posts de mars 2008


Sarkozy se trimballe en Angleterre

  Woah… rien que d’en parler, j’ai envie de baîller. Ben voilà… Notre Bon Roi, qui cherche à se refaire une santé médiatique (narcissisme, quand tu nous tiens), est allé rendre visite à la Reine mère. Niveau protocole, il a déguisé sa nana en Jackie Kennedy (waiii… super…) et s’est relativement bien tenu, excepté que son passage-éclair ne lui a même pas permis de visiter deux villes – le strict minimum pour une visite officielle – ni même de retourner voir la Reine le lendemain. Vite fait, vite torché, trois photos et c’est parti…

  Plus intéressant au niveau politique, l’entrevue avec Gordon Brown, et surtout deux discours particulièrement intéressants :

  Le premier, tenu devant le Parlement britannique, a confirmé l’engagement des troupes françaises en Afghanistan. En clair, Sarkozy ne déroge pas à la tradition de foutage de gueule de notre belle République, et sans consulter une seule fois les représentants élus de son peuple, il va faire part d’une nouvelle qui engage notre Nation… devant des parlementaires étrangers ! Trop fort…

  Le deuxième, tout aussi emblématique, s’adresse aux français exilés en Angleterre, 300 000 environ, une bonne grosse communauté donc. Ce qu’ils peuvent m’énerver, en passant, ces « exilés »… pas de patriotisme nauséabond là-dedans, chacun fait ce qu’il veut, mais c’est le genre de types qui se gargarisent d’être des aventuriers, et qui votent à distance non pas sur les programmes, mais sur l’image. Comme ils se sont barrés parce que la France n’était pas assez « libérale » à leurs yeux, ils se vendent à celui qui leur parlera le mieux. Peu importe la réalité des faits, c’est d’abord une question de language. Ben voilà. Sarkozy, la larme à l’oeil, vient les flatter dans le sens du poil, et ils sont tout contents. Et hop là ! Un gros tas de votes qui tombent dans l’escarcelle de l’UMP !

  En bref, une visite démago en puissance, scandaleuse du point de vue de l’intégrité de notre Nation (annoncer uniquement devant des étrangers une résolution diplomatique qui engage la France), avec faste et première dame costumée bien comme il faut.

  La suite !

Le joli monde de la télé (les animatueurs)

  Ami lecteur, je te soumets un extrait bien fendard du dernier brûlot paru, et immédiatement ostracisé, sur les coulisses des émissions de télévision. Michel Malausséna, « homme de l’ombre » de nombreuses stars du petit écran (Ardisson, Mireille Dumas, Collaro, Nagui…) y déverse sa bile après un quart de siècle de bons et loyaux services. A noter que le livre, « Les animatueurs », est très difficille à trouver en librairie, de même que les extraits sur le net… et non, ce n’est pas un hasard… dans ce monde tout petit du show-business, où quelques producteurs détiennent presque tout, taper sur quelques stars revient à se les mettre, quasiment, en intégralité à dos.

  Nonobstant, voici le plus gros passage que j’ai pu trouver, consacré à l’élaboration de « Salut les Terriens » de Ardisson, qui devait à l’origine s’intituler « Salut les Martiens ». Vachement instructif.

– Si tu veux le convaincre de quelque chose, me dit un ancien, il faut d’abord se taper tout l’entourage, les uns après les autres, et les persuader de la pertinence de ce que tu souhaites lui faire accepter avant de le lui annoncer.

– Ah bon ?

– Sinon, ce que tu lui dis est confronté au point de vue de chacun et perd toute sa cohérence dans une macédoine d’avis disparates. Un jour, convaincu après une longue discussion et une somme considérable d’arguments indiscutables, il te dira sans équivoque : « OK, t’as raison. On fait comme ça. » Mais ça ne l’empêchera pas pour autant de revenir dès le lendemain sur ce qui s’est conclu la veille, comme si le débat n’avait jamais eu lieu : « On est en train de faire une grosse connerie, là. » Un pas en avant, deux en arrière. Or il faut au contraire beaucoup de sérénité dans ce métier. Ne pas réagir à chaque article de presse ni vouloir changer son cap à chaque critique, car ce serait comme skipper un bateau en tentant d’échapper à chaque vague. Impensable. Mais Thierry est si sensible à la critique !

La première gifle vient de l’intérieur. Partout, à qui veut bien l’entendre, Thierry clame que son remplaçant sur l’autre chaîne va se ramasser. Avec ce que lui-même investissait comme temps auparavant, avec toute la minutie qu’il s’évertuait à mettre dans son montage – et puis quoi, merde, il est Ardisson, non –, jamais personne, et surtout pas Ruquier, le pôvre (accent du Midi), ne pourra faire aussi bien que lui. Quant à l’autre, de Carolis, celui qui l’a poussé hors de la chaîne et à qui il en veut à mort, il va regretter de s’être débarrassé de lui. Respecter de Carolis, un ancien animateur reconverti en patron de chaîne, il ne faut quand même pas trop lui en demander. Pas à lui. Il lui écrit une lettre qu’il rend publique : « C’est un miracle que tu fusilles […], celui d’une équipe […] qui ira pointer aux Assedic… » Oui, ça on connaît la musique. « Mais il n’y aura pas de procès de ma part. Le seul procès dans cette affaire sera celui que te feront les téléspectateurs le premier samedi de septembre à 23 h 15. »

Eh bien non.

Pas de chance. Le sommet de l’inadmissible est atteint : Ruquier cartonne. Et qui plus est, Ardisson ne peut même pas médire ouvertement de lui parce qu’il a encore des intérêts sérieux dans cette émission, dont les droits lui appartiennent avec Catherine Barma. – Heureusement que je l’ai, ce Ruquier, je m’en félicite tous les matins en me levant. Je n’ai encore rien fait que j’ai déjà gagné ma journée. Ma meilleure affaire… Lui qui pensait pouvoir pérorer se ronge maintenant de l’intérieur. L’icône vacille sur sa stèle. Il a peur. Et si jamais il se rendait ridicule avec son concept tordu : « Après E. T. : T. A. ! Maiiisooon ! » Déjà que Barma, qui produit donc Ruquier, ne lui adresse plus la parole…

Du coup, il renonce au concept et fait retirer du générique les images tournées avec des oreilles à la Monsieur Spoke, ainsi que toute référence trop directe à l’espace interstellaire. À la fin, il ne reste plus que le titre : « Salut les Martiens ». Oui c’est ça, salut ! Il est vrai qu’il fallait se l’expliquer tous les jours, son concept, pour essayer d’y comprendre quelque chose. Même lui se mélangeait les pinceaux.

– Bon, donc : je sors de la capsule spatiale en Martien. OK. Mais qui m’accueille ? Largué, le concepteur. Alors, dans ce contexte, il y a des jours avec et des jours sans. Et plutôt des sans d’ailleurs, où tout ce que l’entourage peut dire l’énerve, presque tout le temps : Isabelle, par exemple. Neuf ans qu’elle est là pour lui. Journaliste, elle travaille, travaille, lui passe et repasse de nombreux coups de fil, lui adresse par e-mails quantité de résumés, de notes fournies, de fiches, de réflexions, lui donne de bons conseils, s’investit. Elle en fait beaucoup, énormément, elle en fait tellement – mais elle fait ça pour lui – qu’elle en fait peut-être quelquefois trop.

Et le trop, lui, tout à coup l’exaspère.

– Isabelle, c’est comme un chien qui commence à monter sur le lit, il faut le frapper tout de suite avant qu’il ne recommence.

Toujours sympa, Thierry, avec ses collaborateurs. Et Isabelle, qui s’érige elle-même en une sorte de souffredouleur officiel, offre son être en pâture à sa sauvagerie verbale. – Si ça l’amuse !

Moi, depuis le temps, ça ne m’atteint plus. Pourtant je l’ai vue pleurer, moi, Isabelle. Mais qu’est-ce que je fais là ? Quel est ce mauvais rêve ? Pourquoi ai-je quitté ma prairie ? J’y étais si bien. Déjà des gens se plaignent à moi. Bernard Werber, le roi des fourmis, aimerait bien être sûr que l’émission ne sera pas un détournement de son prochain projet de film dont il a fait part avec enthousiasme à Thierry, lors d’une précédente émission. Mais non, avec le rédacteur en chef, je vais le rassurer : de toute façon, le concept n’existe plus. Et puis, pour réussir les choses, il faut les incarner, pas les emprunter. Lentement, l’émission « de recul et de réflexion » se dirige vers un divertissement pur et simple, une mauvaise blague : « Les cinq rumeurs de la semaine : Claude Lelouch aurait même raté le dernier film de vacances avec sa femme…» Lévi- Strauss aux chiottes, et Sirius on se torche avec. Rapidement, hormis le chèque hebdomadaire, je regrette d’avoir accepté. Comment faire pour sortir de là, et quand ?

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Hillary mytho

  Bon ben au tour de « Hillbilly » maintenant… Autant j’ai pu être critique envers Obama pour son speech repompé « Don’t tell me words are not important », autant là c’est plus que du foutage de gueule, c’est une construction pharaonique de n’importe quoi et de mensonges. La vidéo à charge, déjà : http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/12193343 , dont vous avez peut-être entendu parler. La miss prétend avoir du courir sous les balles à son arrivée à Tusla… Je vous laisse apprécier la vidéo de l’évènement, avec petite fille qui lui offre des fleurs à l’appui.

  J’aime bien aussi, dans l’article qui suit cette vidéo, ce passage qui s’attache à résumer l’enquête sur les 11 000 pages de son agenda décortiquées par des journalistes américains… Vive « l’expérience » et le « professionnalisme » :

Le document vidéo de CBS s’ajoute à d’autres documents officiels. La semaine dernière, les Archives nationales américaines ont mis en ligne plus de 11’000 pages d’agenda officiel de Hillary Clinton du temps où elle était Première dame, entre 1993 et 2001.

Hillary Clinton, qui vante ses «35 ans d’expérience» comme un argument majeur de sa campagne présidentielle, est épinglée par The Guardian. Contrairement à ce qu’elle a souvent affirmé, elle n’a pas joué un rôle majeur dans les décisions de politique étrangère de Bill Clinton. Au contraire, l’ex-première dame était souvent absente lors des moments clés de la présidence de son mari.

Des exemples: quand l’Otan a lancé des raids aériens contre la Serbie pour punir le président yougoslave Slobodan Milosevic pour l’attaque du pays contres des séparatistes albanais au Kosovo, Hillary Clinton visitait des ruines égyptiennes à Louxor. Elle prétend qu’elle a participé à la négociation des accords de paix du Vendredi Saint en Irlande du Nord en 1998. Foutaise. Selon son agenda en ligne, ce jour-là, elle était à Washington dans une fête en l’honneur d’un membre du Congrès de New York qui était récemment mort.

Le Zimbabwe se rend aux urnes (enfin, officiellement)

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  Mugabe, j’avoue, c’est mon préféré. De tous les tyrans d’Afrique, celui-ci me semble particulièrement effroyable. Bon, on n’a peut-être pas besoin d’épiloguer là-dessus, tout le monde sait comment ça se passe : médias sous contrôle, opposants tués, disparus ou en prison, injustice à tous les étages, bref, que du classique. Mais économiquement, une inflation qui dépasse actuellement les 150 000%, j’avoue, c’est un record !

  Donc aujourd’hui, les Zimbabwéens ont le pouvoir de renverser ce despote sanguinaire, mais comme on connait la propension avérée du monsieur à truquer les élections, ben… On va y croire très fort, disons.

  Cet article tiré du site « Jeune Afrique » retrace ces évènements :

  C’est un sixième mandat à la tête du Zimbabwe que brigue samedi Robert Mugabe, 84 ans. Le chef de l’Etat a déclaré, il y a une semaine, que « jamais l’opposition n’arrivera au pouvoir ». Ses challengers lui font confiance pour cela : « Nous avons reçu des preuves sur la façon dont Mugabe et ses comparses sont en train de saboter cette élection. Les listes électorales et l’informatique sont les outils de cette fraude », a indiqué jeudi à l’AFP Tendai Biti, le secrétaire général du Mouvement pour le changement démocratique (MDC). La veille, le chef de l’Etat a nié tout trucage des élections et démenti les allégations de ses opposants : « Ce sont des mensonges empruntés à leurs maîtres qui disent que les élections ne seront ni libres ni justes. Ce ne sont que de satanés menteurs, des menteurs démoniaques. »

Pourtant, tout a été entrepris, semble-t-il, pour que ces élections générales (quatre élections sont organisées le même jour : présidentielle, législatives, sénatoriales et locales), auxquelles près de 6 millions d’électeurs sont conviés, se déroulent dans une transparence toute relative : observateurs internationaux triés sur le volet, insuffisance du nombre de bureaux de vote dans les villes où l’opposition domine, présence de policiers dans les bureaux de vote, sélection drastique des journalistes étrangers…

Des journalistes que le gouvernement a mis en garde dès jeudi : ceux « qui abusent de la courtoisie et de l’hospitalité de ce beau Zimbabwe, qui viennent pour autre chose que la couverture des élections, devraient faire leurs valises, s’en aller et nous laisser en paix », a déclaré le ministre de l’Information Sikhanyiso Ndlovu, lors d’une conférence de presse. « Le gouvernement n’accueillera pas aimablement cette propagande impérialiste », a-t-il ajouté. Ainsi, la BBC, CNN, l’agence Associated Press ou le New York Times ont vu leurs demandes d’accréditation refusées.

Etat d’alerte maximale

Robert Mugabe ne veut aucun trouble, ni dans les médias, ni dans la rue. « Nous décourageons toutes les actions qui pourraient conduire à l’anarchie », a déclaré mercredi le chef de la police, au nom également de l’armée, des services pénitentiaires et du renseignement. « Tous ceux qui ont mis de l’huile sur le feu, évoquant des violences du style de celles du Kenya, doivent comprendre que la violence est un pauvre substitut à l’intelligence et un monstre qui peut dévorer son propre créateur. » Deux jours plus tard, l’armée et la police du Zimbabwe ont été placées en état d’alerte maximale, et les responsables de la sécurité se sont engagés à empêcher toute violence après le scrutin.

Cela n’empêche pas les militants de descendre pacifiquement dans les rues en arborant des tee-shirts à l’effigie des candidats de l’opposition, Morgan Tsvangirai (MDC) et Simba Makoni, ancien ministre des Finances de Mugabe et candidat dissident de la ZANU-PF (Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique, au pouvoir). Une enquête citée par Le Monde les crédite de respectivement 28,3% et 8,6% des intentions de vote, contre 20% pour Mugabe. Un autre sondage publié vendredi par le quotidien gouvernemental The Herald donne le président sortant gagnant dès le premier tour, avec 53% des suffrages. Simba Makoni a appelé l’opposition à faire front commun contre Robert Mugabe, et propose, en cas de victoire, un gouvernement de coalition avec ses partisans, le MDC, et même des membres de la ZANU-PF.

Une économie moribonde

Ne seraient les probables fraudes électorales, Tsvangirai et Makoni ont des arguments de poids pour faire tomber Mugabe. Le bilan économique et social du président sortant parle de lui-même : taux d’inflation annuel de 100.000% [NDLR 150 000% maintenant], taux de chômage de 80%, pénurie de médicaments et des produits de première nécessité, croissance de -6%, espérance de vie de 39 ans… Jeudi, Simba Makoni a estimé que l’économie du pays ne sera pas redressée « dans les six mois après le 29 mars, ni même dans les cinq premières années. Cela pourrait prendre dix à quinze ans ».

En attendant, Robert Mugabe, après avoir opéré la saisie des terres exploitées par les fermiers blancs, propose comme seuls remèdes une augmentation des salaires des fonctionnaires et une « indigénisation » des entreprises. Et accuse l’Occident de tous les maux de son pays : « Les Britanniques, les Américains et ceux qui pensent comme eux préfèrent voir nos enfants, les vieux et les infirmes souffrir des sanctions maléfiques qu’ils ont imposées pour initier un changement de régime dans notre pays », a-t-il tonné. Un changement de régime qui ne semble définitivement pas figurer dans le programme de celui qui tient les rênes du Zimbabwe depuis son indépendance, en 1980.

Sarkozy maîtrise à fond la technique du contre-feu

  …et c’est sans doute là l’une de ses rares qualités, indéniable celle-là. La technique est simple : Dès qu’un corps social, ou un mouvement quelconque, manifeste sa colère, Sarkozy lui-même, en impérieux sauveur officiel, paraît et annonce plein de trucs sympas pour calmer le jeu.

  Ici, il s’agit des personnes handicapées, qui rappellent à notre Bon Roi ses engagements de campagne, concernant la revalorisation de leur allocation dédiée. Faut dire qu’entre les 25% promis (« en cinq ans », écrit en tout petit au bas du contrat) et les 1,1% effectifs jusqu’à présent, il y avait de quoi gueuler, surtout pour des citoyens qui sont, déjà, dans des situations particulièrement précaires.

  La veille de leur manifestation, donc (quelle heureuse coïncidence !), Sarkozy promet, grand seigneur, une hausse de 5% dans l’année. On verra bien si cette annonce sera concrétisée, sachant que ce n’est de toute manière pas la panacée… Mais cette réaction montre bien que, actuellement, le Président tente de redorer son blason.

  Tant que ce n’est pas un coup de peinture à la va-vite, on ne s’en plaindra pas… 

Le Pakistan reprend du poil de la bête

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  Comme quoi, il n’y a heureusement pas que des mauvaises nouvelles en ce moment… Pour ne pas s’arrêter uniquement sur l’assassinat (néanmoins tragique) de Benazir Bhutto, voici des nouvelles de son parti, qui a triomphé lors des dernières élections, et s’attelle à nettoyer un peu le foutoir de la dictature de Musharraf.

  DEMOCRATIE AU PAKISTAN !

ISLAMABAD (Reuters) – Le Premier ministre pakistanais Yousaf Raza Gilani, élu la veille par le Parlement, a prêté serment devant le président Pervez Musharraf.

En visite au Pakistan, le secrétaire d’Etat adjoint américain John Negroponte et le vice-secrétaire d’Etat Richard Boucher, qui doivent s’entretenir mercredi avec Gilani, ont aussitôt fait savoir qu’ils sonderaient le nouveau chef du gouvernement pakistanais sur ses intentions en matière de lutte contre l’activisme islamiste.

Gilani est issu du parti du peuple pakistanais (PPP), la formation de Benazir Bhutto, l’ancien Premier ministre assassiné en décembre dernier.

« Toutes les forces doivent être réunies pour sortir le pays des crises auxquelles il est confronté », a déclaré le nouveau Premier ministre aux journalistes, après avoir prêté serment dans les bâtiments de la présidence.

Le veuf de l’ancienne Premier ministre assassinée, Asif Ali Zardari, et leur fils Bilawal Bhutto Zardari, qui dirigent le PPP, n’ont pas souhaité assister à la prestation de serment, un camouflet pour Musharraf.

L’ancien Premier ministre Nawaz Sharif, également invité, s’entretenait avec Negroponte et Boucher au moment de la cérémonie.

Sharif, qui fait partie de la coalition au pouvoir, a fait savoir qu’il avait dit aux deux responsables américains que la sécurité ne serait plus le domaine réservé de Musharraf.

« Désormais, le parlement se prononcera sur tous les dossiers. Les représentants du peuple étudieront tous les aspects des problèmes », a-t-il dit déclaré lors d’une conférence de presse.

Negroponte et Boucher, arrivés mardi au Pakistan, ont également rencontré Zardari et Musharraf.

Musharraf est « un bon ami et un allié » a répondu le porte-parole du département d’Etat, Sean McCormack, quand il lui a été demandé si l’ancien général était indispensable.

« Ce sont le genre de questions auxquelles je crois que le système politique pakistanais devra répondre par la suite, mais il (Musharraf) reste quelqu’un avec qui nous avons travaillé et avec qui nous travaillerons étroitement », a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis et ses alliés occidentaux craignent les conséquences de l’instabilité politique au Pakistan, une puissance militaire nucléaire qui doit faire face depuis plusieurs années à la violence islamiste.

Washington, a déclaré McCormack, est déterminé à travailler avec le Pakistan pour « combattre la menace que constituent les terroristes et les extrémistes violents pour le Pakistan, le peuple pakistan, tout autant que pour (les Etats-Unis) et d’autres pays dans la région ».

« PLUS DE TRANSPARENCE »

Husain Haqqani, professeur à la Boston University et conseiller du PPP, a précisé que la visite de Negroponte et Boucher visait à marquer le soutien des Etats-Unis au processus démocratique et à examiner l’évolution de la guerre « contre le terrorisme » lancée au niveau mondial après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

Certains membres de la nouvelle coalition au pouvoir au Pakistan ont souligné la nécessité d’ouvrir des discussions avec les militants islamistes, ce que Musharraf a toujours refusé.

Cette intransigeance du président pakistanais lui a valu les critiques d’une partie de la population, qui lui a reproché son alignement sur les Etats-Unis, assimilé parfois à une véritable provocation à la violence islamiste.

« Les choses doivent changer. Il faut plus de transparence grâce au nouveau régime démocratique », a expliqué Haqqani.

Gilani a été élu Premier ministre lundi par le Parlement, désigné par 264 des 342 députés.

Il a aussitôt ordonné la libération des magistrats placés en résidence surveillée après la proclamation de l’état d’urgence par Musharraf en novembre dernier.

Il a également demandé une enquête des Nations unies sur l’assassinat de Benazir Bhutto le 27 décembre à Rawalpindi.

Peu après l’allocution du nouveau Premier ministre, les barrages des forces de sécurité ont été levés autour des domiciles de l’ancien président de la Cour suprême Iftikhar Chaudhry et des autres juges qui étaient assignés à résidence.

La nouvelle coalition au pouvoir a promis de réintégrer les magistrats limogés par Musharraf. Ceux-ci, qui contestent la légalité de la réélection du président en octobre dernier, pourraient s’engager avec l’appui du nouveau gouvernement dans un bras de fer juridique avec le chef de l’Etat pour le forcer à partir.

Robert Birsel, version française Gregory Schwartz et Guy Kerivel

Environ 160 enfants intoxiqués à Melun

MELUN (AFP) – Environ cent soixante enfants ont été victimes jeudi midi de ce qui semble être une intoxication alimentaire, dans six écoles primaires et maternelles du nord de la Seine-et-Marne, et quatorze ont dû être hospitalisés pour des examens, a-t-on appris de sources concordantes.

Les enfants hospitalisés devaient tous rentrer chez eux dans l’après-midi, selon la préfecture.

Selon cette source, 161 enfants et trois adultes ont été malades. Le parquet de Meaux a dénombré 152 enfants et quatre adultes.

« Il ne s’agit pas d’une intoxication grave, mais les enfants ont été victimes de vomissements, de douleurs abdominales, ce qui mérite d’être surveillé compte tenu de leur âge », a expliqué à l’AFP Claude Gonzalez, médecin-chef du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de Seine-et-Marne.

Selon une directrice d’école, qui a souhaité conserver l’anonymat, les enfants ont été pris de vomissements un quart d’heure après avoir mangé une entrée à base de betterave. Des lits ont été installés dans la cantine pour examiner les enfants.

