posts de avril 2008


La banderole pourrie (2)

  Vu que mon précédent article sur ce sujet a connu un certain intérêt, j’en profite pour relater la suite des évènements qui y sont associés. Les Boulogne Boys, ainsi qu’une fédération de supporters de Metz, ont été dissous par MAM. Doit-on s’en réjouir ou y voir une solution de facilité ?

  Un des problèmes soulevés par cette décision, est qu’un « KOP » permet de savoir où se trouvent les supporters d’une tendance politico/sportive (je vais encore écoper de commentaires assassins, mais franchement les Boulogne Boys, c’est pas l’extrême-gauche hein…) ; Avec la dissolution de cette organisation il y a fort à parier que les « hooligans » vont se retrouver dispersés dans le public – ce qu’on appelle des « indépendants ». Pas évident pour faire régner l’ordre…

  En parlant d’ordre, j’en ai appris une belle aujourd’hui : le type chargé de la sécurité vidéo, au Parc des Princes, est… un ancien directeur du KOP Boulogne ! Bouahaha ! Ceci explique donc cela… j’avoue que ce n’est pas trop mon univers de prédilection, mais j’ai essayé d’en discuter avec un max de personnes plus calées que moi sur le sujet. Elles sont unanimes : la sécurité, surtout au Parc des Princes, est affaire de compromission entre les clubs de supporters (qui achètent les places, enfin surtout des abonnements), les organisateurs, les investisseurs, et l’Etat/la police. Ce qui explique que, malgré quatre annonces tonitruantes en tant que ministre de l’Intérieur, Sarkozy n’a en fait rien branlé pour assurer que les hooligans soient véritablement contenus, ou interdits de stade, comme en Angleterre !

  MAM aura au moins eu le mérite d’agir. Sur ordre du Président, ou de son propre chef, mystère… quoiqu’il en soit, on n’en serait sûrement pas arrivé à des mesures aussi drastiques (d’autant que les banderoles dégueu, ça fait des siècles que ça existe au Parc) si le problème avait été réglé, plus en amont, et en accord avec les promesses de nos chers politicards ! (Ptain, v’la que je tourne sérieusement anar, en ce moment…)

Chute d’un despote à Anjouan

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  Ami lecteur, j’avoue que j’ai suivi cette histoire avec le plus grand intérêt. Les tyrans qui s’en prennent plein les dents, sont suffisamment rares pour éveiller ma curiosité. J’en profite, quelques semaines après les évènements, et alors que la crise est loin d’être résorbée, pour aborder cette affaire.

  L’archipel des Comores, qui compte notamment l’île d’Anjouan, est depuis bien longtemps le voisin turbulent de Mayotte. Entre ces pages, on trouvera d’ailleurs un article consacré à Bob Denard, l’un de nos si traditionnels mercenaires anticommunistes, qui se spécialisent dans les coups d’état – celui-ci en ayant orchestré cinq, rien qu’aux Comores. Bref, il faut retenir que ce dernier archipel a plusieurs fois essayé d’ « annexer » Mayotte, et que ce sujet revient périodiquement, en période d’élections, afin de détourner l’attention sur les réels problèmes économiques que connaissent les Comoriens.

  Voilà pour le plan d’ensemble, attaquons-nous maintenant au conflit en lui-même. Mohamed Bacar, élu honorablement il y a quelques années, s’est rapidement rendu impopulaire par un régime violent, corrompu et clanique. A noter que la France affirme n’avoir aucun lien avec le dictateur à présent en exil… alors que celui-ci, lui, se vante d’avoir été formé par nos services. Il semble effectivement qu’il soit passé par l’école navale de Brest… Aaaaaah, la Françafrique… Bref, il y a plusieurs mois, Mohamed Bacar, de manière très caricaturale, a « participé aux élections » prévues de longue date, en avançant d’une semaine le scrutin ! Résultat : Chaos parmi ses opposants, incompréhension parmi la population – qui a voulu attendre le « second premier tour », une semaine plus tard, chiffres de la participation truqués, et une élection bidon de plus à accrocher au patrimoine de l’humanité. Bacar demande, haut et fort, « qu’on respecte la volonté du peuple d’Anjouan » qui lui a « renouvelé sa confiance », et croit s’en tirer ainsi…

  Perdu ! L’Union Africaine, soutenue par la France – qui n’envoie pas un seul homme sur place, mais uniquement des transports de troupe, afin selon notre ministère, de ne pas paraître comme « le gendarme de l’Afrique » – l’UA donc, s’en mêle et dépêche une mission afin de renverser le tyran. Celui-ci plastronne d’abord, menace de répliquer, puis finalement est d’accord pour négocier – trop tard. Pour rentrer dans les méandres de la politique africaine, il semble surtout que ses quatre détrôneurs (Tanzanie, Soudan, Sénégal et Lybie), à l’inverse de l’Afrique du Sud, aient profité de  l’occasion pour redorer le blason de l’UA, et faire oublier leurs petites affaires personnelles (Darfour, par exemple).

  Vient l’épisode de l’intervention armée. Au vu des réactions des habitants d’Anjouan – qui ont accueilli très chaleureusement les troupes de l’UA – le règne de Bacar n’a effectivement pas été rose du tout pour eux. Les troupes libératrices progressent donc rapidement, et à part une poche de résistance, s’assurent en quelques heures le contrôle de l’île. Mais le despote reste introuvable…

  C’est à cet instant que la France revient dans la partie, involontairement. Un hélicoptère français se crashe en pleine mer, devant les troupes comoriennes, qui vont le secourir. Pas de victimes à déplorer, heureusement ; sauf que les autorités demandent ce que cet engin vient faire ici, au milieu de cette situation troublée. La réponse officielle est qu’il était chargé de repérer des clandestins en partance pour Mayotte (l’île française connait effectivement un vrai problème, de ce côté-là). Problème : l’hélicoptère « patrouillait » du mauvais côté de l’île – et tout près du refuge présumé de Bacar…

   Epilogue : Finalement, la France a déclaré que le tyran se trouvait à… La Réunion, en attente d’être jugé. Kouchner fait savoir qu’ils attendent la fin de son procès, pour pouvoir le transférer aux Comores  -  s’il ne disparait pas, d’ici là. En tout cas, Anjouan a retrouvé son calme, et notre ministère, toujours aussi ténébreux et ambigu décidément, s’acharne pour aplatir les vagues de cette affaire…

Apocalypse, Apophis, AFP et un jeune étudiant de treize ans

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  Mystérieux, non ? L’AFP vient de nous livrer cette dépêche, pour le moins surprenante, à propos de l’astéroide qui pourrait signer l’arrêt de mort de notre belle planète bleue :

 

BERLIN (AFP) – Un Allemand de 13 ans a corrigé des calculs de la Nasa sur la probabilité de collision d’un astéroïde avec la Terre et l’Agence a reconnu son erreur.

A partir d’observations télescopiques à l’Institut d’astrophysique de Potsdam (AIP), près de Berlin, le lycéen Nico Marquardt a calculé une probabilité de 1 sur 450 qu’un astéroïde baptisé Apophis entre en collision avec la Terre, a rapporté le quotidien régional Potsdamer Neuerster Nachrichten.

La Nasa, qui avait estimé à 1 sur 45.000 la probabilité d’un tel impact, a fait savoir –via l’Agence européenne de l’espace (Esa)– que le jeune génie avait raison.

Le facteur intégré par Nico Marquardt que l’Agence américaine n’avait pas pris en compte est le danger de collision d’Apophis avec l’un ou plusieurs des 40.000 satellites lors du passage près de la planète bleue le 13 avril 2029.

Ces satellites tournent à une vitesse de 3,07 km/seconde autour de la Terre à une distance allant jusqu’à 35.880 kilomètres: or l’astéroïde devrait passer à 32.500 kilomètres de notre planète. Si un impact a lieu en 2029, cela pourrait changer la trajectoire d’Apophis de manière à lui faire rencontrer notre planète lors de son prochain passage près de la Terre prévu en 2036.

La Nasa et Nico Marquardt estiment qu’en cas de collision, la boule de fer et d’iridium d’un diamètre de 320 mètres et lourd de 200 milliards de tonnes tomberait dans l’Océan Atlantique. Ce choc déclencherait des vagues monstrueuses, ravageant les côtes et bien au-delà, tandis que des masses extrêmement denses de poussière dans l’atmosphère assombriraient le ciel pour un temps indéterminé.

Nico Marquardt avait fait connaître sa découverte dans le cadre d’un concours régional qu’il avait remporté grâce à son travail intitulé « L’astéroïde meurtrier Apophis ».

 

  Le problème, dans cette affaire, étant que tout cela est COMPLETEMENT FAUX. La preuve ici : http://www.theregister.co.uk/2008/04/16/esa_german_schoolboy_apophis_denial/

Et ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Nico_Marquardt

C’était donc une belle histoire, sauf que l’AFP grossit de 10 000 fois l’astéroïde, de 30% sa taille, se plante sur sa composition, et surtout que ni la NASA ni l’ESA n’ont jamais avoué leur erreur face au « petit génie » de 13 ans. Quel incroyable sens du recoupement des informations… Pour achever cette histoire, ce jeune homme a effectivement fait ces calculs, sauf qu’il s’est trompé sur l’angle de l’astéroïde par rapport à notre ceinture de satellites, voilà…

  Et bon, je vais peut-être dire une grosse connerie, mais un machin aussi énorme qu’Apophis (c’est le nom du dieu des Ténèbres, dans la mythologie de l’Egypte antique, au fait), ça me parait louche qu’il puisse être destabilisé par un petit satellite, même tournant à plusieurs kilomètres/seconde, et donc en prenant en compte sa force cinétique.

  Et pour ceux qui flipperaient sous leur couette, en ce joli matin, à l’idée qu’en avril 2029 – ou en 2036, vu qu’Apophis peut faire un second passage – nous puissions tous mourir dans un torrent de flammes et de vapeur d’eau, je leur apprendrais peut-être que trois projets au moins sont prévus par la NASA et l’ESA afin de sauver nos petites fesses d’humanoïdes allergiques aux astéroïdes. Trois projets robotiques, commandés à distance, sélectionnés selon la composition de « l’anéantisseur ». L’un consiste en un module qui lancerait des missiles nucléaires (du genre épais, quand même) dont le souffle dévierait l’astéroïde de sa trajectoire. Le deuxième projet utilise la force cinétique des projectiles, et le troisième consiste en une sorte de panneau solaire qui ferait fondre le gros caillou.

  Autre info du jour : en cas d’impact imminent avec un « anéantisseur » (on parle aussi de « destructeur de mondes »), un sondage fait état des réactions des gens. Environ la moitié déclarent qu’ils voudraient passer leurs derniers instants avec leurs proches, et oui, ami lecteur, puisque tu attends impatiemment cette réponse, seulement 9% avouent qu’ils auraient des relations sexuelles spontanées. Ce qui risque de réduire sérieusement notre dernière partouze… ou d’accorder un bon gros taux d’hypocrisie à l’humanité !

Une question de réduction des allocations familiales

  Bon, pour ceux qui ne sont pas familiers avec ces calculs (j’écris ça sans aucune condescendance), le post qui va suivre est un peu compliqué à aborder, mais je vais essayer de le résumer le plus clairement possible.

