Municipales : Abstention et révolte

  C’est confirmé : Sarkozy se contrefout de ces élections municipales, tel un gamin qui fait semblant de ne plus avoir envie de ce qu’on lui refuse. Déjà friand de « Je continuerais mes réformes de toute manière, nananananère » placardés en gros dans « Le Figaro » (tout un symbole), à peine modérés par des « Je tiendrai naturellement compte des résultats du scrutin », le voici qui fait à présent passer le mot : Vu le taux d’abstention lors de ces élections, ce n’est pas vraiment un revers pour sa majorité.

  Le pire, c’est qu’on ne peut lui donner totalement tort, car ces 40-45% d’électeurs qui ne se prononcent pas, en moyenne sur toute la France, brouillent les cartes du jeu électoral. Il convient toutefois (sans volonté exhaustive évidemment) de s’intéresser à leurs motivations, afin d’approcher au mieux la réalité de ce phénomène. Convenons cependant que ce post n’analyse pas les données les plus logiques de ce rendez-vous démocratique, à savoir qu’il s’agit à la base de désigner une équipe municipale, et des conseillers généraux…

  Commençons par le plus prosaïque : Le premier tour s’est tenu durant les vacances scolaires, par un jour relativement mauvais. Cela peut sembler futile, mais mon expérience des bureaux de vote m’indique précisément le contraire. Bon. Passons à des considérations plus politiques… La gauche a essayé de donner un cachet national à ce scrutin, tandis que la droite a freiné des quatre fers, sur ce sujet. Le problème, c’est que, s’il existe bien une désillusion envers la politique sarkozienne, aujourd’hui, en France, elle ne s’est pas forcément changée en vote de ralliement aux idées de la gauche. Penser que les électeurs fonctionnent comme un interrupteur, est une énorme erreur : c’est omettre le gigantisme de la psychologie humaine, en particulier tout son rayon consacré à la « fierté ».

  Ceci peut donc permettre de comprendre que de nombreuses personnes, ayant voté à droite en 2007, n’ont pas réitéré l’expérience… mais n’ont pas non plus retourné leur veste. Elles sont restées chez elles.

  Toutefois, cette forme d’abstention n’a pas touché que les électeurs de droite, loin s’en faut ! Si, très schématiquement, une part de la population électorale traditionnelle de la droite (les personnes âgées) n’a pas souhaité donner son approbation à la politique actuelle du gouvernement, une part de la population traditionnelle de l’électorat de gauche (les jeunes), ne s’est pas non plus déplacée. Pourquoi ? Déjà peu sensible à la politique locale (allez compter les têtes non chenues dans les conseils municipaux si vous ne me croyez pas), et peu informée des tenants et des aboutissants en rapport avec les collectivités territoriales – par exemple, des prérogatives liées aux conseillers généraux – la « jeunesse »,  qui s’était massivement investie lors des élections de 2007, garde encore une dent contre la gauche. Le pire, c’est que cela n’a pas forcément quelque chose à voir avec sa façon de tenir son rôle dans l’opposition… On en revient à la psychologie humaine : la déception de la défaite se change en rancœur ; En bref, de nombreux jeunes nous l’ont dit : « On a donné une fois, on n’y reviendra plus ». La crainte de la honte de la défaite se transformant ainsi en un mélange de désintérêt et d’hostilité.

  On voit, à travers cet essai d’explication, que cette fameuse abstention n’est pas nécessairement un appui, même modéré, à la politique de l’UMP. En revanche, elle traduit, de manière certes non-constructive, un trouble et une confusion qui peuvent se changer, le temps et les évènements futurs aidant, en une véritable révolte…

-jrdf
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