posts du 25 mars, 2008


La fin de l’ouverture

  Profitons de l’accalmie politique actuelle, ami lecteur, pour analyser le dernier remaniement ministériel, à la lumière de la sacro-sainte « ouverture » tant plébiscitée par les français. J’aime bien, à ce sujet, la position de Laurent Joffrin (Libération), qui s’y est toujours opposé. Son argument principal tenant à ce qu’il s’agissait de faire appliquer un programme de droite par des politiciens de gauche. Bien sûr, ce principe de « l’ouverture » a été fort apprécié par les électeurs, qui y ont vu la modernité du rejet des dogmatismes et du « bloc contre bloc », avec l’avantage d’avoir un gouvernement qui prendrait « les meilleurs de chaque camp ». Laurent Joffrin avance, pour sa part, qu’il ne s’est pas agi de prendre forcément les plus talentueux, mais surtout ceux qui avaient le moins de principes, en bref ceux dont la popularité a pu être la plus facilement achetée.

  Nous verrons plus tard que ce fameux remaniement scelle le sort de cette « ouverture », comme par hasard juste après une défaite électorale… Pour l’instant, opérons un petit tour d’horizon sur son bilan.

  Commençons par Bernard Kouchner, sans doute son plus emblématique représentant. Il faut savoir que son ministère a été scindé en plusieurs portefeuilles, et qu’il n’en a finalement gardé qu’un seul, sur quatre, à savoir celui dédié à la diplomatie dans sa portion la plus congrue. En gros, pour faire court, Kouchner n’a rien à dire sur l’immigration ou même sur le choix des ambassadeurs… Il ne peut même pas délivrer un visa à un réfugié politique ! A noter que sa candidature a été mise en concurrence avec celle d’Hubert Védrine, ce dernier ayant posé de nombreuses conditions à Sarkozy pour accepter, éventuellement, le poste. Le « French doctor », lui, n’en a posé aucune ! A la soupe !

  Autre membre tout aussi célèbre, mais dans un registre différent et avec une expérience certes bien moindre, Eric Besson. Le fameux traître qui composât, à un an d’écart, un pamphlet haineux envers Sarkozy, puis son équivalent envers Royal, a été bombardé à la « Prospective ». Depuis, comme bien d’autres, il s’est placé au fond de la classe, près du radiateur, et fait son maximum pour qu’on l’oublie. Unique apport, jusqu’à présent : un dossier compilant des modalités en rapport avec la TVA sociale (il y est défavorable).

  Martin Hirsch, quant à lui, bien que non-encarté au PS, mais énarque de gauche qui a fait la campagne de Royal tout de même, a décidé que son RSA (un dispositif qui encourage la reprise de l’emploi sans détruire le RMI) serait expérimenté d’abord à toute petite échelle. On l’a également entendu lors de l’affaire des tests ADN. Voilà. On peut également remarquer qu’il s’est décalé franchement des autres sur la photo officielle de Fillon I. Merci Martin !

  Dans le même style (associatif social/humanitaire), feu la présidente de Ni Putes Ni Soumises, Fadela Amara, est en pleine querelle avec sa ministre de tutelle, le dragon catho relooké Christine Boutin (Au fait, saviez-vous que celle-ci est directement reliée au Vatican ? Je déconne pas, là…) En bref, Fadela a essayé. Elle a rendu un rapport plutôt ambitieux, mais le problème est qu’à son poste, elle n’a pas vraiment de prise sur les dossiers. L’emploi, la jeunesse, la culture, tout lui échappe… Résultat : un plan qui, dans sa quasi-totalité, n’est pas financé. Sarkozy promet beaucoup, mais tient très peu…

  Cas plus intéressant encore, Jean-Marie Bockel. Le Secrétaire d’Etat dédié à la Coopération et à la Francophonie vient d’être « rétrogradé » au ministère des Anciens Combattants. Ca s’appelle une mise au placard… dommage, car cet élément-là présentait l’avantage d’être sérieux, compétent, et sincèrement libéral dans sa démarche. Il aurait donc pu rejoindre la droite, sans remords, et y constituer un atout de poids… mais la rancœur de l’UMP, après ces dernières élections, aura eu raison de son sens de la diplomatie.