  En gros, après que Luc Chatel (celui qui s’étonnait, sur Dailymotion, de la hausse des prix) ait bien précisé que rien n’était prévu concernant les allocations familiales, Fillon le dément en annonçant une baisse, en pratique, des sommes allouées au total. Verdict de Nadine Morano, secrétaire-machin à la famille : « Il n’y a pas de couac gouvernemental. Nous sommes sur la même ligne. » C’est ce qui s’appelle justifier son salaire…

  Rentrons dans les détails. Jusqu’à maintenant, les allocations familiales étaient majorées (donc augmentaient) à 11 ans et à 16 ans. Fillon décrète qu’elles le seront, dorénavant, uniquement à 14 ans, en se basant sur des « études ». Bilan : Une baisse de six cent euros en moyenne pour les familles, comprise sur cinq ans. A part ça, il n’y a aucun « plan de rigueur »… l’UMP se décharge en évoquant le fait que les 180 millions d’euros ainsi économisés (1% du paquet fiscal, à titre de comparaison) seront réinvestis dans la garde d’enfants à domicile. Super, sauf que ça n’a rien à voir avec l’affaire initiale…

  Les socialistes, et la gauche toute entière sont vent debout contre cette mesure, la droite elle-même se divise sur ce sujet, mais on s’en fout puisque, de toute manière, le gouvernement fera ce qu’il veut, et qu’il n’y a ni « rigueur », ni « cacophonie » dans ses annonces. Ils l’affirment avec tellement de conviction, qu’il faudra bien les croire, non ?

Royal prend du plomb dans l’aile

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  Ami lecteur, tu sais que ton serviteur peut avoir des failles, mais s’il y en a une que je réfute catégoriquement, c’est bien l’esprit partisan qui occulte les défauts de son propre camp. Il est donc nécessaire d’évoquer, ici, une affaire qui, à n’en pas douter, entachera la réputation de Ségolène Royal – à savoir, le jugement rendu en sa défaveur concernant le non-paiement des salaires de deux de ses collaboratrices.

  Pour m’être intéressé à cette affaire, je peux essayer de la resituer entre ces pages : Après la dissolution de 1997, l’actuelle présidente du Poitou-Charentes avait continué à employer ces deux personnes, lors de la campagne électorale. On parle de « plusieurs mois », mais il s’agit plus sûrement de quelques semaines. Par oubli ou par radinerie, Royal n’a effectivement pas payé ses ex-attachées. Lorsqu’elles se sont manifestées, elle leur a toutefois glissé une enveloppe en espèces – ce qui n’est pas très légal, certes, mais reste relativement honorable. S’ensuit un procès qui dure plus de dix ans, jusqu’à aujourd’hui. Ces deux personnes sont, finalement, dédommagées officiellement (en plus de leur enveloppe, malin hein ?), et, bien sûr, clament haut et fort qu’elles n’ont pas fait ça « par esprit de vengeance ». Mon cul, ouais…  A tort ou à raison, les plaignantes ont retourné leur veste depuis longtemps, et s’acharnent sur leur ancienne patronne, pour le compte de l’UMP.

  En témoigne le fait que le jugement soit déformé par les propos de l’UMP, Raffarin en tête (qui l’a toujours mauvaise d’avoir perdu la région Poitou-Charentes, et compte bien se refaire), et surtout que la droite soit montée au créneau avant même que Royal n’en soit informée… En bref, cette affaire est montée en épingle pour salir l’ex-candidate à la présidentielle.

  Le problème, comme d’habitude, est que les gens ne vont sûrement pas aller chercher en profondeur les tenants et les aboutissants de ce jugement, et que ce scandale risque bien de rendre Royal impopulaire… Quand on voit que même les communistes s’y mettent, pour la descendre en flammes, c’est mal barré pour le « français moyen ». Personnellement, je soutiens que la méthode Royal sur ce sujet n’était pas la bonne, qu’elle a fait une énorme connerie qui lui éclate aujourd’hui en pleine tête, au mauvais moment qui plus est ; mais pour autant, on ne peut l’accuser d’avoir volé ou exploité son personnel, puisqu’elle a tenté de le rémunérer !

  Qu’en pensez-vous ?

Une affaire de logement (ghettos pour les pauvres, expulsions pour les moins pauvres)

Transcription d’un article très pertinent du Canard Enchaîné (par Hervé Liffran) :

Extrait du dernier rapport sur le logement :

« il n’est pas établi que la mixité dans le logement soit un objectif à poursuivre »

La ministre du Logement, Christine Boutin, met la dernière main à un projet de loi qui va faire du bruit dans les cages d’escalier. Ce texte vise, d’une part, à réduire fortement le nombre de personnes ayant le droit d’accéder aux HLM, et donc à privilégier les plus pauvres. D’autre part, à pousser vers la sortie, et donc vers le secteur privé, ceux dont les revenus ont fortement augmenté. Deux objectifs que l’on serait tenté d’applaudir vigoureusement si le projet gouvernemental ne risquait d’avoir des effets pervers : la transformation des cités HLM en ghettos pour quasi-indigents, et l’exclusion des ménages modestes, pas assez pauvres pour être admis et pas assez riches pour trouver un toit correct.

  Boutin a bien annoncé, dans une interview aux « Echos », qu’une « grande loi sur le logement » serait soumise au Parlement prochainement, mais elle a pris soin de ne pas rentrer dans les détails. La ministre s’est contentée de promettre « des mesures fortes de mise à disposition de plus de logements sociaux ».

  Cette discrétion de violette ne doit rien au hasard. « on ne veut pas d’effets d’annonce. Il s’agit d’aller plus vite et d’éviter d’avoir à reculer face aux polémiques. », confie un haut fonctionnaire. Pour mettre au point ce texte qui doit encore faire l’objet d’arbitrages, le gouvernement s’est largement inspiré d’un « relevé d’observations provisoires » de la Cour des Comptes sur « l’occupation et la gestion du parc locatif social ».

  Ce prérapport n’y va pas avec le dos de la truelle : il suggère de baisser de 40% les plafonds de ressources permettant d’être locataires d’HLM. Cette mesure, défendue par Bercy, reviendrait à diviser par deux le nombre de foyers ayant le droit de postuler au logement social.

  Dans les réunions interministérielles, Christine Boutin défend – mollement, d’après certains participants – une position moins tranchée et plaide pour une « petite » diminution de 10%, comme l’a écrit le journal en ligne Mediapart. Mais l’Elysée et Matignon réclament un tour de vis plus énergique et une baisse des plafonds pouvant aller jusqu’à 30%. Avantage : une telle mesure, en réduisant  de facto le nombre de demandeurs d’HLM, rendrait caduque la promesse de Sarkozy de construire 100 000 logements sociaux par an et permettrait à l’Etat de réaliser de sacrées économies.

  Ces dernières années, le niveau de vie des locataires d’HLM n’a cessé de baisser : 25% des nouveaux résidents vivent au-dessous du seuil de pauvreté et 60% des occupants appartiennent aux catégories « très sociales ».

  Jusqu’à présent, les critères de revenus étaient fixés de façon à maintenir un minimum de mixité sociale : les deux tiers des foyers fiscaux peuvent légalement solliciter un HLM. Ainsi, le « revenu fiscal de référence » d’un demandeur célibataire va jusqu’à 1962 euros par mois en Ile-de-France et 1706 euros dans les autres Régions. Pour un couple avec deux enfants, ces chiffres grimpent à 4591 euros à Paris et 3308 euros en Province.

  MAIS si la diminution de 40% des plafonds proposée par la Cour des Comptes devenait effective, ce serait même une bonne part des smicards qui se verrait interdite d’HLM ! On leur souhaite bonne chance pour trouver un toit ailleurs… La situation ne serait guère plus brillante si la baisse n’atteignait « que » les 30% réclamés par certains conseillers de notre Président, et de notre Premier Ministre. Ainsi, un célibataire dépassant les 1374 euros par mois en Île-de-France ou 1185 euros dans les autres Régions, ne pourrait plus postuler pour un HLM. Même la « petite » diminution de 10% souhaitée par Boutin ne serait pas indolore. Par exemple, un célibataire marseillais devrait déclarer au fisc moins de 1536 euros par mois pour pouvoir bénéficier d’un HLM.

  Autre gâterie prévue par la ministre : l’augmentation des surloyers. La législation actuelle est, il est vrai, absurde : les locataires d’HLM dont la situation professionnelle s’est fortement améliorée paient des surloyers ridicules. Ainsi, un couple avec un enfant qui déclare 5800 euros de revenus par mois ne doit payer qu’une cinquantaine d’euros de surtaxe pour un 60 m2 à Paris. Mais de tels cas restent exceptionnels : 1% seulement des locataires d’HLM dépassent de 50% ou plus les plafonds de ressources.

  A l’avenir, ces privilégiés pourraient voir leur surloyer multiplié par huit ! Et même, parfois, atteindre jusqu’à 1680 euros par mois de surtaxe pour un 60 m2 ! Ce qui revient à une expulsion…

  Plus gênant, avec une baisse importante des plafonds de ressources, des ménages qui disposent de revenus modestes risquent d’être touchés à leur tour : des revenus légèrement supérieurs au smic entraîneront-ils une forte hausse du loyer ? Pour toute réponse, le ministère se contente d’un pudique et peu rassurant : « Les arbitrages n’ont pas encore été rendus ».

  En revanche, les logements de type intermédiaire (et non considérés comme des logements sociaux) devraient continuer à échapper au système des surloyers. Principalement construits en Île-de-France, ces appartements de bon standing sont loués à la moitié du prix du marché parisien et sont destinés, en principe, aux classes moyennes. Pourtant, comme « Le Canard » l’a déjà souligné, nombre d’entre eux sont occupés par des cadres supérieurs, des membres de cabinets ministériels et autres pistonnés en tout genre qui disposent de revenus très confortables. Christine Boutin sait tout cela par cœur depuis qu’elle a perdu son directeur de cabinet, Jean-Paul Bolufer. Mais elle a d’autres priorités…

A propos des manifestations lycéennes

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  Non non, le JRDF ne zappera pas cet évènement important de la politique française actuelle… Les lycéens poursuivent leur mouvement de protestation contre les réformes engagées par Darcos - lequel a le culot de répandre sa mauvaise foi sur tous les plateaux télé, à base de « on ne va pas augmenter les effectifs de l’enseignement, puisque ça n’a pas donné de résultats aupravant, alors cette fois on va essayer de retrancher encore des profs, mais ne vous inquiétez pas, ça ne fera pas augmenter le nombre d’élèves par classe ».

  C’est évidemment de la désinformation. Les effectifs de l’Edeucation chutent depuis bien longtemps. Et même si le nombre de lycéens diminue (très faiblement), le sabrage annoncé est supérieur à cette baisse naturelle, et entraînera logiquement une plus grande surpopulation des classes. C’est le noeud du problème. Ca, et le fait que CES ENFOIRES veulent supprimer le théâtre et les arts plastiques ! Dans le genre fasciste, on peut difficilement trouver mieux. Mais quelle importance, puisque les gosses de riches, eux, continueront à fréquenter des écoles privées ?

