posts du 8 mars, 2008


Municipales : Ca chauffe pour les journalistes (les vrais)

  Double censure, double buzz !

  Ami lecteur, tu as peut-être entendu parler des deux derniers matchs « liberté de la presse » contre « conception de la presse selon l’UMP ». Il semblerait que la « conception » mène deux à zéro… heureusement qu’Internet permet de jouer les prolongations…

  Donc, première affaire, qui date d’il y a un mois (il faut le préciser), à l’occasion d’une « réunion publique » à Corbeil-Essonnes, fief du candidat-maire (également sénateur), Serge Dassault. Une journaliste de France Inter s’y est fait – assez clairement – malmener.

  Deuxième cas, il y a quelques jours, dans le VIIe arrondissement de Paris, où Rachida Datiiiiiiiii (je trouve pas d’autre moyen pour signifier le hennissement) [mais si, c'est drôle] réussit à faire expulser La Télé Libre d’un de ses meetings [ouais je sais, là c'est tout de suite moins drôle].

  Ce qu’il y a d’intéressant, en-dehors du fait que nous vivons au sein d’une charmante petite dictaturette médiatique, telle que Berlusconi ne pourrait que s’y sentir chez lui, est que ces deux évènements sont presque… complémentaires. Bizarrement, ils présentent des aspects assez diamétralement opposés, un peu comme les deux morceaux de ces fameux petits cœurs en or, que les amoureux portent au cou. Bon, pour ne pas employer de métaphore bijoutière, mettons deux conceptions de la presse – et de la droite réactionnaire.

  Première censure : http://jeanmarcmorandini.tele7.fr/article-13182.html

  Il s’agit d’un élément audio, le micro ayant continué de tourner durant l’altercation. A la suite de questions adressées à Dassault, certes décousues et vindicatives, on entend, comme dans un vieux feuilleton radio ou dans une BO d’un film de zombis, la journaliste qui se fait happer, proteste, puis éclate en sanglots. La foule, les cris ; des gardes du corps qui, loin de ce que les mass médias ont rapporté (cf. l’article « Gare aux gorilles » de Yahoo) ne s’en prennent pas du tout à Pascale Pascariello, mais réussissent à l’évacuer. Plusieurs personnes témoignent de la violence de cette prise à parti, qui a été… populaire ! Ce sont donc les gens qui, en masse, ont encerclé et « failli lyncher » selon les mots des témoins, une journaliste !

  Dassault minimise l’évènement, s’attaquant aux questions qu’il a jugées « outrancières » (peut-être, mais 1/Nous sommes dans un pays libre et 2/Pascale Pascariello n’a même pas pu achever une seule de ses interrogations). Il enjoint la presse, qui a tout de même relayé l’évènement – avec du retard, ce qui sent certes le « lapin sorti du chapeau à la veille du vote » – à bien écouter l’enregistrement. Effectivement, on peut y soupçonner que la journaliste en rajoute un peu, mais d’un autre côté, allez vous coltiner une foule en colère quand vous êtes toute seule, et on en reparle ! La journaliste a été, peut-être, trop agressive au départ, puis a paniqué. Bon. Nul n’est parfait. Elle n’en reste pas moins, incontestablement, une victime.

  Deuxième censure : http://latelelibre.fr/index.php/2008/03/dati-expulse-la-tele-libre/

  Vous allez voir où je voulais en venir, avec mon histoire de cœurs et de facettes complémentaires… Cet élément est bien plus frais, et là il s’agit d’une vidéo. La Télé Libre, organe plus clairement marqué à gauche que France Inter, et plus nettement détesté, a priori, par Rachida Dati (qui leur avait déjà refusé auparavant une interview, suite à un mini-reportage qu’elle n’avait pas du tout apprécié) [aaah, ces vieilles carnes, c’est rancunier quand même] s’y fait jeter d’une autre de ces inénarrables « réunions publiques » de l’UMP.

  Le comportement des journalistes y est bien différent, la réaction des empêcheurs de filmer en rond, également ; LTL n’adresse pas même la parole à Mme Dati. Le journaliste et son collègue cameraman se contentent de se trouver un coin tranquille pour se poster… et là, c’est le drame. Attaque de brushings UMP ! Une poignée de militants, plus un garde du corps qui avoue un « elle veut pas », font barrage avec leurs corps, de manière bien trop synchronisée pour être spontanée, afin d’obstruer l’objectif de la caméra. Quelle réaction gamine… d’autant que La Télé Libre n’a pas l’intention de jouer les trouble-fêtes ; l’équipe ne fait pas d’esclandre, et se déplace pour essayer… ben… de faire son boulot de journaliste, quoi. Les militants-bloqueurs sont pédants au dernier degré. Finalement, huit personnes évacuent La Télé Libre, dont un policier. Leurs confrères ne réagissent pas. Personne ne réagit. Oui oui, on est dans un pays jouissant de la liberté de la presse, mais allez dehors messieurs. Dixit LTL, le policier leur a laissé le choix entre « la fuite ou le poste ». Pour quel motif ?

