posts du 16 mars, 2008


Municipales : suspens

  Voilà, les jeux sont faits… Juste avant de partir pour Solférino, afin d’assister à la soirée de révélation des résultats électoraux de ce scrutin, ami lecteur, je veux en rappeler ici les enjeux principaux. L’abstention, au second tour, semble dépasser le taux du premier tour, ce qui est… un phénomène complexe – je renvoie à l’article précédemment écrit entre ces pages, « Révolte et abstention », pour une approche de ce sujet.

  Les listes de gauche, au premier tour, ont reçu un score supérieur à celui des listes de droite, c’est un fait. Ce second tour peut, et devrait probablement, entériner cette tendance. Concernant les « objectifs majeurs » de cette élection, à savoir, les 12 plus grandes villes françaises, on sait que Bordeaux a réélu immédiatement Juppé à sa tête, et que Marseille ne passera peut-être pas à gauche. Les dix autres villes principales de France devraient basculer, ou rester à gauche, Paris notamment. Voilà. Il est l’heure de m’envoler… J’ai consacré de nombreuses heures à ce blog dernièrement, en tant que rédac’ chef… Le JRDF continuera à émettre, tant qu’il y aura des scandales et des hontes à dénoncer, d’où qu’elles proviennent. Ceci n’est pas un blog partisan… Juste un petit îlot de liberté qui tente de rapporter la vérité. C’est avec émotion que je rends mon clavier, pour ce soir, ami lecteur. Les messages que nous découvrons quotidiennement entre ces pages, même si nous n’avons pas toujours le temps d’y répondre, prouvent que les citoyens de ce pays s’intéressent à son fonctionnement, et il n’y a pas plus belle récompense pour les jeunes blogueurs politiques que nous sommes.

  Ma petite équipe et moi-même te saluons. Après ce scrutin, il y a fort à parier que la politique de la droite se durcisse. Courage !

Municipales : Colombes

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  Dans la dernère ligne droite, je souhaite relater ici, brièvement, ce que j’ai pu recueillir de mon court passage militant à Colombes, il y a quelques jours. La bataille des municipales y oppose Philippe Sarre à Nicole Goueta, la maire sortante. A noter que le MoDem a décidé de rallier, à la dernière minute, la liste UMP… Quand on sait que Goueta a supprimé la plupart des subventions aux associations, et qu’elle est soutenue par l’infâme Rama Yade, qui se victimise en évoquant un racisme tout virtuel, il y a de quoi être en deuil pour le « Mouvement Démocrate ».

  Les jeux sont néanmoins serrés. La gauche, au premier tour, a totalisé un score de près de 49%, tandis que la droite, forte de 44%, se voit à présent renforcée (en théorie) par les voix du MoDem. Sur place, il m’a néanmoins semblé ressentir un fort penchant populaire pour Philippe Sarre. Notre camion militant, sur son passage, était interpellé de manière joviale par les jeunes des quartiers, et des citoyens ont klaxonné pour nous soutenir. C’était suffisamment sensible pour être rapporté. Colombes est une ville à structure plutôt droitière, mais la gestion actuelle de la mairie de droite a profondément irrité nombre de ses habitants.

  Je ne peux relater ici les différences programmatiques entre les deux camps, dans le détail, faute de temps et par souci de respecter les lois électorales. Je ne fais que donner un point de vue strictement personnel, un témoignage en bref; Ce qui est certain, c’est que si Philippe Sarre n’est pas élu ce soir à la mairie de Colombes (sa liste plus précisément, le maire étant élu par le Conseil Municipal), la déception sera intense pour une bonne part de la population, socialistes en première ligne, évidemment. A ce titre, je rapporte également que le fonctionnement de la section de cette ville m’a paru exemplaire, dynamique, populaire, et redoutablement organisé. Le peuple tranchera en cette journée… Mais bon, vous connaissez mon pronostic, et mon espoir. Le 92, bastion des bastions de la droite, peut connaître ce soir un petit séisme, et en tant qu’habitant depuis toujours de cette zone, ce ne sera pas pour me déplaire…

EDIT : PHILIPPE SARRE A GAGNE ! YIPEEEEE ! VICTOIIIIIIIRE !

Sarkozy vient-il de perdre sa réélection ?

  Tandis que les derniers votes s’accumulent dans l’isoloir, l’Elysée fait très officiellement part de la volonté de notre Président de « changer de style ». Bon… Cela traduit la fin d’un certain autisme, prenons-le comme tel mais, ami lecteur, pour être franc, je m’en contrefous complètement. A la limite, ce côté « franc du collier » de Sarkozy ne me gênait pas, et si son remariage a fait jaser, avouons-le, je pense que c’était un faux procès, qui ne traduisait pas véritablement de réflexion politique. Mais la communication est ainsi faite, qu’il est plus facile de parler de Carla Bruni, que d’une réforme nécessaire du CSA, ou de la PAC, par exemple.

