4m6_2050

Un petit résumé, sur un ton assez « léger », des désastres qui nous pendent au nez… pas besoin d’attendre 2050, à mon avis, pour les voir de près. Je ne suis pas d’accord avec l’intégralité du reportage, mais rien que pour les chiffres cités, c’est vraiment terrifiant… Enjoy !

Sarkozy se rattrape de justesse (au bord de la fenêtre)

  A n’en pas douter, s’il y a une catégorie de personnes, en France, qui fait et défait les gouvernements, ce sont bien les vieux. Les vieux votent, assez systématiquement; leur nombre augmente d’années en années; surtout, ils sont le fer de lance de la droite, qui ne cesse de caresser dans le sens du poil leur conservatisme latent. Evidemment que tous les vieux ne sont pas identiques, mais c’est une tendance très nette, que les dernières élections présidentielles ont confirmé (seuls les + de 65 ans ont voté majoritairement pour l’UMP).

  On imagine donc très bien l’effet qu’aurait, sur le pouvoir en place, un revirement de l’opinion, au moins dans cette frange de la population. D’autant que Sarkozy a été très loquace dans ce domaine, promettant revalorisation des retraites, soins dentaires et ophtalmologiques gratuits… la surprise vient du fait qu’il semble, à présent, se rappeler ses paroles. Et parait vouloir les mettre en oeuvre… à moins de deux mois des municipales, quelle surprise… Donc, ami lecteur, y crois-tu, toi ? Moi, j’ai des doutes, mais si cela se produit (au moins des primes et une revalorisation pour les retraités), c’est toujours ça de pris pour le peuple… et c’est mon mot d’ordre. A noter toutefois que la prime semble exceptionnelle, et qu’elle tombe décidément à point nommé… enfin, vous avez compris…

 

PARIS (Reuters) – Une prime de 200 euros sera versée au début du deuxième trimestre aux bénéficiaires du minimum vieillesse, a annoncé Nicolas Sarkozy aux partenaires sociaux réunis à l’Élysée.

« J’ai décidé d’accorder à chacun des bénéficiaires du minimum vieillesse une prime de 200 euros pour les aider dès maintenant à faire face à leur charge dans leur vie quotidienne », a dit le président de la République, selon le texte de son intervention diffusé par l’Élysée.

« Cette prime est, en quelque sorte, une avance à valoir sur les revalorisations à venir, sur lesquelles j’ai pris des engagements. Elle sera versée au début du second trimestre », a-t-il ajouté.

Il a confirmé vouloir revaloriser le minimum vieillesse de 25% et porter de 54 à 60% le taux des pensions de reversion sur la durée de son quinquennat.

Emmanuel Jarry et Jean-Baptiste Vey

Logement contre prostitution

  Un dossier effarant émanant de Libération… rappelons que déjà, on estime qu’environ 10% des étudiants français du cycle supérieur (surtout de sexe féminin) se prostituent…

Il a rappelé une heure avant pour s’assurer que nous serions bien au rendez-vous, a ouvert la porte de son appartement en souriant, a offert un verre au salon, puis s’est assis, le sourire toujours aux lèvres et les yeux vissés sur nous. Antoine (1), 47 ans, haut fonctionnaire, est bavard et disert sur la «colocation» qu’il propose. «Confort», «calme», «indépendance»«C’est un quartier agréable. Et vous aurez votre chambre.» Mais ce dont Antoine aimerait surtout parler, c’est des contreparties qu’il attend de sa colocataire. «Se promener nue le plus souvent possible. Ecarter les jambes sur le canapé pour m’exciter. Pas de contrainte de fréquence pour les rapports sexuels, mais faudra pas se foutre de ma gueule non plus. Au début, je risque d’avoir envie souvent.» Voilà environ deux ans qu’Antoine recrute ainsi des colocataires, via une annonce sur le site Internet Missive, à laquelle nous avons répondu. Pas de loyer numéraire, on paye en nature. Pas de bail non plus, «tout est basé sur la confiance». Quant à la durée, «pas de limites». «Ça peut être en mois, en années. Les seules filles que j’ai virées sont celles qui ne respectaient pas leurs engagements.»