  Bof, en même temps, quand c’est la Ministre de la Justice qui lâche les cerbères, on doit bien avoir l’embarras du choix. Voilà. Nous en sommes là. Un coup, des questions malvenues déclenchent une émeute, une autre fois rien qu’une simple présence n’est pas tolérée par la Garde des Sceaux-candidate.

  Et la prochaine fois, ce sera quoi ? Une balle dans chaque genou ?

Municipales : Royal en campagne

royalmetzdpa160h.jpg 

  Non, je ne suis pas un « fan »… Je suis socialiste avant tout, progressiste et interventionniste pour être plus précis, avec une tendance révolutionnaire liée aux circonstances. Mais je n’apprécie pas Royal pour le fait qu’elle soit « belle », ou qu’elle soit « une femme », ou toutes ces conneries. C’est bien sa ligne politique qui me touche, et sur ce point, force est de constater que Zapatera s’en tire dernièrement avec les honneurs. Elle est sur tous les fronts, n’arrête pas de se déplacer et de soutenir les candidats socialistes, notamment dans des endroits peu amicaux envers la cause (j’ai relaté plus tôt l’aventure « musclée », vécue de l’intérieur, à Levallois).

  La voici donc sur les plateaux de télévision, à la radio, et en tournée dans toute la France. Elle n’est pourtant pas candidate. Mais à part Bertrand Delanoë (que j’apprécie également hein, soyons clair),  François Hollande, et dans une moindre mesure Lionel Jospin (je ne suis pas sur sa ligne, mais il mérite néanmoins mon respect), il faut bien reconnaître que les militants ne voient pas vraiment passer d’autres « ténors » du PS près d’eux, en ce moment. C’est très sensible sur le terrain. Dray, bien que candidat au trône, ne daigne pas déplacer son auguste personne. Moscovici, Montebourg, Valls et consorts ne sont pas très présents non plus. DSK fume son cigare au FMI, en rêvant à 2012 (et prétexte même être trop occupé lorsque Royal, de passage aux USA, souhaite le rencontrer face à face). Fabius est tombé dans un vortex spatio-temporel… Bref, le panache de Royal se voit de loin, dans cette campagne, et de mon point de vue ce n’est pas un mal.

  Je joins ici un lien vers son dernier discours, à Bordeaux (que je trouve fort bon) avant de retranscrire les grandes lignes de son intervention à Metz, à laquelle j’ai assisté. 

http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=sinformer_actualites&actu=2129

  Discours de Metz :

  Ségolène Royal était venue soutenir Dominique Cros, opposant à la politique de l’UMP depuis fort longtemps, dans cette ville sociologiquement portée à droite… voire très à droite. Elle a d’abord attaqué en rappelant que le maire sortant avait tout fait pour que les socialistes ne puissent pas même disposer d’une salle pour faire leurs meetings électoraux (il a fallu sa présence pour que celui-ci puisse se tenir !), et a ainsi appelé les électeurs à se battre pour une ville au fonctionnement plus démocratique.

  La présidente de Poitou-Charentes a ensuite évoqué, sur un plan plus économique, la nécessité absolue de soutenir les bassins d’emploi (le département étant actuellement touché par de bonnes grosses délocalisations), puis a enchaîné en rappelant que les collectivités territoriales avaient le pouvoir de s’ériger contre la délinquance.

  Plus frontalement, Royal a successivement souligné que Sarkozy, en huit mois, avait réussi à créer six  nouveaux impôts, et a appelé à une baisse de la TVA sur les produits de première nécessité (alimentation, notamment). Elle a réitéré sa formule du « 1 Euro dépensé qui doit être 1 Euro utile ». Face aux inégalités, Royal a développé à nouveau sa vision des trois « castes », entre ceux qui peuvent choisir leur avenir, ceux qui ne le peuvent pas, et ceux qui n’osent même plus se projeter dans le futur. Face à cela, hormis des considérations humanistes, la socialiste a martelé sa conviction profonde du fait qu’il faille développer et soutenir l’effort scolaire, et le goût du travail.