  Cela s’appelle « la lutte des classes ». Sans mauvais jeu de mots… Pour les uns, des classes vétustes éclairées au néons, à plus de 35 pour un professeur (et on se demande pourquoi il y a des problèmes de discipline…) ; et pour les autres, des écoles privées avec un joli parc et des enseignants qui font face à 19 élèves, au maximum. C’est injuste ? Qu’importe, le ministère truque les chiffres, alors circulez y’a rien à voir…

  Ami lecteur, si tu fréquentes habituellement ce modeste blog, tu sais que le JRDF, bien que solidaire de la CAUSE des étudiants français, ne l’est pas de certaines méthodes. C’était vrai dans le cas des manifestants du cycle supérieur, il y a quelques mois, dont les dérives autocratiques et n’importe-quoiesques m’ont fait sévèrement grincer des dents. Par exemple, décourager les votes à bulletins secrets, bourrer les amphis de sympathisants pour prolonger les blocages, s’en prendre aux transports en commun (c’est vrai que les manifestants ont le don de se téléporter, non ?) ou, encore plus stupide, monter une hiérarchie illusoire qui se fait des congrès dégénérant en guerres de clans, tout en repoussant les journalistes… ça, c’est de la communication…

  Donc, ce blog sera tout aussi également critique envers le mouvement des lycéens. Qui s’engage, heureusement, sur de meilleures bases. Certains leaders ont su investir les plateaux télé pour faire passer leur message, les médias ne sont plus systématiquement repoussés, et pas de renaissance des soviets en vue.

  POURTANT, les failles sont encore là, désespérément classiques, et je prédis à ces pauvres lycéens le même sort que leurs aînés, s’ils ne sont pas capables de réaliser que leurs méthodes sont absurdes. Faire des manifs, c’est bien, mais on sait qu’à part se signaler, ça ne débouche sur rien. Gueuler « non » à quelque chose, sans y opposer une solution alternative, conduira à ce que ce refus obstiné ne soit qu’un espoir vain. Là où les étudiants du supérieur se défiaient des syndicats, les lycéens font l’erreur inverse : au final, ce sont les leaders syndicaux qui s’expriment, et seulement eux. En gros, pour influer sur ce mouvement, il faut être encarté, ou alors suivre la masse pour aller brailler des slogans et piétiner, jusqu’à seize heures, en attendant que les CRS chargent les casseurs – dont certains sont payés par le gouvernement pour discréditer le mouvement, ce qui est un secret de polichinelle.

  Donc, que faire ? Petit ver de terre que je suis, je propose néanmoins de s’inspirer de mouvements qui ont triomphé, tel celui pour les droits civiques, aux USA, ou la lutte pour l’indépendance de l’Inde, sous l’égîde de Gandhi. POURQUOI ces conflits sociaux ont-ils été victorieux ?

  REPONSE : Parce qu’ils ont su compter sur un effet de masse. Un vrai effet de masse; pas quelques manifestations, non, un épais nuage de protestation qui a ciblé UN objectif (grève totale pour l’Inde, marche sur la Capitole pour les Noirs), et qui a tenu jusqu’à ce que leurs revendications soient entendues. Ce qu’il faut aux lycéens, aux étudiants et, plus loin, aux manifestants, c’est de la putain de LOGISTIQUE qui leur permette de tenir, devant un objectif qui fait sens (par exemple, le ministère approprié), et de conserver leur nombre jusqu’à la victoire. Il leur faut également un programme voté démocratiquement – cela établira au moins un peu de légitimité pour un mouvement qui ne l’est pas, puisqu’il n’a aucun mandat – et, surtout, de bons gros services de communication.

  SINON ? Eh bien, le mouvement s’essoufflera. Les jeunes pensent que la guerre d’usure aboutira à quelque chose, mais, comme en 68, la majorité silencieuse saura se faire entendre, lorsqu’elle sera lassée des grèves et des blocages. La dispersion et le n’importe quoi vaincront, comme d’habitude, les meilleures causes et les meilleures intentions. Les lycéens, retranchés dans leurs établissements, s’en feront évacuer par les forces de l’ordre, et les blocages dégénèreront, comme on a déjà pu le constater précédemment – brûler des salles de classe, par exemple, c’est d’un stupide…

  Encore une fois, autant aller hurler dans le désert. La masse se structure auprès d’organismes qui pensent plus à leur propre promotion qu’à obtenir une réelle victoire, et les méthodes « traditionnelles » de la contestation ne sont pas prêtes d’évoluer. 68 aurait du servir de leçon, pourtant, lorsqu’on a le pouvoir, même juste celui du nombre, on DOIT en faire quelque chose… Mais non. Au lieu d’une guerre, les jeunes font la fête. Le réveil sera brutal…

Le MoDem vote… à droite

  Pour les idéalistes qui défendent bec et ongles l’attitude « neutre » du mouvement de Bayrou, voici une petite mise au point, extraite du Canard…

  Bilan du MoDem lors de l’élection des présidents de conseils généraux : comme en Côte-d’Or, tous ses élus ont voté pour les candidats de droite.

  Les trois présidents MoDem sortants (Mayenne, Morbihan et Rhône) ont été réélus grâce aux voix de l’UMP ou du Nouveau Centre [pas si ennemis, visiblement...]. Tel Michel Mercier dans le Rhône. C’est aussi grâce à trois élus centristes que la droite a repris au PS les Hautes-Alpes, où elle était déjà majoritaire en voix.

  Dans les Pyrénées-Atlantiques, le MoDem Jean-Jacques Lasserre, qui avait succédé à François Bayrou, a dû laisser la présidence à l’UMP Jean Castaing, élu au bénéfice de l’âge puisque gauche et droite sont à égalité [Oui, encore une belle règle bien démocratique dans notre beau pays...].

  Comme aime à le dire François Bayrou, il faut savoir dépasser « le clivage stérile gauche-droite ». CQFD.

Fronde fiscale

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PARIS (AFP) – Les députés de gauche, trop heureux de pouvoir jeter de l’huile sur le feu, ont, fait rarissime, réservé mercredi une spectaculaire « standing ovation » à une députée… UMP, Chantal Brunel, qui questionnait le gouvernement sur l’avenir des 359 « niches » fiscales.

Pendant la lecture de sa question, Mme Brunel, nouvelle porte-parole de l’UMP et députée de Seine-et-Marne, a été applaudie une demi-douzaine de fois par la gauche sur le mode crescendo à mesure qu’elle dénonçait certaines « dérives fiscales » permettant aux plus fortunés de ne pas payer d’impôts.

Puis la gauche s’est levée presque comme un seul homme quand elle a lancé à la ministre de l’Economie Christine Lagarde: « pouvez-vous nous dire ce que compte faire le gouvernement? ».

Les bancs UMP restaient étrangement calmes.

« J’ai parlé des niches et de la justice fiscales, un sujet dont les parlementaires UMP se sont emparés depuis longtemps », s’est justifiée la nouvelle « idole » du PS après la séance des questions d’actualité.

Pour les élus PS, cette mise en scène était une occasion de dénoncer de nouveau le « paquet fiscal »: « le bouclier fiscal est la plus belle niche fiscale que l’on ait inventée depuis longtemps », a commenté l’ex-garde des Sceaux PS Marylise Lebranchu.

« Chantal Brunel demande si l’on peut empêcher que des gens gagnent beaucoup d’argent sans payer d’impôts. Elle illustre ce que l’on pense depuis longtemps », a-t-elle ajouté.

Un autre député PS, Christian Paul, a salué la question, mais a dit avoir été « déçu » de la réponse de Mme Lagarde, qui a parlé, à propos des niches fiscales, de questions « techniques ».

Panique à l’Elysée !

Retranscription de l’article « Noir c’est noir » paru dans le Canard Enchaîné

  Il n’y aura pas de « plan de rigueur », a répété Sarkozy sur tous les tons. Et, pourtant, il y a comme un vent de panique qui gagne le plus haut sommet de l’Etat.

  Le Président et le Premier Ministre jugent, en privé, la situation économique mondiale « gravissime », et plusieurs de ses collaborateurs ont trouvé Sarkozy « préoccupé » au dernier Conseil des ministres.

  Il faut dire qu’il n’y a pas lieu de se réjouir. Même si Christine Lagarde s’apprête à annoncer, la bouche en coeur, à ses collègues européens, le 28 mars, une perspective de croissance de1,8% à 2% pour 2008, ces prévisions, déjà revues à la baisse, sont aujourd’hui dépassées. Ses propres experts de Bercy, qui se fondent sur les chiffres de l’Insee et de du FMI, tablent sur une croissance comprise entre 1 et 1,5%. Rappelons que le Budget 2008 a été bâti sur l’hypothèse d’une croissance de 2 à 2,5%…

  Du coup, les promesses du candidat Sarkozy de baisser de 4 points les prélèvements obligatoires (environ 68 milliards d’euros), ont toutes les chances de rejoindre celles de Chirac dans les oubliettes de l’Histoire. La question est surtout de savoir si lesdits impôts et les contributions sociales ne vont pas augmenter.

  L’heure est plus que jamais à la réduction des dépenses. « Jusqu’à sept milliards de crédits », affirme-t-on dans les couloirs de Bercy. Un objectif qui correspond au montant des sommes gelées au début de l’année par Eric Woerth… mais qui a déjà été mangé par les petits cadeaux distribués ici et là par Sarkozy au cours de ses pérégrinations.

  Pour se rassurer, le Président ne peut pas compter sur ses conseillers. Au Château, c’est à celui qui broiera le plus de noir.

  « Nous sommes condamnés à faire le gros dos devant les mouvements sociaux », se résigne l’un. « C’est une situation qu’on n’a pas connue depuis les années 30″, renchérit l’autre. « Il est possible que le monde connaisse une guerre économique, monétaire et sociale. »

  Et tout ça sans marge de manoeuvre. « C’est fichu. Il est impossible de sortir du carcan européen. », soupire l’un. « Il n’y a pas de levier monétaire, plus de levier fiscal, plus de levier budgétaire », se lamente son collègue de bureau.

  Et de résumer : « Il va nous falloir gérer une inflation plus forte, alors que les salaires progressent peu. [NDLR : le Smic a été réévalué conformément à la hausse de l'inflation - au-dessus de 2%, c'est automatique - mais de manière sensiblement inférieure...] Ce qui nous attend est terrible. »

  Mais du moment que Christine Lagarde conserve le sourire…

Négociations sur le travail

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  Un débat très important vient d’avoir lieu à l’Assemblée, quant aux modalités pratiques de la dite « flexisécurité ». Bon, comme d’habitude, vu que l’UMP dispose de la majorité, à part grogner, s’insurger et faire des amendements qui ne sont pas adoptés, « l’opposition » n’a pas de réel pouvoir… C’est aussi ça, la démocratie. La dictature des mathématiques… Décryptons tout de même cet échange, d’après une dépêche de l’AFP :

 

PARIS (AFP) – L’Assemblée nationale devait achever dans la nuit de mercredi à jeudi l’examen du projet de loi sur la « modernisation du marché du travail » et la « flexi-sécurité », résultat d’un accord syndicats-patronat mais qui inspire à la gauche la plus grande méfiance.

