Une histoire de policiers en banlieue…

  4000. C’est le chiffre avancé par Sarkozy, afin de renforcer les Groupes d’Intervention Rapide en « banlieue » (comme s’il n’y avait pas de problèmes dans les autres villes de France… enfin…).

  Mes lecteurs savent que je ne suis pas mauvaise langue. Un renfort policier, c’est toujours ça de pris pour assurer la protection du peuple. Lorsque le Président dit que « le premier devoir de la République est d’assurer la sécurité des citoyens », c’est évidemment vrai et juste. Encore qu’on pourrait trouver d’autres « priorité des priorités », question de goûts sans doute, mais fondamentalement, rien n’est possible sans ordre établi. Non ?

  Ce qui tourne nettement moins à l’avantage de Sarkozy, en revanche, derrière cette jolie phrase pompée dans les manuels et les affiches des services policiers français, c’est la question des méthodes, et de la répartition. Les policiers eux-mêmes (il suffit de visiter le forum des GPX) réclament une remise à plat des effectifs. Ceux-ci étant gardés secrets (vachement démocratique, pour le « premier devoir de la République », hein ?), on ne peut que se fier à des fuites. Le Canard, il y a quelques temps, évoquait ainsi le fait que quatre fois plus de policiers (plus de 12000) sont déployés dans le 92, par rapport au 93 (environ 3500). Edifiant, non ? Comment assurer l’ordre lorsque les départements les plus « criminogènes » sont également les moins bien dotés ?

  Dans ce contexte, un renforcement des moyens parait, somme toute, une bonne manière de résorber ces inégalités territoriales. Notons que par rapport à la risible proposition de MAM (30 policiers volontaires), l’annonce de Sarkozy est tout de même 133 fois supérieure. Mais est-elle suffisante ? Je viens de donner quelques chiffres. Quand on imagine que plus de 12 000 policiers sont en service dans le 92, que valent des effectifs de 4000, répartis dans toute les « banlieues » ?

  Bon point cependant, ce sont des GIR. L’une des bonnes idées, indéniablement, de Sarkozy période ministre de l’Intérieur; qu’il n’avait pas vraiment développé d’ailleurs, malgré son caractère novateur (en gros, cela a surtout été une mesure d’affichage). Les GIR sont composés de gendarmes, de policiers, d’agents du Fisc, et de fonctionnaires des douanes. Une bonne synergie de forces donc, qui réduit sensiblement les guerres entre les services.

  Ce qui me chagrine un peu, en revanche, c’est que pour avoir du porter plainte récemment, je m’aperçois que nos polices ne sont toujours pas au point au niveau du rapport humain. Sarkozy a préféré compter sur des « citoyens volontaires » bénévoles pour assurer la prévention, et le soutien des victimes. Pourquoi pas ? Sauf que c’est toujours autant le parcours du combattant pour déposer une plainte, en France… et à ce sujet, rien ne semble avoir été franchement entrepris. Vous voulez le détail, rien que pour une agression ?

  D’abord, évitez la police municipale, s’il y a une police nationale à proximité. Vous économiserez du temps. Ensuite, pour déposer plainte dans ce contexte (agression), il faut fournir un certificat médical délivré par un hôpital. Bonne chance pour en trouver un lorsque vous venez de vous faire tabasser. Revenez au poste après cela. Si un officier (dit « de quart ») est là – de 10H à 19H généralement – il pourra, après que vous ayez enregistré votre déposition (c’est généralement très long), vous donner une réquisition (sans quoi la plainte ne sert à rien). Après cela, il faudra encore faire établir un autre certificat médical auprès d’un Centre Médico-judiciaire, revenir encore. Rajoutez bien quinze-vingt minutes dans chaque administration, pendant lesquelles on vous laisse poireauter tout seul… voilà, en gros, à quoi ressemble notre système actuel. La sécurité, « premier devoir de la République » ? Certes. Lorsqu’on n’est pas en train de saigner à mort…

-jrdf
rss 1 réponse
  1. securite
    26 mai, 2010 | 21:22 | #1

    Il faut avoir la politique de ses moyens et les moyens de sa politique. Le gouvernement est confronté depuis des décenies à une véritable impuissance, qui fait que nos chères banlieues vivent dans un état de non droit, que nos prétendus citoyens se livrent impunément au trafic de drogue, au trafic d’armes, quand ce n’est pas au trafic de prostitution. La République est litéralement bafouée et les honnêtes citoyens sont les victimes de tous ces trafics, qui échapent à la loi et au fisc. La Révolution devra un jour être envisagée contre cette injustice flagrante.

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