A propos des manifestations lycéennes

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  Non non, le JRDF ne zappera pas cet évènement important de la politique française actuelle… Les lycéens poursuivent leur mouvement de protestation contre les réformes engagées par Darcos - lequel a le culot de répandre sa mauvaise foi sur tous les plateaux télé, à base de « on ne va pas augmenter les effectifs de l’enseignement, puisque ça n’a pas donné de résultats aupravant, alors cette fois on va essayer de retrancher encore des profs, mais ne vous inquiétez pas, ça ne fera pas augmenter le nombre d’élèves par classe ».

  C’est évidemment de la désinformation. Les effectifs de l’Edeucation chutent depuis bien longtemps. Et même si le nombre de lycéens diminue (très faiblement), le sabrage annoncé est supérieur à cette baisse naturelle, et entraînera logiquement une plus grande surpopulation des classes. C’est le noeud du problème. Ca, et le fait que CES ENFOIRES veulent supprimer le théâtre et les arts plastiques ! Dans le genre fasciste, on peut difficilement trouver mieux. Mais quelle importance, puisque les gosses de riches, eux, continueront à fréquenter des écoles privées ?

  Cela s’appelle « la lutte des classes ». Sans mauvais jeu de mots… Pour les uns, des classes vétustes éclairées au néons, à plus de 35 pour un professeur (et on se demande pourquoi il y a des problèmes de discipline…) ; et pour les autres, des écoles privées avec un joli parc et des enseignants qui font face à 19 élèves, au maximum. C’est injuste ? Qu’importe, le ministère truque les chiffres, alors circulez y’a rien à voir…

  Ami lecteur, si tu fréquentes habituellement ce modeste blog, tu sais que le JRDF, bien que solidaire de la CAUSE des étudiants français, ne l’est pas de certaines méthodes. C’était vrai dans le cas des manifestants du cycle supérieur, il y a quelques mois, dont les dérives autocratiques et n’importe-quoiesques m’ont fait sévèrement grincer des dents. Par exemple, décourager les votes à bulletins secrets, bourrer les amphis de sympathisants pour prolonger les blocages, s’en prendre aux transports en commun (c’est vrai que les manifestants ont le don de se téléporter, non ?) ou, encore plus stupide, monter une hiérarchie illusoire qui se fait des congrès dégénérant en guerres de clans, tout en repoussant les journalistes… ça, c’est de la communication…

  Donc, ce blog sera tout aussi également critique envers le mouvement des lycéens. Qui s’engage, heureusement, sur de meilleures bases. Certains leaders ont su investir les plateaux télé pour faire passer leur message, les médias ne sont plus systématiquement repoussés, et pas de renaissance des soviets en vue.

  POURTANT, les failles sont encore là, désespérément classiques, et je prédis à ces pauvres lycéens le même sort que leurs aînés, s’ils ne sont pas capables de réaliser que leurs méthodes sont absurdes. Faire des manifs, c’est bien, mais on sait qu’à part se signaler, ça ne débouche sur rien. Gueuler « non » à quelque chose, sans y opposer une solution alternative, conduira à ce que ce refus obstiné ne soit qu’un espoir vain. Là où les étudiants du supérieur se défiaient des syndicats, les lycéens font l’erreur inverse : au final, ce sont les leaders syndicaux qui s’expriment, et seulement eux. En gros, pour influer sur ce mouvement, il faut être encarté, ou alors suivre la masse pour aller brailler des slogans et piétiner, jusqu’à seize heures, en attendant que les CRS chargent les casseurs – dont certains sont payés par le gouvernement pour discréditer le mouvement, ce qui est un secret de polichinelle.

  Donc, que faire ? Petit ver de terre que je suis, je propose néanmoins de s’inspirer de mouvements qui ont triomphé, tel celui pour les droits civiques, aux USA, ou la lutte pour l’indépendance de l’Inde, sous l’égîde de Gandhi. POURQUOI ces conflits sociaux ont-ils été victorieux ?

  REPONSE : Parce qu’ils ont su compter sur un effet de masse. Un vrai effet de masse; pas quelques manifestations, non, un épais nuage de protestation qui a ciblé UN objectif (grève totale pour l’Inde, marche sur la Capitole pour les Noirs), et qui a tenu jusqu’à ce que leurs revendications soient entendues. Ce qu’il faut aux lycéens, aux étudiants et, plus loin, aux manifestants, c’est de la putain de LOGISTIQUE qui leur permette de tenir, devant un objectif qui fait sens (par exemple, le ministère approprié), et de conserver leur nombre jusqu’à la victoire. Il leur faut également un programme voté démocratiquement – cela établira au moins un peu de légitimité pour un mouvement qui ne l’est pas, puisqu’il n’a aucun mandat – et, surtout, de bons gros services de communication.

  SINON ? Eh bien, le mouvement s’essoufflera. Les jeunes pensent que la guerre d’usure aboutira à quelque chose, mais, comme en 68, la majorité silencieuse saura se faire entendre, lorsqu’elle sera lassée des grèves et des blocages. La dispersion et le n’importe quoi vaincront, comme d’habitude, les meilleures causes et les meilleures intentions. Les lycéens, retranchés dans leurs établissements, s’en feront évacuer par les forces de l’ordre, et les blocages dégénèreront, comme on a déjà pu le constater précédemment – brûler des salles de classe, par exemple, c’est d’un stupide…

  Encore une fois, autant aller hurler dans le désert. La masse se structure auprès d’organismes qui pensent plus à leur propre promotion qu’à obtenir une réelle victoire, et les méthodes « traditionnelles » de la contestation ne sont pas prêtes d’évoluer. 68 aurait du servir de leçon, pourtant, lorsqu’on a le pouvoir, même juste celui du nombre, on DOIT en faire quelque chose… Mais non. Au lieu d’une guerre, les jeunes font la fête. Le réveil sera brutal…

-jrdf
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