Définition du contrat de travail, « rupture conventionnelle » -à l’amiable- entre le salarié et l’employeur, indemnités de licenciement : la gauche cherche « le diable dans les détails », comme elle l’a prévenu, à l’heure de « transposer » dans le code du travail l’accord signé en janvier par les syndicats -sauf la CGT- et, côté patronal, le Medef, l’UPA et la CGPME. [euh... c'est à dire que toutes les propositions du MEDEF ont été acceptées, et que les syndicats ont parlementé, sans obtenir grand-chose... bien sûr, ça ne leur plaira pas de le reconnaître, mais c'est une réalité.]

Inversement, le gouvernement, par la voix de Xavier Bertrand (Travail), souhaite que les élus ne touchent pas au texte, par « respect » pour le travail des « partenaires sociaux ». [Qu'est-ce que je disais...]

« Vos interventions sont insultantes pour quatre organisations de salariés qui ont négocié! », a même lancé à l’opposition le rapporteur UMP Dominique Dord, agacé par les réticences des communistes sur la « rupture conventionnelle ».

Exemple-type de cet état d’esprit : à la reprise des débats mercredi, la députée Martine Billard (Verts) a voulu corriger un alinéa du texte qui était, selon elle, « désavantageux » pour les salariés victimes d’un licenciement économique après dix ans d’ancienneté.

« En ce qui concerne le gouvernement, il n’est pas question de pouvoir signer un décret qui, au final, aboutirait à une diminution des droits », a promis M. Bertrand, après une interruption de séance où il a longuement parlé avec les députés de l’opposition. [ah ben si on a la parole du ministre, tout va tout de suite 'achement mieux...]

« Il y a encore des discussions entre partenaires sociaux après la signature de l’accord de janvier », a ajouté M. Bertrand. Sous-entendu, à l’attention de l’opposition : comment les syndicats pourraient-ils négocier un texte contraire aux intérêts des salariés ? [Peut-être qu'ils n'ont pas le choix et que, de toute manière, ils n'en subiront pas les conséquences directement, alors bon...]

Tout à son souci de vigilance, le député PS Jean-Patrick Gilles -auteur de la formule sur « le diable dans les détails- a soulevé une « question de principe ».

Il veut voir inscrit noir sur blanc dans la loi que la « rupture conventionnelle » (que les députés comparent au divorce par consentement mutuel entre le salarié et l’employeur) donne bien droit au versement d’allocations de l’assurance-chômage. Ce point devait être discuté dans la soirée. [C'est vrai que c'est à peine important... On aboutit à des licenciements à l'arrache qui ne donneront peut-être pas lieu à une indemnisation du travailleur... C'est à peine un recul potentiel d'environ un siècle sur les luttes sociales et salariales...]

La veille, l’Assemblée avait précisé que le CDI est non seulement la forme « normale » mais aussi « générale » du contrat de travail, sur proposition sourcilleuse des socialistes. [du blabla sans réelle définition]

En revanche, l’opposition n’a pas réussi à ajouter que le temps-plein était aussi la règle du contrat de travail.

M. Bertrand, rappelant que « le temps partiel est parfois un choix, mais que dans de nombreux cas, il est subi », a annoncé une table-ronde en juin. « En attendant, sous une amicale pression de ma part, trois enseignes de la grande distribution, Auchan, Casino et Carrefour, ont décidé d’évoluer: le temps partiel subi passe chez eux au temps complet », a-t-il affirmé. [Bertrand refuse qu'on le traduise en loi, mais proclame que ce sera fait auprès de spécialistes des temps partiels subis... eh ben on demande à voir... et pour les autres ?]

Le texte devra encore faire l’objet d’un vote solennel à la reprise des travaux parlementaires, le mardi 29 avril, avant son examen au Sénat. L’UMP devait voter le texte sans état d’âme, le PS s’abstenir [grrrrrr], et le GDR (Verts et communistes), voter contre.

Licenciements massifs, délocalisations

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  Revenons sur les différentes luttes sociales qui émaillent notre pays, actuellement. Rappelons que Sarkozy avait plastronné en promettant de lutter contre les délocalisations. A part une promesse non tenue (celle concernant Gandrange), on ne l’entend plus beaucoup sur ce sujet…

LISTE NON EXHAUTIVE !

Alcatel : 1500 à 2000 licenciements pour 2008.

Dassault : Licenciements massifs (plusieurs milliers) et délocalisations annoncées, l’action prend 1,6% en Bourse…

Usine Kléber : 826 emplois menacés. Cette crise s’est rendue célèbre par les actions désespérées de ses employés (« prise d’otage », destructions, occupation des locaux).

Gandrange : 575 employés vont perdre leur poste.

Flextronics : Multinationale sous-traitante particulièrement opaque. 353 emplois supprimés (l’intégralité de l’entreprise).

Peugeot SA : 10 000 licenciements évoqués (à noter que le groupe dément…).

AXA : Délocalisation au Maroc, 1500 emplois supprimés.

EADS-Airbus : « Dégraissage » d’environ 10 000 employés.

France Télécom : 17000 emplois menacés courant 2008, délocalisation envisagée.

Aubade : Délocalisation en Tunisie. 180 suppressions de poste, 1 site fermé.

Lagardère : Entre 400 et 700 emplois sur la sellette.

Skis Salomon : Fermeture et délocalisation de l’usine originelle en Autriche et en Roumanie. 540 travailleurs laissés sur le carreau.

Chaffoteau : 50 à 70 suppressions de postes, après environ 300 en quelques années, sur près de 2000 employés.

Moulinex : 212 emplois menacés par une délocalisation dans le Sud-Est asiatique.

Célestica : 315 employés dégagés, après les avoir fait travailler 40 heures par semaine pour honorer une commande…

Arena : 73 licenciements, fermeture d’usine et délocalisation en Chine et en Grèce (les employés ont attaqué l’entreprise aux Prudhommes, le jugement est en cours).

Doux : 37H30 de travail hebdomadaire, 23 jours de RTT supprimés, sous menace de délocalisation.

Renault-Dacia : La délocalisation en Roumanie a abouti à une grève dure (plus de 2 semaines de conflit) pour l’obtention de salaires à peu près décents (en Roumanie).

Pindière : Usine de chaussures. 320 employés virés d’un coup, 110 survivants. Délocalisation en Asie.

STMicro : 429 employés virés en 2004, à peine 43 reclassés, en 2008.

Michelin, Cristal d’Arques, Miko : chiffres non communiqués. Précisons que ces groupes enregistrent de forts bénéfices…

C’est pas ma faute !

Par Muriel Gremillet, Libération 

C’est la faute des collectivités locales. La confirmation donnée vendredi par les chiffres de l’Insee de la dégradation des déficits publics français, à 2,7 % du PIB contre 2,4 % escomptés pour 2007, a été l’occasion pour le ministre du Budget de lancer une jolie série de Scuds à l’endroit des socialistes. Vendredi matin sur RTL, Eric Wœrth, a estimé que l’aggravation du déficit de la France était d’abord liée à un «dérapage des dépenses des collectivités locales» de l’ordre de 0,2 point du PIB.

Leçon. Une thématique pas très éloignée de celle utilisée par l’UMP entre les deux tours des élections municipales. La droite avait alors expliqué que voter à gauche, c’était à coup sûr augmenter les impôts locaux. Cette fois, ce sont donc ces collectivités locales – départements, régions, villes -, majoritairement gérées par la gauche qui plomberaient les déficits publics français. Evidemment, la réplique ne s’est pas fait attendre, dans ce qui peut apparaître comme une querelle d’Allemands. Le président PS de la commission des Finances de l’Assemblée, Didier Migaud, a recadré un peu sèchement le gouvernement : «l’essentiel de la dégradation» du déficit public est «le fait de l’Etat et des administrations centrales» et non des «collectivités locales». Se payant au passage le luxe d’une leçon de fiscalité locale au ministre. «S’agissant des collectivités locales, il faut rappeler que leur budget est de par la loi équilibré, explique Didier Migaud. L’augmentation légère de leur endettement s’explique par une progression de leurs investissements, qui représentent plus de 70 % de l’effort d’investissement public et contribuent ainsi directement à la croissance française et au développement de nos PME.»

Surtout, si la droite critique les dépenses de personnel qui ont dérapé, «celles-ci s’expliquent uniquement par les transferts de compétences décidés par l’Etat». Cette décentralisation, non financée, est même critiquée à droite. «On récupère des compétences, on doit gérer le social, les emplois aidés se font rares, dit un maire UMP. Tenir les comptes, ça devient acrobatique.»

Maximum autorisé. Mais les arguties sur les dérapages en 2007, ne sont rien à côté de ce qui attend la France en 2008. Bercy a aussi revu à la hausse son objectif de déficit public pour cette année, à 2,5 % du PIB, contre 2,3 % promis initialement à ses partenaires européens. «En raison de l’impact conjoncturel sur les recettes d’une croissance un peu moins élevée que prévu», explique-t-on au ministère. En 2007, la dette publique a augmenté de 5,2 %, soit 64,2 % du PIB. Un niveau bien supérieur au maximum de 60 % autorisé par l’Union européenne. Cette «douche froide», comme la qualifie le Parti socialiste, promet de belles empoignades à Bruxelles dès la semaine prochaine.

Des lunettes, des dentiers, des trains (tout et son contraire)

  Faisons le point sur trois affaires aussi brûlantes que « prosaïques », en France. La première concerne la suppression de l’engagement de l’Etat dans la carte « famille nombreuse » qui permet à trois millions de personnes de bénéficier de larges réductions sur leurs voyages en train – particulièrement pratique donc, pour réduire le budget des vacances (je dis ça, je dis rien, après tout ce n’est qu’une histoire de « pouvoir d’achat »). Cette mesure ayant soulevé une levée de boucliers, il semblerait -notez le conditionnel- que l’UMP décide, finalement, de se raviser… et même d’opérer un spectaculaire tête-à-queue en envisageant des réductions, dans le futur, pour les célibataires ! Ce n’est pas le JRDF qui s’en plaindra (pas par sympathie particulière envers les célibataires, mais juste envers ce « machin » que l’Etat semble avoir un peu oublié… le peuple).