  Il reste donc ceux qui n’ont pas participé directement aux projets de l’UMP, mais étaient tout de même bien tentés pour rejoindre les ors et les palais du pouvoir. On commence, en vrac, par Claude Allègre. Monsieur « dégraissage du mammouth » avait été vu sortant du QG de Sarkozy, quelques jours avant le deuxième tour des présidentielles, tout honteux derrière ses lunettes noires. Certes, sa haine pour Royal était manifeste, depuis le début… On sait qu’il était pressenti pour rejoindre le ministère de la Recherche, et avait posé comme condition, en retour, d’avoir la possibilité d’augmenter les salaires des chercheurs, ce qui est loin d’être mauvais. Tant pis, il reste sur le banc de touche, pour l’instant.

  Jack Lang, lui, en bon arriviste « constructif » également, a participé à la commission pour la réforme des institutions, sous la houlette de Balladur. On connait son goût pour un régime « présidentiel », et c’est donc des deux mains qu’il a applaudi un texte qui dépossédait le gouvernement de tout pouvoir effectif, au profit de notre monarque moderne. Heureusement, ce texte n’a pas été entériné dans l’état… jusqu’à maintenant. Quoiqu’il en soit, Lang faisait du pied très ouvertement au pouvoir sarkozyste, en vain puisque l’hostilité de l’UMP à son égard parait avoir eu le dernier mot. Du coup, il se rabat en demandant que l’engagement des troupes françaises soit discuté au Parlement (oui parce que, dans notre belle démocratie, on envoie des soldats sans qu’aucun de nos députés n’y trouvent, ou ne puissent y trouver, à redire).

  Enfin, un autre déçu emblématique, se trouve en la personne de Michel Rocard. Celui-ci a participé à une énième commission, qui visait à réformer le statut des enseignants. Certes, l’histoire est un peu compliquée, puisque ce sont ces derniers qui se sont braqués contre lui lorsqu’il a voulu proposer, en gros, des primes au mérite. Reste que l’UMP ne l’a pas soutenu, qu’il a claqué la porte, et depuis, ne décolère pas.

  Voilà. Passons maintenant aux petits nouveaux qui vont entrer au gouvernement. Notons, d’une part, que la volonté initiale de Sarkozy d’avoir un « gouvernement resserré » est oubliée depuis longtemps, sans compter tout le personnel adjoint aux ministres (record historique de conseillers, notamment) ; d’autre part, qu’en termes de parité, les femmes n’y sont plus représentées qu’à hauteur d’un tiers. Enfin, les ministres battus lors des municipales sont conservés, et à part un nouvel venu (Christian Blanc), tous sont des UMPistes pur jus.

  Ouverture… Fermeture.

PARIS (Reuters) – Deux jours après un deuxième tour des municipales sévère pour la droite, l’Elysée a annoncé un remaniement ministériel riche en nouveaux domaines d’attribution et faisant la part belle aux fidèles de Nicolas Sarkozy.

La nouvelle équipe compte six nouveaux venus, nommés à des postes de secrétaire d’Etat : Christian Blanc, Hubert Falco, Yves Jégo, Anne-Marie Idrac, Nadine Morano et Alain Joyandet.

L’intitulé de nombreux portefeuilles est modifié, avec l’accent mis sur de nouveaux secteurs : emploi, économie numérique, aménagement du territoire, famille, associations, notamment.

« Les changements d’appellations ne sont pas toujours des changements d’attribution », précise-t-on à l’Elysée. « On a voulu insister sur certains domaines ».

Ces modifications interviennent deux jours après le second tour des élections municipales et cantonales, où l’UMP a été lourdement sanctionnée.

La plupart des nouveaux postes récompensent des fidèles de Nicolas Sarkozy – Alain Joyandet, Yves Jégo, Nadine Morano – et des personnalités de droite ayant obtenu de bons résultats aux municipales.