Deux écoles de Mouroux, deux d’Esbly, une de Condé-Sainte-Libiaire et une de La Houssaye-en-Brie ont été concernées, selon les pompiers. Les enfants atteints de nausée ont, pour la plupart, été examinés sur place par des médecins et infirmières, puis remis à leurs parents.

Douze enfants de l’école communale de Condé-Sainte-Libiaire, un de l’école primaire de La Houssaye-en-Brie et un de l’école du Centre d’Esbly ont été hospitalisés, selon la préfecture.

D’après le parquet de Meaux, les cantines des écoles concernées avaient toutes le même prestataire de service, la société OCRS (Office central de restauration scolaire), qui approvisionne des écoles de Seine-et-Marne mais aussi de Paris.

La Direction des services vétérinaires s’est rendue jeudi après-midi dans les locaux de l’entreprise, situés à Ozoir-la-Ferrière, pour y procéder à des prélèvements de nourriture qui feront l’objet d’analyses.

De nombreux parents ont défilé dans les services de gendarmerie pour porter plainte, selon la gendarmerie.

La société contactée n’a pas souhaité répondre aux questions de l’AFP.

Belarus, encore une belle merde de dictature

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MINSK (AFP) – Des dizaines d’opposants bélarusses qui tentaient mardi de manifester dans le centre de Minsk ont été battus à coups de matraque et arrêtés par la police.

Environ 2.000 personnes, brandissant des drapeaux européens, sont descendues au cours de la soirée dans la rue, à l’appel de l’opposition, pour fêter l’anniversaire de l’éphémère république du Bélarus proclamée en 1918.

Mais au moment où ils cherchaient à se rendre sur une place du centre de la ville pour un rassemblement non autorisés, la police antiémeutes a donné la charge, frappant principalement les jeunes Bélarusses, à coups de matraque.

La foule a répondu aux cris de « fascistes ! » et de « Honte à vous ! ».

Des dizaines d’opposants ont été ensuite interpellés, mis de force dans une quinzaine de cars de police et emmenés dans des commissariats ou directement dans des centres de détention préventive.

Plus tard, la même foule d’opposants a encore été « chargée » par la police qui a procédé de nouveau à des dizaines d’interpellations.

Le ministère de l’Intérieur a annoncé que 80 personnes environ avaient été arrêtées, selon l’agence Interfax.

Un responsable de l’antenne bélarusse du groupe Helsinki de défense des droits de l’homme a affirmé à l’AFP que la police avait arrêté au moins 100 personnes.

Un porte-parole du Front populaire, le principal parti de l’opposition bélarusse, a déclaré que le dirigeant de son organisation de la jeunesse, Ales Kalita, et plusieurs autres militants avaient été arrêtés mardi avant même la manifestation.

Dans la soirée, environ 300 jeunes opposants cherchaient encore à rejoindre le lieu de la manifestation mais étaient empêchés d’y accéder par la police antiémeutes.

En 2007, une tentative d’organiser une manifestation avait avorté à la suite d’une intervention des forces spéciales bélarusses, un an après un mouvement de protestation sans précédent contre le régime d’Alexandre Loukachenko qualifié de « dernière dictature d’Europe » par Washington.

Apartheid en Flandre

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  Encore une bonne nouvelle en Europe… Le sécessionnisme effréné des flamands vient de franchir un nouveau stade : il prend à présent pied dans les jardins d’enfant. Pour faire bonne mesure, on peut toutefois rapporter le fait que ce décret, qui autorise (ce n’est donc pas une obligation) les moniteurs des jardins d’enfants à dominance flamande, à ne pas faire participer les francophones aux activités, pour des raisons de sécurité, est loin de faire l’unanimité, et est en ce moment même discuté aprement dans les hautes sphères du pouvoir.

  Reste que, même à titre purement symbolique, cette mesure évoque de sales heures de notre Histoire, et qu’elle fournit le point de départ à un coup de gueule de Jean Quatremer, que je retranscris ici, et que personnellement je ne renie pas :

 

La commune flamande de Liedekerke a adopté un nouveau règlement qui autorise les responsables des « plaines de jeux » (jardins d’enfants) à refuser l’admission des enfants ne parlant ou ne comprenant pas le néerlandais. Le bourgmestre (maire) de la commune, le CD&V Luc Wynant (qui appartient donc au même parti qu’Yves Leterme, le Premier ministre belge), s’est justifié sur les ondes de Radio 2 : « quand il faut s’occuper d’un groupe d’enfants et les laisser jouer en toute sécurité, il est important qu’ils comprennent ce que les moniteurs leur disent. Dans le passé, nous avons eu beaucoup d’enfants qui venaient dans nos plaines de jeux, même de Bruxelles, et qui ne connaissaient pas le néerlandais ».

Cette histoire, rapportée par l’agence de presse belge Belga, montre comment, naturellement, mesure discriminatoire après mesure discriminatoire, la Flandre en vient à instaurer un véritable régime d’apartheid linguistique au nom de la défense de sa culture.

 Frontière linguistique, puis séparation des partis politiques, des ordres professionnels, de la justice, de l’éducation entre Flamands et Francophones, puis interdiction des panneaux de signalisation en français, d’accès aux logements sociaux aux non néerlandophones, de vendre des terrains communaux aux non néerlandophones, de passer des annonces en français, de s’adresser en français à des commerçants, puis refus de nommer des maires francophones élus démocratiquement parce qu’ils ont envoyé des convocations en français à leurs électeurs francophones, etc, etc. Cette fois-ci, et pour la première fois, la Flandre s’attaque aux enfants. Ces discriminations ont fini par émouvoir le Conseil de l’Europe puis l’ONU. Mais en Flandre, Monsieur, on considère que ces étrangers ne comprennent rien à la complexité du pays.

Je suggère à la région flamande une mesure plus radicale : obliger les Francophones se rendant en Flandre à porter un signe distinctif sur la poitrine (un coq gaulois, par exemple) afin que les braves Flamands ne perdent plus un temps précieux à distinguer le bon grain de l’ivraie.  On saurait tout de suite à qui claquer la porte au nez. Et quels enfants chasser des jardins.

Ami lecteur, je t’incite également à passer voir sur le blog de ce journaliste, les très nombreuses réactions des internautes, qui témoignent de l’évident intérêt porté à cette affaire :

  http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2008/03/apartheid-lingu.html

Ecocide au Kirghizstan

  Un blog particulièrement flippant, initié par des globetrotters à sensibilité écolo, qui retrace les résultats d’une enquête sur la pollution au Kirghizstan. Au menu : radioactivité phénoménale sous un abribus, gigantesques décharges sauvages aux portes des villes, usines d’enrichissement nucléaire à l’abandon… L’épopée soviétique dans toute sa splendeur environnementale…

  http://www.blogtrotters.fr/category/6-ecocide-au-kirghizstan/

Avec et sans maquillage

  Encore un petit post délire pour détendre un peu l’atmosphère, vu ceux qui vont suivre… il s’agit d’une vidéo qui présente tout un tas de célébrités « fashion » maquillées et… au naturel. Bon, ça devrait rassurer tous ceux et toutes celles qui crisent sur leur apparence et s’en réfèrent sempiternellement au « diktat de la beauté ».

  Ben voilà, en vrai, tout le monde (ou presque) est moche. Cool, non ?

  http://www.youtube.com/watch?v=ewUB38pmiM4&eurl=http://www.zigonet.com/video/celebrites-sans-maquillage_art35.html 

  (Note : Petit bémol, la transition entre une mannequin noire et une photo de singe… ouais bon l’humour c’est subjectif, mais quand même)

La fin de l’ouverture

  Profitons de l’accalmie politique actuelle, ami lecteur, pour analyser le dernier remaniement ministériel, à la lumière de la sacro-sainte « ouverture » tant plébiscitée par les français. J’aime bien, à ce sujet, la position de Laurent Joffrin (Libération), qui s’y est toujours opposé. Son argument principal tenant à ce qu’il s’agissait de faire appliquer un programme de droite par des politiciens de gauche. Bien sûr, ce principe de « l’ouverture » a été fort apprécié par les électeurs, qui y ont vu la modernité du rejet des dogmatismes et du « bloc contre bloc », avec l’avantage d’avoir un gouvernement qui prendrait « les meilleurs de chaque camp ». Laurent Joffrin avance, pour sa part, qu’il ne s’est pas agi de prendre forcément les plus talentueux, mais surtout ceux qui avaient le moins de principes, en bref ceux dont la popularité a pu être la plus facilement achetée.

  Nous verrons plus tard que ce fameux remaniement scelle le sort de cette « ouverture », comme par hasard juste après une défaite électorale… Pour l’instant, opérons un petit tour d’horizon sur son bilan.

  Commençons par Bernard Kouchner, sans doute son plus emblématique représentant. Il faut savoir que son ministère a été scindé en plusieurs portefeuilles, et qu’il n’en a finalement gardé qu’un seul, sur quatre, à savoir celui dédié à la diplomatie dans sa portion la plus congrue. En gros, pour faire court, Kouchner n’a rien à dire sur l’immigration ou même sur le choix des ambassadeurs… Il ne peut même pas délivrer un visa à un réfugié politique ! A noter que sa candidature a été mise en concurrence avec celle d’Hubert Védrine, ce dernier ayant posé de nombreuses conditions à Sarkozy pour accepter, éventuellement, le poste. Le « French doctor », lui, n’en a posé aucune ! A la soupe !

  Autre membre tout aussi célèbre, mais dans un registre différent et avec une expérience certes bien moindre, Eric Besson. Le fameux traître qui composât, à un an d’écart, un pamphlet haineux envers Sarkozy, puis son équivalent envers Royal, a été bombardé à la « Prospective ». Depuis, comme bien d’autres, il s’est placé au fond de la classe, près du radiateur, et fait son maximum pour qu’on l’oublie. Unique apport, jusqu’à présent : un dossier compilant des modalités en rapport avec la TVA sociale (il y est défavorable).

  Martin Hirsch, quant à lui, bien que non-encarté au PS, mais énarque de gauche qui a fait la campagne de Royal tout de même, a décidé que son RSA (un dispositif qui encourage la reprise de l’emploi sans détruire le RMI) serait expérimenté d’abord à toute petite échelle. On l’a également entendu lors de l’affaire des tests ADN. Voilà. On peut également remarquer qu’il s’est décalé franchement des autres sur la photo officielle de Fillon I. Merci Martin !

  Dans le même style (associatif social/humanitaire), feu la présidente de Ni Putes Ni Soumises, Fadela Amara, est en pleine querelle avec sa ministre de tutelle, le dragon catho relooké Christine Boutin (Au fait, saviez-vous que celle-ci est directement reliée au Vatican ? Je déconne pas, là…) En bref, Fadela a essayé. Elle a rendu un rapport plutôt ambitieux, mais le problème est qu’à son poste, elle n’a pas vraiment de prise sur les dossiers. L’emploi, la jeunesse, la culture, tout lui échappe… Résultat : un plan qui, dans sa quasi-totalité, n’est pas financé. Sarkozy promet beaucoup, mais tient très peu…

  Cas plus intéressant encore, Jean-Marie Bockel. Le Secrétaire d’Etat dédié à la Coopération et à la Francophonie vient d’être « rétrogradé » au ministère des Anciens Combattants. Ca s’appelle une mise au placard… dommage, car cet élément-là présentait l’avantage d’être sérieux, compétent, et sincèrement libéral dans sa démarche. Il aurait donc pu rejoindre la droite, sans remords, et y constituer un atout de poids… mais la rancœur de l’UMP, après ces dernières élections, aura eu raison de son sens de la diplomatie.

  Il reste donc ceux qui n’ont pas participé directement aux projets de l’UMP, mais étaient tout de même bien tentés pour rejoindre les ors et les palais du pouvoir. On commence, en vrac, par Claude Allègre. Monsieur « dégraissage du mammouth » avait été vu sortant du QG de Sarkozy, quelques jours avant le deuxième tour des présidentielles, tout honteux derrière ses lunettes noires. Certes, sa haine pour Royal était manifeste, depuis le début… On sait qu’il était pressenti pour rejoindre le ministère de la Recherche, et avait posé comme condition, en retour, d’avoir la possibilité d’augmenter les salaires des chercheurs, ce qui est loin d’être mauvais. Tant pis, il reste sur le banc de touche, pour l’instant.

  Jack Lang, lui, en bon arriviste « constructif » également, a participé à la commission pour la réforme des institutions, sous la houlette de Balladur. On connait son goût pour un régime « présidentiel », et c’est donc des deux mains qu’il a applaudi un texte qui dépossédait le gouvernement de tout pouvoir effectif, au profit de notre monarque moderne. Heureusement, ce texte n’a pas été entériné dans l’état… jusqu’à maintenant. Quoiqu’il en soit, Lang faisait du pied très ouvertement au pouvoir sarkozyste, en vain puisque l’hostilité de l’UMP à son égard parait avoir eu le dernier mot. Du coup, il se rabat en demandant que l’engagement des troupes françaises soit discuté au Parlement (oui parce que, dans notre belle démocratie, on envoie des soldats sans qu’aucun de nos députés n’y trouvent, ou ne puissent y trouver, à redire).

  Enfin, un autre déçu emblématique, se trouve en la personne de Michel Rocard. Celui-ci a participé à une énième commission, qui visait à réformer le statut des enseignants. Certes, l’histoire est un peu compliquée, puisque ce sont ces derniers qui se sont braqués contre lui lorsqu’il a voulu proposer, en gros, des primes au mérite. Reste que l’UMP ne l’a pas soutenu, qu’il a claqué la porte, et depuis, ne décolère pas.

  Voilà. Passons maintenant aux petits nouveaux qui vont entrer au gouvernement. Notons, d’une part, que la volonté initiale de Sarkozy d’avoir un « gouvernement resserré » est oubliée depuis longtemps, sans compter tout le personnel adjoint aux ministres (record historique de conseillers, notamment) ; d’autre part, qu’en termes de parité, les femmes n’y sont plus représentées qu’à hauteur d’un tiers. Enfin, les ministres battus lors des municipales sont conservés, et à part un nouvel venu (Christian Blanc), tous sont des UMPistes pur jus.

  Ouverture… Fermeture.

PARIS (Reuters) – Deux jours après un deuxième tour des municipales sévère pour la droite, l’Elysée a annoncé un remaniement ministériel riche en nouveaux domaines d’attribution et faisant la part belle aux fidèles de Nicolas Sarkozy.

La nouvelle équipe compte six nouveaux venus, nommés à des postes de secrétaire d’Etat : Christian Blanc, Hubert Falco, Yves Jégo, Anne-Marie Idrac, Nadine Morano et Alain Joyandet.

L’intitulé de nombreux portefeuilles est modifié, avec l’accent mis sur de nouveaux secteurs : emploi, économie numérique, aménagement du territoire, famille, associations, notamment.

« Les changements d’appellations ne sont pas toujours des changements d’attribution », précise-t-on à l’Elysée. « On a voulu insister sur certains domaines ».

Ces modifications interviennent deux jours après le second tour des élections municipales et cantonales, où l’UMP a été lourdement sanctionnée.

La plupart des nouveaux postes récompensent des fidèles de Nicolas Sarkozy – Alain Joyandet, Yves Jégo, Nadine Morano – et des personnalités de droite ayant obtenu de bons résultats aux municipales.

Le député Nouveau Centre Christian Blanc, ancien président de la RATP et d’Air France, qui fut proche de Michel Rocard, fait figure de seul nouveau membre d’ »ouverture ».

La parité ressort sérieusement écornée de ce remaniement. Sur 38 membres, en comptant le Premier ministre François Fillon, le nouveau gouvernement compte 13 femmes.

Dans le détail, le porte-parole de l’UMP Yves Jégo devient secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer. Le député-maire de Montereau (Seine-et-Marne), réélu dès le premier tour, remplace Christian Estrosi, élu dimanche à la mairie de Nice.

Une autre porte-parole de l’UMP, Nadine Morano, se retrouve à la tête d’un nouveau secrétariat d’Etat à la Famille. La députée de Meurthe-et-Moselle avait été battue dimanche aux municipales à Toul.

Le secrétaire d’Etat aux Anciens combattants Alain Marleix, un fidèle de Nicolas Sarkozy, change de fonction et devient secrétaire d’Etat à l’Intérieur et aux Collectivités territoriales.

Hubert Falco, le maire UMP de Toulon aisément réélu le 9 mars, prend le nouveau secrétariat d’Etat chargé de l’Aménagement du territoire.

INTITULÉS MODIFIÉS

Luc Chatel, le nouveau maire de Chaumont (Haute-Marne), se voit attribuer, en plus de ses fonctions de secrétaire d’Etat à l’Industrie et la Consommation, celle de porte-parole du gouvernement. Le porte-parole sortant, Laurent Wauquiez, élu à la mairie du Puy-en-Velay (Haute-Loire), devient secrétaire d’Etat à l’Emploi.

Eric Besson, secrétaire d’Etat chargé de la Prospective, de l’évaluation des politiques publiques et du développement, sera également chargé de l’économie numérique, signe de l’intérêt désormais porté par le gouvernement à internet.

Parmi les nouveaux venus, Christian Blanc devient secrétaire d’Etat chargé du développement de la région capitale, autrement dit du « Grand Paris », projet de regroupement de la capitale avec quelque 80 communes alentour.

Alain Joyandet, député UMP de la Haute-Saône, devient secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie.

Il remplace à ce poste Jean-Marie Bockel, nommé secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants.

Le portefeuille du secrétaire d’Etat aux Sports Bernard Laporte est complété. L’ancien entraîneur du Quinze de France sera également chargé de la Jeunesse et de la Vie associative.

L’ancienne présidente de la SNCF Anne-Marie Idrac est nommée secrétaire d’Etat chargée du Commerce extérieur. Une compensation pour celle qui a cédé le mois dernier sa place de patronne des cheminots à Guillaume Pépy.

Hervé Novelli, auparavant chargé des entreprises et du commerce extérieur, voit son portefeuille fortement modifié : il devient secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme et des services.

Les intitulés des portefeuilles de plusieurs ministères sont modifiés.

Christine Lagarde est « ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’emploi ». La mention « finances » disparaît « mais elle garde ce domaine », a expliqué un conseiller de l’Elysée. « On voulait insister sur l’industrie ».

Jean-Louis Borloo est ministre de l’Ecologie, du Développement durable de l’aménagement du territoire et, nouveauté, de l’énergie.

Le nouvel intitulé du portefeuille de Brice Hortefeux est : ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire. La mention « codéveloppement » disparaît.

Zzyzx, on s’amuse comme on peut…

  Un petit post délire, pour se détendre… « Zzyzx » (prononcez « zazyzx ») est le nom d’une petite ville du comté de San Bernardino, en Californie. Indéniablement, c’est un nom bizarre… Quelle origine a-t-il ?

  Eh bien, son fondateur, Curtis Howe Springer, a tout simplement essayé d’en faire… le dernier mot de l’ordre alphabétique – du moins, en anglais ! Une entreprise intéressante, cependant avortée puisqu’une rue « Zzz » existe à Bangs, au Texas, ainsi qu’une autre rue, « Zzzz », à Kerney, dans le Nebraska. Aaaah, ces américains… 

  A noter que le film « Zyzzyx road » (petite différence orthographique, afin de le différencier d’un autre, « Zzyzx ») qui prend pied dans la région, est connu pour être celui qui a fait le plus petit chiffre de recettes au monde – à savoir, 30 dollars, dont la moitié provenant de la poche du réalisateur ! Bon, c’était surtout une magouille pour permettre son exploitation à l’étranger (aux USA, il faut d’abord faire projeter un film sur le territoire avant de pouvoir l’exporter), mais quand même !

Montreuil passe du rouge au vert

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  Bien que peu partisan, personnellement, de Dominique Voynet (je la trouve horripilante, arriviste et peu imaginative), il faut avouer que le premier conseil municipal conduit sous son égide, de même que la campagne municipale dont elle a su triompher, semblent lui donner un avantage moral sur l’équipe municipale apparentée communiste sortante. En effet, à la mise à disposition des moyens municipaux au service de Jean-Pierre Brard, maire de Montreuil depuis 24 années, au clientélisme et à l’intimidation, a succédé ce houleux conseil, ainsi qu’une passation de pouvoirs très « mauvais perdant » (les cocos ayant fait changer toutes les serrures avant de partir, hahaha comme c’est amusant). En dépit de ces chausse-trappes peu démocratiques, donc, la verte a vaincu le rouge… Est-ce aussi simple ?

  Il y a la question des alliances. Brard accuse Voynet d’avoir négocié avec la droite un « tout-sauf-lui » basé sur un désistement de la liste UMP. Certes… sauf que lui-même a bien essayé de faire la même chose ! Au final, la sensibilité de droite (je l’ai également constaté sur Rueil-Malmaison) s’accorde mieux avec celle des Verts, qu’avec celle des communistes. Elle a peut-être contribué à faire pencher la balance…

  Reste, évidemment, les points du changement, et du bilan. Les électeurs de Montreuil ont-ils été emballés par le programme de Voynet ? Bof, dirons-nous, celui-ci étant assez pauvre (j’y avais d’ailleurs consacré un billet assassin), et le taux d’abstention ayant été élevé. C’est donc plutôt un vote de rejet contre l’équipe de Brard, et surtout contre celui-ci, personnage autrefois très actif mais qui s’est reposé sur ses lauriers, et surtout a fait montre d’un autoritarisme certain, en bref un manque de soutien envers un système trop usé, qui s’est schématiquement opéré.

  Le basculement des forces démocratiques a d’ailleurs illustré les dérives de ce système, notamment un manque de respect flagrant envers l’expression électorale, ainsi qu’un aspect sectaire et violent indéniable. L’article de Libération, que je joins à ce post, le détaille bien.

  Pourtant, faut-il verser dans le manichéisme du « méchant coco qui n’a rien fait de bien ? ». Non. Si la stratégie politique de Brard, qui a tout de même tenu un quart de siècle, est imprégnée de clientélisme social – vacances pour les enfants, subventions pour les associations « amicales », fêtes populaires – et de polarisation effrénée et ambiguë – Brard crachant comme pas deux sur les « bobos », mais étant responsable de leur venue - on peut toutefois distinguer de vraies réussites, incontestables, dans la gestion de Montreuil.

D’abord, une balance budgétaire bien tenue, avec une dette municipale dans les normes. Bon, au niveau taxe foncière, c’est une autre histoire, mais restons dans le positif… La création des « Tacos » est une vraie révolution ! Il s’agit de taxis populaires, à 1 Euro la course, qui servent beaucoup aux personnes âgées notamment. Et que Voynet veut supprimer… La construction de bâtiments culturels tels que le Méliès, et le nouveau théâtre de Montreuil, sont également de franches réussites, que les Verts n’ont pas vraiment soutenues.

On voit qu’il est difficile de trancher, encore, entre un bilan qui, même entaché par un comportement autoritaire et autocratique, présente des côtés lumineux,  et un nouveau pouvoir qui n’a pas prouvé grand-chose, teinté d’arrivisme, un parti qui jouit certes du bénéfice du doute, mais qui peine encore à motiver réellement la population de Montreuil…

 

Par Matthieu Ecoiffier, Libération

Ce n’est pas à un vieux communiste qu’on apprend à faire sa sortie. Samedi, 9 h 30, mairie de Montreuil, le visage grave et le teint blême, Jean-Pierre Brard, maire depuis vingt-quatre ans de la première ville de Seine-Saint-Denis fait son entrée dans la salle des fêtes. «Jean-Pierre ! Jean-Pierre !» scandent ses partisans, arrivés dès 8 heures pour occuper les rangs. L’intéressé se dirige à pas comptés vers la tribune pour prononcer son dernier discours de maire. Avant d’introniser celle qui l’a battu avec plus de 54 % des voix le 16 mars : Dominique Voynet, assise au premier rang du public avec ses colistiers.