  Autre sujet, méthodes tout aussi illisibles : le non-remboursement des soins et des dépenses ophtalmologiques et dentaires par l’Assurance Maladie. Précisons qu’il s’agirait, d’ailleurs, d’un parfait reniement des engagements pris par le Phare de la Pensée qui chapeaute notre beau pays, notamment lors du débat de l’entre-deux tours… et là, surprise ! Coup de théâtre ! Twist ! Roselyne Bachelot, lors des questions au gouvernement, dément toutes ces « allégations ridicules » en bloc ! La voilà toute énervée par ces « calomnies », dont « elle ne sait pas quelle peut bien être la source »…

  Ce qui fait au moins trois pétards mouillés, en une semaine. Joli record. Alors ? Faut-il croire que l’UMP tente tout et fait marche arrière, dès que la grogne populaire paraît ? Que tous ces projets attendront un peu, mais qu’on nous les resservira bien chaud une fois d’autres élections passées ? Pourtant, à part les européennes, les cantonales et les sénatoriales (ces dernières ne concernant pas « le peuple » directement), le terrain est dégagé pour la Sarkozie. Mystère…

Paroles de militaires

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  Faisons encore un peu de démocratie participative… Suite au projet de réforme de l’UMP concernant notre armée (appelons-le tout simplement « un bon gros massacre absurde»), des militaires ont réagi sur l’un des blogs affiliés au site de Libération (Secret Défense, http://secretdefense.blogs.liberation.fr/ ). Ayant souhaité communiquer leur avis, on peut supposer qu’ils ne m’en voudront pas de le propager ici. Dans le cas contraire, un mail et c’est réglé ! Quoiqu’il en soit, ces considérations « internes » m’ont semblé passionnantes. D’autant qu el’anonymat d’Internet permet, révolution non-négligeable, de s’affranchir du devoir de réserve traditionnellement échû aux militaires. Petit florilège :

[A noter que cette conversation s’est axée sur deux sujets qui me semblent cruciaux : d’abord, la surpopulation chez les officiers, qui eux, ne sont jamais touchés par les « réformes », et ensuite une logique matérielle proprement ahurissante. On y apprend ainsi que les P4, des véhicules, ont été équipés de moteurs moins performants que ceux d’origine, en raison d’une magouille avec Peugeot, et que nos fusils ne sont même pas compatibles avec les cartouches de l’OTAN… Lamentable…]

La perte de la capacité Génie en matière de déploiement va compliquer, sérieusement, la manœuvre logistique en cas de projection sur des théâtres sous-équipés ou dont l’infrastructure est gravement endommagé. La mise en œuvre des centrales électriques (2 générateurs accouplés) doit être faite par des spécialistes que l’on trouvera où? Va-t-on reconstituer des sections d’infrastructures opérationnelles dans les unités de génie combat? Et je ne parle pas du DEO 49 qui assure la mise en œuvre des centrales de secours de l’Elysée.
Dissoudre une unité se fait en quelques mois, reconstruire une unité opérationnelle demande des années…

Encore une fois de plus « il faut tout changer pour que rien ne change ». Que va-t-on faire, donner des pécules de complaisance aux copains comme l’avait signalé un très bon rapport du sénat en son temps.
Pour prendre en compte le surnombre d’officiers supérieurs, la solution est de supprimer la loi de 75 entraînant l’avancement automatique qui nous a conduit à une armée mexicaine. Il faut tout de suite réformer le statut des militaires et abandonner le recrutement semi direct sans quoi toutes les mesures de gestion des effectifs ne seront que des emplâtres sur des jambes de bois. L’équilibre Officiers, Sous Officiers et rang est totalement incroyable que l’on a besoins d’une réserve dans une armée qui ne possède même pas le matériel a mettre en œuvre pour l’active. Bref bonne chance !

Mon Dieu, même si j’ai un énorme doute sur la véracité ou du moins l’exhaustivité de ce document, il n’y a aucun doute quant au fond… l’artillerie va morfler… En tant qu’ancien artilleur, j’espère qu’il s’agit de re-dimensionner et non de supprimer! Parceque à l’heure où l’on annonce l’engagement AU COMBAT de plus de 1000 soldats français en Afghanistan, j’espère que c’est « appui compris »! Hors de question de partir là bas sans canons! Les Anglais tirent 3000 obus/semaine pour appuyer leurs troupes… et il faut bien ça! Nous verrons bien quel prix est accordé à la vie de nos fantassins…

Les militaires ne sont pas des pions que l’on déplace au grès des intérêts de je ne sais quels dirigeants, ce sont avant tout des hommes, avec des enfants qui s’investissent dans leur vie scolaire et sociale à chaque mutation, des femmes qui peinent pour trouver du travail.Le GDNBC a quitté Caen, transfert Draguignan en 2000, en 2005 transfert à Fontevraud motif: montée en puissance du régiment, les familles quittent école, travail en pensant s’installer dans la durée et maintenant on nous annonce que le régiment est retransféré à Draguignan, mais de qui vous moquez vous Monsieur MORIN?

L’état commet une énorme erreur pour réaliser des d’économies, qui n’auraient eu raison d’être si l’on avait pas fait de cadeau fiscal aux amis sarkosiste. Nous sommes actuellement l’une des armmées les plus puissantes, non pas par notre nombres d’hommes mais par notre savoir faire. Cela le président n’a pas l’air d’en tenir compte puisqu’il met dehors 48000 evats sur 60000 engagé chaque année à partir de l’année 1997. Officiellement ils ont annoncés 6000 suppressions de postes/ans sur plusieurs année, la réalité est toute autre. Nos chers gradés n’ont manifestés aucun mécontentement car pour s’assurer leur silence,le gouvernement leurs a offert une augmentation subtentielle. Seulement que faut-il en tirer comme conclusion, c’est que nous nous retrouvons avec de jeunes soldats sur pièces qui manquent cruellement d’expérience et qui meurent lors de banals exercices, car évidemment un soldat avec de l’ancienneté çà coûte trop cher donc on les jette comme des malpropres sans pension ni réel formation vers un avenir bien incertain au bout de 11 année de bon et loyaux services. L’expérience et le savoir faire sont essentiel en cas de conflits, nous voyons les effets dévastateurs chez nos compatriotes américains qui s’enlisent dans un conflit sans fin et qui essuient chaque jours un peu plus de pertes. Alors voulons nous de ce modèle pour nos soldats français ?

Ce qui se passe est simplement désastreux. On démolit notre outil de défense, notre diplomatie et on s’aligne sur les USA comme un vulgaire satellite des USA. En somme, on détruit tous les instruments qui ont assuré notre indépendance et notre originalité après la 2ème guerre mondiale. Affligeant.

Lire la suite de ‘Paroles de militaires’ »

Royal fait appel à ses militants

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  On peut bien penser ce qu’on veut de Royal, mais au moins, une chose est sûre : elle ne faiblit pas dans l’adversité. Son mouvement (auquel j’appartiens modestement), reprend même du poil de la bête. Si le site principal de Désirs d’Avenir est toujours laissé en friche (euphémisme), notons l’apparition d’une nouvelle structure Internet, au nom tout aussi évocateur (et un peu comique, mais il parait que c’est assumé) : www.congresutileetserein.com

  Pour l’instant, je n’ai pas de plainte à déposer à son encontre (mon esprit critique m’aura valu, pour l’anecdote, une brouille avec la Reine, mais je maintiens tout de même ce que j’ai exprimé…). Ce nouveau site jouit d’un design reposant, et il semble bien architecturé. Je joins ici le détail des questions auxquelles les français peuvent librement contribuer. Il faut toutefois bien garder en tête que cette consultation a lieu en vue du prochain congrès du Parti Socialiste… c’est donc, quoiqu’on puisse en penser, une manœuvre de politique interne.  Reste qu’elle est bien faite, qu’elle me semble apporter de l’eau au moulin de la démocratie, et que Royal reste la seule, en définitive, qui ait le cran de faire appel aux militants, et au-delà, aux « simples citoyens ». Les gens vont globalement s’en contrefoutre, je le prédis, mais au moins, on aura essayé…

Les dix sources d’inquiétude des Français :

1. Un capitalisme qui perd la tête ;

2. La dégradation du niveau de vie ;

3. Les fragmentations et le descenseur social à l’intérieur ; la perte de compétitivité de la France à l’extérieur ;

4. L’affaiblissement de la valeur travail et l’exagération de la valeur du capital ;

5. Le trouble qui pèse sur l’identité française, secouée par les peurs de l’autre ;

6. Le doute sur l’efficacité de l’Etat ;

7. Le scepticisme sur la réalité de l’égalité des chances par l’école ;

8. L’Europe perçue comme indifférente au sort des citoyens ;

9. Les désordres du monde et les interrogations sur la fin de l’hégémonie occidentale ;

10. Une planète menacée d’autodestruction.

Les sept valeurs et objectifs qui nous guident

1. Le monde a changé. Le socialisme doit changer pour rester fidèle à sa mission.

2. Le bien-être de tous exige que l’économie de marché et la concurrence ne dictent pas leur loi désordonnée au service d’intérêts particuliers.

3. La volonté publique et l’Etat organisent la conciliation de l’intérêt général et des préoccupations des gens, notamment à travers les services publics.

4. La lutte contre toutes les formes d’injustices et de discrimination est au cœur du droit de chacun à la réussite individuelle.

5. Les socialistes doivent participer à la construction d’un ordre économique, social et écologique juste, au niveau mondial comme au niveau national.

6. Au niveau national comme au niveau local, le socialisme défend la complémentarité qui unit la démocratie représentative, la démocratie participative et la démocratie sociale.

7. La laïcité est le fondement de la République et de l’identité française, enrichie par le métissage.

- Les dix questions suivantes sont à trancher mais d’autres thèmes peuvent être proposés :

1.      Il faut sortir du fossé entre un discours pseudo révolutionnaire dans l’opposition et un conformisme économique  au pouvoir : de quelle façon ?

2.     Le socialisme ne peut pas se contenter d’aménager le capitalisme financier à la marge : comment produire et répartir autrement la richesse ?

3.     Que reprendre des modèles progressistes des autres pays et que rejeter ?

4.     Il faut pousser l’agilité des entreprises, le goût du risque et l’esprit d’entreprendre, tout en améliorant la situation des salariés et leurs sécurités sociales. Avec quel compromis ?

5.     Il faut rééquilibrer le rapport de force entre le travail et le capital par une meilleure répartition du profit. Quels contre-pouvoirs dans l’entreprise ?

6.     Comment rompre avec la redistribution passive et bureaucratique comme principal moyen de s’attaquer aux injustices sociales ?

7.     Comment améliorer le projet européen pour ne pas oublier les intérêts des peuples et des pays ?

8.     Les peuples du Nord doivent être protégés de la concurrence internationale sans que les peuples du Sud ne soient victimes du protectionnisme. Avec quelles nouvelles règles ?

9.     Les Etats et le marché doivent assurer la sauvegarde écologique de la planète : quel nouveau modèle de développement ?

10. Le Parti socialiste doit intégrer toutes les nouvelles formes de militantisme et d’engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ?

L’unité des unitaires (c’est pas gagné)

  Extrait de Libération… on va encore taxer le JRDF d’être anti-extrême-gauche, encore une fois c’est loin d’être le cas, mais on ne peut pas prétendre que tout va bien lorsque c’est la merde (à moins d’être communiste…) [Non, pitié, pas la tête ! Je blague ! Je blague !]

 

Ils ont encore changé de nom, se cherchent une ligne politique à la gauche de la gauche mais les collectifs antilibéraux et autres comités Bové bougent toujours. Aux municipales, ils ont obtenu 31 élus. Et malgré l’échec de la candidature Bové à la présidentielle (1,3 %), ils n’ont pas renoncé à leur perspective «unitaire».

Environ 90 délégués représentant une cinquantaine de collectifs se sont réunis les 29 et 30 mars à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). «Au total, il doit y avoir 150 collectifs. Soit une force d’environ 2000 militants et trois fois plus de sympathisants. Ce n’est pas énorme, mais pas négligeable», explique le conseiller d’Etat Yves Salesse, ancien porte-parole de José Bové, qui fait valoir la part des collectifs dans le bilan des municipales, où ils étaient en lice dans 125 villes. «Le résultat de la gauche de la gauche a été crédité à la seule LCR. Or, les listes où les collectifs, les alternatifs et certaines sections du PCF étaient présents ont enregistré de meilleurs résultats que celles où la LCR était en petit comité», plaide Salesse. Au total, des collectifs étaient présents dans 57 des 107 listes labellisées LCR. Mais aussi sur 17 listes d’union de la gauche, avec les écologistes, le PCF et le PS.

