Une histoire de « Shoah »

  Ami lecteur, ne m’en veux pas d’exprimer un avis peut-être iconoclaste sur la question de « l’holocauste », mais il reflète une logique historique indéniable… Sarkozy vient de dévoiler l’une de ses nouvelles grandes idées communautaristo-larmoyantes : l’obligation pour chaque élève de CM2 de connaître le nom et l’histoire d’un enfant juif français déporté lors de la seconde guerre mondiale.

  Ce qui m’embête là-dedans, en premier lieu, c’est la bonne vieille tactique sarkozienne de l’argument imparable. Comment s’opposer à cela ? Mon bon monsieur, vous êtes donc antisémite ? Vous n’aimez pas les enfants ? Vous ne trouvez pas cela important, peut-être ?

  Première règle d’or de la communication, rappelons-la encore : ce qui concerne les enfants intéresse PARTICULIEREMENT les électeurs. Pourtant, on peut penser que cette fois, Sarkozy va peut-être un peu trop loin; d’abord parce qu’il impose cet exercice à des élèves de 10 ans; ensuite parce que s’il y a bien une période de l’Histoire qui est étudiée à l’école, c’est celle de la seconde guerre mondiale ! Enfin, parce que cette proposition, annoncée juste avant un vote important, devant le lobby religieux du CRIF (appelons un chat un chat), laisse un goût assez morbide et, pire encore, électoraliste, en bouche.

  Ce qui me permet de développer mon point de vue sur la question. Je n’aime décidément pas qu’on emploie le terme « Shoah » ou « Holocauste ». Pourquoi ? Parce que, de mon point de vue, c’est simplificateur et dangereux. Ces deux termes renvoient, premièrement, à des notions religieuses; « Shoah » est un mot juif; or, les nazis n’ont pas tué que des juifs… Occulter cet état de fait, même involontairement, par un mot « spectaculaire » ou par un autre, me choque profondément. C’est oublier les homosexuels, les résistants, les personnes handicapées mentales, les tziganes, les communistes, les francs-maçons, les artistes dérangeants pour le pouvoir… réduire cette boucherie massive au sort des juifs me semble ainsi très faux, même si, c’est certain, ce peuple a payé la plus lourde part dans ces horribles agissements. Est-ce une raison pour en faire un monopole ? Pour reprendre le fil de la proposition récente du Président, seuls les enfants juifs déportés ont-ils droit à ce que l’on honore leur mémoire ? N’est-ce pas les discriminer encore un peu, à titre posthume, que de les isoler ainsi ?

  Ensuite, je trouve cela méchamment dangereux. D’utiliser les termes « Shoah » et « Holocauste ». Le raisonnement est ici, peut-être, plus subtil : Attacher des termes religieux aux déportations nazies, c’est leur reconnaître un statut exceptionnel, quelque chose comme un évènement.

  Désolé, mais tuer des gens et les enfermer dans des camps pour s’approprier leurs possessions, je ne vois pas ce que cela a d’original. Or, en créant des termes spécifiques, quelque part, on « mythifie » ces atrocités… les pogroms n’ont-ils jamais existé ? Les anglais n’ont-ils pas utilisé des camps de concentration lors de la guerre des Boers ? Qu’ont bien pu inventer les nazis, si ce n’est qu’ils ont pu massacrer pendant des années ? Et c’est là le point crucial, à mes yeux, qu’il faudrait enseigner, justement, aux enfants : que les nazis n’étaient pas investis d’une « mission », comme nombre de leurs cadres ont pu l’avouer par la suite; que toutes ces tueries n’avaient que deux buts : Le fric et la peur. Mais surtout le fric. Imaginez ce que représentent les possessions accumulées d’au moins six millions de personnes !

  C’est de cela qu’il s’agit. Les nazis s’en sont mis plein les fouilles en capitalisant sur des haines… ils ont posé la question de l’expropriation LEGALE d’un individu, de son assassinat et plus loin, du sort réservé à des communautés entières. N’est-ce pas un peu différent de la version officielle, selon laquelle « Hitler était fou et a fait tuer des juifs ? »

-jrdf
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