Le député Nouveau Centre Christian Blanc, ancien président de la RATP et d’Air France, qui fut proche de Michel Rocard, fait figure de seul nouveau membre d’ »ouverture ».

La parité ressort sérieusement écornée de ce remaniement. Sur 38 membres, en comptant le Premier ministre François Fillon, le nouveau gouvernement compte 13 femmes.

Dans le détail, le porte-parole de l’UMP Yves Jégo devient secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer. Le député-maire de Montereau (Seine-et-Marne), réélu dès le premier tour, remplace Christian Estrosi, élu dimanche à la mairie de Nice.

Une autre porte-parole de l’UMP, Nadine Morano, se retrouve à la tête d’un nouveau secrétariat d’Etat à la Famille. La députée de Meurthe-et-Moselle avait été battue dimanche aux municipales à Toul.

Le secrétaire d’Etat aux Anciens combattants Alain Marleix, un fidèle de Nicolas Sarkozy, change de fonction et devient secrétaire d’Etat à l’Intérieur et aux Collectivités territoriales.

Hubert Falco, le maire UMP de Toulon aisément réélu le 9 mars, prend le nouveau secrétariat d’Etat chargé de l’Aménagement du territoire.

INTITULÉS MODIFIÉS

Luc Chatel, le nouveau maire de Chaumont (Haute-Marne), se voit attribuer, en plus de ses fonctions de secrétaire d’Etat à l’Industrie et la Consommation, celle de porte-parole du gouvernement. Le porte-parole sortant, Laurent Wauquiez, élu à la mairie du Puy-en-Velay (Haute-Loire), devient secrétaire d’Etat à l’Emploi.

Eric Besson, secrétaire d’Etat chargé de la Prospective, de l’évaluation des politiques publiques et du développement, sera également chargé de l’économie numérique, signe de l’intérêt désormais porté par le gouvernement à internet.

Parmi les nouveaux venus, Christian Blanc devient secrétaire d’Etat chargé du développement de la région capitale, autrement dit du « Grand Paris », projet de regroupement de la capitale avec quelque 80 communes alentour.

Alain Joyandet, député UMP de la Haute-Saône, devient secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie.

Il remplace à ce poste Jean-Marie Bockel, nommé secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants.

Le portefeuille du secrétaire d’Etat aux Sports Bernard Laporte est complété. L’ancien entraîneur du Quinze de France sera également chargé de la Jeunesse et de la Vie associative.

L’ancienne présidente de la SNCF Anne-Marie Idrac est nommée secrétaire d’Etat chargée du Commerce extérieur. Une compensation pour celle qui a cédé le mois dernier sa place de patronne des cheminots à Guillaume Pépy.

Hervé Novelli, auparavant chargé des entreprises et du commerce extérieur, voit son portefeuille fortement modifié : il devient secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme et des services.

Les intitulés des portefeuilles de plusieurs ministères sont modifiés.

Christine Lagarde est « ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’emploi ». La mention « finances » disparaît « mais elle garde ce domaine », a expliqué un conseiller de l’Elysée. « On voulait insister sur l’industrie ».

Jean-Louis Borloo est ministre de l’Ecologie, du Développement durable de l’aménagement du territoire et, nouveauté, de l’énergie.

Le nouvel intitulé du portefeuille de Brice Hortefeux est : ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire. La mention « codéveloppement » disparaît.

Zzyzx, on s’amuse comme on peut…

  Un petit post délire, pour se détendre… « Zzyzx » (prononcez « zazyzx ») est le nom d’une petite ville du comté de San Bernardino, en Californie. Indéniablement, c’est un nom bizarre… Quelle origine a-t-il ?