Antoine n’est pas le seul à pratiquer ce type d’échange – appartement contre sexe – à Paris. Dans un contexte de crise du logement, la formule semble s’être répandue. Sur Missive, la rubrique parisienne «A louer» recense de nombreuses offres d’hommes proposant des colocations ou studios indépendants «contre services sexuels».Mais également de femmes, troquant leurs charmes contre un toit. Ailleurs, sur Kijiji, Vivastreet ou dans le journal gratuit Paris Paname, on trouve aussi des annonces, plus masquées. Le mot sexe n’apparaît pas, ce sont les mentions «pour jeune femme», «contre services» et l’absence de montant pour le loyer qui servent d’indices.

Exigences. Antoine est lucide sur les motivations de ses colocataires. «Je sais bien que si vous aviez les moyens de vous loger autrement, vous ne viendriez pas chez moi.» Ce qui n’entraîne aucun scrupule quant à ses exigences, dont la liste s’allonge au fil de l’entretien. «Je veux pouvoir vous observer aux toilettes. J’aimerais que vous soyez là le soir quand je rentre. Ce serait bien si on pouvait dormir ensemble. Je veux du ménage et du repassage.» On quitte Antoine en pleine description des jeux «uro-scato» dans lesquels il nous imagine. Pour rejoindre notre deuxième rendez-vous.

Dans cette rue sombre proche de la gare Saint-Lazare, l’homme attend au bas de l’immeuble, silhouette courbée rasant les murs. L’adresse qu’il nous a donnée au téléphone n’est pas la bonne. Il nous entraîne un peu plus loin, dans une arrière-cour, puis dans un petit ascenseur sans lumière. Au sixième étage, on débouche dans une chambre d’à peine dix mètres carrés : un néon verdâtre, un vieux lit en mezzanine et une douche en plastique crasseuse. «Voilà, dit Amar. 650 euros, à négocier si arrangement.»

Enervement.La formule est la même que dans l’annonce postée sur Missive. On demande des précisions. «450 eurosplus deux week-ends de sexe par mois», répond-il. Amar habite en banlieue : les «week-ends de sexe» peuvent avoir lieu ici ou chez lui, dans les Yvelines. «Je peux faire un bail, mais il va falloir être très gentilles.» Amar a fermé la porte, et reste debout, appuyé contre la poignée. Son ton devient agressif : «C’est une bonne offre, les agences demandent 850 euros plus une caution pour ça.» «C’est pas une arnaque», répète-t-il de plus en plus énervé et menaçant. Nous demandons à visiter les toilettes sur le palier. Et prenons précipitamment congé.

De tous les hommes contactés, Laurent, 32 ans, est le seul à manifester une certaine timidité. Dans son studio propret du XVe arrondissement, il parle de tout, du temps qu’il fait, et surtout pas de l’annonce qu’il a passée. «J’ai connu Missive par leur rubrique de rencontres SM, se lance-t-il enfin. Je n’aurais jamais eu l’idée de proposer un hébergement contre du SM si je n’avais pas découvert là que ça se faisait.» Documentaliste, Laurent est un beau jeune homme svelte, les épaules carrées, le visage doux. «Ce que j’aime, confie-t-il,c’est être attaché. Servir à table en soubrette. Lécher des bottes en me prosternant.» Laurent propose de partager son modeste clic-clac en échange de quelques séances de ce type. «Je ne demande pas de relations sexuelles classiques. L’idée, c’est que ça reste cool. La fille a la clé, elle mène sa vie, mais juste, de temps en temps, elle me dit : « Fais ça. » Ou moi, spontanément, je m’y mets, je lui sers de chaise, de repose-pieds.» Laurent a déjà eu deux expériences de colocation qui se sont «très bien passées». «Peut-être que les filles sont poussées à ça par leurs difficultés, admet-il. Mais, au final, chacun y trouve son compte.»

