Désirs d’Avenir sauve l’honneur (1)

  Le voici donc, le fameux article promis précédemment, qui traite de la dernière grande réunion participative autour de Ségolène Royal, et qui a été, à mon sens, une réussite. De 10H à 17H, dans un cadre adapté (la grande salle à l’étage de la Bellevilloise, un peu spartiate mais qui a fait l’affaire), en laissant une plage d’environ une heure et demie au total de parole pour le public… Bien sûr, les journalistes avaient tous disparu de la circulation trois minutes après la sortie de la Dame du Poitou, mais bon… c’est tellement répété qu’à force, on s’habitue. Nonobstant donc, je vais m’employer à relater ici les idées exposées par les « animateurs » comme par le « public », un peu pêle-mêle, mais bon, le coeur y est… pardon pour le délai, mais douze pages de notes, ça ne se transpose pas en une minute. Cet article sera suivi, normalement, par d’autres qui expliciteront tout un tas d’idées, certaines personnelles, certaines glanées en presque 2 ans de démocratie participative (comme le temps file…). Bien sûr, l’actualité ne sera pas en reste, mais je suis plus fermement partisan de la construction que de la critique.

  Cet article ne citera que rarement les noms des animateurs et des participants, d’une part parce qu’ils n’étaient pas tous clairement présentés, d’autre part parce que, justement, les idées sont pour moi mille fois plus importantes à étudier que les personnes. A mon arrivée donc, Royal vient de partir, et un animateur déclare que la gauche ne doit pas céder à la tentation de la « bonne gestion », dans l’optique des futures municipales. Il avance l’argument que les français, lorsqu’ils votent pour les progressistes, attendent une vraie gauche, et pas seulement une alternative à la droite, toute compétente qu’elle soit. De même, l’orateur met en garde contre une future dérive du développement durable; il ne faut pas que ce dernier engendre de nouvelles inégalités, notamment en ne profitant qu’à quelques-uns. Il termine son allocution en citant des principes contre lesquels je n’ai certes rien à redire, à savoir la politique de l’acte et de la réalisation, et surtout, le fait de ne pas avoir peur d’exercer un contrôle.

  Les débats commencent réellement, axés autour du thème de la « vie chère », surtout dans le cadre des municipales, et d’une manière générale, de l’égalité et de la redéfinition du rapport au sein des entreprises (très intéressant d’ailleurs, entre autres par la présence bienveillante de la directrice du BHV, qui prouve que le gros patronat peut aussi avoir une sensibilité de gauche humaniste… j’y reviendrai plus loin). Sur la question du logement, on énumère des chiffres : sa part représenterait, en moyenne, plus de 25% du budget des ménages modestes, contre moins de 15% pour les plus fortunés (j’ai personnellement connu des cas plus extrêmes encore, par exemple des petits retraités qui reversent plus de la moitié de leur pension dans le loyer). L’idée qui jaillit de ce constat consiste à réévaluer les baux des HLMs tous les neuf ans (pour moi, on devrait même l’étendre à tous les logements, quitte à faire preuve d’autoritarisme). La discussion a, par la suite, tourné autour des expropriations, qui doivent être mieux contrôlées dans un évident objectif humaniste, et autour de l’accession à la propriété, un rêve certes très important pour nombre de français, mais qui peut avoir de tragiques conséquences (réduction de la mobilité au sein de l’immobilier, endettement, crédits « évolutifs » qui ne peuvent être remboursés, et travaux divers qui peuvent atteindre des sommes colossales…). Plus difficile à comprendre, et plus polémique peut-être, la volonté de réduire la taxe d’habitation (qui profite à la commune) de 14,5% à 10%, avec en contrepartie une hausse de la taxe locative (qui profite aux collectivités territoriales, mais prévoit souvent nombre d’abattements).

