Sarkozy au salon de l’agriculture

  Comme l’un de mes précédents billets a pu le laisser entrevoir, ami lecteur, je n’étais pas très enclin à discutailler sur le fameux « casse-toi , pauvre con » qui a entretenu, depuis quelques semaines, la flamme médiatique… Pourtant, c’est vraiment un sujetqui revient souvent dans les discussions politiques que j’ai pu avoir avec des citoyens, dernièrement. Alors, autant l’analyser…

  Pour faire bonne mesure, replaçons d’abord les évènements dans leur contexte. Si l’épiphénomène de l’insulte sarkozienne a pu prendre de l’importance, au moins sur le plan symbolique, il faut tout de même aborder le discours qui l’a précédé. Raffarin l’a défini comme « historique », et oui, en un sens il l’est, potentiellement. Cet ultime mot est capital. Sarkozy veut réformer la PAC, qui est, rappelons-le, une bonne grosse arnaque censée aidée les producteurs les plus fragiles, mais qui en fait, ne fait qu’engraisser d’énormes exploitants, des multinationales, bref des lobbys qui ont les moyens de se mettre en avant.

  Si notre Cheeeeer Président est capable de faire ça, à savoir rétablir la justice dans le traitement des agriculteurs, chapeau bas… Mais des paroles aux actes… Chirac « le rural » a déjà bien montré ce que la droite pouvait compter comme franchise. Néanmoins, pas de procès d’intention ! Jugeons sur pièce…

  Ce qui nous amène (Oscar de la meilleure transition, merci merci) au fameux geste d’énervement qui a choqué, quand même, pas mal de français. D’autres, c’est vrai, ne s’en sont pas émus, y voyant une certaine « virilité » contre laquelle il est malvenu de s’élever. Mais si de nombreux citoyens ont désapprouvé ce geste, ce n’est pas forcément dans un esprit partisan, ou inutilement pinailleur… N’est-il pas normal de scruter tous les faits et gestes du détenteur du pouvoir suprême ? N’est-il pas compréhensible que des « petites phrases » résonnent plus que des réformes compliquées à assimiler ? Surtout lorsqu’elles s’appliquent à « Monsieur-tout-le-monde » ?

  Poursuivons. Comme toute catastrophe, celle-ci est une combinaison d’éléments. Il y a d’abord le fait d’aller contre le droit et la volonté d’un citoyen. Quelqu’un ne veut pas vous serrer la main, à quoi cela rime-t-il de le forcer ? Ou de lui en vouloir ? C’est pourtant basique, en politique… Si Sarkozy a réagi, c’est donc, à mon avis, simplement par fierté. Par orgueil, plus précisément. Rien ne doit lui résister, pour être schématique. Ce n’est déjà pas très encourageant… Vient ensuite son ton. La vulgarité de son propos choque-t-elle ? Bizarrement, j’ai l’impression, au contraire, que ce n’est pas le « con » ou le « casse-toi » qui ont marqué les esprits, mais l’unique mot « non-ordurier » qu’il a employé… à savoir « pauvre ». Aurait-il dit « sale con » ou « gros con », on en aurait peut-être ri… mais là, plus difficilement. La pauvreté, sans tomber dans l’outrance, n’est plus si abstraite que ça en France. En employant cette insulte, au lieu d’une autre, Sarkozy a fait preuve d’un mépris, non tant par rapport à un « simple citoyen », que par rapport à un « ennemi de classe ». Le mot « pauvre » est sorti instinctivement… et a impacté indirectement une bonne part de la population.

  Ne nous étendons pas là-dessus. Il reste l’attitude, qui est importante dans une telle situation. Que voit-on sur la fameuse vidéo ? Pas seulement un Président agressif – malgré, c’est vrai, une réaction qui, bien que dépourvue d’insulte au sens strict, n’en reste pas moins désagréable, « tu me salis » –  mais surtout un homme qui peut insulter, tout en souriant, avant de continuer tranquillement sa tournée de serrage de pognes… Presque une caricature de la politique… Je vais me risquer à une comparaison ; cette vidéo m’a rappelé « La Cité de Dieu » ou « Scarface » ; le sourire, l’insulte, et l’angle de contre-plongée font penser à un gangster qui lance une insulte avant de flinguer quelqu’un. Je vais trop loin ? Peut-être, mais l’image est difficilement contrôlable. Sarkozy le sait, et sur ce coup, il s’est fait avoir ; il en a tellement eu conscience qu’il a d’ailleurs fait rajouter des « excuses » dans une interview… La cerise sur le gâteau de la mauvaise foi (ou de la maladresse blessante) ?

-jrdf
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