C’est aussi le credo de Julien, 30 ans, qui parle d’«échange de bons procédés». Agent de sécurité, il héberge régulièrement «des filles» dans son joli deux-pièces de l’Ouest parisien. «Ce sont souvent des escorts, qui viennent de province se faire un peu de fric à Paris. Je les reçois pour un mois ou deux, rarement plus, parce qu’après on se lasse.» Plutôt distant, Julien explique qu’il ne demande pas d’argent mais «du sexe classique» et «pas de prise de tête, parce qu’[il a] déjà eu des filles qui [lui] ont mis le bordel». Ses «colocataires» disposent du canapé-lit du salon, tandis qu’il dort dans sa chambre. Peu de temps après notre visite, il envoie un texto : «Désolé, ça va pas le faire.»

Didier, au contraire, est «très, très motivé», comme il le répète dans ses nombreux messages. Il nous propose un deux-pièces dans le XVIIIe contre «550 euros, plus deux trois rencontres par mois». Il habite ailleurs avec femme et enfants, mais peut se «débrouiller» pour nous rejoindre les week-ends. Malheureusement, l’appartement n’est «pas encore» visitable. «J’attends le départ des locataires», nous explique-t-il lorsque nous le rencontrons à la terrasse d’un café. En attendant, il propose de «commencer» déjà le sexe. «Pour voir si on se plaît».

Lire la suite de ‘Logement contre prostitution’ »

Carrément bas…

PARIS – Le pouvoir d’achat, talon d’Achille de Nicolas Sarkozy? Le chef de l’Etat est en chute libre dans deux sondages publiés cette semaine, dont l’un de TNS-Sofres montre un dévissage brutal de huit points en un mois et de 24 points depuis cet été, et ce à moins de six semaines du premier tour des municipales.

C’est son plus mauvais score depuis son élection le 6 mai: selon une enquête TNS-Sofres réalisée les 23 et 24 janvier, la cote de confiance de Nicolas Sarkozy s’effondre de huit points en un mois à 41%. Largement majoritaires, 55% des personnes interrogées déclarent ne pas lui faire confiance, en progression de sept points.

Si l’on compare avec les niveaux de satisfaction enregistrés par ses prédécesseurs après huit mois à l’Elysée, Nicolas Sarkozy se rapproche dangereusement du niveau de Jacques Chirac. En janvier 1996, le père de la « fracture sociale » plafonnait à 36% de satisfaits et 53% de mécontents, selon les archives de l’Ifop (contre 52% de satisfaits et 32% de mécontents pour Valéry Giscard d’Estaing en janvier 1975, et 51% de satisfaits et 28% de mécontents pour François Mitterrand en janvier 1982).

Un autre sondage publié cette semaine, également réalisé les 23 et 24 janvier, est venu confirmer ce décrochage. Selon l’institut CSA, seuls 37% des Français jugent que l’action du président va « plutôt dans le bon sens », en recul de sept points en un mois. Ils sont 52% à juger que son action va « plutôt dans le mauvais sens » (+8).

Ces enquêtes viennent confirmer un plongeon entamé cet automne. Fin novembre, il était pour la première fois passé sous la barre symbolique des 50%. Mi-janvier, il était devenu arithmétiquement impopulaire avec un nombre de mécontents supérieur aux satisfaits.

Dans l’entourage du président, on s’efforce de relativiser. Nicolas Sarkozy « est là pour faire des réformes », pas « pour être populaire », a répliqué jeudi son porte-parole David Martinon. « Nous sommes dans une phase de réformes, et nous ne nous attardons pas sur une cote de popularité », a-t-il même affirmé. Voire. David Martinon a concédé que l’Elysée surveille de près les courbes du président en commandant des sondages réguliers et thématiques à plusieurs instituts. Quand au budget consacré à ces études: « Je ne sais pas ».

En cette fin janvier, tous les clignotants sont au rouge. Sur le pouvoir d’achat, après la récente sortie du président sur les caisses « vides », 87% des sondés jugent l’action du gouvernement pas efficace contre la hausse des prix, selon TNS-Sofres.

Nathalie Schuck

Echapper à l’hépatite B, mourir d’une sclérose en plaque…

  Dix ans de procédure pour enfin établir un lien de causalité… Bah, ça sera toujours plus rapide que pour l’amiante (plus d’un demi-siècle)…

 

PARIS (AFP) – Quatorze ans après la campagne nationale de vaccination contre l’hépatite B, les responsables de deux laboratoire ayant mis au point et commercialisé le vaccin, ont été mis en examen jeudi pour « tromperie aggravée ».