Fermeture.Cette ligne de partage révèle les difficultés de positionnement de ce mouvement, entre ceux qui veulent disputer à Olivier Besancenot le créneau de l’indépendance totale vis-à-vis du PS et ceux qui sont prêts à s’allier plus largement avec des écologistes, des communistes et des «socialistes du non», amis de Jean-Luc Mélenchon. Des divergences stratégiques à l’origine de nombreux débats à Saint-Denis. «C’est quand même problématique de faire alliance avec la gauche de la gauche les années impaires, pour la présidentielle de 2007, et avec les sociaux-libéraux les années paires, pour les municipales de 2008. On a demandé une clarification mais on n’a pas été entendus», regrette Emmanuel Chanial, un ex-militant de la LCR.

Le débat, en tout cas, fait rage sur l’attitude à avoir envers le futur Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) d’Olivier Besancenot. La motion finalement adoptée oppose une fin de non-recevoir à son entreprise : ni les collectifs locaux ni la coordination nationale n’ont «vocation à participer à sa construction. Le projet de NPA ne correspond pas à notre démarche unitaire et de rassemblement», tacle la motion. Mais une minorité du mouvement dénonce cette attitude de fermeture a priori. «Les collectifs, c’est plus grand-chose!», ironise de son côté Alain Krivine, leader de la LCR.

«Unitaires». Mêmes divergences à propos des élections européennes de 2009. La coordination a décidé d’adresser «un appel pour des listes unitaires de large union» à «toutes les forces qui ont dit « non » au Traité constitutionnel européen en 2005». «On prend les mêmes et on recommence !, dénonce un militant. Comme si, depuis 2005, les amis de Mélenchon n’avaient pas signé la synthèse du Mans, le PCF plombé la candidature unitaire à la présidentielle avant de faire alliance avec le PS et le Modem aux municipales.» Une motion a tout de même fait consensus : troquer le terme de collectifs «antilibéraux» pour «unitaires».

La faim – dos au mur

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  Comme il est difficile à écrire, ce billet, ami lecteur… Qui suis-je, petit bourgeois confortablement installé chez moi, pour évoquer des évènements aussi dramatiques que des émeutes provoquées par la faim ? Je n’ai pas la réponse. Ceux qui mangent n’ont cependant pas, je pense, à avoir honte pour ceux qui ne mangent pas, eux. C’est un phénomène de pitié et de fausse empathie, que je rejette. Ce qui m’inquiète, en revanche, tient à ce que ces mouvements de violence sont déclenchés, et perdurent pour des raisons universelles, et inextinguibles. Je m’explique : une révolte qui a une base strictement politique, est généralement circonscrite sur un territoire, et peut être matée par la répression – ou calmée par des élections, une destitution, le retrait d’une loi, etc…

  Mais comment « arrêter » la faim ? Le mauvais état global de la répartition des ressources, sur Terre, étant actuellement aggravé par différents phénomènes, notamment le réchauffement climatique, la croissance importante de la population, la réduction des terres céréalières au profit de la culture du « biocarburant » (entre guillemets, parce qu’il est loin d’être bio), et surtout… la spéculation sur les matières premières, et sur l’agroalimentaire, du marché financier suite aux diverses crises boursières (subprimes, etc…). Pas très rose, hein ?

  D’autres problèmes contribuent à cette crise : la flambée du prix du pétrole a excité l’intérêt financier et politique pour les biocarburants, et a fait encore grimper les prix de l’alimentaire, car les agriculteurs utilisent souvent… de l’essence, pour leurs machines. Les OGMs ont également rogné sur les terres cultivables « classiques », et imposé des monocultures qui appauvrissent peu à peu les sols, et dont les récoltes sont souvent destinées à l’exportation dans les pays riches, ou à nourrir le bétail (qui risque aussi de crever, à son tour, si la crise continue, à moins qu’on voie ressurgir des cas de Kreuzsfled-Jacob…) ; les OGMs ayant également flingué une bonne part de la pollinisation (les abeilles n’aiment pas trop le Round-Up…), on est loiiiin d’en voir le bout, de cette affaire. Poursuivons en rappelant que, pour prévoir cette crise, l’Union Européenne a décidé, l’année dernière, de supprimer les jachères. Résultat : 5% de récoltes en plus, mais un appauvrissement des sols qui se prépare… sans compter que le bioéthanol et les monocultures OGMs ont déjà la fâcheuse particularité d’épuiser les sels minéraux,  et que les mauvaises récoltes OGMs s’ajoutent à celles « traditionnelles » (en Inde, par exemple, les agriculteurs de coton forcés d’acheter les semences MonSanto – les autres ont disparu du marché – quatre fois plus chères et avec l’obligation d’utiliser leur merde de Round-Up, s’en mordent méchamment les doigts… Le millier de suicides a été dépassé depuis longtemps…).

  Tout cela est très « théorique », et malheureusement bien éloigné des préoccupations de la population. Lorsqu’on en arrive à manger des galettes de terre, les cours du bioéthanol et le lobbying de MonSanto, ça passe un peu au-dessus de la tête. Remarque, ami lecteur, que les millions d’expropriés des subprimes jouiront de la compagnie de ceux qui vont se tourner, n’en doutons pas, vers le pillage, voire vers le cannibalisme. Dans les deux cas, les réponses « officielles », si elles sont à la hauteur des attentes (on y croit très fort), prendront encore des années pour se mettre en place. Que vont faire les affamés, pendant ce temps ? Se cryogéniser ? Manque de bol pour eux, la technique n’est pas encore au point…

  Reste donc, et j’en reviens tristement  à mes premières considérations, aux petits bourgeois équipés d’ordinateurs, tels que votre serviteur, de s’émouvoir dans le confort de leurs petites vies, en essayant au moins de transmettre un maximum d’informations à ceux qui s’y intéresseront. Des mesures d’urgence ont cependant été déployées (ouaiiis, une note positive) puisque l’armée, dans certains pays, distribue de la nourriture à la population. Je conclus avec une dépêche AFP en provenance du FMI. L’ami Strauss-Kahn en profite pour faire son boulot : paniquer et chiffrer les dégâts dès qu’une crise de grande ampleur menace le sacrosaint système capitaliste international. Vu comment la ruche bancaire s’affole, c’est sûr qu’on n’a pas fini d’en parler… et d’en souffrir :

[A noter que Royal avait prévu cette crise lors de sa campagne, et que depuis les prémisses de ces révoltes, on n’a pas entendu notre Glorieux Président sur le sujet...]

WASHINGTON (AFP) – La hausse des prix alimentaires pourrait avoir de terribles conséquences pour la planète entière, allant jusqu’à la guerre, si rien n’est fait pour l’endiguer, a souligné samedi à Washington le directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn.

« Les prix de l’alimentation, s’ils continuent comme ils le font maintenant… les conséquences seront terribles », a lancé M. Strauss-Kahn au cours d’une conférence de presse donnée à l’issue d’une réunion de l’instance dirigeante du FMI. « Des centaines de milliers de personnes vont mourir de faim… ce qui entraînera des cassures dans l’environnement économique », a-t-il mis en garde.

Les progrès réalisés par les pays pauvres depuis cinq à dix ans en matière de développement pourraient se retrouver « complètement détruits », a-t-il dit, en soulignant que ce problème dépassait le cadre strict des préoccupations humanitaires. « Comme nous le savons, en apprenant du passé, ce type de problèmes débouche quelques fois sur la guerre ». Si le monde veut éviter « ces terribles conséquences », la hausse des prix doit être endiguée.

Ces derniers mois, la hausse des prix de l’alimentation a provoqué une agitation sociale dans plusieurs pays, provoquant notamment la chute du Premier ministre en Haïti, après des émeutes de la faim qui ont fait au moins 5 morts, auxquels s’ajoute samedi un policier nigérian de l’ONU tué par balles par des inconnus.

Le président haïtien René Préval a annoncé samedi une réduction du prix du riz pour éviter une répétition des violences des derniers jours. Le même jour, des émeutes impliquant quelque 20.000 personnes protestant contre la vie chère et les salaires bas ont eu lieu près de Dhaka (Bengladesh).

Dans nombre de pays en développement, les gouvernements ont été obligés d’augmenter le niveau des subventions aux biens de première nécessité et aux carburants, ou de réduire leurs exportations de produits agricoles — comme cela a été le cas en Thaïlande avec le riz — pour calmer les tensions inflationnistes sur leur proche marché.

Le directeur général de l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Jacques Diouf, avait appelé cette semaine les dirigeants mondiaux à un sommet en juin pour faire face à ce qu’il a appelé une crise alimentaire mondiale. « Au regard des émeutes alimentaires dans le monde, dans des pays comme l’Afrique et Haïti, nous avons véritablement une urgence ». 

La ministre française de l’Economie Christine Lagarde a relevé devant la presse que ces problèmes étaient « de facture assez récente ». « On en parle de manière intense depuis 4 à 6 semaines avec des vrais problèmes sociaux ». Pour elle, « c’est parce que les marchés financiers sont en grandes turbulences que les opérateurs de marchés vont se placer sur des produits plus liquides et que les prix des matières premières, agricoles ou énergétiques, montent ».

Mme Lagarde a donc fait valoir que traiter la crise financière était la manière idoine de résoudre pour partie cette envolée des prix alimentaires.

« Traitons la crise financière et on fera disparaître une partie de la pression qui s’exerce » sur les prix alimentaires, a-t-elle assuré. 

Bové évoque une trahison du Grenelle de l’Environement

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Source : Reuters 

Le Sénat et l’Assemblée nationale « sont en train de tourner le dos au Grenelle » de l’environnement avec le projet de loi sur les OGM, a estimé ce matin le leader altermondialiste José Bové, à la veille de la 2è lecture du texte devant le Sénat.

« Ce projet est très symbolique de ce qui est en train de se passer: soit on respecte les paroles qui ont été tenues au soir du Grenelle de l’environnement soit tout tombe à l’eau. Malheureusement le Sénat et l’Assemblée nationale sont en train de tourner le dos au Grenelle de l’environnement« , a-t-il déclaré sur France 2.

José Bové a annoncé, sans autre détail, la mise en place d’un « comité de soutien pour défendre l’amendement 252, qui permettrait de défendre les territoires, les systèmes agricoles et les appellations et de protéger l’environnement« .

Le président du groupe UMP à l’Assemblée, Jean-François Copé, a souhaité que cet amendement soit abandonné par le Sénat. Adopté sur proposition du député PCF André Chassaigne, il vise à protéger les cultures labellisées d’une éventuelle contamination par les OGM.

Enfin, pour qu’il soit mis un terme aux arrachages de plants OGM, José Bové, lui-même « faucheur volontaire », a réclamé « une loi de protection pour ceux qui veulent produire et consommer sans OGM: c’est la seule condition pour que ces actions cessent », a-t-il prévenu.

