Au PS rien de nouveau (5)
1 février, 2008 @ 4:09 La vie politique des socialistes (+190)

  3e forum de la rénovation, donc. Je ne cache pas, d’emblée, une nouvelle déception… le programme annonçait des « tables rondes ». Je m’y suis donc déplacé, par acquis de conscience, afin de voir en vrai ce que signifiait cette expression… bien sûr, je m’y attendais. Je ne me suis pas trompé sur la marchandise : contrairement à un discours classique, faisant s’exprimer un orateur face à un public, une « table ronde » veut donc dire qu’un orateur s’exprime devant un public (sans interaction avec celui-ci, évidemment), au nom d’une commission, tandis que les autres attendent, assis derrière lui, sur scène. Révolutionnaire…

  Voici, malgré tout, un petit extrait de ces discussions à sens unique. Je ne suis resté, je l’avoue, qu’une demie heure… quitte à devoir me bouffer des heures de discours, autant me les faire devant ma télé…

  A mon arrivée, c’est Najat Belkacem qui a la parole. Je n’ai rien contre elle. Je ne la trouve pas non plus flamboyante, ceci dit… sur le thème de l’égalité donc (en gros), elle évoque le rejet par sa commission de la culpabilisation basée sur les fraudes au RMI. Nonobstant ces fraudes donc, qui sont surtout le fait de quelques magouilleurs, il lui semble fondamental de préserver cet acquis social (je développe). Elle enchaine en rapportant que « aucune politique de l’emploi ne peut se construire sans l’implication de l’individu. ». Face aux projets de l’UMP d’établir une ANPE à l’anglaise, elle oppose le flou des critères d’appréciation d’un « emploi acceptable » (au-delà de trois offres de ce genre refusées, exclusion du demandeur d’emploi…), et la nécessité subordonnée de les définir clairement. Evoquant la sécurisation des parcours professionnels, au contraire de la fausse « flexisécurité » sarkozienne négociée récemment avec les syndicats, elle appelle à une protection des individus, avant la protection de l’emploi. De même, la camarade Belkacem évoque l’exigence d’accord collectifs (Royal, également, avait appelé à des réglementations effectives, des contrats respectés, plutôt qu’à un recours systématique à la loi). Pour cela, elle définit deux préalables : la méfiance face au système actuel dit de la « Flexisécurité », et surtout l’importance vitale d’instaurer une syndicalisation de masse. Plus paradoxal, elle a par la suite parlé de l’allongement de l’espérance de vie, et à ce sujet rapporté que sa commission était favorable à la mise sous conditions de ressources des allocations familiales (personnellement je vois l’intérêt, les réserver à ceux qui en ont besoin, mais je ne trouve pas cela très « égalitaire »… c’est du long terme et du pragmatisme certes, mais ce n’est pas très « socialiste »). Face aux notions de communautarisme, elle a également annoncé que sa commission n’y était pas opposée, mais qu’il fallait y imposer une dimension inter-culturelle (trop abstrait et dangereux pour moi, désolé…). De même, elle s’est prononcé contre les statistiques ethniques et la discrimination positive (je suis encore en désaccord avec cela, bien que le principe me répugne de considérer la « race » de quelqu’un, ces procédés peuvent aider à constater les discriminations, et à équilibrer au moins progressivement la part des « non-blancs » dans tout un tas d’institutions…). Plus intéressant à mon sens, sur la question de l’égalité, au sujet de la l’homoparentalité, la légalisation de l’adoption (transposition du jugement rendu par la CEDH par exemple), de l’insémination et de la présence du conjoint lors de l’accouchement. Enfin, et sur ce point également je tique (le MJS vient de noter le contraire dans son texte programmatique), le rejet pur et simple de la prostitution légale, au profit d’une politique de prévention, sur le modèle suédois. (le MJS, lui, prévoit une légalisation des travailleurs du sexe, comme en Allemagne, ceci permettant entre autres une vraie prise en charge des maladies, notamment sexuellement transmissibles, afin de lutter contre des épidémies… j’ai eu du mal à m’y faire, mais finalement je trouve cela raisonnable et pragmatique).