Plus de vingt millions de Français (le tiers de la population) ont été vaccinés entre 1994 et 1998 contre le virus de l’hépatite B, maladie à l’origine de cirrhoses ou de cancer du foie.

1.300 d’entre eux ont subi des effets secondaires neurologiques, dont un millier de scléroses en plaques, selon certaines estimations.

Les responsables du laboratoire « SmithKline Beecham » (aujourd’hui GlaxoSmithKline, GSK) et de la société Pasteur Mérieux MSD – Aventis Pasteur (aujourd’hui Sanofi Pasteur MSD), deux laboratoires ayant fabriqué le vaccin, sont poursuivis pour « tromperie sur les contrôles, les risques et les qualités substantielles d’un produit ayant eu pour conséquence de le rendre dangereux pour la santé de l’homme », selon une source proche du dossier.

L’information sur le vaccin s’est faite « dans le respect de la réglementation et des procédures en vigueur », a souligné un porte-parole de GSK. « Ces accusations ne sont pas justifiées », a-t-on commenté chez Sanofi Pasteur MSD.

Le laboratoire Pasteur MSD est également mis en examen, en tant que personne morale, pour « homicide involontaire » pour la mort d’une patiente, Nathalie Desainquentin, décédée en 1998, à l’âge de 28 ans d’une sclérose en plaques et dont les parents se sont constitués partie civile.

« Pour nous, c’est une satisfaction dans la mesure où ces mises en examen confortent notre thèse selon laquelle les recommandations en vue de la vaccination n’étaient pas conformes aux risques véritables », a déclaré à l’AFP Me Bernard Fau, avocats de parties civiles.

Lancée en 1994 par Philippe Douste-Blazy, alors ministre de la Santé, la campagne nationale de vaccination contre l’hépatite B a été suspendue en 1998.

A partir de 1997, ont été déposées plusieurs plaintes pénales, aujourd’hui instruites par la juge Marie-Odile Berthela-Geffroy. Le dossier compte 29 parties civiles dont 5 représentent des victimes décédées.

En 2005, la Cour de justice de la République avait classé sans suite une plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui » visant les ex-ministres de la Santé Jean-François Mattéi, Bernard Kouchner et Philippe Douste-Blazy.

La campagne de vaccination, encouragée par les pouvoirs publics, comparaît l’hépatite B au Sida et affirmait que le virus pouvait se transmettre par la salive, ce qui est faux. Elle a rapporté beaucoup d’argent aux laboratoires qui ont écoulé 70 millions de doses.

« La recommandation d’une vaccination à grande échelle allait très au delà des populations à risque (toxicomanes, professionnels de santé…) notamment en ce qui concerne la vaccination scolaire généralisée », a souligné Me Fau.

Comme dans d’autres dossiers de santé publique, l’établissement de la certitude d’un lien de causalité entre le produit et ses effets indésirables est difficile à établir.

En octobre 2002, une première expertise avait mis en cause l’attitude des pouvoirs publics coupables, selon le rapport, de « désinformations » et de « dissimulations ».

En septembre 2003, la Cour de cassation rendait un arrêt indiquant que le lien entre la vaccination et la sclérose en plaque ne pouvait être tenu pour acquis. Mais en 2004, une étude de la revue américaine Neurology suggérait un lien entre le vaccin et la maladie.

Depuis, le lien de causalité a été pris en compte en 2007 par le Conseil d’Etat dans le cas d’une infirmière de Sarreguemines (Moselle), atteinte d’une sclérose en plaques, à la suite d’une vaccination obligatoire contre l’hépatite B.