Révolte contre la Scientologie

  Extrait de Libération… en ces temps de désespoir et de mensonges, la révolte est inspiratrice :

 

En moins de trois mois, une mystérieuse guérilla de l’ombre a surgi sur Internet pour former ce que l’expert américain des cultes, Rick Ross, considère «comme le plus gros mouvement d’opposition à la Scientologie. Historique !» Son nom ? Anonymous. Un réseau d’anonymes, sans leader reconnu, forts d’être nulle part et partout. Mais ils ne se contentent pas du monde virtuel. De New York à Londres, en passant par Berlin, Tokyo, Paris, Melbourne, Oslo, Dublin, ils étaient à peu près 7 000 à chanter et danser, le 10 février, devant les centres de l’Eglise de scientologie d’une centaine de villes du monde entier. Leur seconde manif planétaire, le 15 mars, recensait 10 000 participants. La troisième s’est tenue ce samedi (lire encadré). Leur objectif : «faire connaître au grand public les centaines d’actes illégaux, activités frauduleuses et violations des droits de l’homme perpétrés par l’Eglise de scientologie».

A quelques jours de ce rendez-vous du 12 avril, les Anonymes étaient gonflés à bloc à en juger par la poussée de fièvre et de paranoïa sur leur principal forum, Enturbulation.org. «Attention aux mini-scientos», prévenait l’un des 14 000 membres du forum, relayant une rumeur à l’attention des sympathisants à Washington : la Scientologie aurait prévu d’envoyer des nuées d’enfants pour espionner les manifestants dans la capitale américaine. «Regardez bien le type à chapeau sur la photo : nos sources l’ont identifié comme un détective employé par COS» (Church of Scientology), alertait un autre.

Il y a un mois, leur rassemblement devant le QG de la secte à Washington offrait une scène surréaliste typique des happenings d’Anonymous : 300 contestataires au visage caché, beaucoup sous le masque du héros révolutionnaire anarchiste de la BD «V pour Vendetta». Paisiblement, ils brandissent des pancartes «La Scientologie détruit des vies !» ou «La Sciento = grosse arnaque» au son du tube des années 80 «Never Gonna Give You Up» (Je ne te lâcherai jamais les baskets). Une atmosphère à la fois festive et grave, avec le témoignage au micro de Jeanne-Marie Boucher, une jeune femme élevée dans la Scientologie qui accuse l’organisation d’avoir conduit son père au suicide en 2001. Dans la foule, l’ex-scientologue Arnie Lerma, catogan poivre et sel, un vétéran réputé pour ses dénonciations de la secte via son site Lermanet.com. «Tous les anciens comme moi ont les larmes aux yeux depuis l’émergence d’Anonymous, soupire ce réparateur informatique. On se dit : mon Dieu, enfin… Nous allons obtenir justice.»

Le phénomène est d’autant plus stupéfiant aux Etats-Unis que l’Eglise de scientologie y a pignon sur rue. Fondée en 1954 par l’écrivain de science-fiction L. Ron Hubbard sur la base d’une méthode de développement personnel, elle est reconnue outre-atlantique en tant que religion. A ce titre, au terme d’un long bras de fer judiciaire, elle a même obtenu en 1993 un statut fiscal privilégié. Le nombre d’adeptes américains reste débattu : 3,5 millions selon la Scientologie ; seulement 55 000 actifs à en croire une étude de l’université CUNY de 2001. Parmi eux, des stars d’Hollywood, de Tom Cruise à John Travolta, en passant par le réalisateur de Collision Paul Haggis. Dotée d’imposants bâtiments dans les meilleurs quartiers, présente dans les communautés via une nébuleuse de programmes éducatifs et de cures antidrogues, la Scientologie monte des centres de secours sur toutes les catastrophes, comme à la Nouvelle Orléans après l’ouragan Katrina.

«En vertu de la liberté de religion, la Scientologie a parfaitement le droit d’exister, admet un membre actif du réseau Anonymous à Washington. Mais ce sont leurs méthodes qui sont intolérables.» Cet étudiant a accepté de nous rencontrer à condition qu’aucun détail physique, ni même son pseudo, ne soient révélés. Les premiers «Anon’», comme ils s’appellent entre eux, avaient formé un groupe il y a deux ans, sur le site humoristique SomethingAwful.com, repaire de jeunes technophiles attachés à la liberté d’expression sur le Net. En janvier, le site new-yorkais Gawker.com met la main sur une vidéo interne au culte, montrant Tom Cruise vanter les mérites de sa religion dans un concert d’éclats de rire bizarres. Cette vidéo aurait été vite oubliée si les avocats de l’Eglise de scientologie n’avaient pas sommé YouTube de la retirer et menacé Gawker de procès pour «violation de copyrights». Gawker refuse d’obtempérer, «au nom de la liberté d’information» mais YouTube, propriété de Google, cède sur le champ. C’est, raconte l’étudiant, «l’étincelle qui a déclenché la révolution».

Le 21 janvier, Anonymous publie sur YouTube un manifeste vidéo adressé aux dirigeants de la Scientologie: «Vos campagnes de désinformation, votre suppression de la dissidence, votre nature litigieuse retient notre attention depuis des années», annonce une voix synthétique à la Stephen Hawking, avant de poursuivre : «Anonymous a décidé que votre organisation doit être détruite. Pour le bien de vos fidèles, pour le bien de l’humanité, pour notre plaisir, nous vous expulserons de l’Internet et nous démantèlerons l’Eglise de scientologie.» Une déclaration de guerre assortie de tout un arsenal «terroriste», proteste la Scientologie. Au cours des trois semaines suivantes, la secte recense d’innombrables actes de hacking contre ses sites, 22 alertes à la bombe et 8 menaces de mort contre des membres. «Faites gaffe, Anon’ : vous courez à la catastrophe !», s’émeut Mark Bunker, un vétéran de la critique scientologue sur son site Xenu.tv. Début février, ce producteur de télévision enjoint les activistes de cesser toute activité illégale. Il est écouté : «Les Anonymes semblent avoir rompu avec certains fanatiques du début et font la police au sein du groupe», remarque Mary McConnell, une ancienne adepte de la Scientologie. Avec d’autres vétérans, comme Arnie Lerma, elle contribue au forum Alt.religion.scientology, créé dès 1991. Mary, pour qui «Internet est le plus gros cauchemar de la Scientologie», voit déjà les retombées positives des Anonymes : une recrudescence d’adeptes qui osent quitter la Scientologie et le dire en ligne.

La Scientologie n’a pas tardé à lancer la contre-offensive. Elle avait saisi la justice américaine pour faire interdire les rassemblements d’Anonymous le 15 mars. Echec. Mais ensuite, au moins une cinquantaine de manifestants ont reçu chez eux des injonctions à cesser toute collaboration avec Anonymous, «une organisation qui incite ou opère des activités illégales contre l’Eglise de scientologie.» Des missives qui ont «fait leur petit effet», déplore un récipiendaire, car «pour être démasqués, les manifestants ont forcément été suivis et placés sous surveillance.» A Los Angeles, la Scientologie a porté plainte contre plusieurs d’entre eux et à Boston, un organisateur est convoqué au tribunal pour répondre d’une accusation de «harcèlement criminel».

Ce processus d’identification est «absolument» justifié estime Karin Pouw, porte-parole de l’Eglise de scientologie Internationale à Los Angeles. «Notre devoir est de protéger les cadres de notre Eglise et nos paroissiens.» Aux yeux de l’organisation, Anonymous est un «groupe de cyber-terroristes». Tout en continuant «à prendre Anonymous très au sérieux», la dame conclut sur un ton des plus aimables: «Je ne veux pas que vous communiquiez l’idée que l’Eglise et ses paroissiens sont assiégés aux Etats-Unis, car ce n’est pas vrai : notre Eglise est florissante alors qu’Anonymous est un mouvement très marginal et confiné à l’Internet.»

L’endurance d’Anonymous et son impact à long terme restent à mesurer, reconnaît l’expert des cultes Rick Ross. «Le statut fiscal préférentiel de la Scientologie est pour eux un cheval de bataille évident», estime-t-il. Les Anonymes américains ont prévu de manifester sur ce point devant le Capitole avant l’élection présidentielle de novembre. Et, déjà, ils entrevoient une lueur d’espoir : fin mars, un Anon’ délégué du Parti républicain au Texas a enclenché une procédure pour la révocation du statut de «religion» de l’Eglise de scientologie dans son Etat. Une première depuis 1993, souligne le révérend John Wetzel. Ce pasteur luthérien, qui agit à Washington comme lobbyiste bénévole des «antisciento», constate : «C’est inédit, cette dynamique pour informer le public au sujet de la Scientologie sans se soucier de leur réaction. Mais ce sera difficile : la Scientologie a de l’argent et du monde qui la soutient.»

La banderole toute pourrie

  C’est le Bad Buzz (nouveau concept, copyright moi) qui a fait frémir ce début de mois d’avril. Une banderole insultante à l’encontre des habitants du Nord, détournant le succès du film de Dany Boon. Est-il besoin de l’écrire en toutes lettres ici ? Ce serait faire la publicité de ces brutes qui « supportent » le PSG (on se demande qui supporte l’autre…), et qui n’en sont pas à leur premier coup d’essai. Le KOP de Boulogne a toujours été un repaire de fachos violents et provocateurs, à l’humour aussi raffiné qu’un fumigène balancé sur un joueur de l’équipe adverse, ou que des cris de singe lorsqu’un « étranger » se saisit du ballon… Bien entendu, dès qu’une caméra s’approche, c’est saluts nazis à foison… bref, vous voyez le tableau. Le virage Boulogne, c’est ça et ça a toujours été ça, aussi loin que ma mémoire remonte, et c’est bien pour cette raison qu’on les case là, pour les avoir à l’œil, derrière leurs jolis grillages, entre adeptes d’un 3e Reich fantasmé qui leur fera oublier leur minable petite vie de facho (pas facile de trouver une copine, hein ?)

Ce que je trouve personnellement drôle, en revanche, c’est que ces idiots officiels n’ont même pas été foutus d’écrire correctement leur banderole. Je n’ai vu personne en faire la remarque… Allez, je vais balancer la photo de cette horreur, ça nous fera un petit jeu… Le premier qui envoie un commentaire pour trouver la faute commise par ces décérébrés gagne le droit de se considérer comme relativement intelligent ! (Joie !)

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Note : Par contre, moins amusant, le PSG qui souffre, en tant que club, des agissements d’une fraction ultra-minoritaire de ses spectateurs. Des magasins ont ainsi refusé de vendre ses t-shirts officiels, suite à cette affaire… Dans le genre recherche de boucs-émissaires, c’est d’un stupide ! L’immense majorité de ces crétins se contrefout du sport !

Bons baisers de Russie (Chronique sur l’URSS)

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  L’Histoire, dans son aspect le plus « mainstream », n’aura pas été tendre avec les communistes russes. Peut-être (explication parmi d’autres) à cause de leur tendance expansionniste et du verrouillage politique qui régnait au sein de leurs « Républiques » limitrophes. La situation, en-dehors de la Russie d’origine, n’y était certes pas la même qu’au-dedans. Pour tenter néanmoins de couper court à certains fantasmes encore très présents dans l’imaginaire politique, notamment chez les plus jeunes qui ne l’ont pas connue, je laisse la parole à Eva, une russe qui, sur son blog, décrit avec talent sa vision des choses sur cette période… l’article complet se trouve ici : http://r-sistons.over-blog.com/article-14254001.html 

On commence par le commencement. Ma mère est née en 1911, dans une famille qui possédait tout ce qu’il y avait dans la commune – même le cinéma muet qui venait d’être implanté, paraît-il ! Et sa mère serait morte d’une congestion pulmonaire en visitant « ses pauvres » – notez le possessif employé avec arrogance ;  Donc, tout appartenait à la famille de ma mère, même les pauvres ! C’était la Russie de l’époque : Tout aux uns, la misère absolue pour les autres. Le communisme y a mis bon ordre.