  Là où le bât a réellement blessé (en suposant que les déclarations de Sarkozy soient sincères, on va employer le passé), c’était lorsque les ministres l’UMP se répandaient dans les pages glacées des magazines people, ou quand les propos de notre Président ont sévèrement manqué de retenue… Cependant, ces algarades n’étaient, in fine, que des détails, certes hautement symboliques; Ce qui est nettement plus préoccupant, pour ne pas dire uniquement préoccupant, est la situation concrète des citoyens de ce pays, notamment par rapport aux promesses dorées faites il n’y a pas si longtemps…

  A la réflexion, je maintiens que Sarkozy est  »honnête » dans sa démarche; Le problème, c’est que l’honnêteté est une valeur subjective, et que toute sa méthodologie politique, depuis le commencement, est basée sur l’esbrouffe. C’est sans doute son milieu d’origine qui veut ça, un univers très éloigné de la vie des « gens », dans lesquels ceux-ci ne sont que des créatures qu’on doit séduire lors des élections. Pour Sarkozy, la politique semble être un jeu; il l’évoque dans le livre de Yasmina Réza lorsque, avant d’entrer en scène, il relit le discours qu’on lui a préparé, portant sur « la gauche qui soutient les délinquants », le trouve profondément de mauvaise foi, puis hausse les épaules et marmonne : « Il faut bien aller au feu ».

  Non pas que l’homme soit dénué de valeurs, je ne le pense pas; Simplement, elles restent en tant que telles, des valeurs, de jolies images qui ne sont jamais vraiment appliquées. Sarkozy a sans doute toujours pensé que la ruse et le charisme suffisaient pour « gagner », et qu’au fond c’était cela l’essentiel. Mais les paroles ont des conséquences – elles peuvent décevoir lorsqu’elles ne restent qu’air. Notre Président aurait ainsi, à n’en pas douter, fait un merveilleux réalisateur de films. Le souci, c’est que là, ses scénari, tout brillants fussent-ils, se heurtent au mur implacable de la réalité, et qu’ils ne l’arrangent pas : école en faillite, justice ridiculement dotée, commerce en berne, pouvoir d’achat sans cesse grignoté, salaires trop bas, inégalités honteuses et discriminations tout ce qu’il y a de plus concrètes… Face à cela, un peu de modération dans la forme, c’est toujours bon à prendre pour le moral des français; Hélas, le moral ne remplit pas les ventres.

  Le JRDF en profite donc pour revenir sur un évènement extrêmement concret, qui est sans doute à mettre en parallèle avec les actuels et effrayants chiffres de l’abstention, et noircit très probablement les futures opportunités politiques de Nicolas Sarkozy. Je veux parler des manifestations de retraités, il y a quelques semaines, qui sont descendus dans la rue pour faire part de leur malaise croissant.

  Il s’agit, d’abord, de ne pas exagérer l’ampleur de cet évènement : seuls quelques milliers de personnes ont battu le pavé, principalement à Paris, et elles étaient majoritairement de sensibilité adverse; C’est dit; Pourtant, derrière cette poignée de courageux qui ont initié un mouvement tout de même assez historique, un véritable trouble, pas aussi visible ni aussi médiatisé, existe chez les citoyens âgés de ce pays. Ceux-ci n’étant pas habitués à descendre dans la rue, c’est secrètement et pudiquement que cette souffrance se joue. Cette souffrance est pourtant bien là : De nombreuses personnes de troisième, quatrième et cinquième âge ont beaucoup de mal à joindre les deux bouts, et cela est d’autant plus terrible que c’est indéniablement elles qui ont fait pencher la balance du scrutin – la majorité de la population active s’étant prononcée en 2007 pour la gauche. Ces électeurs floués n’ont pas vu arriver les déductions sur les emprunts immobiliers, censés être rétroactifs, ni les augmentations de pensions annoncées – les fameux « 200 Euros » étant finalement étalés sur cinq années, ce n’est pas ça qui les aidera. Ces citoyens, très fragiles, n’ont pas non plus connu cette gratuité des soins ophtalmologiques et dentaires, notamment vendue lors du débat télévisé… Elles ont en revanche vu débouler les franchises médicales et la menace du retour de la redevance pour celles qui en étaient exemptées.