  Eh bien, son fondateur, Curtis Howe Springer, a tout simplement essayé d’en faire… le dernier mot de l’ordre alphabétique – du moins, en anglais ! Une entreprise intéressante, cependant avortée puisqu’une rue « Zzz » existe à Bangs, au Texas, ainsi qu’une autre rue, « Zzzz », à Kerney, dans le Nebraska. Aaaah, ces américains… 

  A noter que le film « Zyzzyx road » (petite différence orthographique, afin de le différencier d’un autre, « Zzyzx ») qui prend pied dans la région, est connu pour être celui qui a fait le plus petit chiffre de recettes au monde – à savoir, 30 dollars, dont la moitié provenant de la poche du réalisateur ! Bon, c’était surtout une magouille pour permettre son exploitation à l’étranger (aux USA, il faut d’abord faire projeter un film sur le territoire avant de pouvoir l’exporter), mais quand même !

Montreuil passe du rouge au vert

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  Bien que peu partisan, personnellement, de Dominique Voynet (je la trouve horripilante, arriviste et peu imaginative), il faut avouer que le premier conseil municipal conduit sous son égide, de même que la campagne municipale dont elle a su triompher, semblent lui donner un avantage moral sur l’équipe municipale apparentée communiste sortante. En effet, à la mise à disposition des moyens municipaux au service de Jean-Pierre Brard, maire de Montreuil depuis 24 années, au clientélisme et à l’intimidation, a succédé ce houleux conseil, ainsi qu’une passation de pouvoirs très « mauvais perdant » (les cocos ayant fait changer toutes les serrures avant de partir, hahaha comme c’est amusant). En dépit de ces chausse-trappes peu démocratiques, donc, la verte a vaincu le rouge… Est-ce aussi simple ?

  Il y a la question des alliances. Brard accuse Voynet d’avoir négocié avec la droite un « tout-sauf-lui » basé sur un désistement de la liste UMP. Certes… sauf que lui-même a bien essayé de faire la même chose ! Au final, la sensibilité de droite (je l’ai également constaté sur Rueil-Malmaison) s’accorde mieux avec celle des Verts, qu’avec celle des communistes. Elle a peut-être contribué à faire pencher la balance…

  Reste, évidemment, les points du changement, et du bilan. Les électeurs de Montreuil ont-ils été emballés par le programme de Voynet ? Bof, dirons-nous, celui-ci étant assez pauvre (j’y avais d’ailleurs consacré un billet assassin), et le taux d’abstention ayant été élevé. C’est donc plutôt un vote de rejet contre l’équipe de Brard, et surtout contre celui-ci, personnage autrefois très actif mais qui s’est reposé sur ses lauriers, et surtout a fait montre d’un autoritarisme certain, en bref un manque de soutien envers un système trop usé, qui s’est schématiquement opéré.

  Le basculement des forces démocratiques a d’ailleurs illustré les dérives de ce système, notamment un manque de respect flagrant envers l’expression électorale, ainsi qu’un aspect sectaire et violent indéniable. L’article de Libération, que je joins à ce post, le détaille bien.

  Pourtant, faut-il verser dans le manichéisme du « méchant coco qui n’a rien fait de bien ? ». Non. Si la stratégie politique de Brard, qui a tout de même tenu un quart de siècle, est imprégnée de clientélisme social – vacances pour les enfants, subventions pour les associations « amicales », fêtes populaires – et de polarisation effrénée et ambiguë – Brard crachant comme pas deux sur les « bobos », mais étant responsable de leur venue - on peut toutefois distinguer de vraies réussites, incontestables, dans la gestion de Montreuil.

D’abord, une balance budgétaire bien tenue, avec une dette municipale dans les normes. Bon, au niveau taxe foncière, c’est une autre histoire, mais restons dans le positif… La création des « Tacos » est une vraie révolution ! Il s’agit de taxis populaires, à 1 Euro la course, qui servent beaucoup aux personnes âgées notamment. Et que Voynet veut supprimer… La construction de bâtiments culturels tels que le Méliès, et le nouveau théâtre de Montreuil, sont également de franches réussites, que les Verts n’ont pas vraiment soutenues.

