posts du 6 mai, 2008


OGM – on ne déconne plus (Bizet nous baise)

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  Encore un sujet réjouissant, ami lecteur, que j’aborde avec l’enthousiasme d’un soldat de la Première Guerre Mondiale qu’on envoie à l’assaut d’un nid de mitrailleuses lourdes.

  Yipee ! Donc, résumons-nous :

  * Au moins plus des trois quart des français ne veulent pas qu’on les force à bouffer des OGM, pelletées de sondages effectués depuis une bonne quinzaine d’années à l’appui.

  * Le documentaire, « Le Monde selon MonSanto », dont je recommande chaudement la vision (c’est comme un film d’horreur, mais en vrai) compile, sur ce sujet, un paquet d’informations sur l’univers merveilleux du transgénique et de l’agriculture chimique. Entre les politiciens qui bossent pour des labos, les grands pontes des labos qu’on retrouve dans les organes de régulation, et les organes de régulation dévoyés par les politiciens, c’est corruption à gogo ! Nous y reviendrons, plus précisément, en France… En attendant, d’un point de vue scientifique, c’est la grosse teuf : des études qui prouvent la corrélation de l’emplois de pesticides avec celle des cancers du sein, et entre les OGM avec différentes sortes de cancers, ouais, trop bien ! Si ces merdes de labo ne nous font pas muter, elles vont pourrir nos mitoses cellulaires ! En avant-goût, pour ceux qui continuent à beugler partout que les OGM ne s’hybrident pas, des épis de maïs avec des têtes VRAIMENT bizarres (impossible d’en retrouver des photos, voyez le reportage !). J‘abrège sur les agriculteurs plus fliqués que les allemands de l’Est avant la chute du Mur, les enfants qui se chopent des marques et des rougeurs en traversant les champs d’OGM, et les centaines de suicides en Inde suite à des récoltes désastreuses.

  * Rappelons les détails de la mascarade Sarkozienne, au sujet de la clause de précaution activée à la suite de la grève de la faim des Faucheurs : Cet acte politique résulte, toujours officiellement, d’une étude rapportant des « doutes sérieux » quant à l’utilisation des OGM. Enfin, ça c’est devant les caméras. Le texte en lui-même ne contient pas une seule mention négative sur le sujet. Les quelques scientifiques intègres qui ont participé à cette fumisterie ont crié au scandale ; on les a prié de bien vouloir aller hurler sous l’eau, ou dans leur tête… Certains – les fourbes – ont été alors se répandre dans les journaux (papiers hein, pas télé !). Comme personne ne lit, ou presque, ça nous a fait une belle jambe. Et cette fameuse clause ? Elle n’a fait que reporter d’un peu plus de trois semaines le débat, le temps qu’il se tasse un peu. Ca, c’est de la précaution !

  * Quant au débat parlementaire, il a été expédié avec un bel exemple de fascisme. Le seul amendement (sur plusieurs dizaines), celui du député communiste Chassaigne, passé subrepticement alors que les rangs de l’UMP étaient un peu désertés, et déjà pas exceptionnellement agressif sur le sujet, a finalement été vidé de sa substance. Ainsi périt le bio sans OGM. Maintenant, c’est 0,9% de contamination autorisée, et au cas où cette teneur serait dépassée, les recours sont comparables à un concours de coups de boules contre un mur. MonSanto (vu que cette firme représente près de 90% du problème, on peut se permettre de la prendre en exemple) n’est pas coupable, n’aura jamais à verser de dommages et intérêts en cas de catastrophe écologique, et seuls les agriculteurs entre eux pourront s’intenter des procès. Et pour ceux qui voudraient se faire les chantres de la désobéissance civile, c’est la prison et puis c’est tout. Merci la « responsabilisation » des citoyens !

  * Oh pardon ! J’oubliais que notre glorieuse République ceinte d’un Président qui a signé le pacte de Hulot et se disait non partisan du transgénique, a accouché d’une autre de ces merdes d’institution qui ne servent à rien, sinon à maquiller grossièrement les flaques de corruption qui suintent un peu partout, là, sur le tapis. Donc cette fois, on a le droit à une « Haute autorité » gnagnagna qui est scindée en deux, la partie scientifique n’émettant que des recommandations (personne n’est obligé de les suivre donc) qui ne seront pas rendues publiques, et n’ayant en définitive aucune réelle autorité. C’est sûr qu’avec ça, dormez bien braves gens, l’UMP veille ! Quant à la culture et à la recherche, c’est comme d’habitude, tout dans le même panier et ceux qui ne sont pas contents deviennent des « anti-science ! ». TERRORISTES !