La sénatrice verte se dit «zen», malgré l’ambiance électrique. Après tant de défaites comme leader des Verts, la voilà victorieuse dans une ville de plus de 100 000 habitants, à la tête d’une équipe de militants écologistes, de socialistes dissidents et d’associatifs. Du public ne fusent pourtant que des lazzis et des huées. «Si elle croyait que c’était sa fête, Madame Voynet, c’est raté !» lance une dame aux cheveux blancs. «Jean-Pierre reviens ! Dominique casse toi !» crient des militants, tandis que les employés municipaux retiennent mal leur larmes. «Bobos parachutés», entend-on. «Les gens sont encore sur le cul, du rouge on est passé au vert, mais personne n’a à rougir de rien», lâche Hakim un quadragénaire, désignant des «petits jeunes qui en appellent au Che». «Hasta siempre la victoria, c’est une cruelle désillusion, martèle Yacine, 21 ans. On a connu que Brard. Quand j’étais petit, les communistes organisaient des tournois de foot, de pétanque, des sorties à la mer. Ils ont toujours été proches de nous.» A ses côtés, son copain n’avale pas la défaite : «On a perdu la mairie, mais pas la ville. Dans nos cœurs, Montreuil la rouge restera la rouge. Ce n’est pas une page qui se tourne, mais un temps de pause.» Difficile de couper le cordon ombilical : «C’est comme si on avait perdu un père spirituel, alors qu’elle le traite de dictateur», conclut Yacine. 

Serrures et bennes. Le duel entre les deux gauches a été rude. Voynet avait comparé Montreuil à la Roumanie juste avant la chute de Ceausescu. Et Brard avait promis que Voynet «la bourgeoise» irait bientôt rejoindre «le cimetière» de ses adversaires. La cérémonie de passation des pouvoirs a fait l’objet de minutieuses tractations entre les deux parties. Après une semaine de transition sous haute tension : «Les « brardistes » ont changé toutes les serrures des bureaux et la mairie était remplie de bennes. On a une vidéo», raconte Manuel Martinez, ex-PS et nouvel adjoint. Autre accusation du camp Voynet : «Brard s’est fendu d’une lettre de propagande à tous les Montreuillois et à leur frais.»

A 9 h 40, voilà le sortant au micro. Avant de céder son écharpe tricolore, Brard compte bien s’offrir un dernier numéro. Il cite Jaurès : «Le courage c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel.» S’estime «fier» de son bilan. Il se place dans «la minorité vigilante et active» mais multiplie les menaces. Il en appelle à «tous les jeunes» : «Nous n’hésiterons pas à défendre pied à pied notre idéal», conclut-il, une larme au coin de l’œil, sous les vivats de ses partisans. L’une d’eux se précipite pour lui offrir un bouquet de roses violacées. «On se croirait dans l’URSS des années 50, c’est terrifiant», persifle un présent.

Peu à peu les écharpes turquoise, aux couleurs de la liste Voynet, se mélangent au public. Brard se rassoit à sa place de conseiller municipal. Face aux caméras de télé, il martèle que sa rivale a gagné grâce aux voix de droite. Ce qu’Olivier Madaule, secrétaire de la section PCF, dément : «Ceux qui ont fait la différence au second tour, ce ne sont pas les gens de droite, mais les abstentionnistes des quartiers populaires. L’élection s’est plus jouée sur un rejet du maire que sur une adhésion à Voynet.»

Photo officielle. Lorsque celle-ci monte à la tribune, la salle se calme. «Heureusement qu’elle est là avec son expérience et son poids, face à des gens qui ont tout verrouillé», souffle un habitant. La nouvelle maire se veut pacificatrice mais ne peut s’empêcher de cogner : «Je veux agir pour que cesse le climat carrément malsain dont la violence de cette séance témoigne, hélas. C’est de cela aussi que les Montreuillois sont fatigués, dégoûtés. Je veux répondre à leur fringale démocratique.» A 11 h 45, les deux rivaux se retrouvent pour la photo officielle sur les marches de la mairie. Clic-clac. Voynet descend trois marches pour aller serrer la main de son rival. «C’est pas bien d’aller pêcher des voix de droite», balance-t-il. «Je t’emmerde !» réplique-t-elle. 

Une affaire d’espèces protégées

  Je profite de la mort de l’ours « Cannelle », intervenue il y a quelques temps, pour rédiger ici un billet peut-être iconoclaste d’un point de vue « écologiste », mais néanmoins férocement logique. (Z’avez remarqué le jeu de mots ? Ours… féroce… mmm… laissez tomber, ça fait rien).

  Bon. J’aimerais opérer une comparaison. Imaginez qu’on réussisse à cloner des Vélociraptors – oui, comme dans Jurassic Park. Passée la période d’exhibition dans un zoo, allez savoir, il y aura forcément une association d’ « écologistes » qui militeront pour leur réintroduction dans leur milieu naturel… A savoir, la forêt. Ca vous plairait, mmm ? Que diriez-vous de vous balader dans une forêt habitée par des raptors ?

  Eh bien, ce jeu d’esprit pour le moins incongru, est devenu une réalité par rapport à l’ours, en France. Pour contenter les besoins esthétiques et moraux de « défenseurs des droits des animaux », on a décidé que les humains devaient cohabiter avec des bébêtes de près d’une tonne, joliment prénommées, et qui peuvent vous décapiter d’un coup de patte. Tout ça pour quoi ? Pour se donner bonne conscience ? Pour la « biodiversité » ?

  Sûr, les ours peuplaient largement les forêts, en France, autrefois. Comme les loups et, bien avant, les Vélociraptors. Sûr, les chasser de leur territoire a été cruel, mais bordel, ouvrez les yeux ! Comment faire cohabiter des humains et des OURS dans le même lieu ? On interdit aux humains de fréquenter ce coin, alors ? Super… On voit que ça ne marche pas, rien que les chasseurs ne s’y plieront jamais totalement, et s’ils ne tuent pas ces fameux « nounours », ce seront eux qui y passeront, à long terme.

  En bref, j’ai beau avoir une sensibilité « écolo », ça m’énerve de voir qu’on tente, encore et encore, ce même genre d’expériences débiles qui consistent à mettre en présence des animaux potentiellement très dangereux, avec des humains, tout ça pour les besoins de hippies qui ne fréquentent généralement même pas ces lieux. Et eux, comment réagiraient-ils, nez-à-nez devant un putain d’ours, hein ? Croient-ils que leur « amour de la nature » leur épargnera un coup de griffe ?

UMP – Comment noyer le poisson dans une baignoire

  Un post pour revenir sur les derniers écrans de fumée allumés par l’UMP. J’avoue que c’est tordant… Après la débâcle assez générale des municipales/cantonales (qui, bien qu’à connotation locale et départementale, n’en ont pas moins constitué une bonne tripotée de baffes assénées en même temps), on avait bien entendu tous les droitistes s’agiter, sur les plateaux télé, en répétant bien leurs petites fiches : « c’est un rééquilibrage », « ce n’est pas un vote-sanction », « nous conservons Marseille », etc…

  Vint la seconde phase, celle qui me fait prendre ma plume virtuelle, à savoir les fameux sondages. On y apprend qu’une majorité de français souhaitent « l’accélération des réformes », en premier lieu. Qu’ils veulent ensuite qu’elles « aillent jusqu’au bout », et enfin que Sarkozy adopte un « ton plus présidentiel ».

  Voilà. Moi, j’adore. Comment ne pas faire d’information politique… Qui veut vraiment que « des réformes » ralentissent ? C’est absurde ! Tout aussi absurde que de parler de « réformes », dans l’absolu, en agglomérant tout en une seule grosse boule informe. Quant à demander aux gens s’ils souhaitent qu’elles aillent « jusqu’au bout », j’imagine bien le petit malin qui sortira « non non, moi, je veux qu’on les fasse à moitié, et puis qu’on les laisse comme ça. »

  Au sujet de la « tenue » de notre cheeeeer Président, on a vu qu’il a effectivement compris le message. Le voici qui marche tout seul en costard dans la neige (vachement naturel), pendant moins d’une minute devant les caméras, en manquant de se paner au moins trois fois. Ou semblant sourire, aux côtés d’un Chirac très grave, durant la cérémonie en l’honneur du dernier combattant de 14-18 (j’aime pas le terme « poilu », au fait, en passant). Enfin, avec une bonne semaine de retard, le voici qui se réveille pour condamner les violences au Tibet.

  On résume : Des sondages composés de questions biaisées qui n’apportent rien, des UMPistes qui disent ce qu’on leur dit de dire à la télévision, une gravité qui tient de Vidéo Gag, et une diplomatie à retardement… C’est sûr, que de changements !

Fichage made in USA

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  Un article extrait de GeekZone, le site/forum créé par Caféine, un ancien de Joystick. Je le reprends tel quel, illustration comprise (copyright Peter Steiner).

  L’enfer est pavé de bonnes intentions… Cette initiative le rappelle bien à propos.

  Tim Couch, homme politique évoluant dans l’arène du Kentucky (Etats-Unis), fait beaucoup parler de lui sur la toile ces derniers jours. En cause, une proposition de loi qu’il vient de déposer et qui viserait à rendre purement et simplement illégale toute forme d’expression sur le Net sous couvert d’anonymat.

  Une fois la loi votée, toute personne gérant un site web devrait donc en théorie imposer à ses utilisateurs de renseigner leur véritable nom et de fournir une adresse physique valide. Tout contrevenant s’exposerait à des amendes allant de 500$ à 1000$ par infraction, selon le degré de récidive. Pas vraiment une paille. A titre d’exemple, Geekzone avec ses 13555 inscrits anonymes y laisserait la coquette somme de 13,5 millions de dollars. J’ai regardé nos comptes en banque à Caf et à moi et bon, ça ne va pas être possible.Du coup, ça grogne un peu dans la blogosphère, certains n’hésitant pas à invoquer le premier amendement (celui qui garantit la liberté d’expression) pour démonter l’argumentation de ce bon vieux Tim.Pourtant, à l’origine, le projet est plutôt louable : il cherche à éradiquer une vague d’intimidations de plus en plus répandue dans le coin, notamment via un site baptisé JuicyCampus.com, où des étudiants peuvent diffamer à l’envi leurs petits camarades, en révélant par exemple à la face du monde que oui, Machin regarde des vidéos de « pitis chats » le soir chez lui, seul derrière son PC. Et ça, c’est clairement dégueulasse (la dénonciation hein, les « pitis chats » nous on kiffe aussi).

  Mais Tim le reconnait lui-même, il a beau être pétri de bonnes intentions, dans les faits, on ne voit pas trop comment il va pouvoir garantir l’application de cette nouvelle loi potentielle. Parce que moi je veux bien, mais je ne vais pas me taper les quatre coins de l’Hexagone à chaque fois qu’un nouveau geekzonien s’inscrit, juste pour aller vérifier qu’il est bien celui qu’il prétend être.

  Sauf s’il a un piti chat.

Obama se se transcende (wahou)

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  Ami lecteur, si tu es un fidèle de ce blog, tu sais que le JRDF n’est pas habitué à lancer des fleurs au candidat démocrate américain Barack Obama. Sans doute une défiance naturelle envers les beaux-parleurs, en particulier ceux qui s’inspirent des discours des autres…

  Pourtant, en pleine tourmente médiatique suite aux sermons « extrémistes » de son pasteur, le révérend Wright, Barack Obama s’est redressé et a livré au peuple américain (et au-delà, évidemment) un discours dont, personnellement, je viens à peine de me remettre. Loin de l’angélisme de Martin Luther King, et du manichéisme de Wright, le candidat démocrate livre là… je ne sais pas vraiment comment l’exprimer, mais une réflexion politique très pertinente, courageuse, et à mon sens, profondément intelligente, se rapportant aux tensions raciales passées et actuelles aux Etats-Unis. En bref, je ravale mes critiques sur le monsieur, et lui tire mon chapeau bien bas, pour avoir à coup sûr marqué son temps avec cette analyse qui traverse tant son expérience personnelle et familiale, que la longue et difficile histoire de l’égalité entre les citoyens, aux USA. Obama renvoie dos à dos toutes les conneries du racisme, il ne se défile pas et ose parcourir, seul, le fil tendu entre les falaises de la haine et du communautarisme.

  De mon point de vue, même si c’est une approche théorique (néanmoins renforcée par son vécu, notamment en tant que travailleur social dans les quartiers pauvres), ce discours prouve que Barack Obama a indéniablement quelque chose à apporter à cette grande et très compliquée nation que sont les Etats-Unis d’Amérique. Je retransmets donc ici la traduction partielle de Libération, en attendant d’y insérer la mienne, et te recommande, ami lecteur, de consulter (si ce n’est déjà fait) l’enregistrement intégral de ce grand moment de politique :

  http://www.youtube.com/watch?v=pWe7wTVbLUU&eurl=http://usa2008.blog.canal-plus.com/

  « La race est une question que notre nation ne peut éluder »

  «Tout au long de la première année de cette campagne, contrairement à toutes les prédictions inverses, nous avons vu que le peuple américain était avide de ce message d’unité. Malgré la tentation de regarder ma candidature à travers des lunettes purement raciales, nous avons remporté des victoires déterminantes dans des Etats dont les populations sont parmi les plus blanches de ce pays. En Caroline du Sud, où flotte encore le drapeau confédéré, nous avons bâti une puissante coalition d’Africains-Américains et d’Américains blancs.

Cela ne signifie pas que la race n’a pas été un thème de la campagne. A plusieurs reprises, au cours de celle-ci, certains commentateurs m’ont reproché tantôt d’être « trop noir », tantôt de ne l’être « pas assez ». Nous avons vu les tensions raciales faire des remous en surface pendant la semaine précédant la primaire de Caroline du Sud. La presse a scruté tous les sondages pour y trouver des preuves de polarisation raciale, non seulement entre Blancs et Noirs, mais même entre Blancs et basanés. Pourtant, c’est seulement pendant ces deux dernières semaines que la question de la race est devenue un argument de division. D’un côté, on a sous-entendu que ma candidature était un exercice de discrimination positive, uniquement fondée sur le désir des libéraux à large vue d’obtenir une réconciliation raciale à bas prix. De l’autre, on a entendu mon ancien pasteur, le révérend Jeremiah Wright, recourir à un langage incendiaire pour exprimer des vues qui non seulement risquent d’agrandir le fossé racial, mais dénigrent ce qu’il y a de grand et de bon dans notre nation, offensant pareillement les Blancs et les Noirs […].

La race est une question que, selon moi, notre nation ne peut pas se permettre d’éluder en ce moment. Nous commettrions la même erreur que le révérend Wright dans ses sermons injurieux sur l’Amérique : simplifier, stéréotyper et amplifier les aspects négatifs jusqu’à déformer la réalité […].

Le révérend Wright et les autres Africains-Américains de sa génération […] ont grandi à la charnière des années 50 et 60, à une époque où la ségrégation était encore la loi du pays et les chances systématiquement restreintes. Il ne s’agit pas de se demander combien d’hommes et de femmes ont échoué à cause de la discrimination, mais plutôt combien ont réussi en dépit des probabilités ; combien ont été capables d’ouvrir la voie à ceux qui, comme moi, sont arrivés après eux. Cependant, tous ceux qui ont pu décrocher, au prix d’énormes efforts, un lambeau du rêve américain, ne sauraient faire oublier les autres, qui n’y sont pas parvenus […] – ceux qui ont fini par être vaincus par la discrimination. Ce legs de la défaite a été transmis aux générations suivantes. […] Pour les hommes et les femmes de la génération du révérend Wright, le souvenir de l’humiliation, du doute et de la peur n’a pas été effacé, pas plus que la colère et l’amertume de ces années […].

En fait, une même colère se retrouve dans certains segments de la communauté blanche. Nombreux sont les Blancs, dans la classe ouvrière et la classe moyenne, qui estiment n’avoir pas été particulièrement favorisés par leur race.

Ils ont vécu ce que vivent les immigrés : pour leur part, on ne leur a rien donné, ils ont dû tout arracher de haute lutte […].

Alors, quand on leur dit d’inscrire leurs enfants dans une école à l’autre bout de la ville, quand ils entendent qu’un Africain-Américain a été pistonné pour obtenir un bon boulot ou une place dans une bonne université au nom d’une injustice dont ils ne sont pas personnellement responsables, quand on leur raconte que leur peur de la criminalité en zone urbaine est un préjugé, le ressentiment finit par s’installer […].

La colère contre l’Etat-providence et la discrimination positive a contribué à forger la coalition Reagan. Les hommes politiques ont régulièrement exploité le sentiment d’insécurité à des fins électorales. Des présentateurs de télévision et des commentateurs conservateurs bâtissent toute leur carrière sur la dénonciation de plaintes infondées pour racisme, en négligeant les débats légitimes sur l’injustice raciale, qu’ils qualifient de « racisme à l’envers », politiquement correct.

De même que la colère noire s’est souvent avérée contre-productive, de même ces ressentiments blancs ont détourné l’attention des véritables causes des difficultés de la classe moyenne : une culture d’entreprise faite de dessous de table, de pratiques comptables douteuses et d’avidité à court terme ; un pouvoir dominé à Washington par les lobbyistes et les intérêts particuliers, des politiques économiques qui profitent à quelques-uns et non pas au plus grand nombre […].

Nous en sommes là, bloqués dans une impasse raciale depuis des années. […] J’ai acquis la ferme conviction qu’en travaillant ensemble, nous pouvons passer outre nos vieilles blessures raciales et je dirai même que nous n’avons pas d’autre choix si nous voulons continuer sur la voie d’une unité plus harmonieuse.

Pour la communauté africaine-américaine, cette voie nous oblige à assumer le poids de notre passé sans en devenir les victimes. Cela signifie qu’il faut continuer à exiger la justice totale dans tous les aspects de la vie américaine. Mais cela signifie aussi que nos doléances propres – une meilleure assistance médicale, de meilleures écoles, de meilleurs emplois – doivent s’intégrer aux aspirations plus générales de tous les Américains – la ménagère blanche qui n’arrive pas à joindre les deux bouts, le Blanc qui se retrouve à la rue, l’immigré qui essaie de nourrir sa famille. […] Pour la communauté blanche, cette voie oblige à reconnaître que les maux de la communauté africaine-américaine n’existent pas seulement dans l’imagination des Noirs, que l’héritage de la discrimination – ainsi que les cas actuels de discrimination, même s’ils sont moins flagrants que dans le passé – est réel et doit être pris en compte. Pas seulement en paroles, mais en actes […].

Nous pouvons accepter une politique qui entretient la division, le conflit, le cynisme. Nous pouvons appréhender la race dans un cadre purement spectaculaire – nous l’avons fait pour le procès O.J. [Simpson] – ou dans le cadre d’une tragédie – nous l’avons fait après Katrina – ou comme un aliment pour les journaux télévisés du soir. Nous pouvons diffuser les sermons du révérend Wright sur toutes les chaînes, tous les jours, en parler jusqu’à l’élection […] et considérer que la seule question dans cette campagne est de savoir si le peuple américain pense que je partage ou adhère à ces propos offensants […].

Nous pouvons faire ça. Mais, dans ce cas, laissez-moi vous dire qu’à la prochaine élection, nous parlerons d’une autre cause de détournement. Puis d’une autre encore. Et encore d’une autre. Et rien ne changera […].

Ou alors, en cet instant, dans cette élection, nous pouvons nous rassembler et dire : « Pas cette fois-ci. »

Cette fois-ci, nous voulons parler des écoles surpeuplées qui sapent l’avenir des enfants noirs, des enfants blancs, des enfants asiatiques, hispaniques et descendants d’Indiens d’Amérique […].

Cette fois-ci, nous voulons parler des files d’attente dans la salle des urgences, grosses de Blancs, de Noirs et d’Hispaniques qui n’ont pas d’assurance-maladie […].

Cette fois-ci, nous voulons parler des usines fermées qui naguère procuraient une vie décente aux hommes et aux femmes de toutes races, nous voulons parler des maisons à vendre qui naguère appartenaient à des Américains de toutes religions, de toutes régions, de toutes conditions […].

Cette fois-ci, nous voulons parler de l’entreprise pour laquelle vous travaillez et qui délocalise à l’étranger pour le seul profit […].

Cette fois-ci, nous voulons parler des hommes et des femmes de toutes couleurs et de toutes origines, qui servent ensemble, combattent ensemble et saignent ensemble sous la même fière bannière […].

Je ne me présenterais pas à l’élection présidentielle si je ne croyais pas de tout mon cœur que c’est là ce que veulent la majorité des Américains pour leur pays […].

Le MoDem en pleine crise interne

PARIS (AFP) – La stratégie d’ »indépendance » de François Bayrou est de plus en plus contestée au sein même du Mouvement Démocrate (MoDem), au lendemain des élections municipales marquées par la défaite du leader centriste à Pau et les revers du mouvement, notamment à Paris.

Prenant acte des résultats, le leader centriste s’est montré résolu à tenir le cap, dimanche soir à Pau: « ce centre fort, nous devons le construire » même si ce n’est « pas facile », a-t-il déclaré.

Il a vu dans le « coup de balancier », à droite lors de la présidentielle puis à gauche dix mois plus tard, la preuve de « l’instabilité de la vie politique française » qui « empêche la France d’avancer ».

Sur la même ligne, la chef de file du MoDem à Paris Marielle de Sarnez, seule rescapée du parti centriste au conseil de Paris, a affirmé que les tentatives du MoDem pour remettre en cause la bipolarisation constituent « un chemin que nous allons poursuivre ».

Mais d’autres élus MoDem ont livré un verdict sans appel: « la stratégie de François Bayrou est suicidaire: il sacrifie ses élus pour une chimère présidentielle », a jugé l’eurodéputé Thierry Cornillet.

« Il y avait 118 députés quand François Bayrou est devenu président de l’UDF en 1998, il en reste trois. On a perdu la moitié de notre groupe sénatorial, on n’a quasiment plus d’élus de terrain », a déploré cet ancien président du Parti radical valoisien, préconisant la création d’un courant de centre-droit au sein du MoDem.

Tout aussi sévère, le sénateur Jean Arthuis a jugé que les municipales ont montré « l’échec de la stratégie d’autonomie » du MoDem, et réclamé une « réunion d’urgence » de ses instances dirigeantes et de celles de l’UDF, qu’il veut « faire revivre » pour « sortir de ce kaléidoscope incompréhensible et illisible ».

Il a fait valoir que « les seules élections de membres du MoDem sont le fruit d’alliances avec des formations de droite », comme à Mont-de-Marsan, Saint-Brieuc ou Talence.

Ces deux membres de longue date de l’UDF avaient déjà exprimé leurs inquiétudes lors du congrès fondateur du MoDem, en décembre 2007.