On voit qu’il est difficile de trancher, encore, entre un bilan qui, même entaché par un comportement autoritaire et autocratique, présente des côtés lumineux,  et un nouveau pouvoir qui n’a pas prouvé grand-chose, teinté d’arrivisme, un parti qui jouit certes du bénéfice du doute, mais qui peine encore à motiver réellement la population de Montreuil…

 

Par Matthieu Ecoiffier, Libération

Ce n’est pas à un vieux communiste qu’on apprend à faire sa sortie. Samedi, 9 h 30, mairie de Montreuil, le visage grave et le teint blême, Jean-Pierre Brard, maire depuis vingt-quatre ans de la première ville de Seine-Saint-Denis fait son entrée dans la salle des fêtes. «Jean-Pierre ! Jean-Pierre !» scandent ses partisans, arrivés dès 8 heures pour occuper les rangs. L’intéressé se dirige à pas comptés vers la tribune pour prononcer son dernier discours de maire. Avant d’introniser celle qui l’a battu avec plus de 54 % des voix le 16 mars : Dominique Voynet, assise au premier rang du public avec ses colistiers.

La sénatrice verte se dit «zen», malgré l’ambiance électrique. Après tant de défaites comme leader des Verts, la voilà victorieuse dans une ville de plus de 100 000 habitants, à la tête d’une équipe de militants écologistes, de socialistes dissidents et d’associatifs. Du public ne fusent pourtant que des lazzis et des huées. «Si elle croyait que c’était sa fête, Madame Voynet, c’est raté !» lance une dame aux cheveux blancs. «Jean-Pierre reviens ! Dominique casse toi !» crient des militants, tandis que les employés municipaux retiennent mal leur larmes. «Bobos parachutés», entend-on. «Les gens sont encore sur le cul, du rouge on est passé au vert, mais personne n’a à rougir de rien», lâche Hakim un quadragénaire, désignant des «petits jeunes qui en appellent au Che». «Hasta siempre la victoria, c’est une cruelle désillusion, martèle Yacine, 21 ans. On a connu que Brard. Quand j’étais petit, les communistes organisaient des tournois de foot, de pétanque, des sorties à la mer. Ils ont toujours été proches de nous.» A ses côtés, son copain n’avale pas la défaite : «On a perdu la mairie, mais pas la ville. Dans nos cœurs, Montreuil la rouge restera la rouge. Ce n’est pas une page qui se tourne, mais un temps de pause.» Difficile de couper le cordon ombilical : «C’est comme si on avait perdu un père spirituel, alors qu’elle le traite de dictateur», conclut Yacine. 

Serrures et bennes. Le duel entre les deux gauches a été rude. Voynet avait comparé Montreuil à la Roumanie juste avant la chute de Ceausescu. Et Brard avait promis que Voynet «la bourgeoise» irait bientôt rejoindre «le cimetière» de ses adversaires. La cérémonie de passation des pouvoirs a fait l’objet de minutieuses tractations entre les deux parties. Après une semaine de transition sous haute tension : «Les « brardistes » ont changé toutes les serrures des bureaux et la mairie était remplie de bennes. On a une vidéo», raconte Manuel Martinez, ex-PS et nouvel adjoint. Autre accusation du camp Voynet : «Brard s’est fendu d’une lettre de propagande à tous les Montreuillois et à leur frais.»

A 9 h 40, voilà le sortant au micro. Avant de céder son écharpe tricolore, Brard compte bien s’offrir un dernier numéro. Il cite Jaurès : «Le courage c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel.» S’estime «fier» de son bilan. Il se place dans «la minorité vigilante et active» mais multiplie les menaces. Il en appelle à «tous les jeunes» : «Nous n’hésiterons pas à défendre pied à pied notre idéal», conclut-il, une larme au coin de l’œil, sous les vivats de ses partisans. L’une d’eux se précipite pour lui offrir un bouquet de roses violacées. «On se croirait dans l’URSS des années 50, c’est terrifiant», persifle un présent.