  Sans tomber dans le pathos, pour avoir tout de même pris le temps d’approfondir le sujet, si les seniors de notre société sont effectivement très attachés aux « valeurs » de sécurité, de respect, voire même d’un certain chauvinisme pouvant tirer sur de la xénophobie, le fait est que ces mêmes seniors dépensent souvent plus du tiers de leur (faible) retraite dans leur loyer, payent fréquemment pour des services à la personne et autres frais médicaux. La hausse des prix, ainsi que les nouvelles taxes, ont alors eu un clair effet de tenaille : c’est ce qu’ont essayé d’exprimer les manifestants. Les autres, ne sont peut-être pas descendus dans la rue, mais ressentent tout de même l’effet de cette pression économique – et on parle, là, très concrètement, de personnes qui sont déjà fragiles, et qui ne font plus trois repas par jour, ou se limitent à des pâtes, parce qu’elles ne peuvent faire autrement si elles ne veulent pas être mises à la porte de leur logement. Ces citoyens-là n’ont certes plus beaucoup de voix pour crier leur détresse – mais elles ont pris l’habitude de s’exprimer par le vote.

  En espérant qu’à l’avenir, elles sauront voir que la gauche, elle, aurait augmenté leurs pensions et plafonné à 25% de leurs ressources la part attribuée au loyer, de même que les socialistes auraient baissé la TVA sur les produits de première nécessité… C’est sûr, la droite « plaît » nettement plus aux personnes âgées. Mais il serait temps de sortir de la fierté, pour comparer clairement les programmes. Je pense que c’est en cours, et que ce retour de flamme, déjà sensible dans l’abstention lors de ces élections, risque de faire très mal à l’UMP, dans quelques années…

A propos de la rétention de sûreté

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  Si notre Président a bien deux dons particuliers, c’est, en premier lieu, celui d’identifier les problèmes les plus « brûlants » dans notre société : Pédophilie, conflits culturels, intergénérationnels et religieux, racket à l’école, « insécurité » d’une manière générale…

  …le souci, pour la population française, est qu’il dispose également de l’incroyable qualité permettant de ne surtout pas les résoudre. Ainsi, lorsqu’il évoque à juste titre la nécessité, pour les pédophiles récidivistes,  de devoir pointer régulièrement dans un commissariat afin de mieux pouvoir les surveiller, cette indéniable bonne idée n’est tout simplement pas appliquée : Plus de deux années ont séparé son annonce de la publication des décrets nécessaires à sa mise en action, et sans véritable suivi ni transfert de moyens pour assurer sa bonne marche – d’autant que le projet de rétention de sûreté, dont il est question dans ce billet, remet en cause tout ce processus. Ainsi, toujours, lorsque Nicolas Sarkozy évoque les dangers de l’intégrisme religieux, notamment musulman, il s’empresse de créer un organisme confessionnel composé des… sensibilités les plus orthodoxes de l’Islam (le CRIF), s’assure du soutien des branches les plus radicales du judaïsme français, et se montre très ambigu sur le traitement politique réservé à la Scientologie. De même, lorsqu’il dit se battre contre le racket et l’école, et qu’il instaure une politique de répression policière contre les malfrats en milieu scolaire, on remarquera que cette disposition n’a pas été suivie de formation adéquate pour les forces de l’ordre, ni de véritables moyens, autres qu’un peu d’information au niveau du public.

  La dernière bonne idée foireuse de notre Président suit, assez logiquement, cet itinéraire balisé. Il s’agit de prémunir les citoyens contre des criminels dangereux, en leur appliquant le principe de la « rétention de sûreté », à savoir qu’un détenu condamné pour pédophilie, actes de barbarie, séquestration et autres motifs liés à des déviances sexuelles ou à des crimes de sang dont la peine excède quinze années de réclusion, ne puisse pas sortir sans l’avis d’un collège médical approprié. Il sera alors, en cas d’avis défavorable, placé en hospitalisation forcée.

  Plusieurs points sont à aborder quant à ce système, qui en semblant partir d’une « bonne intention », sécuritaire mais « efficace et logique», aboutit à un véritable questionnement sur le mode de fonctionnement de notre Justice.