Très isolé depuis sa troisième place à la présidentielle de 2007 et l’échec du MoDem aux législatives, M. Bayrou a subi de nouvelles défections pendant la campagne des municipales.

L’ancien journaliste Jean-Marie Cavada a conduit une liste soutenue par l’UMP dans le XIIe arrondissement de Paris et lancé le mouvement « Avenir démocrate », avec les députées européennes Claire Gibault et Janelly Fourtou.

Le président du conseil général du Rhône Michel Mercier, « ami de trente ans » de M. Bayrou, a démissionné de la présidence de la fédération départementale pour protester contre la stratégie d’autonomie adoptée à Lyon.

Ceux qui étaient partis entre les deux tours de la présidentielle pour fonder le Nouveau Centre se sont engouffrés dans la brèche: le président du NC Hervé Morin a appelé lundi les « déçus » du MoDem à rejoindre son parti, après « l’échec absolu » du mouvement de M. Bayrou aux municipales.

L’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin (ex-UDF qui avait rejoint l’UMP en 2002) a pour sa part estimé que l’UMP devait « s’ouvrir au centre » après la « disparition de François Bayrou ».

Celui-ci conserve néanmoins des défenseurs. « Je reste convaincue qu’il y a un espace au centre, même si avec le mode de scrutin actuel, on a énormément de mal à avancer », a estimé la député européenne Nathalie Griesbeck, candidate à Metz.

L’ex-conseiller de Paris François Florès (ancien Vert) a pour sa part estimé qu’il y aura probablement « un débat sur les alliances au sein de la fédération de Paris », mais qu’il n’y avait « pas d’alternative à la ligne qui a été suivie ».

Une question d’hygiène

GENEVE (AFP) – Plus de 40% de l’humanité n’a pas accès à des toilettes convenables, ont dénoncé jeudi les Nations unies, qui ont proclamé 2008 année internationale de l’assainissement face à un manque d’hygiène qui tue chaque année deux millions d’enfants.

« Chaque année, 15 millions de personnes meurent de maladies infectieuses », a rappelé l’assistant directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), David Heymann, à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau. « Si nous avions de bonnes infrastructures d’eau et d’assainissement, nous pourrions réduire d’un seul coup ce chiffre de 2 millions, celui des enfants qui meurent des suites de diarrhées », a-t-il estimé devant la presse à Genève.

La question des toilettes est restée négligée trop longtemps dans de nombreux pays, alors qu’elle est cruciale pour la santé publique: selon un récent sondage du British Medical Journal, quelque 11.000 professionnels de la santé ont estimé que l’assainissement était la plus importante avancée médicale obtenue depuis 1840, avant les vaccins et l’anesthésie.

La diarrhée est la deuxième cause de décès chez l’enfant dans les pays en développement.

Or, encore à notre époque, 41% de la population mondiale n’a pas accès à des toilettes « convenables » selon la définition de l’ONU, c’est-à-dire sans contact entre l’homme et les eaux usées.

Outre la santé, l’absence de toilettes a des conséquences en matière de sécurité: femmes et enfants sont exposés au harcèlement ou aux agressions sexuelles s’ils doivent sortir de chez eux la nuit à la recherche d’un petit coin isolé.

Conséquences aussi en matière d’éducation: lorsque dans les écoles garçons et filles partagent les mêmes sanitaires, ces dernières sont souvent obligées de mettre fin à leur scolarité une fois arrivées à la puberté.

Des progrès ont été accomplis au cours des dernières années: entre 1990 et 2004, 1,2 milliard de gens ont pu accéder à un assainissement amélioré, mais près de 2,6 milliards d’humains n’ont toujours pas de toilettes chez eux.

En 2015, ils devraient être encore 2,4 milliards, alors que l’objectif de développement du millénaire était de ramener ce chiffre à 1,8 milliard.

L’éducation et la réponse aux souhaits des intéressés sur le terrain doivent être désormais à la base du travail des Etats, ont souligné les Nations unies.

« Dans le monde entier, les gouvernements ont suivi de mauvaises approches », observe Jon Lane, directeur exécutif du Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement. Par dirigisme, « ils ont construit des toilettes pour des gens qui n’en voulaient pas et les ont transformées en garages à vélos ou en étables ».

Le débat sur la privatisation des services d’assainissement a également fait perdre beaucoup de temps, a-t-il estimé. « Les multinationales qui étaient censées investir dans le secteur des services publics ne viennent pas dans les pays en développement tout simplement parce qu’elles ont des impératifs de rentabilité », a souligné M. Lane.

Au total, l’OMS a calculé que dépenser un dollar dans l’assainissement permet d’en récupérer 9,1 en moyenne. La flambée de choléra au Pérou en 1991 a ainsi coûté 800 millions de dollars, soit beaucoup plus que les sommes qui auraient suffi à améliorer l’assainissement des bidonvilles et éviter une telle épidémie.

Euthanasie active et passive

  Chantal Sébire est morte. Ses raisons lui appartiennent, et il ne fait plus de doute aujourd’hui, qu’il s’agit bien d’un suicide. Mon précédent post consacré à son sujet était mitigé… C’est pourtant la forme que j’attaquais, et non la justesse de sa cause, et l’importance d’un vrai débat sur la législation actuelle.

  Attaquons-le donc ce débat, esquissons-le au moins; L’euthanasie passive est rendue légale, mais se rend-on compte de ce qu’elle signifie ? Hormis l’aspect moral, largement abordé, en pratique, comment cela se passe-t-il ? On ne « débranche » pas quelqu’un, on ne l’ »euthanasie passivement » pas en un geste. Cette forme de mort administrée prend 10 A 15 JOURS en moyenne, une agonie d’environ deux semaines dans un coma artificiel. J’en frissonne, rien que d’y penser. C’est aussi cela que cette femme a voulu dénoncer.

  Quant à l’euthanasie « active », elle est punie par la loi, au même titre qu’un homicide. Tous ceux qui y participent sont donc rendus complices de meurtre. Personnellement, je pense que le suicide, sous toutes ses formes, est un acte personnel et qu’il doit être jugé au cas par cas, pas à travers des lois aussi générales… Je renvoie à ce post précédent, qui détaillait le programme de la gauche à ce sujet (au moins au niveau de sa facette « passive », qui serait rendue immédiate) : un collège formé de membres du personnel médical, de membres de la famille du demandeur, et de représentants de l’Etat. Voilà. C’est simple et cela évite tous les abus, au moins en théorie.

  Chantal Sébire est morte, telle une martyre moderne de la médecine. Je n’ai rien à exprimer sur son acte, même si encore une fois, la méthode d’expression qu’elle a choisi me semble brutale; Néanmoins, je me permets de rapporter ici certaines de ses dernières paroles, en guise d’épitaphe :

  « Je constate, dans un pays si démocratique soit-il, que la fraternité n’existe pas, que l’égalité n’existe pas, et que quand un individu demande dignement, humainement d’être accompagné par un geste d’amour pour partir, on ne lui en donne pas la liberté parce que la loi est obligée d’intervenir. »

Corbeil-Essonnes : les enveloppes de Dassault

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CORBEIL-ESSONNES (AFP) – Le candidat PC Bruno Piriou, battu de justesse au second tour des municipales à Corbeil-Essonnes par le maire sortant Serge Dassault (UMP), a annoncé avoir déposé vendredi un recours en annulation devant le tribunal administratif de Versailles pour « irrégularités ».

M. Piriou, qui assure n’être ni « procédurier, ni mauvais perdant », dénonce notamment des « distributions d’enveloppes », des « intimidations », ce que M. Dassault dément formellement.

Battu de 170 voix (6.621 contre 6.451 à M. Dassault), M. Piriou avait lancé en début de semaine un appel à témoins, et a affirmé vendredi soir devant le conseil municipal disposer « d’attestations et de preuves irréfutables ».

Il dénonce, entre autres, des « achats de voix », des « pressions sur les électeurs », des « irrégularités de propagande ».

Avant la réunion du nouveau conseil, qui a vu la réélection de M. Dassault pour un troisième mandat, une centaine de personnes se sont rassemblées, à l’appel des élus de gauche, en brandissant leurs cartes électorales.

A l’extérieur de la salle du conseil, plusieurs dizaines de personnes ont scandé « Ils ont triché ». « On a gagné », leur ont répondu des partisans de Serge Dassault depuis l’intérieur de la salle.

« Dassault en prison », « Piriou voyou », ont tour à tour crié opposants et partisans du maire, présents en masse devant la salle du conseil.

Au second tour, Serge Dassault a recueilli plus de 1700 voix de plus qu’au premier tour, tandis que Bruno Piriou a fait 200 voix de plus que la somme des suffrages des deux listes de gauche au premier tour.

Puteaux – La loi ce n’est pas pour moi

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PUTEAUX (AFP) – Charles Ceccaldi-Raynaud, opposant à la maire UMP de Puteaux, sa fille Joëlle Ceccaldi-Raynaud réélue le 16 mars, a indiqué samedi ne pas avoir l’intention de démissionner du conseil municipal comme le lui demande le préfet pour cause d’excédent familial.

Trois membres de la famille Ceccaldi-Raynaud, le grand-père Charles, la fille Joëlle et le petit-fils Vincent, ont été élus aux municipales à Puteaux. Or, le code électoral (article L238) prévoit que « dans les communes de plus de 500 habitants, le nombre des ascendants et descendants (…) qui peuvent être simultanément membres du même conseil municipal est limité à deux ».

Absent du premier conseil nouvellement élu, Charles Ceccaldi-Raynaud, ancien maire (1969-2004), dont la liste dissidente (7,75%) a obtenu un élu, a confirmé avoir reçu une lettre du préfet, lui « disant de démissionner, sinon il sera obligé de prendre un arrêté » pour l’obliger à quitter le Conseil municipal.

C’est sur la base du nombre de voix obtenues, plus faible que pour la liste de la majorité, qu’il lui est demandé de démissionner, mais lui-même plaide l’ancienneté dans la fonction.

« Je ne démissionne pas », a-t-il assuré. « J’ai pris un avocat, et nous allons faire un recours, soit contre le contenu de la lettre du préfet, soit contre cette démission forcée. »

Le camp de la majorité a interprété son absence du Conseil vendredi comme l’acceptation par M. Ceccaldi-Raynaud de la décision du préfet. « M. Ceccaldi a dit il y a quelques jours qu’il accepterait la décision du préfet », a déclaré à l’AFP Jérôme Koenig, collaborateur de Mme Ceccaldi-Raynaud.

Charles Ceccaldi-Raynaud, 82 ans, entretient les pires relations avec sa fille depuis qu’il a voulu, en 2004, récupérer la place de maire qu’il lui avait cédée quelques mois plus tôt pour des raisons de santé.

Fraudes électorales à Perpignan – ça se passe comme ça à l’UMP…

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  Non, ce n’est pas un post partisan; Décidément, il semble que la fraude soit devenue une sale habitude de la droite « modérée »… Cette horreur-ci fait remonter à la surface les morts qui votent à Paris, les électeurs/partisans inscrits dans les arrondissements à la dernière minute, le machiavélique découpage électoral Pasquaïen et, récemment, les machines à voter uniquement voulues par l’UMP.

  Alors, cette fois, c’est à Perpignan que ça se passe. Jean-Paul Alduy, le maire sortant UMP « réélu », clame évidemment sa parfaite innocence, et se dit prêt à se confronter au tribunal administratif, car il a « sa conscience pour lui ». Le problème, c’est qu’en dehors du rocambolesque épisode du président de bureau saisi avec des bulletins sous enveloppe planqués dans ses poches et dans ses chaussettes, au moins quatre autres bureaux de vote présentent des irrégularités flagrantes. A savoir, des centaines de bulletins en excédent par rapport au nombre de signatures sur les listes d’émargement.

  Les mots me manquent. Désolé, je vais passer pour un extrémiste, mais bien qu’opposé à la peine de mort, je la jugerais justifiée dans le cas de fautes électorales aussi avérées. Il n’y a pas, à mon sens, pire crime à commettre en démocratie, que de truquer une élection. C’est la mort, tout simplement. La destruction de la Justice et, précisément, de la Démocratie, la pire offense qu’on puisse faire au peuple. Et pourtant, quelque chose me dit que cette affaire sera enterrée, ou qu’elle trainera comme celle de ce salaud de Tibéri, bizarrement réélu d’ailleurs à la faveur du dernier bureau de vote…

  Ma conviction est que la droite, s’attendant à une belle défaite massive lors de ces élections, n’a pas hésité à récourir à la fraude, dans plusieurs villes. Les jugements trancheront, je ne suis pas un procureur, mais dans ce cadre d’affaires, on sait que la hache a étrangement tendance à épargner, ou à frôler à peine, la tête de ces ordures qui se payent ouvertement la nôtre.

  JUSTICE A PERPIGNAN ! JUSTICE SUR TOUTE LA FRANCE ! 

Le Tibet : Futur ?

  Cette approche sur la question tibétaine sera forcément plus hypothétique, d’abord parce qu’on ne peut évidemment pas prédire l’avenir, et ensuite parce que la chappe de plomb chinoise occulte nombre d’informations sur la situation actuelle du soulèvement dans la région.

  D’abord, on peut avancer le fait que, de toute manière, la population « tibétaine d’origine » est à présent minoritaire par rapport aux Han, issus des campagnes de peuplement (précédemment très minoritaires avant l’invasion, en 1950). L’indépendance éventuelle de  ce territoire est donc rendue très difficile, de facto.

  A cela, s’ajoute l’évidente disproportion des moyens armés entre la population sécessionniste/autonomiste et l’immense armée chinoise. Notons d’ailleurs que celle-ci, qui il y a encore quelques jours clamait qu’elle n’avait pas tiré un coup de feu, est obligée de reconnaître aujourd’hui au moins une centaine de morts. Des témoins affirment qu’ils ont entendu des « coups de feu étouffés », en clair des rafales de pistolets-mitrailleurs équipés de silencieux. Personnellement, je ne me fais pas d’illusions là-dessus : l’armée chinoise n’est pas là pour envoyer des bombes lacrymogènes, et les photos de cadavres qui ont pu être rapportées par des journalistes, en témoignent abondamment.

  Vient donc la question des méthodes employées par les révoltés. Elles semblent comprendre, malheureusement mais inévitablement, des actes de violence envers les Han, mais surtout du vandalisme envers les symboles de la domination chinoise : bâtiments officiels, commerces, postes de sécurité. Néanmoins, sur les images qui nous sont parvenues, on ne distingue pas d’armes à feu parmi les manifestants, tout juste des pierres, et autres projectiles et moyens classiques utilisés par des émeutiers. Des incendies ont éclaté. Il semblerait que le soulèvement se soit étendu à d’autres régions limitrophes, mais contrairement aux affirmations chinoises, il ne semble pas y avoir de plan coordonné parmi les révoltés; En fait, ceux-ci semblent divisés entre des anciens, partisans de l’autonomie et de la non-violence, et de plus jeunes manifestants, qui réclament l’indépendance et sont prêts à s’engager dans une lutte plus hostile.

  Au niveau politique, ce grand bazar généralement inutile, l’ONU est bien silencieuse sur ce coup-là, de même que la plupart des pays asiatiques, qui se refusent à tout commentaire. En France, des élus (souvent de gauche) ont pris fait et cause pour les tibétains, et soutiennent des manifestations visant à dénoncer le génocide, au moins culturel, perpétré dans la région. Le gouvernement est, en revanche, aux abonnés absents sur cette actualité, sans doute par volonté de ne pas fâcher le pays organisateur des futurs Jeux Olympiques (c’est vrai que c’est tellement important…). Aux USA, les bushistes aussi détournent la tête, mais quelques personnalités telles que Nancy Pellosi agitent les bras et appellent à « exiger la vérité sur la situation ». Rien de plus concret, en revanche…

  Il est donc fort probable, ainsi qu’en Birmanie et au Darfour (deux autres bons gros terrains de massacre et de tyrannie militaire reliés aux intérêts chinois), que la révolte tibétaine finisse écrasée dans le sang, tandis que les dirigeants mondiaux se diviseront entre mutisme et discours vains, en attendant que cela passe et que les gens aient oublié. C’est d’abord cela, l’Histoire… un bon paquet de causes qui échouent, à cause d’un rapport de forces défavorable, et qu’on ne retient plus que comme une ligne sur une chronologie.

Le Tibet : Présent

  Le précédent article aura permis d’illustrer une facette de ce complexe problème politique, et culturel, que représente le Tibet face à la puissance de son « protecteur » historique.

  Observons maintenant les aspects les plus violents et décriés, d’un point de vue humaniste, de la domination chinoise sur le Tibet actuel :

  Premièrement, on peut isoler une indéniable oppression culturelle. Les photos du Dalaï-Lama (exilé depuis la prise de contrôle par les communistes), sa simple évocation, sont synonymes de prison et de torture. Pour résumer, parmi les différentes branches du bouddhisme et au sein de la culture tibétaine, tout ce qui a un rapport avec l’ancien chef spirituel et politique de cette « région administrative », est très sévèrement interdit. Les monastères sont étroitement surveillés, et d’après les tibétains en exil, servent plus un intérêt touristique que spirituel. D’une manière générale, ceux-ci rapportent que la répression chinoise s’étend, même en-dehors du Tibet, sur tous les religieux proches du Dalaï-Lama. La presse et l’enseignement sont également fermement contrôlés. La censure et la traque des opposants n’y sont absolument pas des vues de l’esprit.

  Passés ces principes, on peut avancer une fourchette de morts causés par la domination chinoise, comprise entre 200 000 (estimation la plus basse, controversée) et 1.200 000 (la plus haute, avancée par les tibétains en exil). La torture des « opposants », d’après les ONG chargées de veiller sur les Droits de l’Homme, est massive, particulièrement cruelle, et n’épargne pas les enfants.

  Un peu plus horrible encore, la volonté manifeste des chinois de combattre la culture tibétaine par le peuplement. Depuis des décennies, l’occupant (le terme est exact puisque la Chine a été sanctionnée à plusieurs reprises par l’ONU sur cette question) envoie des colons – « Han », des musulmans, plus précisément - afin de rendre minoritaire la population d’origine. Objectif accompli, à l’heure actuelle, ceci complexifiant encore une éventuelle indépendance future, d’autant que les « tibétains d’origine » sont victimes de discrimination à l’embauche. De même, la partition du Tibet en plusieurs zones, désorganise  sciemment l’organisation et l’unité des « colonisés ». Enfin, touche sombre supplémentaire au tableau, les femmes tibétaines d’origine sont systématiquement stérilisées, et poussées à l’avortement, ceci évidemment afin d’accélrer la dilution de leur « ethnie » dans l’empire chinois… pardon, « République Démocratique ».

Le Tibet : Passé

  Comme le soulèvement des tibétains perdure, il est sans doute bon, pour les lecteurs de ce blog, de leur soumettre quelques articles qui leur donneront des clés sur ce conflit. L’autoritarisme chinois étant évéré, il ne faut pas pour autant verser dans l’angélisme concernant les tibétains; en effet, l’un des arguments fréquemment avancés par les colonisateurs/protecteurs/réformateurs (rayez la mention inutile) de ce  »territoire » étant que, avant son annexion, il était gouverné par une théocratie féodale qui usait, notamment, du servage.

  Ce texte, issu des archives de notre Sénat, fait un point intéressant sur l’Histoire et sur le régime politique du Tibet, avant sa transformation chinoise, opérée en 1959 (après neuf années de résistance armée). L’article suivant s’intéressera au contexte actuel (et globalement sinistre) de cette région du monde :

  LE TIBET D’AUTREFOIS : UNE « THÉOCRATIE FÉODALE » ?

Les autorités chinoises tirent prétexte du caractère non démocratique de la société tibétaine d’« Ancien Régime » pour justifier l’annexion de 1950 et les bouleversements violents qui s’ensuivirent. Bien que cet argument ne soit évidemment pas recevable, force est d’admettre que le Tibet d’autrefois ignorait les principes de la démocratie.

Le régime politique du Tibet d’avant l’invasion chinoise a parfois été qualifié par les observateurs occidentaux, lorsqu’ils en firent la découverte au XIXème siècle, de « théocratie féodale ». Cette société traditionnelle se caractérisait, en effet, par des structures politico-économiques évoquant celles qui existaient en Europe au Moyen-Âge, et notamment par une union des pouvoirs temporel et spirituel.

1. Une religion fortement prégnante

La civilisation tibétaine est toute entière imprégnée de religion. Le bouddhisme venu d’Inde s’est implanté au Tibet à partir du VIIIème siècle, sous la protection des rois qui avaient à l’époque réalisé l’unité du pays. Cela ne s’est pas fait de manière linéaire : après une période de « première diffusion », le bouddhisme a été persécuté et presque éradiqué, avant de connaître une période de « seconde diffusion » qui l’a enraciné définitivement.

Par la suite, l’affaiblissement du pouvoir royal et le morcellement du Tibet en principautés s’est accompagné d’une montée en puissance de lignées religieuses, dont l’influence est allé croissante au fur et à mesure que des réseaux de monastères se sont constitués autour d’elles et qu’elles se liaient aux grandes familles.

Le bouddhisme tibétain est, aujourd’hui encore, organisé en quatre grandes écoles dont certaines se divisent à leur tour en plusieurs branches. Celle des « anciens », ou Nyingmapa, établie dès le VIIIème siècle, réunit les enseignements les plus anciens introduits au Tibet par Padmasambhava. Celle des Kagyupa, « ceux de la transmission orale », est apparue au XIème siècle : Marpa, surnommé le Traducteur, ramena de l’Inde les enseignements de maîtres indiens et les a transmis à son célèbre disciple Milarepa. La lignée Sakyapa, ainsi nommée d’après son monastère d’origine, fut fondée par Khon Kontchok Gyalpo au XIème siècle. Enfin, les Guélougpa, les « vertueux », sont issus de la réforme de Tsongkapa au XVème siècle.

Toutes ces écoles bouddhiques ont peu de différences doctrinales et ne se différencient que par l’accent plus particulier mis sur telle ou telle technique pour accéder à l’« éveil ».

Le bouddhisme tibétain s’est donc organisé autour des monastères. Ceux-ci étaient plus de 6 000 avant 1950, de tailles très variables. On estime que ces établissements religieux ont réuni jusqu’à 20 % de la population du Tibet. Ils n’étaient pas uniquement des lieux de méditation et de transmission du savoir, mais des maillons politico-économiques du système féodal. Des tenures leur ont été concédées, et ils ont repris les droits seigneuriaux sur les hommes et sur les biens. A côté des terres des seigneuries laïques, des domaines formant des seigneuries ecclésiastiques sont apparus, qui percevaient des taxes sur les récoltes, l’élevage et les échanges. 

  2. L’institution des Dalaï Lamas

C’est au sommet de l’État tibétain que l’emprise de la religion était la plus visible puisqu’il y a eu, à partir du XVIème siècle, un cumul des pouvoirs temporel et spirituel. En effet, les Dalaï-Lamas se sont appuyés sur les Mongols qui dominaient alors le Tibet pour faire triompher l’école Guélougpa, dont ils sont les hiérarques, et asseoir leur pouvoir politique sur l’ensemble du pays. Toutefois, les rivalités religieuses se sont apaisées au fil du temps. Les Dalaï-Lamas se sont faits les protecteurs de toutes les écoles, ainsi d’ailleurs que de la petite communauté musulmane et de la religion originelle des Tibétains, le Bön, qui a perduré par-delà l’implantation du bouddhisme.

