Le chômage pipeau

  Comme par hasard, à quelques jours du premier tour des élections municipales, le gouvernement annonce une baisse du chômage « historique ». Ben voyons… les inconditionnels de « la rupture » en seront pour leurs frais, car c’est ici une belle tradition chiraquienne qui perdure.

  La recette est simple : par tous les moyens, il faut faire baisser un chiffre, ou en tout cas sa décimale. Rappelons que sur les cinq catégories officielles de demandeurs d’emploi, seulement une est comptabilisée dans ce fameux « taux de chômage ». Les fonctionnaires de l’ANPE ayant pour consigne de déclasser systématiquement les demandeurs d’une catégorie vers l’autre (par exemple, quelqu’un qui a encore un emploi pour un mois sera rangé dans la catégorie « non-immédiatement disponible », qui n’est pas prise en compte). Les radiations sont à présent connues de (presque) tous les français, d’autant que Sarkozy lui-même a annoncé que leur rythme allait s’accroître : on sera à présent radié des listes, non plus pour avoir refusé trois offres d’emploi « adaptées » consécutivement, mais à partir de deux seulement. Ô joie !

  D’autres facteurs sont à prendre en compte. Le gouvernement omet d’inclure les DOM-TOM dans son calcul – en fait, ils sont comptabilisés à part – et oublie de préciser qu’il y a largement plus de travailleurs qui partent à la retraite (ou en préretraite) qu’il y a vingt-cinq ans, ou même dix ans. Enfin, pour masquer un peu plus la forêt, l’UMP fait le silence sur les contrats dits « précaires » (Intérim, certains services à la personne, temps partiels, « repos » technique), en hausse, comme annoncé ici il y a quelques jours, de plus de 140%. Le gouvernement ne parle pas, non plus, de toutes les délocalisations sauvages (nous y reviendrons plus tard) ou de la très mauvaise santé de notre politique industrielle et commerciale (record, pour le coup véritablement historique, du déficit de notre balance commerciale)…

  Bref, comme d’habitude, avant de gober bêtement toute la propagande de l’UMP, il faut fouiner un peu dans nos poubelles, histoire de retrouver les trucs pas très ragoûtants qui sous-tendent néanmoins notre économie. Comme la « flexi-sécurité » tronquée, la formation professionnelle qui niche directement dans les locaux du MEDEF, le massacre du Code du Travail, les discriminations qui sont loin de s’atténuer, les radiations de plus en plus drastiques et le fait que 60% des retraités n’aient pas complété leurs trimestres.

  Et on s’étonne que les jeunes commencent à fumer des joints dès 12 ans, maintenant… No future ? (au pied de la lettre, cette fois, parce qu’à la base ça signifie que l’avenir n’est qu’une projection mentale)

-jrdf
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