  Alors là, je les vois venir, ceux qui vont se dire « pff, de toute manière, tous les politicards sont pourris, chuis sûr qu’à gauche ça aurait donné la même chose ». Sauf que la gauche, vent debout, ainsi qu’une (faible) partie même de la droite, a tenté de s’opposer au texte. Le vote lui-même a été plus serré que prévu (249 contre 228, ce qui fait toute la gauche moins 16 voix absentes, plus 10 députés UMP !). Sauf que Royal fait partie de ceux qui sont entrés en résistance contre les OGM, en les bannissant ville par ville (une méthode qui ne sera plus possible actuellement) !

  D’un autre côté donc, le Canard Enchaîné nous rapporte les détails du lobbying des semenciers du transgénique. On va appeler cela des preuves de corruption. Mais c’était tellement attendu qu’on n’ose même plus demander que quelques têtes tombent ! Au moins quelques-unes, histoire de faire un peu bonne figure, la Justice, tout ça… Ah non, c’est vrai que d’après la belle Europe, la France est obligée d’en cultiver, des OGM, sous peine de se manger une amende de dizaines de millions d’euros par an. Alors voilà, c’est fini ? Ben ouais.

  Et dans cet amoncellement de types de mauvaise foi qui viennent de condamner leurs propres enfants à des cancers, j’avoue que ma préférence va pour Bizet. Oui oui, la tête de cul qui introduit cet article. Nathalie Kosciusko-Morizet, on en parle parce qu’elle est mignonne et qu’elle sait se faire voir, mais au final, elle a autant d’autorité que… Rama Yade, mettons. Une petite claque sur la tête, et hop coucouche panier. Mais le sénateur Bizet ! Ca, c’est du bon gros homme de l’ombre, qui intrigue en coulisse, depuis des années. Les reportages sur le sujet des OGM me font marrer : A chaque fois, en fond, on voit sa tête d’ahuri professionnel, de pauvre petite brebis en proie aux méchants anti-OGM qui n’ont rien compris à la vie… Diffamation ? Bof, si tu savais ami lecteur, je ne fais encore que retracer ici les grandes lignes de cette saleté d’infestation politico-industrielle du transgénique. En guise de signature, et de conclusion, je clos ce post avec la photo du gentil Bizet, en compagnie d’une innocente exécutive d’Aventis, en plein « séminaire » :

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La popularité du grand patron

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  Ami lecteur, passons à un gros morceau, à savoir le soutien populaire de Mr. Sarkozy. C’est-à-dire qu’avant, à Rome par exemple, sous l’Empire, les types planqués dans les palais mesuraient la probabilité de ne pas terminer tout écorché dans le Tibre au nombre des légions qui les soutenaient; Aujourd’hui, en ces temps de démocratie/machines à voter et de professionnalisation de l’armée, avouons que les légions et les régicides se font rares. On emploie donc, plutôt, la méthode des sondages.

  Que disent les sondages de popularité concernant Mr Sarkozy, les réformes qu’il a initié, son gouvernement et tout le reste ? S’il faut s’en tenir au sentiment général, la boule de cristal renvoie quand même une courbe qui rappelle méchamment celle des actions Enron (ou Eurotunnel, au choix) ; A noter, en rapport avec la jolie illusion choisie pour illustrer ce post, que depuis un paquet de mois maintenant, notre Président voit sa cote chuter – sauf en rapport avec son image sur la scène internationale, et sur certains points de son action que nous détaillerons plus loin – Sarkozy se paye donc un saut en parachute sans parachute, et s’en tire toujours avec environ trente pourcent d’avis favorables. Faudra m’expliquer. Le dernier sujet consacré faisait état de 78% de mécontents, et là les mêmes instituts pondent un sondage qui titre : « Catastrophe ! Nicolas Sarkozy n’a plus que 34% d’opinions favorables ! » Et, comme par hasard, la page Internet qui donnait la température la plus élevée pour le feu qui couve sous les petites fesses de notre Président, n’existe plus.

  Mouais… enfin, si les troupes de l’UMP pensent toujours à « rectifier » la réalité (1984 powaaaaa !), c’est qu’au moins, ils ne désespèrent pas. C’est bien. Au moins ils auront les yeux bien ouverts lorsque la récession viendra s’écraser sur le coin du pif de « la France d’après »…

Agence Nationale Pour les Esclaves

PARIS (AFP) – Une offre d’emploi « low cost » à Pondichéry, en Inde, rémunéré en roupies indiennes l’équivalent de 160 à 320 euros par mois, a déclenché la polémique ce week-end entre l’ANPE, des syndicalistes et le PS, alors que le gouvernement s’apprête à durcir les obligations pour les chômeurs.