  Au tour du camarade Alain Bergougnioux de prendre la parole. Pour lui, la droite segmente et stigmatise. Il appelle, sur la question de l’éducation, à s’inspirer de la loi associée de 1989, qui place l’élève au centre du dispositif. Il faut ainsi « concentrer les moyens là où sont les faiblesses du système ». Sa commission se déclare également contre la suppression de la carte scolaire, mais pour une politique volontariste, capable d’ouvrir et de fermer les établissements (sans donner beaucoup plus de détail hélas…). Alain Bergougnioux rappelle ensuite la nécessité de l’information, qui doit notamment donner toute leur place aux parents dans le milieu scolaire. Puis, il oppose l’aide personnalisée, et le soutien scolaire gratuit (par exemple effectué par des élèves, en échange de bourses, selon le modèle Royal), à la marchandisation du soutien scolaire. Il exhorte à créer de nouvelles solidarités, et à respecter un minimum d’égalité des moyens entre écoles privées et publiques (ces dernières, par exemple en Lettres, étant dotées de 4 fois moins de budget que certaines grands cours privés, toutes proportions gardées !). Rappelant la nécessité, pour les socialistes, d’innover, il insiste finalement sur l’importance du prêt étudiant à taux zéro.

  Lucile Schmid, quant  à elle, rapporte que sa commission, se penchant sur les inégalités en milieu scolaire, a évoqué l’intérêt crucial de les résorber dès les premières années. Elle a ainsi évoqué le service de la petite enfance (un autre thème de campagne de Royal). Puis, rappelant que 17% des jeunes sortent du système scolaire sans qualification, elle a parlé de la nécessite d’une bonne orientation, et surtout, de moyens accordés à l’enseignement. Pointant du doigt Sarkozy, la camarade Schmid l’a accusé de ne pas vraiment s’adresser aux éducateurs, mais de juste chercher à faire des coups médiatiques (je suis d’accord avec ça, passée la poésie des discours, il n’y a en définitive pas grand-chose à attendre de l’UMP dans ce domaine…). Elle a ensuite mis en lumière la question des violences dans le thème des inégalités, et l’importance, de ce fait, d’une bonne présence des surveillants en milieu scolaire (100% d’accord, même si la présence policière, en cas de racket, ne me semble également pas superflue… ouais ça vient de Sarkozy, mais ce n’est pas mauvais pour autant…). Sa commission se prononce également pour une politique de redistribution, afin d’assumer dans la réalité les « beaux textes » de 1981.

  Michel Yahiel, pour sa part, a évoqué le fait que l’éducation devait redevenir le fer de lance de la gauche, cela constituant un défi majeur à relever. Citant l’exemple des violences de Villiers-le-Bel (j’aime pas du tout ça, à la base… beaucoup trop facile et simpliste, mais le développement de l’argument m’a paru intéressant), il s’est dit effrayé par le fait que les émeutiers s’en sont pris, cette fois-ci, à des symboles du collectif (bibliothèque, école…). Se prononçant contre ce qu’il a défini comme des « politiques sur mesure », il y a opposé des « politiques universelles ». Plus précisément, pour casser les « citadelles », il a proposé de construire « maisons du citoyen » (non, je n’ai pas la moindre idée de ce que cela peut signifier… mais je vais me renseigner dessus, pour ne pas mourir idiot…).

  Voilà. Ceci clôt cette série de billets en demie-teinte… le prochain traitera de la séance de Désirs d’Avenir de samedi dernier, nettement plus enthousiasmante à mon sens, sur le plan interactif…

-jrdf
rss 1 réponse
  1. 22 juin, 2011 | 23:23 | #1

    J’ai voté ségolène en 2007 en regrettant et je remercie aujourd’hui sarkozy de m’avoir réconcilier avec moi même compte tenu de ses bourdes bien pire que SR durant ces 4 bientot 5 ans de mandat