Peu à peu les écharpes turquoise, aux couleurs de la liste Voynet, se mélangent au public. Brard se rassoit à sa place de conseiller municipal. Face aux caméras de télé, il martèle que sa rivale a gagné grâce aux voix de droite. Ce qu’Olivier Madaule, secrétaire de la section PCF, dément : «Ceux qui ont fait la différence au second tour, ce ne sont pas les gens de droite, mais les abstentionnistes des quartiers populaires. L’élection s’est plus jouée sur un rejet du maire que sur une adhésion à Voynet.»

Photo officielle. Lorsque celle-ci monte à la tribune, la salle se calme. «Heureusement qu’elle est là avec son expérience et son poids, face à des gens qui ont tout verrouillé», souffle un habitant. La nouvelle maire se veut pacificatrice mais ne peut s’empêcher de cogner : «Je veux agir pour que cesse le climat carrément malsain dont la violence de cette séance témoigne, hélas. C’est de cela aussi que les Montreuillois sont fatigués, dégoûtés. Je veux répondre à leur fringale démocratique.» A 11 h 45, les deux rivaux se retrouvent pour la photo officielle sur les marches de la mairie. Clic-clac. Voynet descend trois marches pour aller serrer la main de son rival. «C’est pas bien d’aller pêcher des voix de droite», balance-t-il. «Je t’emmerde !» réplique-t-elle. 

Une affaire d’espèces protégées

  Je profite de la mort de l’ours « Cannelle », intervenue il y a quelques temps, pour rédiger ici un billet peut-être iconoclaste d’un point de vue « écologiste », mais néanmoins férocement logique. (Z’avez remarqué le jeu de mots ? Ours… féroce… mmm… laissez tomber, ça fait rien).

  Bon. J’aimerais opérer une comparaison. Imaginez qu’on réussisse à cloner des Vélociraptors – oui, comme dans Jurassic Park. Passée la période d’exhibition dans un zoo, allez savoir, il y aura forcément une association d’ « écologistes » qui militeront pour leur réintroduction dans leur milieu naturel… A savoir, la forêt. Ca vous plairait, mmm ? Que diriez-vous de vous balader dans une forêt habitée par des raptors ?

  Eh bien, ce jeu d’esprit pour le moins incongru, est devenu une réalité par rapport à l’ours, en France. Pour contenter les besoins esthétiques et moraux de « défenseurs des droits des animaux », on a décidé que les humains devaient cohabiter avec des bébêtes de près d’une tonne, joliment prénommées, et qui peuvent vous décapiter d’un coup de patte. Tout ça pour quoi ? Pour se donner bonne conscience ? Pour la « biodiversité » ?

  Sûr, les ours peuplaient largement les forêts, en France, autrefois. Comme les loups et, bien avant, les Vélociraptors. Sûr, les chasser de leur territoire a été cruel, mais bordel, ouvrez les yeux ! Comment faire cohabiter des humains et des OURS dans le même lieu ? On interdit aux humains de fréquenter ce coin, alors ? Super… On voit que ça ne marche pas, rien que les chasseurs ne s’y plieront jamais totalement, et s’ils ne tuent pas ces fameux « nounours », ce seront eux qui y passeront, à long terme.

  En bref, j’ai beau avoir une sensibilité « écolo », ça m’énerve de voir qu’on tente, encore et encore, ce même genre d’expériences débiles qui consistent à mettre en présence des animaux potentiellement très dangereux, avec des humains, tout ça pour les besoins de hippies qui ne fréquentent généralement même pas ces lieux. Et eux, comment réagiraient-ils, nez-à-nez devant un putain d’ours, hein ? Croient-ils que leur « amour de la nature » leur épargnera un coup de griffe ?

UMP – Comment noyer le poisson dans une baignoire

  Un post pour revenir sur les derniers écrans de fumée allumés par l’UMP. J’avoue que c’est tordant… Après la débâcle assez générale des municipales/cantonales (qui, bien qu’à connotation locale et départementale, n’en ont pas moins constitué une bonne tripotée de baffes assénées en même temps), on avait bien entendu tous les droitistes s’agiter, sur les plateaux télé, en répétant bien leurs petites fiches : « c’est un rééquilibrage », « ce n’est pas un vote-sanction », « nous conservons Marseille », etc…

  Vint la seconde phase, celle qui me fait prendre ma plume virtuelle, à savoir les fameux sondages. On y apprend qu’une majorité de français souhaitent « l’accélération des réformes », en premier lieu. Qu’ils veulent ensuite qu’elles « aillent jusqu’au bout », et enfin que Sarkozy adopte un « ton plus présidentiel ».