  Premièrement, l’hospitalisation forcée. La question est : Pourquoi attendre qu’un pédophile effectue quinze années de prison, avant de l’envoyer, en gros, dans un hôpital psychiatrique ? Le problème est que la droite au pouvoir a tellement tranché dans les fonds de fonctionnement de notre système de santé, que le traitement médical des criminels et des « fous », pour faire court, est devenu très rare ; On estime à ce propos qu’environ 30% des détenus en milieu carcéral auraient leur place dans un HP… mais ces places n’existent pas. Elles seront alors, maintenant, réservées aux criminels dangereux qui ont déjà effectué au moins quinze années de détention entre quatre murs ? On voit l’absurdité d’une politique qui ne prend pas du tout en compte l’aspect préventif…

  Deuxièmement, se pose un problème de nature bien plus éthique. Est-il juste qu’une personne qui a déjà effectué de très nombreuses années de prison, et qui a donc purgé officiellement sa dette envers la société, ne puisse pas être libérée parce que « elle risquerait de recommencer » ? Cela revient tout de même à condamner par avance quelqu’un, pour un crime qu’il n’a pas encore commis… On rentre dans la SF de « Minority Report », là… Protéger les citoyens est une noble tâche, mais cela doit-il s’accompagner, non plus de justice, mais de procès d’intentions ? Alors, c’est vrai, ces décisions ne seraient pas totalement arbitraires, puisqu’elles dépendraient d’experts dans le domaine psychiatrique. Certes. Reste qu’on condamnerait des personnes à des peines qu’elles ne pourraient pas accomplir…

  Enfin, se pose un dernier dilemme, ce projet étant carrément anticonstitutionnel – d’où le rejet du texte par le fameux Conseil chargé de veiller sur son respect. Cette « rétention de sûreté » comprend en effet un principe rétroactif… ce qui signifie qu’on condamnerait des personnes au vu d’une loi postérieure à leur condamnation, or « nul citoyen ne peut être soumis à une loi postérieure à sa condamnation », ceci étant surtout fait pour prémunir des effets pervers d’une tyrannie politique – par exemple, un opposant incarcéré (à tort ou à raison) pour peu de temps pourrait, par ce biais, ne plus jamais ressortir de sa cellule.

  A cela, il faut rajouter, encore une fois, la condition pratique et technique des détentions dans les prisons françaises. Celles-ci étant définitivement surpeuplées, et aucun projet de construction n’étant prévu pour y pallier ; Pire, la suspension de la grâce présidentielle a détruit cette « soupape » certes archaïque et bizarre, mais qui avait le mérite de désengorger un peu ces centres de ses membres les moins dangereux. Nous avons déjà évoqué la situation des centres psychiatriques, également surpeuplés et bien trop rares… En bref, on voit que la configuration actuelle ne se prête pas le moins du monde à ce projet de rétention de sûreté, fut-il rendu constitutionnel et réellement surveillé par des experts compétents.

  Qu’en pensez-vous ?

Suicide médiatiquement assisté

  Ami lecteur, tu n’as sans doute pas pu y échapper, l’affaire glauque du moment, après les bébés congelés, Natacha Kampusch et l’Arche de Zoé, concerne une certaine Chantal Sébire, qui remue ciel et terre pour… mourir. Je ne ferais pas d’humour noir sur ce sujet, mais l’angle choisi tant par les médias que par l’intéressée me déplaît profondément. Pourtant, c’est un sujet qui mérite certes qu’on s’y intéresse : le droit à une mort « dans la dignité et la légalité ».

  Bon, il faudra déjà m’expliquer en quoi une mort peut être « digne ». L’euthanasie, qui n’est rien de moins qu’un suicide, consiste en l’injection d’une dose léthale d’un produit toxique, après celle d’un somnifère. Pas d’humour noir, je l’ai promis, mais sincèrement c’est à la portée de n’importe qui; La question se pose surtout, en fait, dans un milieu médical, lorsqu’une personne paralysée ne peut se faire pratiquer ces injections, par isolement ou en raison de son illégalité, justement.

  La loi, venons-y. Si personnellement je suis tout-à-fait pour le suicide médicalement assisté, y compris en milieu hospitalier, pourvu qu’il soit sévèrement encadré par un collège comprenant des membres du personnel médical, de l’Etat et de l’entourage de la personne (c’est d’ailleurs un des points du programme du MJS), il faut quand même ne pas obérer certains points. En France, quelqu’un qui veut avoir recours à ce type de mort, et qui peut se déplacer, peut le faire « facilement » à l’étranger; Ou peut tout simplement l’organiser soi-même (c’est illégal, mais jusque-là les morts français ne sont pas emprisonnés), avec il est vrai le risque que toute personne qui a aidé ce geste peut être inculpée pour homicide ou complicité d’homicide. C’est sur ce point que le combat de cette dame est justifié.

