Municipales : Ca chauffe pour les journalistes (les vrais)

  Double censure, double buzz !

  Ami lecteur, tu as peut-être entendu parler des deux derniers matchs « liberté de la presse » contre « conception de la presse selon l’UMP ». Il semblerait que la « conception » mène deux à zéro… heureusement qu’Internet permet de jouer les prolongations…

  Donc, première affaire, qui date d’il y a un mois (il faut le préciser), à l’occasion d’une « réunion publique » à Corbeil-Essonnes, fief du candidat-maire (également sénateur), Serge Dassault. Une journaliste de France Inter s’y est fait – assez clairement – malmener.

  Deuxième cas, il y a quelques jours, dans le VIIe arrondissement de Paris, où Rachida Datiiiiiiiii (je trouve pas d’autre moyen pour signifier le hennissement) [mais si, c'est drôle] réussit à faire expulser La Télé Libre d’un de ses meetings [ouais je sais, là c'est tout de suite moins drôle].

  Ce qu’il y a d’intéressant, en-dehors du fait que nous vivons au sein d’une charmante petite dictaturette médiatique, telle que Berlusconi ne pourrait que s’y sentir chez lui, est que ces deux évènements sont presque… complémentaires. Bizarrement, ils présentent des aspects assez diamétralement opposés, un peu comme les deux morceaux de ces fameux petits cœurs en or, que les amoureux portent au cou. Bon, pour ne pas employer de métaphore bijoutière, mettons deux conceptions de la presse – et de la droite réactionnaire.

  Première censure : http://jeanmarcmorandini.tele7.fr/article-13182.html

  Il s’agit d’un élément audio, le micro ayant continué de tourner durant l’altercation. A la suite de questions adressées à Dassault, certes décousues et vindicatives, on entend, comme dans un vieux feuilleton radio ou dans une BO d’un film de zombis, la journaliste qui se fait happer, proteste, puis éclate en sanglots. La foule, les cris ; des gardes du corps qui, loin de ce que les mass médias ont rapporté (cf. l’article « Gare aux gorilles » de Yahoo) ne s’en prennent pas du tout à Pascale Pascariello, mais réussissent à l’évacuer. Plusieurs personnes témoignent de la violence de cette prise à parti, qui a été… populaire ! Ce sont donc les gens qui, en masse, ont encerclé et « failli lyncher » selon les mots des témoins, une journaliste !

  Dassault minimise l’évènement, s’attaquant aux questions qu’il a jugées « outrancières » (peut-être, mais 1/Nous sommes dans un pays libre et 2/Pascale Pascariello n’a même pas pu achever une seule de ses interrogations). Il enjoint la presse, qui a tout de même relayé l’évènement – avec du retard, ce qui sent certes le « lapin sorti du chapeau à la veille du vote » – à bien écouter l’enregistrement. Effectivement, on peut y soupçonner que la journaliste en rajoute un peu, mais d’un autre côté, allez vous coltiner une foule en colère quand vous êtes toute seule, et on en reparle ! La journaliste a été, peut-être, trop agressive au départ, puis a paniqué. Bon. Nul n’est parfait. Elle n’en reste pas moins, incontestablement, une victime.

  Deuxième censure : http://latelelibre.fr/index.php/2008/03/dati-expulse-la-tele-libre/

  Vous allez voir où je voulais en venir, avec mon histoire de cœurs et de facettes complémentaires… Cet élément est bien plus frais, et là il s’agit d’une vidéo. La Télé Libre, organe plus clairement marqué à gauche que France Inter, et plus nettement détesté, a priori, par Rachida Dati (qui leur avait déjà refusé auparavant une interview, suite à un mini-reportage qu’elle n’avait pas du tout apprécié) [aaah, ces vieilles carnes, c’est rancunier quand même] s’y fait jeter d’une autre de ces inénarrables « réunions publiques » de l’UMP.

  Le comportement des journalistes y est bien différent, la réaction des empêcheurs de filmer en rond, également ; LTL n’adresse pas même la parole à Mme Dati. Le journaliste et son collègue cameraman se contentent de se trouver un coin tranquille pour se poster… et là, c’est le drame. Attaque de brushings UMP ! Une poignée de militants, plus un garde du corps qui avoue un « elle veut pas », font barrage avec leurs corps, de manière bien trop synchronisée pour être spontanée, afin d’obstruer l’objectif de la caméra. Quelle réaction gamine… d’autant que La Télé Libre n’a pas l’intention de jouer les trouble-fêtes ; l’équipe ne fait pas d’esclandre, et se déplace pour essayer… ben… de faire son boulot de journaliste, quoi. Les militants-bloqueurs sont pédants au dernier degré. Finalement, huit personnes évacuent La Télé Libre, dont un policier. Leurs confrères ne réagissent pas. Personne ne réagit. Oui oui, on est dans un pays jouissant de la liberté de la presse, mais allez dehors messieurs. Dixit LTL, le policier leur a laissé le choix entre « la fuite ou le poste ». Pour quel motif ?

  Bof, en même temps, quand c’est la Ministre de la Justice qui lâche les cerbères, on doit bien avoir l’embarras du choix. Voilà. Nous en sommes là. Un coup, des questions malvenues déclenchent une émeute, une autre fois rien qu’une simple présence n’est pas tolérée par la Garde des Sceaux-candidate.

  Et la prochaine fois, ce sera quoi ? Une balle dans chaque genou ?

-jrdf
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