Révélée par Le Parisien, cette offre à prix cassé porte sur un poste d’informaticien niveau Bac+2 spécialisé dans la conception de sites web.

La connaissance de l’anglais courant et technique est requise, le salaire proposé à « 10.000 à 20.000 roupies » pour « 40H00 hebdomadaires », selon l’offre consultable dimanche sur le site ANPE. « Protection sociale et avantages à négocier », précise l’annonce, dont le PS a demandé le « retrait immédiat ».

Pour Alain Lecanu du syndicat des cadres CFE-CGC, « c’est incroyable, la mention +protection sociale à négocier+, c’est carrément du marchandage ».

Selon lui, « cela montre bien qu’on a beaucoup de travail à faire sur la qualité des offres d’emploi » disponibles, au moment où le gouvernement s’apprête à durcir la législation pour la rendre plus coercitive et obliger les salariés au chômage à accepter un emploi, même moins payé ou plus éloigné que souhaité.

« Est-ce que, pour le gouvernement, cela fait partie des offres raisonnables d’emploi? », s’est-il interrogé, à deux jours d’une première grande réunion tripartite sur l’avenir de l’assurance chômage, avec les syndicats, le patronat et la ministre de l’Economie et de l’Emploi Christine Lagarde.

« C’est une offre difficile à refuser en tant qu’agent ANPE, car elle correspond aux salaires légaux indiens », a réagi Bernie Billey, déléguée CFDT à l’ANPE, qui est néanmoins « choquée » car « cela ressemble plutôt à un stage » et « étonnée car il y a beaucoup d’informaticiens de qualité en Inde ».

« Pourquoi expédier quelqu’un là-bas ? Même en admettant qu’on puisse vivre correctement avec ce salaire, encore faut-il se payer le billet aller-retour », dit-elle.

Interrogé sur RTL, le directeur de l’ANPE, Christian Charpy, s’est étonné de la polémique: « le salaire proposé est quatre à cinq fois supérieur au salaire moyen en Inde. Chacun est libre de faire ou non une expérience d’expatriation et je ne vois vraiment pas pourquoi on se pose la question de savoir si cette offre est légitime ou pas légitime ».

Parmi ses 3 à 4 millions d’offres collectées chaque année, l’ANPE en propose de nombreuses à l’étranger, mais à des salaires français (comme 20.000 à 35.000 euros annuels pour un poste de développeur informatique à Casablanca au Maroc).

Pour qui veut absolument partir en Inde, une entreprise de transit international cherche par exemple un délégué commercial à New Delhi… payé 20.000 à 40.000 dollars US.

Selon le Journal du Dimanche, l’offre payée en roupies émane d’une agence web fondée en 1997 en Charente-Maritime à Jonzac, développant des services internet, et délocalisée à Pondichéry depuis 2007 sous le nom de Hangar 17 ICT.

Son dirigeant Denis Delcroix, injoignable dimanche, a nié au JDD avoir sollicité l’ANPE mais reconnaît déposer des offres similaires sur d’autres sites de recrutement: « Je suis dans mon droit, je suis une entreprise indienne, j’embauche aux conditions locales », explique-t-il.

« La globalisation du marché m’a amené à ce nouveau positionnement stratégique » afin de « continuer à apporter des solutions toujours plus innovantes, à des tarifs ultra-compétitifs », explique son site à l’adresse des clients, parmi lesquel des marques de cognac du groupe LVMH, collectivités, industriels… et l’ANPE elle-même.

Besancenot tient la corde

  Bon, j’ai personnellement toujours quelques petites défiances à l’égard du postier révolutionnaire, mais on ne peut nier qu’Olivier Besancenot a su mettre au point un langage clair, rassurant pour ceux qui sont en difficulté, et globalement, qu’il n’a pas commis de « bourde » fatale. Le JRDF continue donc de relater (modestement) ses contributions au débat public :

PARIS – Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, la majorité de la population « s’appauvrit » tandis que les « riches sont de plus en plus riches », a dénoncé dimanche le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) Olivier Besancenot.

« La réalité depuis que Nicolas Sarkozy est élu, les riches sont de plus en plus riches (…) et il y a une majorité de la population qui s’appauvrit », a-t-il déclaré sur Canal+.