  Là où cette démarche me gêne nettement plus, encore une fois, c’est par rapport à l’angle que Chantal Sébire utilise pour faire évoluer cette cause : Lettre au Président, intense campagne médiatique, menace de mort avec prise à témoin de la France entière(c’est certes le sujet, mais il est abordé de manière tellement frontale que c’en est… hum… profondément dérangeant).

  Surtout, le caractère donné à cette requête, à travers le fait que cette femme soit devenue la « figure de proue de l’Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité » – d’après les mots du site Internet de « L’Association pour les Droits de la Vie », bref tout ce ballet d’organisations qui en profitent pour se faire connaître, me donne la nausée. OK, je suis peut-être un gros hypocrite qui ne veut pas voir la vérité en face, mais ce genre de débats devrait, précisément, être tranché dans la dignité, à savoir à l’Assemblée Nationale, pas par médias interposés à travers un cas « bien extrême-gore avec yeux exorbités », le tout soutenu par des associations sorties de nulle part avec des sites Internet qui n’ont que trois pages de construites – si vous ne me croyez pas, allez faire un tour ici : http://www.adv.org/centre-de-documentation/bioethique/ , et en faisant croire qu’encore une fois, il suffit d’écrire une lettre à Sarkozy et de faire pleurer dans les chaumières, pour trancher un sujet aussi délicat.

  Je veux dire, merde… C’est quoi la prochaine étape ? Voter par SMS pour ou contre le droit à l’euthanasie, en France ? Les souffrances de cette femme sont sans doute réelles, et horribles, ne déconnons pas non plus avec ça, on ne souhaite pas en finir pour un rien - mais je pense que Chantal Sébire, paniquée par son sort, a posé sans le vouloir le pied dans un système qui ne profitera pas forcément à des personnes honnêtes, et dont les méthodes sont relativement détestables.

  Et puis, cela peut sembler idiot, mais pourquoi n’utilise-t-elle pas des drogues, du genre vraiment puissantes, anesthésiques type morphine, pour ne plus ressentir ces atrocités ? Sa famille préfère-t-elle voir une droguée ou une pierre tombale ? Même dans un état second, on peut toujours trouver une occupation à sa vie… L’euthanasie, au sens légal, est peut-être une quête, peut-être une nécessité, mais c’est aussi la fin du lien avec tous ceux qu’on aime, et qui nous aiment.

Municipales : Rueil-Malmaison – du côté de la droite

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  Passons, à présent, à un inventaire en règle des crasses, coups fourrés et mensonges que la section PS de Rueil-Malmaison a du subir de la part de la mairie UMP. Patrick Ollier, époux de Michelle Alliot-Marie et ex-Président à titre purement honorifique de l’Assemblée Nationale, qu’on voit rarement dans sa ville d’ailleurs, y a succédé à Jean-Jacques Baumel, féroce élu de droite qui avait néanmoins d’incontestables lettres de noblesse (ancien résistant, a su transformer une petite ville en un pôle technologique et industriel).

  Il faut d’abord concevoir la différence de taille entre les moyens de l’équipe en place, et ceux qui sont alloués à l’opposition. Par exemple, les indemnités (hors rémunération) des élus ne sont accordées, de facto, qu’à ceux de la municipalité – comprendre, à ceux de l’UMP. Tandis que la droite dispose du luxe et de la magnificence de la mairie, l’opposition, elle, se réunit dans un local de type « petite start-up » non signalisé extérieurement, au cinquième étage d’un immeuble de bureaux, avec faux-plafonds pourris, rampes de tubes néon à nu et mobilier spartiate… même l’affichette sur la porte d’entrée n’a pas bien été posée, c’est pour dire…

  Continuons à planter le décor… La municipalité tient ses meetings dans un gigantesque théâtre (le TAM, environ un millier de places très confortables, hauteur de plafond d’au moins quinze mètres, ouverture de scène de plus d’une trentaine de mètres), tandis que nous, occasionnellement, louons l’Atrium au mieux (une grande salle assez belle, 300 places assises), ou nous réunissons dans la salle de cantine d’une vieille école maternelle.