  Plus proche de ses troupes, Royal a affirmé que les élus de gauche étaient animés par des valeurs fondamentales, en lutte contre la précarité. Selon elle, il ne faut pas s’y tromper, c’est bien la gauche qui a les clés de l’économie (je suis personnellement d’accord avec cela, les chiffres parlent d’eux-mêmes). Afin de remettre la France en mouvement, Royal veut renouveler la capacité de notre pays à inventer l’avenir, et entraîner la population dans cette projection (désolé, en paraphrase c’est moins vivant qu’en vrai, mais j’essaye d’être précis).

  Pour la présidente  de Poitou-Charentes, le sens de l’Etat est crucial (une pointe de jacobinisme ne fait pas de mal !). Il faut ainsi défendre bec et ongles la laïcité, tout comme la dignité de la France à l’International. Plaçant ici une petite touche d’humour, Royal a rappelé le coup du stylo piqué par Sarkozy en Hongrie, déclenchant une vague d’hilarité dans la salle. Plus sobrement, elle a enfin appelé à voter pour des candidats sérieux, avant d’être applaudie à tout rompre.

  Pas son meilleur discours donc (j’ai toujours une faiblesse pour Frangy-en-Bresse, qui était un vrai prémisse de révolution), mais très bon néanmoins, et surtout utile pour galvaniser les troupes. Royal la Commandante…

  Et un petit reportage vidéo, pour la route : http://www.dailymotion.com/video/x4gctt_segolene-royal-a-metz_news

Le chômage pipeau

  Comme par hasard, à quelques jours du premier tour des élections municipales, le gouvernement annonce une baisse du chômage « historique ». Ben voyons… les inconditionnels de « la rupture » en seront pour leurs frais, car c’est ici une belle tradition chiraquienne qui perdure.

  La recette est simple : par tous les moyens, il faut faire baisser un chiffre, ou en tout cas sa décimale. Rappelons que sur les cinq catégories officielles de demandeurs d’emploi, seulement une est comptabilisée dans ce fameux « taux de chômage ». Les fonctionnaires de l’ANPE ayant pour consigne de déclasser systématiquement les demandeurs d’une catégorie vers l’autre (par exemple, quelqu’un qui a encore un emploi pour un mois sera rangé dans la catégorie « non-immédiatement disponible », qui n’est pas prise en compte). Les radiations sont à présent connues de (presque) tous les français, d’autant que Sarkozy lui-même a annoncé que leur rythme allait s’accroître : on sera à présent radié des listes, non plus pour avoir refusé trois offres d’emploi « adaptées » consécutivement, mais à partir de deux seulement. Ô joie !

  D’autres facteurs sont à prendre en compte. Le gouvernement omet d’inclure les DOM-TOM dans son calcul – en fait, ils sont comptabilisés à part – et oublie de préciser qu’il y a largement plus de travailleurs qui partent à la retraite (ou en préretraite) qu’il y a vingt-cinq ans, ou même dix ans. Enfin, pour masquer un peu plus la forêt, l’UMP fait le silence sur les contrats dits « précaires » (Intérim, certains services à la personne, temps partiels, « repos » technique), en hausse, comme annoncé ici il y a quelques jours, de plus de 140%. Le gouvernement ne parle pas, non plus, de toutes les délocalisations sauvages (nous y reviendrons plus tard) ou de la très mauvaise santé de notre politique industrielle et commerciale (record, pour le coup véritablement historique, du déficit de notre balance commerciale)…

  Bref, comme d’habitude, avant de gober bêtement toute la propagande de l’UMP, il faut fouiner un peu dans nos poubelles, histoire de retrouver les trucs pas très ragoûtants qui sous-tendent néanmoins notre économie. Comme la « flexi-sécurité » tronquée, la formation professionnelle qui niche directement dans les locaux du MEDEF, le massacre du Code du Travail, les discriminations qui sont loin de s’atténuer, les radiations de plus en plus drastiques et le fait que 60% des retraités n’aient pas complété leurs trimestres.

  Et on s’étonne que les jeunes commencent à fumer des joints dès 12 ans, maintenant… No future ? (au pied de la lettre, cette fois, parce qu’à la base ça signifie que l’avenir n’est qu’une projection mentale)

Désirs d’Avenir sauve l’honneur (4)

  Quatrième partie de l’article consacré à la dernière grande réunion de Désirs d’Avenir… ceux qui prétendent qu’il ne s’y passe rien peuvent venir nous rembourser le jerrican de café consommé depuis que le JRDF a décidé de couvrir l’évènement…

  Au tour d’une intervention surprenante et fort instructive. La porte-parole du BHV a pris la parole  pour prouver que de grandes enseignes pouvaient avoir une sensibilité de gauche, et s’intéresser à des sujets comme le développement durable. Il ne faut pas être naïfs pour autant : Même sincère, cette démarche a quelques évidentes arrière-pensées commerciales.