« Il y a un transfert de revenus qui s’opère, qui va directement de la poche de la majorité de la population à 6%-7% de la population, sous forme d’exonération de cotisations sociales, de subventions publiques et de cadeaux fiscaux », a dénoncé le candidat à la dernière présidentielle.

Olivier Besancenot a par ailleurs confirmé que les collectifs réunis en vue de fonder un grand parti d’extrême gauche se rassembleront en juin pour poser les bases de ce mouvement. Le parti, qui n’a pas encore de nom, devrait voir le jour en décembre.

A peine horrible

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NEW YORK (AFP) – Trois policiers poursuivis après la mort en novembre 2006 à New York d’un jeune Noir désarmé, tué d’une cinquantaine de balles à la veille de son mariage, ont été acquittés vendredi par un tribunal du quartier de New York.

Le verdict a été accueilli avec stupeur, aux cris de « meurtriers! », « honte à vous! », par plusieurs centaines de personnes massées aux abords de la cour suprême du quartier de Queens (est), quadrillé par d’importantes forces de police et survolé par des hélicoptères.

Le révérend Jesse Jackson, militant des droits des Noirs, a dénoncé depuis Chicago une « parodie de justice ».

Le maire de New York, Michael Bloomberg, a pour sa part relevé dans un communiqué que le juge chargé de l’affaire, Arthur Cooperman, avait pris sa décision « sur la base des témoignages entendus durant le procès ».

« L’Amérique est une nation de lois, et même si tous ne seront pas d’accord avec le verdict, nous acceptons son autorité », a poursuivi le maire, qui s’est dit « convaincu qu’il n’y aurait pas de débordements ».

Sean Bell, 23 ans, est mort à la sortie d’une discothèque où il enterrait sa vie de garçon. Son décès avait provoqué des tensions à New York et Michael Bloomberg avait dénoncé un « usage excessif de la force ».

Les policiers Gescard Isnora, un Hispanique noir, et Michael Oliver, un Blanc, inculpés le 19 mars 2007 d’homicide involontaire, risquaient jusqu’à 25 ans de prison. Un troisième policier, Marc Cooper, un Noir, poursuivi pour « mise en danger d’une personne par une conduite imprudente », ne risquait qu’un an de prison.

Le 25 novembre 2006, cinq policiers en civil dont les trois inculpés surveillaient la sortie d’une discothèque dans le Queens. Pour une raison inconnue, ils avaient pris en chasse la voiture où se trouvaient Sean Bell et deux de ses amis.

Pensant — à tort — que les occupants du véhicule étaient armés, les cinq policiers avaient fait usage de leurs armes, tuant Sean Bell et blessant grièvement l’un des deux passagers.

Le drame a rappelé celui d’Amadou Diallo, un jeune homme d’origine guinéenne abattu d’une quarantaine de balles à New York en 1999. L’acquittement des policiers impliqués dans cette affaire avait provoqué d’énormes manifestations dans la ville, et plusieurs centaines de personnes avaient été arrêtées.

Vendredi, le juge Cooperman a estimé que les policiers n’avaient pas de responsabilité criminelle dans la mort de Sean Bell: « les témoignages n’ont pas suffi à démontrer que les policiers avaient eu tort d’ouvrir le feu ».

Les témoignages des trois policiers étaient « plus crédibles que ceux des victimes », a précisé le juge dans un communiqué.

Le ministère américain de la Justice a annoncé qu’il travaillait avec le FBI et les autorités judiciaires new-yorkaises pour effectuer un examen indépendant des « faits et circonstances entourant la fusillade » et que les autorités « prendront les mesures appropriées si des éléments indiquent une violation » de la législation.

Le candidat démocrate à la présidentielle Barack Obama a appelé les new-yorkais au calme.

« Avoir recours à la violence pour exprimer son mécontentement face à un verdict est totalement inacceptable et contre-productif », a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse dans l’Indiana (nord), selon le Washington Post, ajoutant qu’il fallait « respecter le verdict rendu ».

Aux abords du tribunal, plusieurs jeunes Noirs portaient des tee-shirts rouges avec des inscriptions « Sean Bell R.I.P. » (pour « Repose en paix ») et « 50 tirs ce n’est pas de la justice ».

AFP, Paola Messana.

Le codéveloppement toujours, point de vue d’un dictateur

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  Ah oui non pardon, c’est vrai qu’un dictateur, c’est un dirigeant dans le style de Kim Jong IL (Corée du Nord). Autant pour moi. Abdoulaye Wade, que son organe de presse fait précéder du titre de « maître », s’est maintenu au pouvoir grâce à un beau bourrage d’urnes, et au fait que tout le monde a bien fermé sa gueule par la suite (je parle de l’ONU, notamment, ce gros machin avec des jolis drapeaux plantés un peu partout, spécialisé dans les réunions pour définir des calendriers qui ne sont jamais respectés…).