  Bon. Entrons maintenant dans le vif du sujet. A chaque élection, COMME PAR HASARD, nos documents ont du mal à trouver les boîtes aux lettres de certains quartiers… qu’on passe par la Poste ou par une agence privée, BIZARREMENT ils disparaissent, ou arrivent trop tard. Ensuite, il y a la différence énorme en matière de propagande; La télé municipale Rueil TV est mise à disposition de l’équipe UMP, et nous ignore. Plus marrant, alors que la mairie nous avait récemment retoqué une tribune dans le Rueil Infos, pour cause de « trop grand aspect partisan » à la veille des élections, c’est tout le journal, ou presque, qui s’est changé en plaquette de pub pour la municipalité, trois jours avant le premier tour ! Une plainte a été déposée à ce sujet… Nous ne prenons pas ce foutage de gueule à la légère…

  D’autres coups bas, en vrac… Ollier a tout-à-fait le droit de visiter les maisons de retraite de Rueil, et d’y laisser ses tracts; Nous, y sommes regardés d’un drôle d’oeil… Sur les marchés, lorsqu’il s’y déplace en période d’élections, le maire nous gratifie de quelques piques sympathiques dans le genre « Tout ça pour faire 2% de plus, franchement… » ou « Votre programme est une copie du nôtre »… D’ailleurs, à ce sujet, sincèrement et le plus objectivement du monde, leur plaquette version 2008, très tape-à-l’oeil, m’a paru extrêmement vide. Les mêmes photos, en très gros, sont répétées deux ou trois fois, le tout est pourri de fautes d’orthographe; Plus drôle, les mentions en très gros d’une « liste d’ouverture » alors qu’elle est 100% UMP, « renouvelée et dynamique »… les plus jeunes adjoints ayant plus de cinquante ans, et que tous étant déjà à la mairie depuis au moins une vingtaine d’années (1971, 1976, 1979… vachement neuf, hein ?). [EDIT : Pour avoir assisté au premier Conseil Municipal de cette mandature, je me dois de rapporter qu'à la surprise générale, Mr Ollier a effectivement renouvelé son équipe, plus en profondeur que prévu. Environ la moitié de sa municipalité est nouvelle. Comme quoi...]

  Plus classique, le clientélisme à tout-va. Seule réelle méthode de la droite d’ailleurs, pour gagner quelques voix. Elle consiste à promettre tout à tout le monde, la veille des élections. Un travail ? Le financement d’un voyage ? Une place en crèche ? Pas de problème, votez pour moi. Là-dessus, pas grand-chose à faire si ce n’est (encore une idée qu’on n’écoutera pas dans ma section…) développer nos propres moyens attractifs. Personnellement, je pense qu’il ne faut pas dire aux électeurs de refuser ces cadeaux : il faut leur rappeler que, dans l’isoloir, ils seront seuls ! Qu’ils profitent des mannes de la corruption… mais qu’ils ne la paient pas de retour !

  D’autres affaires peuvent être déterrées, plus rocambolesques : la mairie se vante d’avoir permis la construction d’un « Leroy-Merlin » (ce qui est inexact, d’ailleurs, mais passons). Elle a ainsi entrepris, lors du scrutin du 9 mars… de tapisser les bureaux de vote avec des affiches de recrutement de cette enseigne ! Dingue, non ? A propos de bulletins, on notera que seuls ceux de la municipalité UMP étaient colorisés (les autres étant simplement noirs sur blanc), et qu’on a vu Mr Ollier faire les poubelles des isoloirs, pour se faire ses propres estimations ! Si ce n’est pas du dévouement, ça…

  On pourra rajouter au tableau, pour le parfaire, quelques pointes d’espionnage (fort peu discret) et de photocopiage de notre programme, des équipes de collage PRIVEES qui tournent en permanence lors des périodes électorales, recollant sur nos affiches (bon, on fait pareil mais nous sommes bénévoles), et surtout des procès-verbaux des conseils municipaux qui rapportent, de très loin, les interventions de l’opposition… ou les dénaturent.

  C’est beau, Rueil, hein ? Achevons en rappelant que Patrick Ollier dirige le « dialogue » entre la France et la Libye… C’est ainsi un grand ami du « Guide » Kadhafi – dont il n’a, soyons honnêtes, quand même pas hérité les méthodes. On espère qu’il n’en viendra jamais à ça…

Municipales : Rueil-Malmaison – du côté de la gauche

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  Nous avons combattu, et nous avons perdu… Pas mal, comme accroche, hein ? Eh bien non, désolé ami lecteur, en particulier si tu habites ma ville, je te présente en mon nom des excuses. Nous avons échoué… Au premier tour, Ollier nous a éliminés, et malgré des circonstances atténuantes, c’est bien le sale goût de la défaite qui me reste en bouche.

  D’accord, Rueil-Malmaison n’est pas une terre facile pour la gauche ; Disons qu’elle l’est autant que Versailles ou Neuilly, peut-être un poil en-dessous, mais pas de loin ; D’accord, la gauche rassemblée (accord historique, en passant) a augmenté le total de ses scores, et la droite a reculé sur les siens ; D’accord, avec seulement trois listes, il était dur d’éviter que le premier tour ne se transforme en référendum pour ou contre la gestion actuelle de la mairie ; D’accord, mais nous avons tout de même failli. Pourquoi ? Ce sera l’objet de ce post, qui intéressera peut-être ceux qui sont curieux des méandres de la politique locale.