Pierre ROCHICCIOLI

Au PS rien de nouveau (5)

  3e forum de la rénovation, donc. Je ne cache pas, d’emblée, une nouvelle déception… le programme annonçait des « tables rondes ». Je m’y suis donc déplacé, par acquis de conscience, afin de voir en vrai ce que signifiait cette expression… bien sûr, je m’y attendais. Je ne me suis pas trompé sur la marchandise : contrairement à un discours classique, faisant s’exprimer un orateur face à un public, une « table ronde » veut donc dire qu’un orateur s’exprime devant un public (sans interaction avec celui-ci, évidemment), au nom d’une commission, tandis que les autres attendent, assis derrière lui, sur scène. Révolutionnaire…

  Voici, malgré tout, un petit extrait de ces discussions à sens unique. Je ne suis resté, je l’avoue, qu’une demie heure… quitte à devoir me bouffer des heures de discours, autant me les faire devant ma télé…

  A mon arrivée, c’est Najat Belkacem qui a la parole. Je n’ai rien contre elle. Je ne la trouve pas non plus flamboyante, ceci dit… sur le thème de l’égalité donc (en gros), elle évoque le rejet par sa commission de la culpabilisation basée sur les fraudes au RMI. Nonobstant ces fraudes donc, qui sont surtout le fait de quelques magouilleurs, il lui semble fondamental de préserver cet acquis social (je développe). Elle enchaine en rapportant que « aucune politique de l’emploi ne peut se construire sans l’implication de l’individu. ». Face aux projets de l’UMP d’établir une ANPE à l’anglaise, elle oppose le flou des critères d’appréciation d’un « emploi acceptable » (au-delà de trois offres de ce genre refusées, exclusion du demandeur d’emploi…), et la nécessité subordonnée de les définir clairement. Evoquant la sécurisation des parcours professionnels, au contraire de la fausse « flexisécurité » sarkozienne négociée récemment avec les syndicats, elle appelle à une protection des individus, avant la protection de l’emploi. De même, la camarade Belkacem évoque l’exigence d’accord collectifs (Royal, également, avait appelé à des réglementations effectives, des contrats respectés, plutôt qu’à un recours systématique à la loi). Pour cela, elle définit deux préalables : la méfiance face au système actuel dit de la « Flexisécurité », et surtout l’importance vitale d’instaurer une syndicalisation de masse. Plus paradoxal, elle a par la suite parlé de l’allongement de l’espérance de vie, et à ce sujet rapporté que sa commission était favorable à la mise sous conditions de ressources des allocations familiales (personnellement je vois l’intérêt, les réserver à ceux qui en ont besoin, mais je ne trouve pas cela très « égalitaire »… c’est du long terme et du pragmatisme certes, mais ce n’est pas très « socialiste »). Face aux notions de communautarisme, elle a également annoncé que sa commission n’y était pas opposée, mais qu’il fallait y imposer une dimension inter-culturelle (trop abstrait et dangereux pour moi, désolé…). De même, elle s’est prononcé contre les statistiques ethniques et la discrimination positive (je suis encore en désaccord avec cela, bien que le principe me répugne de considérer la « race » de quelqu’un, ces procédés peuvent aider à constater les discriminations, et à équilibrer au moins progressivement la part des « non-blancs » dans tout un tas d’institutions…). Plus intéressant à mon sens, sur la question de l’égalité, au sujet de la l’homoparentalité, la légalisation de l’adoption (transposition du jugement rendu par la CEDH par exemple), de l’insémination et de la présence du conjoint lors de l’accouchement. Enfin, et sur ce point également je tique (le MJS vient de noter le contraire dans son texte programmatique), le rejet pur et simple de la prostitution légale, au profit d’une politique de prévention, sur le modèle suédois. (le MJS, lui, prévoit une légalisation des travailleurs du sexe, comme en Allemagne, ceci permettant entre autres une vraie prise en charge des maladies, notamment sexuellement transmissibles, afin de lutter contre des épidémies… j’ai eu du mal à m’y faire, mais finalement je trouve cela raisonnable et pragmatique).