Ayant fait voeu de célibat, les Dalaï-Lamas ne pouvaient pas se succéder de manière héréditaire comme des monarques classiques. Mais une continuité encore plus forte était assurée par le principe de réincarnation. Conformément aux croyances bouddhistes, chaque Dalaï-Lama après son décès renaissait dans le corps d’un nouveau né. La difficulté était alors d’identifier cet enfant pris dans la population, au hasard théoriquement, mais pratiquement le plus souvent parmi les grandes familles déjà liées au pouvoir. Une procédure complexe était prévue : indications données par le défunt Dalaï-Lama dans son testament, visions de l’oracle d’Etat, épreuves de reconnaissance par l’enfant pressenti d’objets ayant appartenu à son prédécesseur. Il y avait parfois plusieurs enfants « candidats » à départager.

Ce système impliquait une certaine vulnérabilité entre le moment où un titulaire décédait et celui où son successeur était identifié, puis éduqué jusqu’à sa majorité. En pratique, le pouvoir était alors exercé par des régents, qui en ont souvent abusé dans l’histoire tibétaine. Le régent Sangye Gyatso a ainsi pu garder secrète pendant quinze années la mort du Vème Dalaï-Lama, intervenue en 1682 mais déclarée officiellement en 1696 seulement.

Autre facteur de vulnérabilité, les Dalaï-Lamas étaient dépendants de leurs protecteurs étrangers, d’abord khans mongols, puis empereurs chinois. En effet, la dynastie mandchoue Qing installée au XVIIème siècle sur le trône de Chine intervint en 1720 au Tibet, où elle imposa par la force le VIIème Dalaï Lama face aux mongols Dzungar qui occupaient alors le pays. Ce fut le début de la tutelle chinoise sur le Tibet, concrétisée par la nomination de deux commissaires impériaux, ou amban, et le maintien d’une garnison chinoise à Lhassa. De cette époque date la prétention du gouvernement de Pékin sur les provinces orientales du Tibet, le Kham et l’Amdo, seules les provinces centrales, le U et le Tsang, étant reconnues comme relevant de l’autorité du Dalaï-Lama.

La tutelle chinoise, encore suffisamment forte à la fin du XVIIIème siècle pour repousser en 1791 une invasion du Tibet méridional par les Gourkhas venus du Népal, s’est diluée tout au long du XIXème siècle. Les garnisons furent réduites au rang d’escortes pour des amban qui n’exerçaient plus d’influence effective sur les affaires tibétaines. Au début du XXème siècle, après avoir assisté impuissante à l’expédition britannique de 1904, La Chine tenta de renforcer militairement son autorité sur le Tibet mais, à la chute de la dynastie Qing en 1911, le XIIIème Dalaï-Lama proclama officiellement l’indépendance de son pays.

  3. Le servage

Les autorités chinoises dénoncent l’organisation sociale qui prévalait au Tibet avant la révolte de 1959 et glorifient la « réforme démocratique » intervenue depuis. Selon elles, « avant 1959, on avait pratiqué le servage féodal caractérisé par l’union du gouvernement et de la religion et par la dictature des bonzes et des aristocrates. Les masses de serfs n’avaient guère de droits de l’homme. Les propriétaires de serfs, tels que les fonctionnaires du gouvernement local, les aristocrates et les bonzes de la couche supérieure possédaient la totalité des terres, des prairies, des forêts, des montagnes, des rivières et le gros du cheptel. Les serfs, qui représentaient plus de 90 % de la population du Tibet, subissaient le même sort que celui des esclaves noirs travaillant dans les plantations au sud des Etats-Unis à l’époque. Les propriétaires de serfs pouvaient les vendre, les acheter, les transférer, les céder en cadeau, s’en servir pour payer des dettes, les échanger, les humilier et les maltraiter à leur gré(1(*)) ». 

Effectivement, la plupart des Tibétains étaient attachés, par documents écrits, à la terre sur laquelle ils habitaient, et au seigneur ou au monastère qui possédait cette terre. Les taxes, nombreuses et variées, étaient versées en argent ou en nature, et s’accompagnaient de corvées. Toutefois, les paysans avaient une identité légale : s’ils avaient des devoirs, ils avaient également des droits. Les seigneurs, laïcs ou religieux, n’avaient pas le droit de modifier le montant des taxes dues par un serf, ni les dimensions de la terre dont il jouissait. Si cela arrivait, ce dernier était autorisé à traîner son maître en justice. Par ailleurs, il n’existe pas de témoignages du caractère systématique des mauvais traitements allégués par les autorités chinoises.

Il n’est pas possible de nier la modernisation sociale entreprise au Tibet sous l’occupation chinoise. Toutefois, cette modernisation a été cher payée en souffrances et en vies humaines, ainsi qu’en destructions culturelles. Certes, la société traditionnelle tibétaine était parvenue à un point où des changements étaient nécessaires, et le XIVème Dalaï-Lama est le premier à le reconnaître. Mais cette évolution aurait fort bien pu se faire sans que le Tibet perde son indépendance acquise au début du XXème siècle.

Le jeu de la vérité et de l’armée

  Ami lecteur, jouons au petit jeu des défférentes versions. Un peu comme le brossage consciencieux dans le sens du poil des enseignants, avant son élection, qui s’est soldé à l’arrivée par des dizaines de milliers de supressions d’emploi dans l’Education Nationale, on peut isoler une certaine schizophrénie disssociative dans les propos de Sarkozy se référant à l’armée.

  Souvenez-vous, notre Président gaulliste en diable, qui allait honorer la mémoire du Général à Colombey, celui-là même qui s’était attiré 90% du suffrage des militaires français en mai dernier et qui, hier encore, inaugurait un fier sous-marin…

  Eh bien, comme annoncé ici précédemment, ce même Sarkozy, par la bouche de son ministre Hervé Morin plus précisément, a décidé de remercier ses vaillants électeurs, en supprimant plus d’un quart de leurs effectifs. Sympa, non ? Dans la même foulée, afin de bien s’assurer que notre force dissuasive nucléaire sera à la hauteur des temps futurs, l’UMP ne se contente pas de révéler le nombre exact de nos têtes, mais annonce également qu’un tiers en sera retranché.

  Loin de moi l’idée de faire du militarisme à tout crin, mais quand on voit une Royal qui fait des conférences sur l’Armée en refusant catégoriquement de réduire notre puissance de feu, contexte mondial peu rassurant à l’appui, on se dit que sur ce coup, les soldats ont été peu inspirés de s’en remettre à leur légendaire conservatisme…

  Et maintenant, les chiffres :

Selon des extraits publiés par Le Point l’armée perdra 34.966 emplois militaires entre 2008 et 2014, auxquels s’ajouteront 16.829 emplois civils qui seront confiés à des entreprises extérieures.

Dans le même temps, 53 implantations nationales seront fermées et 45.000 emplois supprimés, tandis que 109 sites seront « allégés », c’est à dire qu’ils verront leurs effectifs se réduire, et 51 autres, « densifiés ». [Au total donc, près de 100 000 postes supprimés, sans compter le mauvais état général de nos forces... Je renvoie aux posts précédemment dédiés à ce sujet, qui détaillent notamment des millions d'euros de factures impayées, des blindés non entretenus, et même des sous-marins nucléaires négligés]

L’armée française compte 347.903 militaires, toutes entités confondues, peut-on lire sur le site du ministère de la Défense. S’y ajoutent 80.000 personnels civils (fonctionnaires, ouvriers d’Etat et contractuels).

Bienvenue chez Dany

  Comment ne pas évoquer, dans ce blog « de société » (houlà ça déconne plus) un tel phénomène culturel ? Le film de Dany Boon, « Bienvenue chez les Ch’tis », pulvérise les records d’affluence dans les salles françaises, et pour un petit film « bon enfant » doté d’un budget microscopique, c’est une performance incontestable. Alors, plutôt que de s’attarder sur les chiffres, dont tout le monde se fout, autant juger sur pièce et émettre un avis, ici, sur ce réel carton franchouillard (et puis, ça me changera un peu des massacres et de la politique bidon).

  D’abord, c’est vrai que j’aime bien l’ami Dany, je l’avoue. Sa performance dans « Joyeux Noël » m’avait semblé juste, au sein d’un film non moins épatant (bien que gorgé de pathos  jusqu’à la gueule). J’ai donc regardé avec intérêt les vidéos des spectacles du monsieur, et cela ne sera pas sans rapport avec cet article, puisque c’est précisément dans ces one-man shows qu’on trouve, déjà, une bonne part de la matière de « Bienvenue chez les Ch’tis ». Dany Boon y critiquait avec tendresse « son » Nord de la France, et on retrouve évidemment cette même affection, cette même émotion, dans le long-métrage.

  Trêve d’introductions. Alors, c’est du bon ? Ce qui est sûr, c’est que le film profite du contexte actuel, un désert cinématographique français baigné dans une situation économique guère reluisante, en bref, une bonne merde sociale tout-à-fait propice aux sorties en famille pour aller se fendre la poire devant une bonne pièce de cinéma populaire.

  Et pour vendre la mèche, ouais, j’ai aimé. Tout le film repose sur une sincérité rare à notre époque, sur des comédiens et des personnages attachants, sur l’exploration d’un univers… En bref, du cinéma initiatique classique (un héros en plein décalage avec son environnement, qui va peu à peu en saisir les codes), mais indubitablement bien fait, et le tout dans une bonne humeur qui ne se prend pas la tête. Ceci étant dit, on peut toujours critiquer, car pour rester dans le populaire, « qui aime bien châtie bien ».

  Au niveau des récriminations donc, le fait que la progression de l’intrigue soit trop rapide. Au bout d’une demie heure, allez c’est plié, « l’étranger » est parfaitement intégré et tout tourne au poil. Bon… c’est dommage, on reste un peu sur sa faim, de ce côté-là ; mais c’est que l’intrigue cherche en fait dans une autre direction, car le « Nord », on le voit rapidement, n’est pas si inhospitalier… le couperet de Dany  tombe donc, plus fermement, sur ceux qui « croient savoir sans savoir », tous ceux qui ont peur du Nord, sans y avoir mis les pieds. C’est le cas de la femme du héros, qui personnage qui prend de l’importance au cours du dernier tiers du film, et est à l’origine d’une mise en scène inattendue qui, je dois l’avouer, m’a vraiment bien fait marrer. Je ne grille pas ce tournant, évidemment, mais je ne pensais pas que le film irait « aussi loin », et franchement c’est réjouissant. Du comique de l’extrême, moi je ne demande pas mieux.

  En revanche, avouons-le, « Bienvenue chez les Ch’tis » n’est pas « Y’a-t-il un pilote dans l’avion ». N’attendez pas un gag à la minute, Dany en rajoute (à l’image de la scène de l’accident-rencontre), mais c’est assez artificiel, ça se sent, un peu comme un cahier des charges qui se devait d’être tenu. Certains y verront de la facilité, d’autres de la conscience professionnelle, c’est selon… au même titre, l’aspect « touristique » est abordé un peu légèrement, à mon goût. Le fameux « Ch’ti » fait rire au commencement, mais la scène de la brasserie, dans laquelle il est expliqué de long en large, désamorce le contraste, et se révèle finalement assez lourde. Pour ce qui est des intrigues sentimentales, bah c’est du niveau d’un téléfilm du service public, cela dépend du niveau de « je me prends au sérieux » du spectateur… Si on se laisse aller, on aimera la franchise des rapports et le caractère attachant des personnages. Sinon, on trouvera le tout assez convenu (une histoire d’amitié, deux d’amour avec problèmes à surmonter, c’est « roman-photo » à souhait, la prétention en moins).

  Plus fin, à mon humble avis, la manière de rendre sympathique les personnages principaux, à travers des ressorts efficaces : le personnage de Dany, a priori mal dégrossi, se révèle un mélomane talentueux et touchant ; quant à celui de Kad, minable magouilleur antipathique à l’origine, il s’épaissit à travers ses rapports, compliqués, avec une femme qui ne le croit pas, et ne l’écoute pas. Ces luttes et ces nuances sont bienvenues, et agréablement amenées. A noter, également, une scène d’anthologie, théâtrale à souhait, avec un Michel Galabru inspiré en guest-star…

  Au final donc, un long-métrage « brut de décoffrage » et à la trame guère révolutionnaire, mais exécuté avec le cœur, servi par de sympathiques interprètes, et truffé de petites perles d’humour. Pourquoi bouder son plaisir ?

Massacre

PARIS (AFP) – La gauche apparaissait dimanche comme le grand vainqueur des municipales et cantonales, avec une déferlante de victoires à Toulouse, Strasbourg, Caen, Reims, Metz, Amiens ou Blois, mais la droite a symboliquement réussi à sauver Marseille. Evènement.

Le rapport de forces gauche-droite s’est établi à 48,88% au PS et ses alliés contre 47,66% à l’UMP et ses alliés.

Malgré l’appel des deux camps à une plus forte mobilisation des électeurs, le scrutin a été marqué par une abstention sensiblement identique -et record depuis 1959- (34,5% selon les instituts de sondage) à celle du premier tour.

Le PS et ses alliés, qui misaient sur la reconquête de 30 des 40 villes de plus de 20.000 habitants perdues en 2001, ont repris Strasbourg, Saint-Etienne, Evreux, Quimper, La Seyne-sur-Mer et Roanne. Rouen avait été repris dès dimanche dernier.

Après près de 40 ans de pouvoir de la droite, Toulouse a également basculé à gauche. Gagnés également: Caen, Reims, Amiens, Dax, Mende, Valence, Thionville, Millau, Brive, Bar-le-Duc, Asnières-sur-Seine, Narbonne.

A Marseille, après un long suspense, le maire sortant UMP Jean-Claude Gaudin l’a finalement emporté sur son concurrent socialiste, Jean-Noël Guérini, battu dans le secteur clef, le 3ème, par l’ancien ministre UMP Renaud Muselier.

Quatorze ministres avaient été élus au 1er tour. Dimanche, Xavier Darcos (Education) a perdu Périgueux. Battues aussi: Rama Yade (Droits de l’Homme) Christine Albanel (Culture) et Christine Lagarde (Economie).

En revanche, les urnes ont souri à Jean-Marie Bockel (Francophonie), Nathalie Kosciusko-Morizet (Ecologie), Rachida Dati (Justice) et Christian Estrosi, ce dernier démissionnant de l’Outre-Mer au profit de la mairie de Nice.

Metz aura son premier maire de gauche depuis 1848, en raison surtout des divisions à droite. « Nous payons le prix des divisions » dans plusieurs villes, a d’ailleurs réagi le ministre du Travail Xavier Bertrand.

La gauche a par ailleurs conforté ses positions en l’emportant à Lille, à Brest, Belfort, Charleville, après Lyon, Nantes, Besançon, Dijon et Limoges dès dimanche dernier. En outre, elle garde Angers, un des rares espoirs de conquête de l’UMP.

La droite emporte Agen (NC), Calais (UMP), Châtellerault (NC), Gap (UMP) et Mont-de-Marsan (MoDem-UMP) et garde Le Havre, Orléans, Vannes, Moulins, Beauvais, Perpignan et surtout Marseille.

A Paris, la victoire du maire sortant PS Bertrand Delanoë est nettement plus large qu’en 2001, mais ses listes ne gagnent pas de nouvel arrondissement.

A Pau, le président du MoDem François Bayrou perd son pari pour « moins de 1% » face à la candidate socialiste Martine Lignières-Cassou. Le sort national du MoDem s’en trouve compliqué.

Après un bon premier tour, le PCF a perdu plusieurs de ses bastions (Calais, Montreuil face à la sénatrice Verts Dominique Voynet, Aubervilliers face au PS, et le département de Seine-Saint-Denis).

A droite, le Premier ministre François Fillon a jugé « malvenu de tirer de ce scrutin des leçons nationales », avant d’estimer que la gauche avait « partiellement rétabli » sa défaite de 2001.

Tous les leaders de droite se sont relayés sur les plateaux de télévision pour minimiser la défaite de la majorité et évoquer un « rééquilibrage » entre la droite et la gauche.

M. Fillon a réaffirmé que les réformes se poursuivraient sans infléchissement. « La bataille pour l’emploi et le pouvoir d’achat doit s’accentuer », a-t-il dit.

Le président Nicolas Sarkozy, lui-même en retrait pendant la campagne après une forte chute dans les sondages, n’envisage selon son entourage que des « ajustements » de son gouvernement avec quelques secrétariats d’Etat nouveaux.

La gauche a aussi fortement progressé aux cantonales et paraissait assurée d’ajouter au moins 9 nouveaux conseils généraux aux 51 (sur 101) qu’elle détenait déjà: l’Allier, la Corrèze, le Lot-et-Garonne, l’Ain, la Somme, l’Indre-et-Loire, le Val d’Oise, les Deux-Sèvres et la Côte-d’Or, un élu MoDem devant faire pencher la majorité à gauche dans ce dernier département.

Cette forte poussée de la gauche devrait avoir des répercussions lors des sénatoriales de septembre. Depuis 2004, l’UMP n’a déjà plus la majorité absolue au Sénat.

Par Frédéric DUMOULIN et Christophe SCHMIDT

Municipales : suspens

  Voilà, les jeux sont faits… Juste avant de partir pour Solférino, afin d’assister à la soirée de révélation des résultats électoraux de ce scrutin, ami lecteur, je veux en rappeler ici les enjeux principaux. L’abstention, au second tour, semble dépasser le taux du premier tour, ce qui est… un phénomène complexe – je renvoie à l’article précédemment écrit entre ces pages, « Révolte et abstention », pour une approche de ce sujet.

  Les listes de gauche, au premier tour, ont reçu un score supérieur à celui des listes de droite, c’est un fait. Ce second tour peut, et devrait probablement, entériner cette tendance. Concernant les « objectifs majeurs » de cette élection, à savoir, les 12 plus grandes villes françaises, on sait que Bordeaux a réélu immédiatement Juppé à sa tête, et que Marseille ne passera peut-être pas à gauche. Les dix autres villes principales de France devraient basculer, ou rester à gauche, Paris notamment. Voilà. Il est l’heure de m’envoler… J’ai consacré de nombreuses heures à ce blog dernièrement, en tant que rédac’ chef… Le JRDF continuera à émettre, tant qu’il y aura des scandales et des hontes à dénoncer, d’où qu’elles proviennent. Ceci n’est pas un blog partisan… Juste un petit îlot de liberté qui tente de rapporter la vérité. C’est avec émotion que je rends mon clavier, pour ce soir, ami lecteur. Les messages que nous découvrons quotidiennement entre ces pages, même si nous n’avons pas toujours le temps d’y répondre, prouvent que les citoyens de ce pays s’intéressent à son fonctionnement, et il n’y a pas plus belle récompense pour les jeunes blogueurs politiques que nous sommes.

  Ma petite équipe et moi-même te saluons. Après ce scrutin, il y a fort à parier que la politique de la droite se durcisse. Courage !

Municipales : Colombes

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  Dans la dernère ligne droite, je souhaite relater ici, brièvement, ce que j’ai pu recueillir de mon court passage militant à Colombes, il y a quelques jours. La bataille des municipales y oppose Philippe Sarre à Nicole Goueta, la maire sortante. A noter que le MoDem a décidé de rallier, à la dernière minute, la liste UMP… Quand on sait que Goueta a supprimé la plupart des subventions aux associations, et qu’elle est soutenue par l’infâme Rama Yade, qui se victimise en évoquant un racisme tout virtuel, il y a de quoi être en deuil pour le « Mouvement Démocrate ».

  Les jeux sont néanmoins serrés. La gauche, au premier tour, a totalisé un score de près de 49%, tandis que la droite, forte de 44%, se voit à présent renforcée (en théorie) par les voix du MoDem. Sur place, il m’a néanmoins semblé ressentir un fort penchant populaire pour Philippe Sarre. Notre camion militant, sur son passage, était interpellé de manière joviale par les jeunes des quartiers, et des citoyens ont klaxonné pour nous soutenir. C’était suffisamment sensible pour être rapporté. Colombes est une ville à structure plutôt droitière, mais la gestion actuelle de la mairie de droite a profondément irrité nombre de ses habitants.

  Je ne peux relater ici les différences programmatiques entre les deux camps, dans le détail, faute de temps et par souci de respecter les lois électorales. Je ne fais que donner un point de vue strictement personnel, un témoignage en bref; Ce qui est certain, c’est que si Philippe Sarre n’est pas élu ce soir à la mairie de Colombes (sa liste plus précisément, le maire étant élu par le Conseil Municipal), la déception sera intense pour une bonne part de la population, socialistes en première ligne, évidemment. A ce titre, je rapporte également que le fonctionnement de la section de cette ville m’a paru exemplaire, dynamique, populaire, et redoutablement organisé. Le peuple tranchera en cette journée… Mais bon, vous connaissez mon pronostic, et mon espoir. Le 92, bastion des bastions de la droite, peut connaître ce soir un petit séisme, et en tant qu’habitant depuis toujours de cette zone, ce ne sera pas pour me déplaire…

EDIT : PHILIPPE SARRE A GAGNE ! YIPEEEEE ! VICTOIIIIIIIRE !

Sarkozy vient-il de perdre sa réélection ?

  Tandis que les derniers votes s’accumulent dans l’isoloir, l’Elysée fait très officiellement part de la volonté de notre Président de « changer de style ». Bon… Cela traduit la fin d’un certain autisme, prenons-le comme tel mais, ami lecteur, pour être franc, je m’en contrefous complètement. A la limite, ce côté « franc du collier » de Sarkozy ne me gênait pas, et si son remariage a fait jaser, avouons-le, je pense que c’était un faux procès, qui ne traduisait pas véritablement de réflexion politique. Mais la communication est ainsi faite, qu’il est plus facile de parler de Carla Bruni, que d’une réforme nécessaire du CSA, ou de la PAC, par exemple.

  Là où le bât a réellement blessé (en suposant que les déclarations de Sarkozy soient sincères, on va employer le passé), c’était lorsque les ministres l’UMP se répandaient dans les pages glacées des magazines people, ou quand les propos de notre Président ont sévèrement manqué de retenue… Cependant, ces algarades n’étaient, in fine, que des détails, certes hautement symboliques; Ce qui est nettement plus préoccupant, pour ne pas dire uniquement préoccupant, est la situation concrète des citoyens de ce pays, notamment par rapport aux promesses dorées faites il n’y a pas si longtemps…

  A la réflexion, je maintiens que Sarkozy est  »honnête » dans sa démarche; Le problème, c’est que l’honnêteté est une valeur subjective, et que toute sa méthodologie politique, depuis le commencement, est basée sur l’esbrouffe. C’est sans doute son milieu d’origine qui veut ça, un univers très éloigné de la vie des « gens », dans lesquels ceux-ci ne sont que des créatures qu’on doit séduire lors des élections. Pour Sarkozy, la politique semble être un jeu; il l’évoque dans le livre de Yasmina Réza lorsque, avant d’entrer en scène, il relit le discours qu’on lui a préparé, portant sur « la gauche qui soutient les délinquants », le trouve profondément de mauvaise foi, puis hausse les épaules et marmonne : « Il faut bien aller au feu ».