  Commençons par ce qui semble (j’ai bien écrit « semble ») le plus important, à savoir le programme. Le nôtre tenait méchamment la route, pas de doute là-dessus. Rénovation des logements sociaux et mise en place de logements très sociaux (afin de réaliser concrètement le « droit au logement opposable »), refonte du désastreux plan de déplacement urbain et mise en place de véritables pistes cyclables, développement des crèches et étendue de leur bénéfice aux parents en recherche d’emploi, assistance aux personnes âgées, jusque dans leurs plus petits détails (par exemple, à travers un service de garde des animaux de compagnie), véritable politique culturelle et sportive (soutien des artistes, mise en place de lieux d’initiation aux nouvelles technologies dans chaque quartier), et même, en termes de sécurité – que je placerais personnellement dans les priorités d’un programme, mais qui m’écoute ? – réactivation du Conseil Local de la Sécurité et de la Prévention de la Délinquance, dans les faits rarement réuni.

  Pas trop mal, non ? Le seize-pages programmatique est joli et bien conçu, lisible et coloré. Le slogan « Ensemble, changeons Rueil », bien que basique, se retient. L’affiche de campagne est soignée. Bon. Passons à la question de la liste… Réunissant socialistes, communistes, écologistes, radicaux et membres de la société civile, honnêtement, elle présentait bien, avec un véritable panachage de compétences et une moyenne d’âge tournant autour des trente-quarante ans – nos élus au Conseil Municipal sont d’ailleurs particulièrement jeunes.

  Alors, comment expliquer un score de seulement 25,93% (17% précédemment, en 2001, Baumel ayant laissé son fauteuil en 2004), et surtout un tel taux d’abstention – 44,88% ?

  Malheureusement, derrière cette bonne équipe – un candidat tête de liste sérieux et implanté, un bon programme, une liste ouverte et cohérente, des militants présents sur le terrain – si Ollier a pu triompher dès le premier tour, c’est que dans la pratique, le fonctionnement de la section a connu des ratés que je trouve, personnellement, indigestes. C’est bien là que je prends, à nouveau, le temps de m’excuser, ami lecteur, en tant que partie intégrante de cette débâcle.

  Rueil-Malmaison est la ville la plus étendue du 92. Les connaisseurs ne me contrediront pas sur ce point. C’est une agglomération variée, en termes de population, bien que très bourgeoise dans l’esprit – ce n’est nullement méprisant ceci dit, c’est une réalité qui a été sciemment forgée par la droite au pouvoir depuis… toujours. Il suffit, hélas, de construire des immeubles de standing pour s’assurer d’une majorité…

  Des quartiers « populaires », Rueil en dispose toutefois. Mais, ainsi que j’ai pu l’écrire précédemment, motiver les « gens » pour venir voter, en particulier les jeunes, est une rude affaire.     

  D’après ce contexte très difficile, on pourrait penser que notre section aurait du mettre les bouchées doubles ; Mais non, bien que les militants aient été sans failles, c’est bien au niveau de l’organisation que la campagne a péché. Et qu’on ne vienne pas me soutenir le contraire ! C’est à moi, petit militant à peine 47e sur 49 colistiers, qu’on a demandé de concevoir le tract d’invitation pour les cantonales / municipales, moins de dix jours avant sa tenue, et de donner les coordonnées d’un bon imprimeur de ma connaissance ! Je l’ai fait dans l’heure, tandis que d’autres, qui allaient être élus, eux, n’ont été capables que de sortir un titre en Arial sous Word avec la date ! Et le tract, transmis immédiatement après, a encore pris du retard avant d’être envoyé… Résultat : il n’a été livré que DEUX PUTAINS DE JOURS avant la tenue du meeting, et tiré à seulement 5000 exemplaires (j’avais insisté pour 10 000, ça n’aurait coûté que 60 Euros de plus) – à moitié distribué donc… ma mise en page a été massacrée (je ne sais pas à quel niveau cela est arrivé), et ce foutu tract ne contenait même pas l’adresse de la salle de meeting ! Je l’ai néanmoins, comme d’autres, distribué comme j’ai pu dans les boîtes aux lettres et sous les portes des magasins, mais franchement, je n’y croyais plus. La presse n’a même pas été prévenue…

  Au final, la réunion s’est bien passée, mais sur une ville de 80 000 habitants, réunir moins de 100 personnes, ça me reste tout de même en travers de la gorge. De même que le porte-à-porte débuté à peine quinze jours avant l’élection. Ou qu’un blog municipal qui compte trois articles en tout et pour tout, sans commentaires (j’avais proposé, personnellement, de tirer des stickers pour faire de la pub, et de les placarder dans tout Rueil… encore une suggestion passée à la trappe…). Des quartiers ont été complètement zappés; une bonne idée lancée consistant à improviser des meetings « sauvages », à l’aide d’un micro et d’un ampli portable, n’a pas été mise en place.