  Voilà. Moi, j’adore. Comment ne pas faire d’information politique… Qui veut vraiment que « des réformes » ralentissent ? C’est absurde ! Tout aussi absurde que de parler de « réformes », dans l’absolu, en agglomérant tout en une seule grosse boule informe. Quant à demander aux gens s’ils souhaitent qu’elles aillent « jusqu’au bout », j’imagine bien le petit malin qui sortira « non non, moi, je veux qu’on les fasse à moitié, et puis qu’on les laisse comme ça. »

  Au sujet de la « tenue » de notre cheeeeer Président, on a vu qu’il a effectivement compris le message. Le voici qui marche tout seul en costard dans la neige (vachement naturel), pendant moins d’une minute devant les caméras, en manquant de se paner au moins trois fois. Ou semblant sourire, aux côtés d’un Chirac très grave, durant la cérémonie en l’honneur du dernier combattant de 14-18 (j’aime pas le terme « poilu », au fait, en passant). Enfin, avec une bonne semaine de retard, le voici qui se réveille pour condamner les violences au Tibet.

  On résume : Des sondages composés de questions biaisées qui n’apportent rien, des UMPistes qui disent ce qu’on leur dit de dire à la télévision, une gravité qui tient de Vidéo Gag, et une diplomatie à retardement… C’est sûr, que de changements !

Fichage made in USA

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  Un article extrait de GeekZone, le site/forum créé par Caféine, un ancien de Joystick. Je le reprends tel quel, illustration comprise (copyright Peter Steiner).

  L’enfer est pavé de bonnes intentions… Cette initiative le rappelle bien à propos.

  Tim Couch, homme politique évoluant dans l’arène du Kentucky (Etats-Unis), fait beaucoup parler de lui sur la toile ces derniers jours. En cause, une proposition de loi qu’il vient de déposer et qui viserait à rendre purement et simplement illégale toute forme d’expression sur le Net sous couvert d’anonymat.

  Une fois la loi votée, toute personne gérant un site web devrait donc en théorie imposer à ses utilisateurs de renseigner leur véritable nom et de fournir une adresse physique valide. Tout contrevenant s’exposerait à des amendes allant de 500$ à 1000$ par infraction, selon le degré de récidive. Pas vraiment une paille. A titre d’exemple, Geekzone avec ses 13555 inscrits anonymes y laisserait la coquette somme de 13,5 millions de dollars. J’ai regardé nos comptes en banque à Caf et à moi et bon, ça ne va pas être possible.Du coup, ça grogne un peu dans la blogosphère, certains n’hésitant pas à invoquer le premier amendement (celui qui garantit la liberté d’expression) pour démonter l’argumentation de ce bon vieux Tim.Pourtant, à l’origine, le projet est plutôt louable : il cherche à éradiquer une vague d’intimidations de plus en plus répandue dans le coin, notamment via un site baptisé JuicyCampus.com, où des étudiants peuvent diffamer à l’envi leurs petits camarades, en révélant par exemple à la face du monde que oui, Machin regarde des vidéos de « pitis chats » le soir chez lui, seul derrière son PC. Et ça, c’est clairement dégueulasse (la dénonciation hein, les « pitis chats » nous on kiffe aussi).

  Mais Tim le reconnait lui-même, il a beau être pétri de bonnes intentions, dans les faits, on ne voit pas trop comment il va pouvoir garantir l’application de cette nouvelle loi potentielle. Parce que moi je veux bien, mais je ne vais pas me taper les quatre coins de l’Hexagone à chaque fois qu’un nouveau geekzonien s’inscrit, juste pour aller vérifier qu’il est bien celui qu’il prétend être.

  Sauf s’il a un piti chat.

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