  Non pas que l’homme soit dénué de valeurs, je ne le pense pas; Simplement, elles restent en tant que telles, des valeurs, de jolies images qui ne sont jamais vraiment appliquées. Sarkozy a sans doute toujours pensé que la ruse et le charisme suffisaient pour « gagner », et qu’au fond c’était cela l’essentiel. Mais les paroles ont des conséquences – elles peuvent décevoir lorsqu’elles ne restent qu’air. Notre Président aurait ainsi, à n’en pas douter, fait un merveilleux réalisateur de films. Le souci, c’est que là, ses scénari, tout brillants fussent-ils, se heurtent au mur implacable de la réalité, et qu’ils ne l’arrangent pas : école en faillite, justice ridiculement dotée, commerce en berne, pouvoir d’achat sans cesse grignoté, salaires trop bas, inégalités honteuses et discriminations tout ce qu’il y a de plus concrètes… Face à cela, un peu de modération dans la forme, c’est toujours bon à prendre pour le moral des français; Hélas, le moral ne remplit pas les ventres.

  Le JRDF en profite donc pour revenir sur un évènement extrêmement concret, qui est sans doute à mettre en parallèle avec les actuels et effrayants chiffres de l’abstention, et noircit très probablement les futures opportunités politiques de Nicolas Sarkozy. Je veux parler des manifestations de retraités, il y a quelques semaines, qui sont descendus dans la rue pour faire part de leur malaise croissant.

  Il s’agit, d’abord, de ne pas exagérer l’ampleur de cet évènement : seuls quelques milliers de personnes ont battu le pavé, principalement à Paris, et elles étaient majoritairement de sensibilité adverse; C’est dit; Pourtant, derrière cette poignée de courageux qui ont initié un mouvement tout de même assez historique, un véritable trouble, pas aussi visible ni aussi médiatisé, existe chez les citoyens âgés de ce pays. Ceux-ci n’étant pas habitués à descendre dans la rue, c’est secrètement et pudiquement que cette souffrance se joue. Cette souffrance est pourtant bien là : De nombreuses personnes de troisième, quatrième et cinquième âge ont beaucoup de mal à joindre les deux bouts, et cela est d’autant plus terrible que c’est indéniablement elles qui ont fait pencher la balance du scrutin – la majorité de la population active s’étant prononcée en 2007 pour la gauche. Ces électeurs floués n’ont pas vu arriver les déductions sur les emprunts immobiliers, censés être rétroactifs, ni les augmentations de pensions annoncées – les fameux « 200 Euros » étant finalement étalés sur cinq années, ce n’est pas ça qui les aidera. Ces citoyens, très fragiles, n’ont pas non plus connu cette gratuité des soins ophtalmologiques et dentaires, notamment vendue lors du débat télévisé… Elles ont en revanche vu débouler les franchises médicales et la menace du retour de la redevance pour celles qui en étaient exemptées.

  Sans tomber dans le pathos, pour avoir tout de même pris le temps d’approfondir le sujet, si les seniors de notre société sont effectivement très attachés aux « valeurs » de sécurité, de respect, voire même d’un certain chauvinisme pouvant tirer sur de la xénophobie, le fait est que ces mêmes seniors dépensent souvent plus du tiers de leur (faible) retraite dans leur loyer, payent fréquemment pour des services à la personne et autres frais médicaux. La hausse des prix, ainsi que les nouvelles taxes, ont alors eu un clair effet de tenaille : c’est ce qu’ont essayé d’exprimer les manifestants. Les autres, ne sont peut-être pas descendus dans la rue, mais ressentent tout de même l’effet de cette pression économique – et on parle, là, très concrètement, de personnes qui sont déjà fragiles, et qui ne font plus trois repas par jour, ou se limitent à des pâtes, parce qu’elles ne peuvent faire autrement si elles ne veulent pas être mises à la porte de leur logement. Ces citoyens-là n’ont certes plus beaucoup de voix pour crier leur détresse – mais elles ont pris l’habitude de s’exprimer par le vote.

  En espérant qu’à l’avenir, elles sauront voir que la gauche, elle, aurait augmenté leurs pensions et plafonné à 25% de leurs ressources la part attribuée au loyer, de même que les socialistes auraient baissé la TVA sur les produits de première nécessité… C’est sûr, la droite « plaît » nettement plus aux personnes âgées. Mais il serait temps de sortir de la fierté, pour comparer clairement les programmes. Je pense que c’est en cours, et que ce retour de flamme, déjà sensible dans l’abstention lors de ces élections, risque de faire très mal à l’UMP, dans quelques années…

A propos de la rétention de sûreté

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  Si notre Président a bien deux dons particuliers, c’est, en premier lieu, celui d’identifier les problèmes les plus « brûlants » dans notre société : Pédophilie, conflits culturels, intergénérationnels et religieux, racket à l’école, « insécurité » d’une manière générale…

  …le souci, pour la population française, est qu’il dispose également de l’incroyable qualité permettant de ne surtout pas les résoudre. Ainsi, lorsqu’il évoque à juste titre la nécessité, pour les pédophiles récidivistes,  de devoir pointer régulièrement dans un commissariat afin de mieux pouvoir les surveiller, cette indéniable bonne idée n’est tout simplement pas appliquée : Plus de deux années ont séparé son annonce de la publication des décrets nécessaires à sa mise en action, et sans véritable suivi ni transfert de moyens pour assurer sa bonne marche – d’autant que le projet de rétention de sûreté, dont il est question dans ce billet, remet en cause tout ce processus. Ainsi, toujours, lorsque Nicolas Sarkozy évoque les dangers de l’intégrisme religieux, notamment musulman, il s’empresse de créer un organisme confessionnel composé des… sensibilités les plus orthodoxes de l’Islam (le CRIF), s’assure du soutien des branches les plus radicales du judaïsme français, et se montre très ambigu sur le traitement politique réservé à la Scientologie. De même, lorsqu’il dit se battre contre le racket et l’école, et qu’il instaure une politique de répression policière contre les malfrats en milieu scolaire, on remarquera que cette disposition n’a pas été suivie de formation adéquate pour les forces de l’ordre, ni de véritables moyens, autres qu’un peu d’information au niveau du public.

  La dernière bonne idée foireuse de notre Président suit, assez logiquement, cet itinéraire balisé. Il s’agit de prémunir les citoyens contre des criminels dangereux, en leur appliquant le principe de la « rétention de sûreté », à savoir qu’un détenu condamné pour pédophilie, actes de barbarie, séquestration et autres motifs liés à des déviances sexuelles ou à des crimes de sang dont la peine excède quinze années de réclusion, ne puisse pas sortir sans l’avis d’un collège médical approprié. Il sera alors, en cas d’avis défavorable, placé en hospitalisation forcée.

  Plusieurs points sont à aborder quant à ce système, qui en semblant partir d’une « bonne intention », sécuritaire mais « efficace et logique», aboutit à un véritable questionnement sur le mode de fonctionnement de notre Justice.

  Premièrement, l’hospitalisation forcée. La question est : Pourquoi attendre qu’un pédophile effectue quinze années de prison, avant de l’envoyer, en gros, dans un hôpital psychiatrique ? Le problème est que la droite au pouvoir a tellement tranché dans les fonds de fonctionnement de notre système de santé, que le traitement médical des criminels et des « fous », pour faire court, est devenu très rare ; On estime à ce propos qu’environ 30% des détenus en milieu carcéral auraient leur place dans un HP… mais ces places n’existent pas. Elles seront alors, maintenant, réservées aux criminels dangereux qui ont déjà effectué au moins quinze années de détention entre quatre murs ? On voit l’absurdité d’une politique qui ne prend pas du tout en compte l’aspect préventif…

  Deuxièmement, se pose un problème de nature bien plus éthique. Est-il juste qu’une personne qui a déjà effectué de très nombreuses années de prison, et qui a donc purgé officiellement sa dette envers la société, ne puisse pas être libérée parce que « elle risquerait de recommencer » ? Cela revient tout de même à condamner par avance quelqu’un, pour un crime qu’il n’a pas encore commis… On rentre dans la SF de « Minority Report », là… Protéger les citoyens est une noble tâche, mais cela doit-il s’accompagner, non plus de justice, mais de procès d’intentions ? Alors, c’est vrai, ces décisions ne seraient pas totalement arbitraires, puisqu’elles dépendraient d’experts dans le domaine psychiatrique. Certes. Reste qu’on condamnerait des personnes à des peines qu’elles ne pourraient pas accomplir…

  Enfin, se pose un dernier dilemme, ce projet étant carrément anticonstitutionnel – d’où le rejet du texte par le fameux Conseil chargé de veiller sur son respect. Cette « rétention de sûreté » comprend en effet un principe rétroactif… ce qui signifie qu’on condamnerait des personnes au vu d’une loi postérieure à leur condamnation, or « nul citoyen ne peut être soumis à une loi postérieure à sa condamnation », ceci étant surtout fait pour prémunir des effets pervers d’une tyrannie politique – par exemple, un opposant incarcéré (à tort ou à raison) pour peu de temps pourrait, par ce biais, ne plus jamais ressortir de sa cellule.

  A cela, il faut rajouter, encore une fois, la condition pratique et technique des détentions dans les prisons françaises. Celles-ci étant définitivement surpeuplées, et aucun projet de construction n’étant prévu pour y pallier ; Pire, la suspension de la grâce présidentielle a détruit cette « soupape » certes archaïque et bizarre, mais qui avait le mérite de désengorger un peu ces centres de ses membres les moins dangereux. Nous avons déjà évoqué la situation des centres psychiatriques, également surpeuplés et bien trop rares… En bref, on voit que la configuration actuelle ne se prête pas le moins du monde à ce projet de rétention de sûreté, fut-il rendu constitutionnel et réellement surveillé par des experts compétents.

  Qu’en pensez-vous ?

Suicide médiatiquement assisté

  Ami lecteur, tu n’as sans doute pas pu y échapper, l’affaire glauque du moment, après les bébés congelés, Natacha Kampusch et l’Arche de Zoé, concerne une certaine Chantal Sébire, qui remue ciel et terre pour… mourir. Je ne ferais pas d’humour noir sur ce sujet, mais l’angle choisi tant par les médias que par l’intéressée me déplaît profondément. Pourtant, c’est un sujet qui mérite certes qu’on s’y intéresse : le droit à une mort « dans la dignité et la légalité ».

  Bon, il faudra déjà m’expliquer en quoi une mort peut être « digne ». L’euthanasie, qui n’est rien de moins qu’un suicide, consiste en l’injection d’une dose léthale d’un produit toxique, après celle d’un somnifère. Pas d’humour noir, je l’ai promis, mais sincèrement c’est à la portée de n’importe qui; La question se pose surtout, en fait, dans un milieu médical, lorsqu’une personne paralysée ne peut se faire pratiquer ces injections, par isolement ou en raison de son illégalité, justement.

  La loi, venons-y. Si personnellement je suis tout-à-fait pour le suicide médicalement assisté, y compris en milieu hospitalier, pourvu qu’il soit sévèrement encadré par un collège comprenant des membres du personnel médical, de l’Etat et de l’entourage de la personne (c’est d’ailleurs un des points du programme du MJS), il faut quand même ne pas obérer certains points. En France, quelqu’un qui veut avoir recours à ce type de mort, et qui peut se déplacer, peut le faire « facilement » à l’étranger; Ou peut tout simplement l’organiser soi-même (c’est illégal, mais jusque-là les morts français ne sont pas emprisonnés), avec il est vrai le risque que toute personne qui a aidé ce geste peut être inculpée pour homicide ou complicité d’homicide. C’est sur ce point que le combat de cette dame est justifié.

  Là où cette démarche me gêne nettement plus, encore une fois, c’est par rapport à l’angle que Chantal Sébire utilise pour faire évoluer cette cause : Lettre au Président, intense campagne médiatique, menace de mort avec prise à témoin de la France entière(c’est certes le sujet, mais il est abordé de manière tellement frontale que c’en est… hum… profondément dérangeant).

  Surtout, le caractère donné à cette requête, à travers le fait que cette femme soit devenue la « figure de proue de l’Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité » – d’après les mots du site Internet de « L’Association pour les Droits de la Vie », bref tout ce ballet d’organisations qui en profitent pour se faire connaître, me donne la nausée. OK, je suis peut-être un gros hypocrite qui ne veut pas voir la vérité en face, mais ce genre de débats devrait, précisément, être tranché dans la dignité, à savoir à l’Assemblée Nationale, pas par médias interposés à travers un cas « bien extrême-gore avec yeux exorbités », le tout soutenu par des associations sorties de nulle part avec des sites Internet qui n’ont que trois pages de construites – si vous ne me croyez pas, allez faire un tour ici : http://www.adv.org/centre-de-documentation/bioethique/ , et en faisant croire qu’encore une fois, il suffit d’écrire une lettre à Sarkozy et de faire pleurer dans les chaumières, pour trancher un sujet aussi délicat.

  Je veux dire, merde… C’est quoi la prochaine étape ? Voter par SMS pour ou contre le droit à l’euthanasie, en France ? Les souffrances de cette femme sont sans doute réelles, et horribles, ne déconnons pas non plus avec ça, on ne souhaite pas en finir pour un rien - mais je pense que Chantal Sébire, paniquée par son sort, a posé sans le vouloir le pied dans un système qui ne profitera pas forcément à des personnes honnêtes, et dont les méthodes sont relativement détestables.

  Et puis, cela peut sembler idiot, mais pourquoi n’utilise-t-elle pas des drogues, du genre vraiment puissantes, anesthésiques type morphine, pour ne plus ressentir ces atrocités ? Sa famille préfère-t-elle voir une droguée ou une pierre tombale ? Même dans un état second, on peut toujours trouver une occupation à sa vie… L’euthanasie, au sens légal, est peut-être une quête, peut-être une nécessité, mais c’est aussi la fin du lien avec tous ceux qu’on aime, et qui nous aiment.

Municipales : Rueil-Malmaison – du côté de la droite

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  Passons, à présent, à un inventaire en règle des crasses, coups fourrés et mensonges que la section PS de Rueil-Malmaison a du subir de la part de la mairie UMP. Patrick Ollier, époux de Michelle Alliot-Marie et ex-Président à titre purement honorifique de l’Assemblée Nationale, qu’on voit rarement dans sa ville d’ailleurs, y a succédé à Jean-Jacques Baumel, féroce élu de droite qui avait néanmoins d’incontestables lettres de noblesse (ancien résistant, a su transformer une petite ville en un pôle technologique et industriel).

  Il faut d’abord concevoir la différence de taille entre les moyens de l’équipe en place, et ceux qui sont alloués à l’opposition. Par exemple, les indemnités (hors rémunération) des élus ne sont accordées, de facto, qu’à ceux de la municipalité – comprendre, à ceux de l’UMP. Tandis que la droite dispose du luxe et de la magnificence de la mairie, l’opposition, elle, se réunit dans un local de type « petite start-up » non signalisé extérieurement, au cinquième étage d’un immeuble de bureaux, avec faux-plafonds pourris, rampes de tubes néon à nu et mobilier spartiate… même l’affichette sur la porte d’entrée n’a pas bien été posée, c’est pour dire…

  Continuons à planter le décor… La municipalité tient ses meetings dans un gigantesque théâtre (le TAM, environ un millier de places très confortables, hauteur de plafond d’au moins quinze mètres, ouverture de scène de plus d’une trentaine de mètres), tandis que nous, occasionnellement, louons l’Atrium au mieux (une grande salle assez belle, 300 places assises), ou nous réunissons dans la salle de cantine d’une vieille école maternelle.

  Bon. Entrons maintenant dans le vif du sujet. A chaque élection, COMME PAR HASARD, nos documents ont du mal à trouver les boîtes aux lettres de certains quartiers… qu’on passe par la Poste ou par une agence privée, BIZARREMENT ils disparaissent, ou arrivent trop tard. Ensuite, il y a la différence énorme en matière de propagande; La télé municipale Rueil TV est mise à disposition de l’équipe UMP, et nous ignore. Plus marrant, alors que la mairie nous avait récemment retoqué une tribune dans le Rueil Infos, pour cause de « trop grand aspect partisan » à la veille des élections, c’est tout le journal, ou presque, qui s’est changé en plaquette de pub pour la municipalité, trois jours avant le premier tour ! Une plainte a été déposée à ce sujet… Nous ne prenons pas ce foutage de gueule à la légère…

  D’autres coups bas, en vrac… Ollier a tout-à-fait le droit de visiter les maisons de retraite de Rueil, et d’y laisser ses tracts; Nous, y sommes regardés d’un drôle d’oeil… Sur les marchés, lorsqu’il s’y déplace en période d’élections, le maire nous gratifie de quelques piques sympathiques dans le genre « Tout ça pour faire 2% de plus, franchement… » ou « Votre programme est une copie du nôtre »… D’ailleurs, à ce sujet, sincèrement et le plus objectivement du monde, leur plaquette version 2008, très tape-à-l’oeil, m’a paru extrêmement vide. Les mêmes photos, en très gros, sont répétées deux ou trois fois, le tout est pourri de fautes d’orthographe; Plus drôle, les mentions en très gros d’une « liste d’ouverture » alors qu’elle est 100% UMP, « renouvelée et dynamique »… les plus jeunes adjoints ayant plus de cinquante ans, et que tous étant déjà à la mairie depuis au moins une vingtaine d’années (1971, 1976, 1979… vachement neuf, hein ?). [EDIT : Pour avoir assisté au premier Conseil Municipal de cette mandature, je me dois de rapporter qu'à la surprise générale, Mr Ollier a effectivement renouvelé son équipe, plus en profondeur que prévu. Environ la moitié de sa municipalité est nouvelle. Comme quoi...]

  Plus classique, le clientélisme à tout-va. Seule réelle méthode de la droite d’ailleurs, pour gagner quelques voix. Elle consiste à promettre tout à tout le monde, la veille des élections. Un travail ? Le financement d’un voyage ? Une place en crèche ? Pas de problème, votez pour moi. Là-dessus, pas grand-chose à faire si ce n’est (encore une idée qu’on n’écoutera pas dans ma section…) développer nos propres moyens attractifs. Personnellement, je pense qu’il ne faut pas dire aux électeurs de refuser ces cadeaux : il faut leur rappeler que, dans l’isoloir, ils seront seuls ! Qu’ils profitent des mannes de la corruption… mais qu’ils ne la paient pas de retour !

  D’autres affaires peuvent être déterrées, plus rocambolesques : la mairie se vante d’avoir permis la construction d’un « Leroy-Merlin » (ce qui est inexact, d’ailleurs, mais passons). Elle a ainsi entrepris, lors du scrutin du 9 mars… de tapisser les bureaux de vote avec des affiches de recrutement de cette enseigne ! Dingue, non ? A propos de bulletins, on notera que seuls ceux de la municipalité UMP étaient colorisés (les autres étant simplement noirs sur blanc), et qu’on a vu Mr Ollier faire les poubelles des isoloirs, pour se faire ses propres estimations ! Si ce n’est pas du dévouement, ça…

  On pourra rajouter au tableau, pour le parfaire, quelques pointes d’espionnage (fort peu discret) et de photocopiage de notre programme, des équipes de collage PRIVEES qui tournent en permanence lors des périodes électorales, recollant sur nos affiches (bon, on fait pareil mais nous sommes bénévoles), et surtout des procès-verbaux des conseils municipaux qui rapportent, de très loin, les interventions de l’opposition… ou les dénaturent.

  C’est beau, Rueil, hein ? Achevons en rappelant que Patrick Ollier dirige le « dialogue » entre la France et la Libye… C’est ainsi un grand ami du « Guide » Kadhafi – dont il n’a, soyons honnêtes, quand même pas hérité les méthodes. On espère qu’il n’en viendra jamais à ça…

Municipales : Rueil-Malmaison – du côté de la gauche

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  Nous avons combattu, et nous avons perdu… Pas mal, comme accroche, hein ? Eh bien non, désolé ami lecteur, en particulier si tu habites ma ville, je te présente en mon nom des excuses. Nous avons échoué… Au premier tour, Ollier nous a éliminés, et malgré des circonstances atténuantes, c’est bien le sale goût de la défaite qui me reste en bouche.

  D’accord, Rueil-Malmaison n’est pas une terre facile pour la gauche ; Disons qu’elle l’est autant que Versailles ou Neuilly, peut-être un poil en-dessous, mais pas de loin ; D’accord, la gauche rassemblée (accord historique, en passant) a augmenté le total de ses scores, et la droite a reculé sur les siens ; D’accord, avec seulement trois listes, il était dur d’éviter que le premier tour ne se transforme en référendum pour ou contre la gestion actuelle de la mairie ; D’accord, mais nous avons tout de même failli. Pourquoi ? Ce sera l’objet de ce post, qui intéressera peut-être ceux qui sont curieux des méandres de la politique locale.

  Commençons par ce qui semble (j’ai bien écrit « semble ») le plus important, à savoir le programme. Le nôtre tenait méchamment la route, pas de doute là-dessus. Rénovation des logements sociaux et mise en place de logements très sociaux (afin de réaliser concrètement le « droit au logement opposable »), refonte du désastreux plan de déplacement urbain et mise en place de véritables pistes cyclables, développement des crèches et étendue de leur bénéfice aux parents en recherche d’emploi, assistance aux personnes âgées, jusque dans leurs plus petits détails (par exemple, à travers un service de garde des animaux de compagnie), véritable politique culturelle et sportive (soutien des artistes, mise en place de lieux d’initiation aux nouvelles technologies dans chaque quartier), et même, en termes de sécurité – que je placerais personnellement dans les priorités d’un programme, mais qui m’écoute ? – réactivation du Conseil Local de la Sécurité et de la Prévention de la Délinquance, dans les faits rarement réuni.

  Pas trop mal, non ? Le seize-pages programmatique est joli et bien conçu, lisible et coloré. Le slogan « Ensemble, changeons Rueil », bien que basique, se retient. L’affiche de campagne est soignée. Bon. Passons à la question de la liste… Réunissant socialistes, communistes, écologistes, radicaux et membres de la société civile, honnêtement, elle présentait bien, avec un véritable panachage de compétences et une moyenne d’âge tournant autour des trente-quarante ans – nos élus au Conseil Municipal sont d’ailleurs particulièrement jeunes.

  Alors, comment expliquer un score de seulement 25,93% (17% précédemment, en 2001, Baumel ayant laissé son fauteuil en 2004), et surtout un tel taux d’abstention – 44,88% ?

  Malheureusement, derrière cette bonne équipe – un candidat tête de liste sérieux et implanté, un bon programme, une liste ouverte et cohérente, des militants présents sur le terrain – si Ollier a pu triompher dès le premier tour, c’est que dans la pratique, le fonctionnement de la section a connu des ratés que je trouve, personnellement, indigestes. C’est bien là que je prends, à nouveau, le temps de m’excuser, ami lecteur, en tant que partie intégrante de cette débâcle.

  Rueil-Malmaison est la ville la plus étendue du 92. Les connaisseurs ne me contrediront pas sur ce point. C’est une agglomération variée, en termes de population, bien que très bourgeoise dans l’esprit – ce n’est nullement méprisant ceci dit, c’est une réalité qui a été sciemment forgée par la droite au pouvoir depuis… toujours. Il suffit, hélas, de construire des immeubles de standing pour s’assurer d’une majorité…

  Des quartiers « populaires », Rueil en dispose toutefois. Mais, ainsi que j’ai pu l’écrire précédemment, motiver les « gens » pour venir voter, en particulier les jeunes, est une rude affaire.     