  Alors voilà, ami lecteur, en particulier si tu es rueillois ; Ton serviteur se battra toujours pour faire progresser la gauche ici, mais ce sera loin d’être facile. D’ailleurs, des tensions viennent de naître au sein de notre section, par rapport à nos alliés, qui prennent mal le changement d’ambiance, maintenant que certains ont des postes, et d’autres… non.

Baisse des coûts, hausse des prix

  Les prix continuent de flamber, en France… La situation est bien entendu variable, mais on ne peut plus désormais la minimiser. Depuis presque un an, voire même depuis l’introduction de l’Euro, qui a engendré nombre de magouilles dans les centrales de distribution, le pouvoir d’achat des citoyens est grignoté par l’avidité du commerce de masse.

  Avant de donner les dernières estimations se rapportant à l’ampleur de cette catastrophe (je pèse mes mots), il faut noter quelques points importants pour sa pleine compréhension.

  D’abord, contrairement à ce que l’on pourrait en penser immédiatement, la plupart des hypermarchés ne sont pas tellement rentables. Ou hautement bénéficiaires, disons. Malgré des marges frôlant parfois les 10 (sur les fruits et légumes par exemple), il faut prendre en compte que l’entretien et l’achat des immenses espaces de vente grève les bénéfices, précisément, des « grandes surfaces ». Ceci étant répercuté sur les salaires (généralement bas), et les horaires des employés, qui sont appelés et renvoyés chez eux afin d’économiser au maximum sur leurs paies.

  Deuxièmement, face à cette montée des prix, comme rapporté précédemment, l’UMP a trouvé l’idée-miracle : la réforme dite des « marges arrières ». Pour résumer, elle permet aux centrales de distribution de rémunérer encore moins cher leurs fournisseurs. Ce qui est évidemment très préjudiciable à ces derniers, qui sont déjà payés avec un délai variant de 30 à 90 jours, déboursent de leur poche pour être exposés en rayonnage, et doivent reprendre leurs invendus. Tout cela, sous la menace d’être « déréférencés », en gros exclus de tout le système commercial de la grande distribution, les enseignes s’entendant entre elles sur leurs « listes noires », tout comme elles le font (secret de Polichinelle) sur les prix. Et vive la concurrence !

  Donc, on voit que cette fameuse réforme, qui a permis aux supermarchés et aux hypermarchés d’accroître leurs marges, n’a pas eu de conséquence véritable sur les prix au consommateur. Pour une plantade, c’est une belle plantade ! Alors ? Que demande la gauche, de son côté ? Se contente-t-elle de s’agiter pour récupérer l’exaspération populaire ? Perdu, tout comme certains élus de l’UMP, elle demande entre autres une TVA ramenée à 2% sur les articles de première nécessité (alimentation basique, par exemple), le rétablissement du contrôle des prix (supprimé en 1986) ou, au moins, la négociation d’un « pacte de stabilité global des prix » mis à jour tous les six mois et contrôlé étroitement par la DGCCRF, ainsi qu’un contrôle préventif sur la formation des prix, qui s’assurerait que les marges pratiquées ne sont pas abusives.

  C’est loin d’être con, c’est tout-à-fait applicable, et l’UMP se contente de tourner la tête en se bouchant bien fort les oreilles. Et tant pis pour le peuple… Alors ? N’est-il pas beau, le « Président du pouvoir d’achat » ?

  Et maintenant, voici un petit palmarès des dernières hausses, entre novembre 2007 et janvier 2008…

  Yaourts/Produits laitiers : +40%

  Pâtes : +45%

  Jambons (pas tous, mais une bonne part) : +44%

 

  Plus généralement…

  Les loyers ont augmenté de 28,8% en moins de 6 ans, les charges de 44% en dix ans

  L’achat dans l’ancien a pris +92% en sept ans

  Sur les carburants, en 2007 le super sans plomb a progressé de 14,10%, le gazole de 19,20% et le fioul domestique de  34,70% (rappelons que c’est l’UMP qui a viré la TIPP…).

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