  Au tour du camarade Alain Bergougnioux de prendre la parole. Pour lui, la droite segmente et stigmatise. Il appelle, sur la question de l’éducation, à s’inspirer de la loi associée de 1989, qui place l’élève au centre du dispositif. Il faut ainsi « concentrer les moyens là où sont les faiblesses du système ». Sa commission se déclare également contre la suppression de la carte scolaire, mais pour une politique volontariste, capable d’ouvrir et de fermer les établissements (sans donner beaucoup plus de détail hélas…). Alain Bergougnioux rappelle ensuite la nécessité de l’information, qui doit notamment donner toute leur place aux parents dans le milieu scolaire. Puis, il oppose l’aide personnalisée, et le soutien scolaire gratuit (par exemple effectué par des élèves, en échange de bourses, selon le modèle Royal), à la marchandisation du soutien scolaire. Il exhorte à créer de nouvelles solidarités, et à respecter un minimum d’égalité des moyens entre écoles privées et publiques (ces dernières, par exemple en Lettres, étant dotées de 4 fois moins de budget que certaines grands cours privés, toutes proportions gardées !). Rappelant la nécessité, pour les socialistes, d’innover, il insiste finalement sur l’importance du prêt étudiant à taux zéro.

  Lucile Schmid, quant  à elle, rapporte que sa commission, se penchant sur les inégalités en milieu scolaire, a évoqué l’intérêt crucial de les résorber dès les premières années. Elle a ainsi évoqué le service de la petite enfance (un autre thème de campagne de Royal). Puis, rappelant que 17% des jeunes sortent du système scolaire sans qualification, elle a parlé de la nécessite d’une bonne orientation, et surtout, de moyens accordés à l’enseignement. Pointant du doigt Sarkozy, la camarade Schmid l’a accusé de ne pas vraiment s’adresser aux éducateurs, mais de juste chercher à faire des coups médiatiques (je suis d’accord avec ça, passée la poésie des discours, il n’y a en définitive pas grand-chose à attendre de l’UMP dans ce domaine…). Elle a ensuite mis en lumière la question des violences dans le thème des inégalités, et l’importance, de ce fait, d’une bonne présence des surveillants en milieu scolaire (100% d’accord, même si la présence policière, en cas de racket, ne me semble également pas superflue… ouais ça vient de Sarkozy, mais ce n’est pas mauvais pour autant…). Sa commission se prononce également pour une politique de redistribution, afin d’assumer dans la réalité les « beaux textes » de 1981.

  Michel Yahiel, pour sa part, a évoqué le fait que l’éducation devait redevenir le fer de lance de la gauche, cela constituant un défi majeur à relever. Citant l’exemple des violences de Villiers-le-Bel (j’aime pas du tout ça, à la base… beaucoup trop facile et simpliste, mais le développement de l’argument m’a paru intéressant), il s’est dit effrayé par le fait que les émeutiers s’en sont pris, cette fois-ci, à des symboles du collectif (bibliothèque, école…). Se prononçant contre ce qu’il a défini comme des « politiques sur mesure », il y a opposé des « politiques universelles ». Plus précisément, pour casser les « citadelles », il a proposé de construire « maisons du citoyen » (non, je n’ai pas la moindre idée de ce que cela peut signifier… mais je vais me renseigner dessus, pour ne pas mourir idiot…).

  Voilà. Ceci clôt cette série de billets en demie-teinte… le prochain traitera de la séance de Désirs d’Avenir de samedi dernier, nettement plus enthousiasmante à mon sens, sur le plan interactif…

Au PS rien de nouveau (4)

  Suite de mon compte-rendu sur les journées du 19 et du 20 janvier, à savoir le troisième jour du colloque sur la rénovation idéologique du PS à l’Institut Edgar Quinnet, ainsi que le troisième « forum de la rénovation ». Le titre reflète, de manière acide, ma déception face au stalinisme de ces « consultations populaires »; néanmoins je dois annoncer, ce qui fera l’objet de posts ultérieurs, que la réunion Désirs d’Avenir de samedi dernier, en revanche, était très réussie du point de vue démocratique. 7 heures en tout, dont presque 2H de temps de parole pour le public, eh ben voilà… personnellement, c’est au moins ce que je demande de la part d’un parti qui veut d’occuper des « petites gens ». Un peu de respect, bordel…

  Mon précédent billet sur ce sujet s’achevait sur la retranscription du discours de Marisol Touraine.