  L’intervenante a commencé en précisant que le BHV comptait, à tous ses échelons, autant d’hommes que de femmes. Elle a également précisé que, selon elle, les employés de l’enseigne étaient bien voire très bien payés, ce qui expliquait le faible nombre des démissions de personnel. A propos des visées environnementales du groupe, la porte-parole a annoncé que, modestement mais sensiblement, le BHV employait des double-vitrages et appliquait les principes de l’éclairage écologique, afin de réduire les dépenses d’énergie. L’intégration du magasin dans son environnement urbain, à travers une façade adaptée, est également prise en compte. Leurs meubles sont garantis FSC (un label surveillé par Greenpeace établissant la traçabilité du bois, pour éviter qu’il ne provienne de déforestations sauvages et autres entreprises mafieuses), et ils utilisent le TFC (une fibre de bois écologique pour renforcer les structures). La qualité de l’eau et de l’air est contrôlée en permanence (tests de nitrates et humidificateurs ambiants). Les encres utilisées sont des solvants, et leurs sacs sont à 40% recyclables. Enfin, le BHV pratique le tri des déchets, la récupération des piles et des lampes usagées.

  Bruno Rebelle (le conseiller en écologie de Royal, celui qui avait été fliqué de très près par les RGs lors de la campagne présidentielle) a ensuite pris la parole. Il a rappelé que, selon des estimations scientifiques croisées, 80% des français seront des citadins, en 2050. Il a donc enjoint à ne pas se concentrer uniquement sur l’aspect écologique du développement durable, mais à considérer toutes ses facettes, y compris économiques et sociales. Par rapport aux fameuses normes Haute Qualité Environnementale, Bruno Rebelle a souligné qu’elles étaient très laxistes. En pratique, sur une vingtaine de critères retenus, il suffit d’en respecter quelques-uns pour obtenir le label. L’écologiste a ensuite appelé à utiliser le photo-voltaïque sur les bâtiments, afin de générer une énergie plus propre. Il a conclu son intervention en incitant à créer des emplois par l’économie solidaire, et en ne se contentant pas d’attirer des grandes entreprises.

  La prise de parole qui a suivi a brassé divers sujets, en commençant par celui des copropriétés, qui nécessitent, si on veut soutenir ces structures, d’entrer en relation avec les élus. Sur le plan environnemental, on a mis en valeur les « pompes à chaleur », un dispositif qui permet d’extraire de la chaleur de l’eau, jusqu’au 0 absolu. Puis, un intervenant a appelé à modifier profondément les CONDITIONS de travail, et à établir un vrai droit à la mobilité du citoyen. Afin d’étayer son propos, il a pointé du doigt la sécurité sanitaire affligeante – et dangereuse – dans le métro.

  Plus loin, l’assemblée a discuté de la proposition d’établir le prix de l’énergie en fonction des revenus, voire à assurer leur gratuité en respectant un certain plancher. Un intervenant a rappelé qu’il existait un « appel pour un panel éducation pollution », consultable sur le site : www.ageca.fr

  De manière très socialiste, on a répété que la précarité n’était pas un moteur économique, mais qu’au contraire, elle fragilisait la croissance et la consommation. Une idée a fusé, que je trouve très intéressante : elle appelait à rétablir les celliers, afin d’économiser l’énergie et de lutter contre le vieillissement artificiel des aliments.

  Sur un plan économique, on a évoqué les outils de collecte d’épargne et de transformation à long terme, ainsi qu’une méthode tombée en désuétude, mais qui présente certains avantages : le viager hypothécaire (personnellement, bien que comprenant l’esprit de cette idée, qui garantit à une personne la jouissance d’un bien immobilier jusqu’à sa mort, je pense que malheureusement, le viager est un appel indirect au meurtre maquillé…)

  Enfin, pour clore cette session, un participant a fait la remarque très franche et « brut de décoffrage », mais néanmoins vraie malheureusement, que la discrimination est devenue si caricaturale qu’on ne peut plus l’ignorer. Comment ne pas voir que les noirs, en France, sont systématiquement aiguillés pour devenir agents de sécurité et éboueurs (pour les hommes) ou gardes de vieilles dames et d’enfants (pour les femmes) ?

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