  Un autre sujet abordé, dans le cadre de la lutte contre la « vie chère », à savoir la question des crèches. Les socialistes avancent alors un projet très simple, que j’applaudis des deux mains, et déjà en partie réalisé : des crèches publiques accessibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, à des tarifs évidemment bas. Ce problème de trouver où faire garder son enfant est très important : il grève les recherches d’emploi, notamment, et contribue au clientélisme électoral (je te file une place en crèche si tu votes pour moi, une tactique éprouvée à droite, par exemple dans le 92… n’est-ce pas monsieur Balkany ?)

  Par rapport à la question de l’alimentation, les réponses abordées m’ont également agréablement surpris par leur aspect « radical » : les socialistes (de Désirs d’Avenir , au cas où cela ne serait pas suffisamment clair) proposent des circuits courts pour assurer l’accès aux aliments de base, en gros des ventes organisées presque directement du producteur au consommateur, à des prix évidemment plus bas qu’en grande surface (puisque celle-ci en profite pour récupérer sa marge dans l’intervalle). Personnellement, et c’est une idée que je développerai plus tard, je suis partisan de mesures encore plus radicales : assurer qu’en France, plus personne ne mourra de faim, en développant des épiceries sociales ou un simple don organisé de pâtes, de riz, de pain… des ressources qui, achetées en énormes quantités, ont un coût minable (on peut probablement faire descendre le paquet de 500g de pâtes en-dessous des 40 centimes… et nourrir avec une personne pendant deux ou trois jours !). Mais revenons aux mesures avancées par DA… en finançant à l’avance des circuits courts, basés sur l’assurance d’écouler les produits (donc en restant en contact avec le consommateur), on peut effectivement établir des systèmes non seulement écologiques, mais rentables, et produisant des aliments à très bas prix. A titre d’exemple, le pain bio produit de la sorte, actuellement, coûte 35% moins cher, au final, pour le consommateur.

  Au niveau culturel, DA propose d’établir un ticket-musée à 1 Euro pour relancer la fréquentation, voire même 1 Euro par semaine… personnellement, je trouve cela trop bas, et l’un de mes précédents posts sur l’Institut Edgar Quinnet, au cours duquel fut également évoqué ce principe (gratuité en fait, mais c’est très proche) traitait du fait que, de toute manière, certaines personnes n’iront JAMAIS au musée. Pour ma part, je pense donc qu’une bonne mesure doit être gardée, entre le prix du ticket qui finance le musée, et son accessibilité. Les pass (à 10 Euros l’année par exemple) sont, à ce titre, un bon compromis me semble-t-il. Plus révolutionnaire encore, à mon sens, la mutualisation des accès haut-débit, permettant de couvrir l’intégralité du territoire, en assurant un service équivalent pour un prix encore plus abordable. Un participant a également évoqué l’intérêt crucial du microcrédit popularisé par Royal dans sa région, qui permet de créer les premières structures d’une activité, en contournant le piège des banques méfiantes, méprisantes, et de leurs taux d’intérêt élevés – le microcrédit étant un prêt à 0%.

  Je termine cette première partie avec une idée d’un participant, compliquée à comprendre, mais proprement géniale : pour payer l’usufruit des loyers à l’Etat, dans le cas des HLMs par exemple, celui-ci peut utiliser le « crédit vendeur », une procédure limitée à 50% du montant de la transaction, étalée sur 1 à 3 ans, qui établit une dette directement entre les contractants, sans passer par une banque. Résultat : une baisse de 40% du total à payer, par rapport à la méthode classique de taxation.

Une Réponse à “Désirs d’Avenir sauve l’honneur (1)”

  1. Arno dit :

    Bonjour, j’ai visité votre blog et j’ai trouvé que vous publier de très bon articles, cela vous diriez-il de mettre un lien entre nos 2 blogs?
    MON BLOG: http://segoleneroyal2012.over-blog.fr/
    J’attends votre réponse !!! et bonne continuation !!!

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