  André Vallini, qui s’occupe du troisième forum de la rénovation, prend la parole. Il veut « faire bouger les lignes ». Selon lui, « l’égalité des chances » est une notion réductrice. L’égalité, à son sens, doit se suffire à elle-même; elle doit être active, en action. A ce titre, il souhaite une réforme des APA et des PCH (aides réservées aux personnes handicapés ou ayant du mal à se déplacer), plus adaptables, et donc plus modernes (je suis d’accord sur le principe, mais hélas j’aurais aimé en connaître le détail… tant pis). Pour lui, les droits d’inscription en Fac doivent être proportionnels aux revenus des familles (rien à redire là-dessus).

  Le camarade Vallini, par la suite, a parlé avec éloquence de la culture. Citant l’exemple du musée de Vizil (là d’où serait partie notre première Révolution, en 1788), il a présenté le concept du « musée gratuit », afin de pallier au défaut de fréquentation; en effet, de nombreux français hésitent à aller dans un musée, d’abord par manque d’habitude, puis évidemment pour des raisons financières. La gratuité est un moyen de briser ces barrières. Pourtant, il ne faut pas en négliger, malheureusement, les aspects négatifs : d’abord, les conservateurs ont un caractère assez élitiste; ils voient dans cette mesure le danger de « se retrouver envahis par des touristes en short » (quel mépris… mais c’est la réalité !); ensuite, il faut dresser un constat amer : malgré tout, la fréquentation a tendance à se tasser au bout de quelques temps. Les mêmes personnes reviennent… et certaines ne se déplaceront tout simplement jamais, même en cas de gratuité totale. Pour clore sur une idée positive, André Vallini a néanmoins proposé que chaque école ait le devoir d’organiser au moins une sortie scolaire au musée, pour chacune de ses classes, chaque année.

  Vinvent Peillon, lui, a appelé à « refonder intellectuellement et organisationnellement la gauche » – une formule utilisée, selon lui et avec une pointe de sarcasme, depuis 1905. Il veut que les socialistes « recommencent à penser ». (Typiquement le genre de discours qui m’endort à moitié… oh les belles formules…). Pour lui, Royal représente l’énergie, l’espoir et la fierté (j’aurais personnellement dit l’honnêteté, l’intelligence et le courage, mais bon…). Il enchaine en parlant d’approfondir le débat sur la Nation française,et a reconnu une actuelle crise de l’identité nationale (pour moi, il y en a toujours eu, et il y en aura toujours…). Vincent Peillon appelle ensuite à lutter contre la surdité des politiques à tout ce qui se passe autour d’eux. Il veut une parole vivante, une sorte de « fécondation réciproque » (très drôle quand on évacue 1H30 de débat avec le public, non ?). Il exhorte le PS à ne pas « tomber dans l’immobilisme », afin de ne pas devenir « l’autre face de Sarkozy ». Il met en danger contre le négationnisme et le mépris (cf. l’affaire du « mouton dans la baignoire », qui pour moi renvoie plus à la haine entre les communautés…). Le camarade Peillon appelle ainsi à un investissement dans les domaines de la connaissance, de la solidarité, bref dans les « qualités » des français.

  A la suite de ce discours somme toute très abstrait, il a heureusement évoqué une approche un peu plus subtile de l’histoire politique; selon lui, le socialisme serait né du libéralisme, et en serait le meilleur accomplissement, établissant ainsi les conditions collectives nécessaires pour construire la liberté personnelle. Peillon dépeint ainsi Sarkozy non comme un libéral, mais comme un conservateur (100% d’accord avec ça, même si l’acceptation des « mesures Attali » dénote toutefois d’une certaine ouverture d’esprit).

  A la suite de ces discours, j’avoue que j’ai arrêté de noter, en constatant que l’heure du « débat avec la salle » était déjà passée depuis 45 minutes… sentant venir l’élimination pure et simple des questions/réponses avec le public, j’ai pris mon mal en patience et, comme précédemment décrit, ai manifesté ma déception et ma colère lorsque mon mauvais pressentiment s’est confirmé. Prochain post : un extrait du 3e et dernier forum de la rénovation, vu de l’intérieur.

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