La culture française sacrifiée sur l’autel du marché

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  Aaaaah… il est loin, le Sarkozy qui, il y a moins d’un an, se gargarisait avec des citations de Victor Hugo, et promettait à tout-va des augmentations de budget et de financement pour la Culture et l’Enseignement ! Bilan : une privatisation  larvée des universités, des dizaines de milliers d’emplois dégagés à la pelle dans nos écoles… et pire encore en matière de Culture.

  Fillon l’a admis lui-même : « Nous avons décidé de geler toutes les dépenses publiques pendant cinq ans, pour une raison très simple c’est qu’on ne peut pas continuer à accroître le déficit et à endetter le pays ». C’est pas leur faute, donc, c’est la faute à la dette. Méchante dette, va ! Pendant ce temps, des artistes comme Johnny Hallyday continuent à se faire financer à hauteur de millions d’euros à travers une « Caisse d’aide pour les artistes prometteurs » (Je n’invente rien…).

  La langue de bois Elyséenne laisse échapper que la Culture devra donc être soumise à « des résultats ». C’est un appel net à des formes de pratiques artistiques « rentables »… Ainsi, ami lecteur, nous venons de rejoindre les Etats-Unis dans ce domaine (et encore, eux sont en train d’en revenir…). Bientôt, le « Théâtre » n’existera plus que sous la forme de grosses pièces bien classiques et bien chères, qu’on ira voir une fois par an, à Noël.

  J’exagère ? Je suis metteur en scène. C’est dit, je n’aime pas évoquer ma vie perso, mais j’ai quand même une certaine expérience dans ce domaine. Le Théâtre n’est pas rentable. Il ne l’est que très très très rarement, les frais engagés étant énormes – le moindre décor « pro » pouvant se chiffrer en centaines de milliers d’euros, sans compter les mois de répétitions, les frais de communication, la location de la salle… pour ne prendre que l’exemple du spectacle vivant, je l’écris clair et net : il ne survit qu’à travers ses subventions. Sarkozy vient donc, au moins à terme, de signer son arrêt de mort.

  Donc, on peut comprendre que les pros du métier soient dans la rue. On peut comprendre qu’ils se déguisent en ours pour signifier que leur espèce est « en voie de disparition »; Personnellement, je comprendrais même qu’ils en viennent à balancer des cocktails Molotov sur le Ministère qui les condamne, mais bon, autant rester dans l’humour et l’indignation… Au moins, dans un premier temps, cela informera le public.

  Et je témoigne de tout le reste, infos sérieuses à l’appui (de l’avantage d’avoir des contacts à l’intérieur des forteresses…) : Ce plan généralisé de massacre de la culture indépendante, au profit de la télévision (qui pompe déjà la majorité des intermittents du spectacle, histoire de ne pas avoir à les payer), de la Star Ac’ et de toutes ces merdes de droite que sont les chanteurs qui faisaient les beaux le soir de l’intrônisation du Tsar, ce plan n’est pas du tout une rigolade. Il est sciemment mis en place, et il va faire très mal !

  Concrètement, à travers des « obligations de résultat », c’est à un formatage sous couvert de « désendettement de l’Etat » que nous allons avoir droit, en France. Bien sûr que la plupart des gens s’en foutent ! Ils ne vont quasiment pas au théâtre, l’opéra n’en parlons pas, les ballets, ou même les livres (non, Dan Brown ça ne compte pas) sont étrangers à une bonne part de la population française. Comme le sont les Codes du Travail, Civil et Pénal, pour ne prendre qu’eux…

  Ô surprise, de même que la Santé, la Sécurité et l’Enseignement, la Justice doit d’ailleurs faire acte de rentabilité. L’exception culturelle, elle, vient de mourir. Alors ? Que restera-t-il bientôt de la France des Lumières, de ce pays dont la Culture rayonnait sur le monde entier, et dont les avancées sociales et humanistes laissaient rêveurs tant de peuples ?

-jrdf
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