Panique à l’Elysée !

Retranscription de l’article « Noir c’est noir » paru dans le Canard Enchaîné

  Il n’y aura pas de « plan de rigueur », a répété Sarkozy sur tous les tons. Et, pourtant, il y a comme un vent de panique qui gagne le plus haut sommet de l’Etat.

  Le Président et le Premier Ministre jugent, en privé, la situation économique mondiale « gravissime », et plusieurs de ses collaborateurs ont trouvé Sarkozy « préoccupé » au dernier Conseil des ministres.

  Il faut dire qu’il n’y a pas lieu de se réjouir. Même si Christine Lagarde s’apprête à annoncer, la bouche en coeur, à ses collègues européens, le 28 mars, une perspective de croissance de1,8% à 2% pour 2008, ces prévisions, déjà revues à la baisse, sont aujourd’hui dépassées. Ses propres experts de Bercy, qui se fondent sur les chiffres de l’Insee et de du FMI, tablent sur une croissance comprise entre 1 et 1,5%. Rappelons que le Budget 2008 a été bâti sur l’hypothèse d’une croissance de 2 à 2,5%…

  Du coup, les promesses du candidat Sarkozy de baisser de 4 points les prélèvements obligatoires (environ 68 milliards d’euros), ont toutes les chances de rejoindre celles de Chirac dans les oubliettes de l’Histoire. La question est surtout de savoir si lesdits impôts et les contributions sociales ne vont pas augmenter.

  L’heure est plus que jamais à la réduction des dépenses. « Jusqu’à sept milliards de crédits », affirme-t-on dans les couloirs de Bercy. Un objectif qui correspond au montant des sommes gelées au début de l’année par Eric Woerth… mais qui a déjà été mangé par les petits cadeaux distribués ici et là par Sarkozy au cours de ses pérégrinations.

  Pour se rassurer, le Président ne peut pas compter sur ses conseillers. Au Château, c’est à celui qui broiera le plus de noir.

  « Nous sommes condamnés à faire le gros dos devant les mouvements sociaux », se résigne l’un. « C’est une situation qu’on n’a pas connue depuis les années 30″, renchérit l’autre. « Il est possible que le monde connaisse une guerre économique, monétaire et sociale. »

  Et tout ça sans marge de manoeuvre. « C’est fichu. Il est impossible de sortir du carcan européen. », soupire l’un. « Il n’y a pas de levier monétaire, plus de levier fiscal, plus de levier budgétaire », se lamente son collègue de bureau.

  Et de résumer : « Il va nous falloir gérer une inflation plus forte, alors que les salaires progressent peu. [NDLR : le Smic a été réévalué conformément à la hausse de l'inflation - au-dessus de 2%, c'est automatique - mais de manière sensiblement inférieure...] Ce qui nous attend est terrible. »

  Mais du moment que Christine Lagarde conserve le sourire…

-jrdf
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