  D’après ce contexte très difficile, on pourrait penser que notre section aurait du mettre les bouchées doubles ; Mais non, bien que les militants aient été sans failles, c’est bien au niveau de l’organisation que la campagne a péché. Et qu’on ne vienne pas me soutenir le contraire ! C’est à moi, petit militant à peine 47e sur 49 colistiers, qu’on a demandé de concevoir le tract d’invitation pour les cantonales / municipales, moins de dix jours avant sa tenue, et de donner les coordonnées d’un bon imprimeur de ma connaissance ! Je l’ai fait dans l’heure, tandis que d’autres, qui allaient être élus, eux, n’ont été capables que de sortir un titre en Arial sous Word avec la date ! Et le tract, transmis immédiatement après, a encore pris du retard avant d’être envoyé… Résultat : il n’a été livré que DEUX PUTAINS DE JOURS avant la tenue du meeting, et tiré à seulement 5000 exemplaires (j’avais insisté pour 10 000, ça n’aurait coûté que 60 Euros de plus) – à moitié distribué donc… ma mise en page a été massacrée (je ne sais pas à quel niveau cela est arrivé), et ce foutu tract ne contenait même pas l’adresse de la salle de meeting ! Je l’ai néanmoins, comme d’autres, distribué comme j’ai pu dans les boîtes aux lettres et sous les portes des magasins, mais franchement, je n’y croyais plus. La presse n’a même pas été prévenue…

  Au final, la réunion s’est bien passée, mais sur une ville de 80 000 habitants, réunir moins de 100 personnes, ça me reste tout de même en travers de la gorge. De même que le porte-à-porte débuté à peine quinze jours avant l’élection. Ou qu’un blog municipal qui compte trois articles en tout et pour tout, sans commentaires (j’avais proposé, personnellement, de tirer des stickers pour faire de la pub, et de les placarder dans tout Rueil… encore une suggestion passée à la trappe…). Des quartiers ont été complètement zappés; une bonne idée lancée consistant à improviser des meetings « sauvages », à l’aide d’un micro et d’un ampli portable, n’a pas été mise en place.

  Alors voilà, ami lecteur, en particulier si tu es rueillois ; Ton serviteur se battra toujours pour faire progresser la gauche ici, mais ce sera loin d’être facile. D’ailleurs, des tensions viennent de naître au sein de notre section, par rapport à nos alliés, qui prennent mal le changement d’ambiance, maintenant que certains ont des postes, et d’autres… non.

Baisse des coûts, hausse des prix

  Les prix continuent de flamber, en France… La situation est bien entendu variable, mais on ne peut plus désormais la minimiser. Depuis presque un an, voire même depuis l’introduction de l’Euro, qui a engendré nombre de magouilles dans les centrales de distribution, le pouvoir d’achat des citoyens est grignoté par l’avidité du commerce de masse.

  Avant de donner les dernières estimations se rapportant à l’ampleur de cette catastrophe (je pèse mes mots), il faut noter quelques points importants pour sa pleine compréhension.

  D’abord, contrairement à ce que l’on pourrait en penser immédiatement, la plupart des hypermarchés ne sont pas tellement rentables. Ou hautement bénéficiaires, disons. Malgré des marges frôlant parfois les 10 (sur les fruits et légumes par exemple), il faut prendre en compte que l’entretien et l’achat des immenses espaces de vente grève les bénéfices, précisément, des « grandes surfaces ». Ceci étant répercuté sur les salaires (généralement bas), et les horaires des employés, qui sont appelés et renvoyés chez eux afin d’économiser au maximum sur leurs paies.

  Deuxièmement, face à cette montée des prix, comme rapporté précédemment, l’UMP a trouvé l’idée-miracle : la réforme dite des « marges arrières ». Pour résumer, elle permet aux centrales de distribution de rémunérer encore moins cher leurs fournisseurs. Ce qui est évidemment très préjudiciable à ces derniers, qui sont déjà payés avec un délai variant de 30 à 90 jours, déboursent de leur poche pour être exposés en rayonnage, et doivent reprendre leurs invendus. Tout cela, sous la menace d’être « déréférencés », en gros exclus de tout le système commercial de la grande distribution, les enseignes s’entendant entre elles sur leurs « listes noires », tout comme elles le font (secret de Polichinelle) sur les prix. Et vive la concurrence !

  Donc, on voit que cette fameuse réforme, qui a permis aux supermarchés et aux hypermarchés d’accroître leurs marges, n’a pas eu de conséquence véritable sur les prix au consommateur. Pour une plantade, c’est une belle plantade ! Alors ? Que demande la gauche, de son côté ? Se contente-t-elle de s’agiter pour récupérer l’exaspération populaire ? Perdu, tout comme certains élus de l’UMP, elle demande entre autres une TVA ramenée à 2% sur les articles de première nécessité (alimentation basique, par exemple), le rétablissement du contrôle des prix (supprimé en 1986) ou, au moins, la négociation d’un « pacte de stabilité global des prix » mis à jour tous les six mois et contrôlé étroitement par la DGCCRF, ainsi qu’un contrôle préventif sur la formation des prix, qui s’assurerait que les marges pratiquées ne sont pas abusives.

  C’est loin d’être con, c’est tout-à-fait applicable, et l’UMP se contente de tourner la tête en se bouchant bien fort les oreilles. Et tant pis pour le peuple… Alors ? N’est-il pas beau, le « Président du pouvoir d’achat » ?

  Et maintenant, voici un petit palmarès des dernières hausses, entre novembre 2007 et janvier 2008…

  Yaourts/Produits laitiers : +40%

  Pâtes : +45%

  Jambons (pas tous, mais une bonne part) : +44%

 

  Plus généralement…

  Les loyers ont augmenté de 28,8% en moins de 6 ans, les charges de 44% en dix ans

  L’achat dans l’ancien a pris +92% en sept ans

  Sur les carburants, en 2007 le super sans plomb a progressé de 14,10%, le gazole de 19,20% et le fioul domestique de  34,70% (rappelons que c’est l’UMP qui a viré la TIPP…).

La mort

  Un billet pour saluer la mémoire d’Isaias Carrasco, ancien élu socialiste tombé sous les balles de l’ETA il y a quelques jours. Que dire ? L’assassinat, en politique, est sans doute ce qu’on fait de pire. Il nie la justice, la démocratie, la représentativité; Face à la mort violente, il n’existe plus que des moyens de protection. Les idées laissent ainsi place à des gilets pare-balles, les programmes à des déploiements policiers. Ce meurtre n’a toutefois pas détruit la confiance des espagnols envers Zapatero, il l’a peut-être même renforcé.

  Isaias Carrasco a été abattu, devant sa famille, sur le pas de sa maison, par des types tout juste assez courageux pour tirer sur un homme qui ne se déplaçait jamais avec des gardes du corps, et pour s’enfuir très vite en voiture. Pourquoi ? L’ETA rappelle au peuple espagnol son existence. Peu importe les gouvernements qui se sont succédés, les actes de terrorisme de cette organisation n’ont jamais vraiment cessé; Malgré les négociations historiques engagées par le pouvoir de Zapatero avec l’ETA, comme avec les catalans, ces tractations qui ont valu aux socialistes une impopularité auprès des électeurs (plus sensibles à la répression systématique, tellement plus « virile »), malgré des efforts de diplomatie donc, les balles continuent à fuser.

  L’ETA affirme lutter contre « l’oppression » espagnole. C’est sûr, dit comme ça… Quelque chose me dit que, comme de nombreux terroristes, ceux-ci ne déposeront jamais les armes; Car ils y perdraient quelque chose auquel ils ont pris goût, plus que le sang : le pouvoir.

  Le problème avec la guerre, c’est qu’elle engendre des seigneurs de guerre; des chefs qui ne veulent plus redevenir de simples citoyens. L’harmonie, c’est beau, mais c’est tellement moins glorieux…

  Paix pour Isaias. Paix pour sa famille. Paix pour l’Espagne.

Le Tibet secoue ses chaînes

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  Des nouvelles du Tibet, depuis le dernier post consacré au sujet sur ce site. Cette fois, je fais passer la nouvelle sans une once d’humour… Sans larme à l’oeil également, car ces problèmes sont complexes, mais bon, on parle quand même, là, de morts, d’incendies, de tortures et de menaces planant sur toute une population.

 

PEKIN (Reuters) – Les autorités chinoises, qui avancent un bilan de dix morts au Tibet, ont lancé un ultimatum aux émeutiers et la télévision chinoise a montré pour la première fois des scènes d’émeutes à Lhassa.

L’agence Chine nouvelle a rapporté que dix « civils innocents » avaient péri brûlés dans les incendies qui ont accompagné les affrontements survenus vendredi dans la capitale de la région autonome du Tibet. L’information n’a pas pu être vérifiée sur place et, de source proche du gouvernement en exil tibétain, établi en Inde, on estime que ce bilan officiel masque une partie de la vérité.

Selon cette même source, au moins cinq manifestants tibétains ont été tués par balles par l’armée, et des organisations soutenant l’indépendance tibétaine parlent d’un grand nombre d’autres morts.

Les autorités ont annoncé que les personnes ayant pris part aux émeutes à Lhassa pourraient bénéficier de leur « clémence » s’ils se rendaient d’ici lundi minuit. Les autorités tibétaines de la sécurité ont publié un message accusant les émeutiers d’avoir incendié des écoles, des hôpitaux, des magasins et des maisons.

« Les criminels qui ne se rendront pas d’ici l’échéance seront sévèrement punis, conformément à la loi », a déclaré le gouvernement du Tibet sur son site internet, ajoutant que ceux qui « hébergent ou cachent » de tels criminels s’exposent eux aussi à de lourdes sanctions.

Les autorités de Lhassa offrent récompenses et protection à ceux qui donneront des informations sur les agitateurs.

A Pékin, des Chinois et des expatriés ont signalé que l’accès à certains sites internet était bloqué.

En revanche, une série d’interventions ont fleuri sur les blogs après la confirmation de morts à Lhassa et après que l’acteur Richard Gere, bouddhiste et militant de la cause tibétaine, eut apporté son soutien à l’idée d’un boycottage des Jeux olympiques de Pékin cet été.

« Les Occidentaux croient tout savoir de la Chine et nous disent que ceci ou cela est mauvais », écrit un blogueur en dressant la liste des raisons historiques justifiant, à ses yeux, l’incorporation du Tibet à la Chine.

Les images diffusées par la télévision officielle chinoise, CCTV, donnent à penser que les autorités préparent une campagne publique de condamnation des émeutes, et une vague de répression.

Une touriste danoise, Bente Walle, a déclaré que Lhassa était samedi une ville-fantôme. « Aujourd’hui, Lhassa est totalement fermée et il y a des militaires chinois partout », a-t-elle déclaré, en ajoutant que beaucoup d’habitants attachaient à leurs portes une écharpe de prière blanche. « Les Tibétains les mettent sur leur porte pour dire à tous: ici, il y a un Tibétain ».

Lire la suite de ‘Le Tibet secoue ses chaînes’ »

Municipales : Abstention et révolte

  C’est confirmé : Sarkozy se contrefout de ces élections municipales, tel un gamin qui fait semblant de ne plus avoir envie de ce qu’on lui refuse. Déjà friand de « Je continuerais mes réformes de toute manière, nananananère » placardés en gros dans « Le Figaro » (tout un symbole), à peine modérés par des « Je tiendrai naturellement compte des résultats du scrutin », le voici qui fait à présent passer le mot : Vu le taux d’abstention lors de ces élections, ce n’est pas vraiment un revers pour sa majorité.

  Le pire, c’est qu’on ne peut lui donner totalement tort, car ces 40-45% d’électeurs qui ne se prononcent pas, en moyenne sur toute la France, brouillent les cartes du jeu électoral. Il convient toutefois (sans volonté exhaustive évidemment) de s’intéresser à leurs motivations, afin d’approcher au mieux la réalité de ce phénomène. Convenons cependant que ce post n’analyse pas les données les plus logiques de ce rendez-vous démocratique, à savoir qu’il s’agit à la base de désigner une équipe municipale, et des conseillers généraux…

  Commençons par le plus prosaïque : Le premier tour s’est tenu durant les vacances scolaires, par un jour relativement mauvais. Cela peut sembler futile, mais mon expérience des bureaux de vote m’indique précisément le contraire. Bon. Passons à des considérations plus politiques… La gauche a essayé de donner un cachet national à ce scrutin, tandis que la droite a freiné des quatre fers, sur ce sujet. Le problème, c’est que, s’il existe bien une désillusion envers la politique sarkozienne, aujourd’hui, en France, elle ne s’est pas forcément changée en vote de ralliement aux idées de la gauche. Penser que les électeurs fonctionnent comme un interrupteur, est une énorme erreur : c’est omettre le gigantisme de la psychologie humaine, en particulier tout son rayon consacré à la « fierté ».

  Ceci peut donc permettre de comprendre que de nombreuses personnes, ayant voté à droite en 2007, n’ont pas réitéré l’expérience… mais n’ont pas non plus retourné leur veste. Elles sont restées chez elles.

  Toutefois, cette forme d’abstention n’a pas touché que les électeurs de droite, loin s’en faut ! Si, très schématiquement, une part de la population électorale traditionnelle de la droite (les personnes âgées) n’a pas souhaité donner son approbation à la politique actuelle du gouvernement, une part de la population traditionnelle de l’électorat de gauche (les jeunes), ne s’est pas non plus déplacée. Pourquoi ? Déjà peu sensible à la politique locale (allez compter les têtes non chenues dans les conseils municipaux si vous ne me croyez pas), et peu informée des tenants et des aboutissants en rapport avec les collectivités territoriales – par exemple, des prérogatives liées aux conseillers généraux – la « jeunesse »,  qui s’était massivement investie lors des élections de 2007, garde encore une dent contre la gauche. Le pire, c’est que cela n’a pas forcément quelque chose à voir avec sa façon de tenir son rôle dans l’opposition… On en revient à la psychologie humaine : la déception de la défaite se change en rancœur ; En bref, de nombreux jeunes nous l’ont dit : « On a donné une fois, on n’y reviendra plus ». La crainte de la honte de la défaite se transformant ainsi en un mélange de désintérêt et d’hostilité.

  On voit, à travers cet essai d’explication, que cette fameuse abstention n’est pas nécessairement un appui, même modéré, à la politique de l’UMP. En revanche, elle traduit, de manière certes non-constructive, un trouble et une confusion qui peuvent se changer, le temps et les évènements futurs aidant, en une véritable révolte…

Municipales : L’ami de mon ami est mon ennemi

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  Il n’aura échappé à personne que, à l’issue du premier tour de scrutin de ces municipales (comme lors des présidentielles/législatives d’ailleurs), le MoDem de Bayrou est particulièrement courtisé. En fait, telle une pièce de monnaie tombée sur la tranche, les spectateurs se demandent si, en soufflant un peu dessus, on peut la faire se coucher sur pile… ou sur face. Suspens, donc. C’est pourtant une très sérieuse affaire, puisque les quelques pourcents de centristes peuvent bel et bien (nouvelle métaphore) faire pencher la balance électorale… Pour ma part, je considère que c’est une vision très simpliste de l’échiquier politique.

  Pourquoi ? Parce que les électeurs du MoDem ne sont pas de petits robots. C’est justement là l’une des forces fondatrices de ce « Mouvement Démocratique » : ses partisans ne veulent pas être incorporés, d’office, à l’un des deux gros ténors de la politique française. Un peu comme, dans une autre dimension, les frontistes. Pourtant, si les votants du FN finissaient majoritairement par pencher à droite (même malgré la volonté de Le Pen en 2007), la base du MoDem penche assez clairement à gauche – consignes de Bayrou en 2007 à l’appui. MAIS rien ne dit que ces électeurs ne vont pas, tout simplement, s’abstenir en masse… il est donc impossible de prédire le rôle de ce parti dans la politique française, de manière schématique, à court comme à long terme.

  Mieux vaut donc s’intéresser à la partie émergée de l’iceberg, à savoir les figures de proue du MoDem. On connait assez bien le ton équivoque de Bayrou, c’est dit, qui tantôt critique Sarkozy, et tantôt soutient Juppé (ex-N°2 de son gouvernement). Marielle de Sarnez, elle, se rapprochant assez visiblement de Delanoë à Paris… ce qui permet de distinguer une trame générale ; le MoDem ayant tendance, de ce fait, à s’allier d’office avec ceux qui sont en mesure de l’emporter… Les municipales lui fournissant ainsi un tremplin vers des places de conseillers municipaux. Malin, non ? D’autres thèses peuvent être émises : le centrisme de Bayrou s’arrêtant à la gauche. Déjà relativement hostile aux idées de la LCR et de LO, Bayrou marque cette fois, ainsi que l’on pourra le lire dans l’article suivant, son refus d’alliances avec le PCF (pourtant assez proche, de facto, de la ligne PS). On imagine néanmoins que ce « centrisme exclusif » concerne tout aussi bien l’extrême-droite ; Quoiqu’il en soit, c’est instructif sur la ligne « officielle » du MoDem, qui ne demande d’ailleurs qu’à s’éclaircir…

(Article du Monde)

En prônant le dépassement des clivages gauche-droite, François Bayrou ne s’attendait sans doute pas à ce qu’une des têtes de liste du MoDem pousse l’ouverture jusqu’au Parti communiste français (PCF). C’est pourtant ce qui s’est passé à Aubagne (Bouches-du-Rhônes), mardi 11 mars, avec la fusion entre la liste MoDem et celle du maire sortant PCF. Le président du MoDem est donc monté au créneau, mercredi, pour désavouer publiquement cet accord, précisant qu’il ne donnerait « pas d’investiture à Aubagne ». « C’est la seule alliance que je n’accepte pas », a-t-il déclaré sur RTL.

« Nous considérons qu’il faut avoir un minimum de patrimoine de repères communs, le parti communiste pour l’instant n’entre pas dans ce patrimoine », a-t-il expliqué. Interrogé sur la présence de candidat du MoDem à côté de candidats communistes sur la liste de Martine Aubry à Lille, par exemple, M. Bayrou a précisé sa pensée : « Il faut que la tête de liste appartienne au courant démocratique républicain français », qui va « du PS jusqu’à l’UMP ».

ALLIANCE INÉDITE

La veille, Jean-Marie Orihuel, candidat du MoDem à Aubagne, avait fusionné sa liste avec celle du maire sortant, Daniel Fontaine (PCF), s’assurant ainsi d’un poste d’adjoint au maire en cas de victoire. Conscient de l’audace de sa démarche, il avait ajouté, à toutes fins utiles, qu’il ne considérait pas M. Fontaine comme un élu communiste car il se présente « sans étiquette » aux municipales. Au premier tour, la liste Fontaine a obtenu 47,51 % des voix, contre 36,38 % à l’UMP et 8,04 % au MoDem, le FN recueillant 8,07 %. Malgré son score confortable du premier tour, le maire sortant pouvait craindre qu’un report massif des voix du centre et de l’extrême droite sur la liste UMP l’écarte de la course à l’hôtel de ville. 

Eau et feu – les marins français trahis

  Un post bref mais néanmoins important, afin de rapporter l’évolution des promesses de Sarkozy aux marins-pêcheurs, datant d’à peine plus d’un mois. Souvenez-vous, ce déplacement avait été marqué par la fameuse altercation « Descends me dire ça en face ! », après que notre Président ait été insulté de… mmm… sodomite passif (on va dire ça comme ça lol).

  Bon, moins drôle, le sort de ces fameux marins, après que Sarkozy leur ait promis de tout mettre en place pour faire baisser le prix du carburant de leurs bateaux, devenu tellement cher que leurs sorties en mer ne sont plus rentables. Voilà… de la bouche même de ces marins, rien n’a eu lieu depuis, et la colère gronde. Méchamment. Loin de moi l’idée de pousser à la révolte, mais on peut comprendre le ressentiment d’une corporation (l’univers maritime étant tout de même assez spécifique, culturellement parlant s’entend), lorsqu’elle constate qu’on s’est assez clairement foutu de sa gueule.

  Pas grand-chose d’autre à relater ici, si ce n’est qu’effectivement, je ne sais quelle mystérieuse force pousse Sarkozy à aligner des promesses qu’il ne se donne même pas la peine de tenir, face à des situations de crise. Il est pourtant évident que ces faux espoirs font empirer les rapports entre l’Etat et les castes protestataires… Aucune idée non plus, qui puisse m’éclairer sur la raison pour laquelle l’UMP n’a pas, dans les faits, appliqué son idée qui était loin d’être mauvaise – subventionner, en gros, une part des dépenses de carburant afin de sauver la pêche française.

  Sérieusement, c’est à croire qu’ils le font exprès, ou qu’ils sont dotés de la mémoire résiduelle d’un poisson rouge…

Bjork déclenche un début d’insurrection au Tibet

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[EDIt : Suite aux récents évènements, je précise que, même si cette intervention de l'artiste  a peut-être contribué à mettre le feu aux poudres, c'est plus sûrement une manifestation-anniversaire de la révolte de 1959 qui est à l'origine de ce soulèvement populaire]

  Bon, c’est hypothétique et ce n’est peut-être que la goutte qui a fait déborder le vase, mais il faut tout de même rapporter qu’il y a quelques jours, l’artiste s’est produite en Chine, et a achevé son concert par un tonitruant « Tibet ! Tibet ! Tibet ! »

  A peine quelques dizaines d’heures après, un mouvement populaire (et assez violent, plusieurs incendies notamment) a frémir l’ancien petit Etat bouddhiste… On y verra peut-être une coïncidence, mais c’est pour ma part un sacré morceau de bravoure à mettre au crédit de la chanteuse. Aux dernières nouvelles, la rébellion a été hélas matée (je pense que, effectivement, la Chine n’a pas du tout le beau rôle dans cette annexion, malgré la version officielle qui accuse l’ancien régime d’avoir été corrompu et despotique), sans blessés ni morts, toujours d’après les médias officiels. Qu’adviendra-t-il, à l’avenir, du Tibet ? En tout cas, cette réaction montre que ses habitants, ainsi que ses bonzes (décidément formés aux luttes d’indépendances, cf. la Birmanie, elle aussi reliée à la Chine d’ailleurs) ne sont pas « totalement satisfaits » de la situation actuelle…

PEKIN (AFP) – Des violences et des incendies volontaires, qui ont fait des blessés selon l’agence officielle chinoise, ont éclaté vendredi dans le coeur historique de Lhassa, la capitale du Tibet, sous tension depuis le début de la semaine.

Depuis lundi, des moines bouddhistes manifestent au Tibet et dans les régions avoisinantes, où vivent des minorités tibétaines, à l’occasion du 49e anniversaire du soulèvement de Lhassa qui avait abouti à l’exil du dalaï lama.

Des incendies ont été allumés vendredi dans la vieille ville, notamment sur le marché du Barkhor, qui entoure le célèbre monastère du Jokhang, un site très touristique.

« Il y a plusieurs foyers dans la rue du Barkhor, nous sommes actuellement sur place », a déclaré à l’AFP un pompier de Lhassa, joint par téléphone.