Et  la Révolution vint, la famille de ma mère dut quitter l’Ukraine natale – vous savez, le pays de Sharon, beaucoup de Juifs s’installèrent sur la terre des Palestiniens. Seul resta un frère, qui en fut réduit, toujours selon ma mère, à vendre des réchauds sur la place publique. Voilà ce que c’est que de faire confiance aux communistes ! Le reste de la famille préféra l’Egypte, pour commencer, et la mise en place de l’extraction du pétrole avec le Roi Farouk. Ensuite, tout le monde s’installa en Angleterre. Ma mère, une fort jolie femme, se fiança avec un Lord anglais, et au moment de convoler, patatra ! Un voyage à Paris pour choisir ses ravissantes toilettes, la fit croiser dans la rue mon père. Clins d’oeil enflammés, sourires complices, coup de foudre dévastateur, et voilà la chose entendue : Adieu le Lord, la famille indignée, et bonjour la France. Ma pomme est le fruit de cette grande histoire d’amour franco-russe. Autant dire que ma mère ne revit jamais sa famille, choquée par tant d’audace. Vive l’Amour, et tant pis pour les convenances !

Dans le film  » Le Docteur Jivago « , on voit ce que les méchants communistes firent aux gentils proprios : Ils confisquèrent les grandes maisons, et les partagèrent entre les sans-logis ; une ou deux pièces fut attribuée à chaque famille, selon sa taille, mais au moins tout le monde eût enfin un toit. Quand on connaît les conditions climatiques en Russie, il s’agit quand même d’un progrès, non ? Les défenseurs de la sacro-sainte propriété privée crieront au scandale ; Les sans-logis applaudiront. Chacun voit midi à sa porte – si l’on peut dire, car par définition ceux qui n’ont pas de domicile sont à la porte.

Et le temps passa. Mai 68 arriva, et la politique avec ; finie l’indifférence, et en avant le militantisme : D’abord au P.S.U., vite quitté parce que la section du I6e, à Paris, quand même, on fait mieux pour créer les conditions de la mise en place de lendemains qui chantent ! Ensuite, le P.S. – au CERES, l’aile gauche animée par Jean-Pierre Chevènement.

En 1980, je décide de retrouver le pays de ma mère, de voir à quoi ressemble ce communisme si décrié par les médias (presque) unanimes. Et voici ce que j’ai trouvé : La liberté ? On m’avait dépeint un pays où l’on ne peut pas faire trois pas sans avoir le KGB à ses trousses ; or, en bonne journaliste qui se respecte, moi je n’avais qu’une envie, c’était d’aller partout, sans contraintes. Je ne sais pas si le KGB s’est fait discret, mais en tous cas je ne l’ai pas vu, et j’ai visité tout ce que je voulais. Par exemple, un jour, alors que la nuit était déjà avancée, j’ai repéré une lumière dans un bâtiment. Avec quatre jeunes voyageurs de Nouvelles Frontières derrière moi, effarés par mon audace, je suis rentrée dans le bâtiment par la porte ouverte. A l’entrée, il y avait un gardien, je lui ai envoyé mon plus joli sourire, et j’ai continué tout droit, les quatre personnes en firent autant, encouragées par mon intrépidité. Au bout de quelques couloirs, nous nous retrouvâmes au milieu d’un groupe d’étudiants qui faisaient la fête. Nous étions dans une université ! Et la soirée s’acheva fort agréablement, entre danses, vodka, et invitation dans une famille le lendemain. Bref, nous avions pu faire comme nous le voulions, et tant pis pour les détracteurs de l’URSS.

Lire la suite de ‘Bons baisers de Russie (Chronique sur l’URSS)’ »

Les chiffres « officiels » du racisme en 2007

  Un peu de statistique dans l’horreur… Officiellement, les chiffres du racisme pour l’année 2007, sont en baisse (-23,5%). Notons toutefois que, comme le précise SOS Racisme, ce calcul ne comprend que les actes enregistrés par la police, et qui ont fait l’objet d’une plainte du parquet. Le nombre de « 707 » est ainsi largement explosé par les plaintes recueillies par l’organisme. Plus loin, si la tendance « officielle » est à la baisse, ces mêmes rapports ne peuvent occulter une évolution dans la dureté de ces actes enregistrés. 51% d’entre eux comprennent ainsi une agression à la personne…

  Pourtant, ami lecteur, ce qui me fait vraiment bondir, est un sondage un peu plus cohérent réalisé sur cette même période. Il présente des résultats édifiants : en France, 48% de la population se déclare « pas du tout raciste » (+4 points). Ce qui laisse tout de même une bonne majorité de 51% qui déclare l’être – 21% « un peu », 24% « pas très » et 6% « plutôt » (1% NSP). Quelle est la différence entre ces considérations ? Aucune idée, personnellement…

  Je pense que le racisme, hélas, est une réaction « naturelle », instinctive, un peu comme l’attirance sexuelle. C’est toutefois le travail de notre raison, dans une société dite « civilisée », de supplanter nos instincts (au même titre que la pulsion homicide, ou suicidaire…) afin que tous puissent vivre, ensemble, au sein d’un même territoire. Force est de constater que plus de la moitié de la population n’y parvient pas, en France… Finalement, on comprend le succès, même temporaire, de types comme Heider ou Berlusconi, quand on voit à quoi ressemblent les entrailles du « Pays des Droits de l’Homme »…

Il se tape sa table de jardin

  Un peu de détente avant d’aborder des thèmes nettement plus sérieux…

 

Un américain aurait été filmé en train d’avoir une relation sexuelle avec sa table de jardin. Il aurait de ce fait utilisé le trou destiné à accueillir le parasol.

La scène aurait pu rester dans le domaine du privé si l’homme en question ne s’était pas fait filmer par un de ses voisins. De plus, l’homme aux pratiques peu répandues se situait à proximité d’une école, dans la ville de Bellevue, Ohio.

L’auteur de la vidéo a immédiatement appelé la police et leur a fourni la vidéo. Le chef de la police témoigne: « l’homme était entièrement nu et utilisait l’orifice destiné à accueillir un parasol »

L’UMP sacrifie les transports

  Deux mauvaises nouvelles en un seul post – que demande le peuple ? Peut-être, qu’on l’aide un peu pour arrondir les angles, et boucler les fins de mois. Mouais. Ben de ce point de vue-là, le peuple, il en a de l’espoir…

  Rappelons que dans « la France d’après » de Sarkozy, on ne donne même plus de coup de pouce au SMIC chaque année, que les prix des produits de première consommation augmentent (entre 25% et 40% en trois mois d’après une enquête), mais ni les salaires, ni les retraites, ainsi qu’il l’avait abondamment promis durant la campagne présidentielle. (Tiens, en fait, ça fait un petit florilège de mauvaises nouvelles… ça fait rien, c’est pas ce qui manque actuellement).

  On continue… après la destruction du chèque-transport (une des rares bonnes initiatives de la dernière mandature, pompée aux socialistes), voici la destruction de la carte « Famille nombreuse » à la SNCF. On parle de la remplacer par une autre, payante et nettement moins avantageuse…

  Pour les chiffres, cette carte touche 3 millions de personnes en France (sur un potentiel de sept millions), et coûtait chaque année 70 millions d’euros au gouvernement. A comparer avec les 15 milliards annuels reversés aux très riches, via le « paquet fiscal »…

Le protocole de la flamme

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  Voici donc ce qu’est devenu ce symbole de la paix, la flamme olympique, hérité de nos ancêtres du Pélopponèse : un signe de richesse et de reconnaissance internationale, pour le pays qui la « détient », et la montre fièrement à tout le monde. Un jouet qu’on laisse à l’heureux bambin, en particulier s’il pèse 1.300 000 000 âmes, et a l’habitude d’acheter des Airbus et des centrales nucléaires.

  Pardonne-moi, ami lecteur, j’arrive après la bataille, mais franchement… Y avait-il un réel suspens dans cette affaire ? Certes, il n’était pas dit que les tibétains en exil perturberaient autant le parcours de la flamme, et qu’ils trouveraient autant de sympathisants à leur cause, en France. On même en Angleterre. Mais pour le reste… La France a déployé une vraie armada policière (presque en vain d’ailleurs) aux méthodes carrément musclées (comme on sait si bien le faire). Les chinois trafiquent leurs JTs d’information. Globalement, « la France » ferme bien sa gueule; Rama Yade pipe un peu, et puis rentre dans le rang – c’est devenu une tradition - allant jusqu’à déclarer que « la Chine n’est pas une dictature ». C’est vrai. Ethymologiquement, un dictateur est « appelé » par le peuple, qui l’investit des pleins pouvoirs. Dans « l’Empire du Milieu », on a le droit à une démocratie indirecte bien verrouillée par le parti, qui dispose, lui, des pleins pouvoirs. Ajoutons-y que sa police est formée par… le Raid français, et que ses services de sécurité sont épaulés par Thalès. On comprend mieux certaines sympathies.

  Et puis, clairement, faut-il s’emparer d’un symbole de paix pour l’associer à une cause, si juste soit-elle ? Je ne sais pas, et dans le doute, je m’abstiens… mais je peux toujours supposer. Si les jeux de Mexico n’ont pas été interrompus alors qu’ils faisaient suite à un épouvantable massacre d’étudiants manifestants, si les jeux en Russie ont été boycottés parce qu’ils faisaient suite à l’invasion de l’Afghanistan, cela dous donne quelques indications. « On » a l’idée de boycotter uniquement ceux qui sont désignés par l’actualité internationale en tant que « grand méchants officiels » (le Mexique y a échappé, pas l’URSS), mais surtout, au final « on » (un « on » vachement aidé par les services diplomatiques tout de même) ne s’exécute qu’en face de ceux qui ne risquent pas de nous mettre une terrible volée, militaire et/ou commerciale, en retour.

  Encore une fois, c’est donc Angela Merkel qui prouve qu’elle a le plus de couilles, en Europe. Sarkozy ira aux JO, c’est assuré.

Déprime

  Les municipales sont passées, avec leur lot de bourrages d’urnes qu’on découvre – quand on les découvre – peu à peu. Cette victoire de la gauche, que la droite aura essayé d’endiguer par tous les moyens, reste cependant, pour moi, l’une des dernières rares réjouissances.

  Pour le reste, ami lecteur, on est baisés de chez baisés. Et pas seulement qu’en France… actuellement des révoltes éclatent, un peu partout dans  le monde, contre la famine provoquée par les hausses des prix. Quelque part, si ce phénomène ne se produit pas encore, en France, c’est parce que nous avons moins de pauvres, un peu plus d’aide sociale, et surtout beaucoup plus d’apathie.

  Je choque en écrivant que les gens, dans leur immense majorité, ne se révoltent pas et sont capables de tout endurer – tant que le gentil Pernaut le leur « explique » à la télé ? Alors, je pose la question inverse… Qu’est-ce qui colle, actuellement, en France ? Qu’est-ce que Sarkozy a apporté de bon à la France, depuis son élection ?

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