L’agence officielle Chine Nouvelle a confirmé que des incendies volontaires avaient été provoqués par des violences vendredi à Lhassa, faisant des blessés.

Selon des témoins, plusieurs boutiques étaient en feu, a indiqué l’agence qui a fait pour la première fois état de troubles dans la capitale tibétaine.

« Une voiture de police a été incendiée près du monastère de Ramoche et nous avons appris que les mouvements de population avaient été restreints par les autorités », a déclaré de son côté Kate Saunders, une responsable de l’organisation basée à Londres.

Des touristes étrangers, contactés au téléphone par l’AFP, ont décrit une ville bouclée par les militaires et les forces de l’ordre.

« Il y a beaucoup de soldats et de policiers dans le centre de Lhassa, on nous a dit de rester à l’hôtel, on peut rien faire. Ils nous ont demandé de rester à l’hôtel, car il y avait des problèmes dans le centre », a témoigné un touriste allemand.

Tous les restaurants et les bars ont été fermés, a-t-il ajouté.

Un touriste français a indiqué avoir vu une manifestation sur une grande place proche du Jokhang à la mi-journée.

« On était sur la place vers 13H00 (05H00 GMT), on voyait des drapeaux blancs de manifestants dans la foule, quand les policiers sont arrivés en force et ont fait évacuer », a-t-il raconté.

« Le guide a eu peur et nous a demandé de quitter les lieux quand on a vu arriver les camions de policiers », a-t-il poursuivi, expliquant que c’était la « panique ».

« Nous avons couru avec tout le monde, avec tous les marchands de la place qui fermaient », a expliqué ce touriste.

Le touriste français a également expliqué que tous les monastères étaient fermés depuis trois jours.

« Notre guide nous a prévenus qu’on ne pouvait pas les visiter », a-t-il dit.

Une manifestation a également eu lieu vendredi dans une région avoisinante, où vit une minorité tibétaine, dans la ville de Xiahe (nord-ouest de la Chine), siège du plus grand monastère du bouddhisme tibétain en dehors du Tibet.

Environ 200 personnes emmenées par des moines bouddhistes ont protesté dans cette ville de la province du Gansu, a constaté un photographe de l’AFP.

Les manifestants, dont certains brandissaient des drapeaux tibétains, ont été bloqués par les forces de l’ordre devant le bureau de la sécurité publique de la ville, située dans la province du Gansu, selon la même source.

Une centaine de policiers anti-émeutes ont ensuite réussi à disperser la manifestation et à repousser les moines vers leur monastère, sans faire usage de la violence.

Ces incidents interviennent à la veille d’un important rendez-vous politique à Pékin, où le Parlement doit confirmer un nouveau mandat de président pour Hu Jintao. Ce dernier était à la tête du Tibet en 1989, lors des précédentes grandes manifestations.

Jeudi, Pékin a accusé le Dalaï Lama, le leader spirituel des Tibétains, d’organiser ces manifestations.

Du grand, du gros, du lourd (et du super-flou)

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  Voilà, le grand projet sarkozien de « l’Union Méditerrannéenne », renommé « Union pour la Méditerrannée », est sur les rails. Cet article retranscrit détaille certains de ses prémisses; Mais soyons lucides, en-dehors d’un grand raout et de belles paroles, pour l’instant, il n’émane pas grand-chose de concret de ce titanesque objectif que représente un accord harmonisé de développement entre tout un tas de pays très différents, s’échelonnant entre de véritables démocraties et de non moins véritables despotismes. Néanmoins, ami lecteur, je ne pense pas qu’on puisse imputer le probable échec de cette entreprise, du moins dans son ambition initiale, à notre Président. Pourquoi ? Parce que personne n’aime se prendre une aussi monumentale claque politique. Il se peut également que ce projet accouche d’une véritable Révolution dans le bassin méditerranéen, mais bon, je (moi, pauvre petite fourmi que je suis) n’y crois pas des masses, et pense que c’est à un bon mélange de maladresse et de démesure que Sarkozy s’expose, avec son « Union pour la Méditerrannée »… Wait and see…

  BRUXELLES (AFP) – Les dirigeants européens réunis en sommet ont approuvé jeudi soir le projet d’Union pour la Méditerranée promu par la France, qui vise à renforcer la coopération entre l’UE et les pays de la rive sud, du Maroc à la Turquie.

« Le projet a obtenu un vaste soutien du Conseil » des chefs d’Etat et de gouvernement des 27, réuni jusqu’à vendredi à Bruxelles, a indiqué le Premier ministre slovène Janez Jansa, dont le pays préside l’Union européenne.

« Il s’agit maintenant d’y travailler dans les différences instances, il s’agit de faire le nécessaire pour que ce projet voit le jour », a-t-il ajouté.

Pour vaincre les réticences de plusieurs pays, en particulier de l’Allemagne, la France avait dû toutefois au préalable revoir nettement en baisse ses ambitions pour ce projet. Au final il consistera essentiellement à insuffler un nouvel élan au processus dit de Barcelone, lancé en 1995 et qui a donné peu de résultats.

Paris a accepté que tous les pays de l’UE, et pas seulement les riverains de la Méditerranée comme la France l’envisageait au départ, soient pleinement associés à l’initiative.

« Demain matin, sera prise formellement la décision de transformer le processus de Barcelone en Union pour la Méditerranée, la décision a été prise ce soir à l’unanimité », a précisé pour sa part le chef de l’Etat français Nicolas Sarkozy devant la presse, à l’issue d’un dîner de travail avec ses homologues européens.

« Il ne s’agit pas de l’enterrer (le processus de Barcelone, ndlr), de repartir à zéro, il s’agit de le mettre à jour », a nuancé M. Jansa. « Les temps ont changé, il faut s’adapter », a-t-il précisé.

Le processus de Barcelone visait à créer un véritable partenariat euro-méditerranéen, mais il a été handicapé depuis sa naissance par l’opposition entre Israël et les pays arabes. Une dizaine de pays méditerranéens sont impliqués dans ce programme: Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Territoires palestiniens, Syrie, Tunisie et Turquie, rejoints depuis 2007 par la Mauritanie. La Libye a un statut d’observateur.

M. Jansa a toutefois relativisé l’ambition politique de l’Union pour la Méditerranée. « Les nouvelles idées que contient le projet ne visent pas à trouver une solution aux problèmes du Proche-Orient ou aux problèmes entre Israéliens et Palestiniens. Il y a d’autres instruments » pour cela, a-t-il dit.

L’idée désormais est de se concentrer sur une série de projets concrets, notamment dans le secteur de l’environnement.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a insisté sur le fait que « tous les Etats membres vont participer » à l’Union pour la Méditerranée, dont les propositions concrètes devront être lancées « dès que possible ».

L’Union doit être officiellement lancée le 13 juillet lors d’un sommet rassemblant tous les Etats de l’UE et les pays riverains du sud. Il sera organisé durant la présidence française de l’Union européenne.

Outre la définition précise des projets de l’Union, se posera une autre difficulté: la question sensible de l’utilisation de fonds européens, qui nécessite l’unanimité des 27.

Glauque

WICHITA, Kansas – Certains y verront de la détermination, d’autre un petit dérangement. La police de Ness City, dans le sud du Kansas, a récemment découvert une femme qui était restée assise sur la cuvette de ses toilettes pendant… deux ans. Pendant tout ce temps, la femme a apparemment refusé de sortir de la salle de bains et ne semble pas avoir bougé de sa position, à tel point que ses chairs avaient pris sur le siège, et qu’elle y était littéralement collée.

C’est le compagnon de la femme, âgée de 35 ans, qui a appelé la police le 27 février, expliquant simplement qu’il y avait « un problème avec (sa) femme », selon Bryan Whipple, shérif du comté de Ness. Une fois les policiers arrivés sur les lieux, la femme a d’abord refusé l’aide des services d’urgence, avant de se laisser convaincre d’aller à l’hôpital.

« Nous avons arraché le siège des toilettes avec une barre de fer, et le siège est venu avec elle à l’hôpital », a expliqué le shérif. « C’est l’hôpital qui l’a enlevé ».

« Elle n’était pas collée. Elle n’était pas attachée. Elle était juste physiquement coincée par son corps », a précisé Bryan Whipple. « C’est difficile à imaginer (…) J’ai toujours du mal à l’imaginer ».

L’homme, âgé de 36 ans, a expliqué aux inspecteurs qu’il apportait tous les jours à boire et à manger à sa femme, et qu’il lui demandait quotidiennement de sortir de la salle de bains. « Et elle répondait à chaque fois ‘peut-être demain’ », a expliqué le shérif Whipple. « D’après lui, elle ne voulait pas quitter la salle de bains ».

La police a découvert la femme assise sur les toilettes, son pantalon a demi-baissé. Elle « paraissait désorientée » et ses jambes étaient atrophiées, selon Bryan Whipple. « Elle disait qu’elle n’avait pas besoin d’aide, qu’elle se sentait bien et qu’elle ne voulait pas partir ». Elle a fini par accepter d’être conduite à l’hôpital de Wichita, à plus de 250km de là. Les autorités ne savent pas encore si elle souffre d’un handicap mental ou physique.

Les enquêteurs devaient présenter leur rapport mercredi au procureur du comté, qui décidera ensuite de poursuivre ou pas le compagnon de la femme.

L’identité du couple n’a pas été révélée, mais la maison où les policiers ont été appelés est répertoriée au nom de Kory McFarren. James Ellis, un voisin, a affirmé connaître la femme depuis son enfance, mais ne pas l’avoir vue depuis au moins six ans.

Elle a apparemment eu une enfance difficile après le décès de sa mère alors qu’elle était encore jeune, et semble avoir été enfermée à l’intérieur de la maison familiale pendant son enfance. « Cela ne me surprend vraiment pas », a-t-il déclaré à propos de l’histoire. « Ce qui me surprend, c’est que personne n’ait été appelé plus tôt ».

Les aliens sont de grands farceurs (en anglais)

OTTAWA (Reuters) – At least 33 pilots in Canada, including some flying large commercial airliners, have complained about being flashed in the eyes by bright lights that could be lasers, officials said on Thursday.

Canada’s transport ministry said it is probing the complaints, which started in 2005, and had handed most of them over to the police.

« All we know is that a bright light was shone into the cockpit. We don’t know if it is in fact a laser and that’s why when these reports happen, an investigation is started, » said ministry spokeswoman Kirsten Goodnough.

« It is a serious concern because anything that distracts the pilot and affects the safe operation of the aircraft is a problem for us, » she said.

None of the pilots involved had suffered any eye damage, she added.

(Reporting by David Ljunggren; Editing by Peter Galloway)

Les lobbys pétroliers face à la Justice

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  Ami lecteur, c’est, sans mauvais jeu de mots, un sombre processus qui s’ouvre actuellement, avec l’appel de Total face aux indemnités versées à la suite de la catastrophe écologique de l’Erika. Après quasiment une décennie de bataille judiciaire, le groupe condamné, sans vouloir se soustraire à la facture présentée (192 millions d’euros, à mettre en parallèle avec le bénéfice record de 12,6 milliards rien que pour 2007), fait « valoir ses droits » auprès de la Cour Européenne de Justice.

  Julianne Kokott, avocate générale à la Cour de Justice des Communautés Européennes, qui doit se prononcer sur cette affaire, rend à cet effet un avis préliminaire pour le moins… ambigu. Le problème étant que celui-ci pourrait se transformer en une jurisprudence exemptant de futures indemnités les groupes pétroliers « responsables » (toute la question est là) de marées noires.

  Ainsi, d’un côté elle rappelle qu’à son sens, « le principe « pollueur-payeur » s’applique et « les coûts liés à l’élimination des déchets devraient (…) être mis à la charge des personnes qui sont à l’origine des déchets, qu’elles en soient détentrices ou anciennes détentrices ou encore productrices du produit générateur des déchets ».

  MAIS, remettant en question ce premier axiome, elle spécifie que « Cependant, il est également conforme au principe du pollueur-payeur d’exonérer de toute responsabilité les personnes qui n’ont pas causé de façon intentionnelle ou par négligence les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures », avant d’achever par un terrifiant : il est justifié d’imputer à la collectivité une contribution dans la chaîne de causalité des déchets d’hydrocarbures ».

  Le procès se tiendra donc en appel d’ici un an. S’il donne « raison » à Total, il est probable qu’en cas de future marée noire, les pétroliers ne pourront plus être tenus responsables du préjudice écologique car la catastrophen’aura pas été « intentionnelle ». On dit merci qui ?

Histoire de l’abolitionnisme français : L’abbé Grégoire

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  Pour faire suite à un précédent article, qui critiquait notre première Révolution, notamment par rapport à « L’abolition de l’Esclavage et de la Traite négrière », voici un très bon texte extrait du site « Noires Mémoires », qui détaille les premiers temps de ce grand combat humaniste. Evidemment, il faut prendre en compte qu’il y a toujours eu des révoltes d’esclaves, depuis le commencement de cette infâmie, notamment par la pratique de ce qu’on a appelé plus tard le « marronnage » – d’où le nom de « nègres marrons » – mais il est vrai que certaines figures « blanches » émergent de ce tourbillon abolitionniste, qui ne vaincra vraiment qu’en 1848, à l’occasion du « Printemps des Peuples ». L’Abbé Grégoire fait partie de ces enragés de l’Egalité, et lutta toute sa vie durant pour que la couleur de la peau ne soit plus l’excuse d’un commerce horrible. Son histoire mérite donc d’être connue – surtout en ces temps où le révisionnisme rôde…

  L’abbé Grégoire, chrétien et humaniste convaincu, a consacré une partie de sa vie à lutter pour l’Abolition de l’Esclavage et la dignité des Noirs.

Relayant leurs revendications égalitaires, il poussa la jeune République à adopter l’Abolition. Retour sur l’œuvre majeure d’un révolutionnaire « ami des Noirs » jusqu’à son dernier souffle.

Henri Grégoire naît en 1750, dans la commune de Vého en Lorraine, au cœur d’une famille d’artisans modestes. Après avoir étudié au collège des jésuites de Nancy, puis au Grand séminaire de Metz, il devient curé dans la paroisse d’Emberménil. Il se passionne pour le latin, le grec, le français, l’allemand, l’italien, l’anglais et l’hébreu et entreprend de nombreux voyages.
A la veille de la
Révolution française, il publie des essais dans lesquels il plaide pour la protection des juifs et l’égalité entre tous les hommes. Henri Grégoire est un chrétien fervent, nourrit d’idées humanistes.

« Les âmes ont-elles une couleur ? »
En 1789, aux premières heures de la
Révolution française, alors que les Parisiens s’emparent de la Bastille, prison symbole du despotisme, et que le petit peuple des campagnes met à bas les privilèges des aristocrates, Henri Grégoire s’engage dans la défense des pauvres et des opprimés. Il a 39 ans. Le jeune prêtre a fait ses classes dans le clergé Lorrain qui connaît son immense culture, ses idées libérales et son amour des hommes. On l’apprécie aussi pour ses ambitions révolutionnaires. C’est ainsi qu’il est élu député de l’ordre du clergé aux états généraux de 1789.
Dès son entrée en politique, il s’attaque aux planteurs esclavagistes de Saint-Domingue, hostiles aux mulâtres et aux Noirs. Il les interpelle en prononçant une phrase devenue célèbre : « Les âmes ont-elles une couleur ? ».

Dynamique révolutionnaire
La même année, le prêtre contribue à l’élaboration de la
Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen. Emporté dans la dynamique révolutionnaire, il demande à l’Assemblée d’autoriser les « mulâtres » à la représentation nationale. L’Assemblée accepte le 3 décembre 1789. Les métis peuvent désormais siéger à l’Assemblée et être élus.
L’année suivante, l’Assemblée, devenue la Constituante, vote la « 
Constitution civile du clergé« . Ce texte fait des évêques et des prêtres des fonctionnaires rémunérés par l’Etat et réorganise l’Eglise de France pour mieux la contrôler. Le Pape Pie VI condamne cette Constitution en bloc. L’abbé Grégoire, lui, la signe et la défend, illustrant ainsi son engagement aux cotés de la Révolution. L’homme de foi devient un homme politique à part entière et ne concède aucun de ses idéaux. Désormais, l’un de ses principaux combats sera la défense des Noirs.

La Société des Amis des Noirs
En 1788,
Jacques Pierre Brissot fonde la Société des Amis des Noirs qui plaide pour l’Abolition de la traite et de l’Esclavage. Au moment de sa création, l’abbé Grégoire en devient membre.
Deux ans plus tard, la Société compte 140 adhérents, dont certains noms prestigieux tels que Condorcet, Mirabeau, La Fayette, Sonthonax ou Clermont-Tonnerre. Si tous ces membres défendent l’abolition de l’Esclavage, la plupart le font avec la sincérité de l’idéal révolutionnaire tandis que d’autres, plus opportunistes, cherchent à convaincre de leur esprit libéral et par la même s’attirer les faveurs des factions les plus progressistes de la nouvelle organisation.
Malgré les arguments abolitionnistes de la Société, ses membres ne parviennent pas totalement à se départir d’une vision paternaliste et condescendante des Noirs. Pour le prêtre en tout cas, ce combat est motivé par une ardeur du devoir. A propos de l’Abolition, il n’hésite pas à affirmer : « C’est une cause dont je me suis fait l’avocat et que je n’abandonnerai jamais ».

Saint-Domingue est loin de la Révolution…
Alors que la France hexagonale vit une révolution unique dans son histoire, la France des colonies ne rencontre pas de changements aussi profonds. En droit, les gouverneurs des îles françaises bénéficient d’une certaine autonomie et dépendent aussi des décisions de la récente Assemblée. Dans les faits, ces territoires, dirigés par des colons propriétaires de grandes plantations, ne doivent leur prospérité qu’à la traite des Noirs déportés d’Afrique et à leur mise en esclavage. Cela signifie que les colons restent autorisés à faire à peu près ce qu’ils veulent.

Les grands propriétaires de Saint-Domingue, aujourd’hui dénommée Haïti, n’apprécient guère la Révolution qui prétend imposer son lot de réformes égalitaires. Mais tant que leurs intérêts sont protégés et que leur entreprise prospère, en d’autres termes que l’esclavage des Noirs, qui constituent une main d’œuvre gratuite, continue, ils restent passifs. Sur leurs plantations, ils gardent la haute main. Dans l’administration des colonies, ils conservent le pouvoir. La Révolution ne traverse pas encore les océans, imperméable à la Caraïbe et à l’Océan indien.

…mais les esclaves se révoltent
Pourtant, dans la partie française de Saint-Domingue, les esclaves s’insurgent. Ils s’organisent contre les colons au point que certains mènent de véritables séditions en s’emparant de terres au Nord de l’île. Les Noirs libres et les mulâtres entraînent ceux qui vivent encore asservis à prendre les armes. A leur tête, des hommes charismatiques mènent les troupes en révolte :
Toussaint Louverture, ancien esclave noir devenu libre et soldat de l’armée française, Jean-Jacques Dessalines, Henri Christophe ou Alexandre Petion.

Vers la citoyenneté
A Paris,
la Constituante ne sait comment réagir face à ces hommes épris de liberté, ni face aux planteurs qui ambitionnent de s’emparer des pleins pouvoirs pour mater eux-mêmes la rébellion.
Devenu président de la Société des Amis des Noirs en 1791, l’abbé Grégoire préconise de répondre au désordre en proclamant la citoyenneté pour tous les Noirs. Il sollicite donc l’Assemblée pour que les gens de couleur accèdent au statut de citoyen. On l’écoute. Beaucoup de députés pensent que la citoyenneté pour les esclaves permettra de calmer leur révolte.
En ce sens, un premier pas est franchit le 4 avril 1792 lorsque la Constituante accorde « la pleine égalité des droits à tous les hommes libres de couleur ». Légalement, seuls les esclaves affranchis et les métis deviennent citoyens de la République. L’Esclavage et la traite sont maintenus.

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Municipales : Charvieu-Chavagneux

  Un autre article du Canard, que je retranscris car, en plus de son caractère édifiant, il est très symbolique de la gestion droitière, en France…

  Ce sont de petites maisons banales, presque semblables, qui ont poussé à Charvieu-Chavagneux, une ville-dortoir de l’Isère. Dans un pavillon blanc, au fond d’une ruelle, les opposants au maire UMP sont devenus experts en immobilier, rapportant de leurs voyages à la conservation des hypothèques de Vienne des photocopies et des fiches en pagaille… La preuve des dons exceptionnels de leur édile pour la pierre… « Avec ça, les gens vont le comprendre et le sortir » [NDLR : Quelle naïveté... Les gens ne sont pas forcément choqués par la corruption, ils peuvent trouver ça "malin"], espère Chantal brëme, tête de liste de la gauche Alternatives 2008, en brandissant des documents avant une sortie guidée.

  Sa vieille bagnole cahote à travers des lotissements, presque tous construits par les mêmes promoteurs : « des amis du maire ! ». Élu depuis 1983, fervent soutien du très droitiste Charles Million, Gérard Dézempte s’est fait un nom dès 1989, déjà dans le bâtiment… Avec un malencontreux coup de pelleteuse municipale qui détruit la salle de prière des musulmans ! Un mauvais procès, dit-il, dont il est ressorti totalement blanchi. Un peu plus tard, il tente un référendum sur les quotas d’étrangers dans les HLMs [NDLR : Et à quand le port d'une étoile jaune ?] Annulé par le préfet. En novembre 2006, le voilà condamné à 3 ans d’inéligibilité pour discrimination raciale. Un pourvoi en cassation l’en rend présumé innocent, et lui permet de faire campagne aujourd’hui.

  Une campagne sans merci. « C’est un tyran qui menace quand on le contre », murmure un ancien ami. « Il m’a dit qu’il me détruirait… », rapporte une ancienne employée de mairie. ‘Il m’a prévenu de faire gaffe à mes gosses », renchérit un conseiller municipal communiste. Ambiance garantie ! Un élu socialiste a déménagé après avoir reçu des cercueils et des menaces; sa maison a été éclaboussée de tags. Et il y a eu ces tracts anonymes. Intitulés « Lettre d’Ali à Mohamed ». Ils ont inondé la ville il y a quelques temps : « Li frère de goche, y font bocou pour nous otres, y font des manifs pour dire qu’on est malheureux… » [NDLR : Pas raciste après ça, bien entendu...]

  Le maire est régulièrement réélu. Alors, Alternatives 2008 tente de le coincer sur ses talents immobiliers : « Savez-vous que Mr Dézempte a acquis 13000 m2 de terrains agricoles à 2 euros le mètre carré à Chavagneux entre 2004 et 2006 ? » Terrains rendus constructibles en janvier 2008 par le Conseil municipal. Terrains revendus par la suite à 160 Euros le mètre carré…

  Tout ça fait rire Dézempte : « Je ne réponds rien à ces âneries ! Oui, j’achète et je vends, quoi d’illégal ? Tous les recours de Mme Brême ont été rejetés ! Oui, j’ai un très bon ami promoteur ! Il n’y a rien de gênant là-dedans ! » En face, on continue à distribuer des trzacts : « Quand le maire aura tout vendu, Charvieu aura enfin son millionnaire ! » Et peut-être un nouveau maire ?

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