  Trêve de parenthèse. Malgré mon opinion peu favorable envers « maître » Wade, force est de constater que sa vision sur l’aide au développement contient d’indéniables accents de vérité. Le tableau est forcément un peu noirci, cela lui permettant notamment de se poser en sauveur, mais bon pour un autocrate, y’a pas à dire, un style poétique c’est un plus. (Comprendre : Vu qu’un peuple est forcé de se taper un type – a priori jusqu’à sa mort, ou jusqu’à un coup d’état – qui passe son temps à se répandre dans les médias, franchement, autant qu’il s’exprime bien !) 

 

Le chef de l’Etat maître Abdoulaye Wade a dénoncé vendredi à Dakar la ‘’vaste escroquerie’’ perpétrée par certaines ONG qui font du business sur l’aide alimentaire destinée aux pays africains frappés par la famine, a-t-il estimé avant de les qualifier de ‘’faux médecins, croque-morts de la faim’’.

’’La prétendue aide alimentaire est devenue un business de certaines ONG, voire une vaste escroquerie aux dépens des populations des pays donneurs’’, a notamment dit le chef de l’Etat qui présidait un conseil présidentiel sur la satisfaction des besoins alimentaires du pays.

Pour Abdoulaye Wade, ‘’l’Union européenne et le secrétaire général des Nations unies devraient lancer des enquêtes sur ce scandale du siècle’’.

’’Ce qu’on a appelé l’économie de la faim (…) enrichit les +blouses noires+, faux médecins, croque-morts prompts à se pencher sur le malade, le faire remonter à flots un moment pour obtenir encore davantage de subsides’’, s’est-il indigné.

’’L’Afrique doit se dresser et refuser de jouer plus longtemps, passivement, ce rôle’’, a martelé le chef de l’Etat, tout en soulignant que même si les pays africains ont besoin d’aide, ils ne veulent pas de celle dont ils ne sont que les ‘’prétextes’’.

Abdoulaye a indiqué que le ‘’seul’’ appel à la famine qu’il a ‘’assumé’’, et ce à son ‘’corps défendant’’ est celui lancé par le gouvernement socialiste, peu avant son accession au pouvoir en mars 2000.

Relevant qu’à l’époque ‘’les professionnels de l’appel à la famine ici au Sénégal et à l’étranger, s’étaient encore illustrés’’, le président a ajouté : ‘’j’ai décidé que, sous mon mandat, le Sénégal ne lancerait plus d’appel de ce genre’’. ‘’La promesse a été tenue’’, a-t-il noté, tout en estimant que ‘’l’Afrique peut s’en sortir avec seulement une aide intelligente, sincère, efficace’’.

Pour le chef de l’Etat, ‘’les pays africains pourraient échapper au danger éventuel de la famine s’ils étaient plus vigilants et mieux aidés’’. Insistant sur l’expression ‘’mieux aidés’’, il a indiqué que ‘’l’aide à la survie est une aumône’’.

’’Tout le monde sait ce qu’il faut faire mais, objectivement on ne voit qu’agitation’’, a-t-il déploré.

’’Aussi ne voudrais-je pas qu’on lance, en notre nom, une campagne de collecte d’argent qui finira dans l’escarcelle de la nébuleuse des ONG, de certaines ONG du moins’’. Il y a des ONG ‘’sérieuses’’, a toutefois tenu à préciser le président.

En 1994-95, quelque 98 millions de dollars ont été collectés pour le compte du Niger déclaré alors ‘’pays sinistré pour famine’’, a indiqué Abdoulaye Wade, avant d’ajouter, citant son homologue nigérien Mamadou Tandia, que le Niger n’a en définitive reçu ‘’trois millions de dollars et 8.000 tonnes de céréales’’.

’’Lorsque dernièrement, le président Tandia dit qu’il n’y a pas famine, mais crise, on veut absolument lui faire dire qu’il y avait famine’’, a ajouté le chef de l’Etat soulignant que de tels exemples existent ‘’partout en Afrique’’.

Il a encore souligné que la FAO ‘’doit cesser de prélever 20% des aides qui passent entre ses mains et trouver ailleurs des ressources de fonctionnement’’. ‘’Je ne veux pas non plus, a-t-il dit, que la FAO se transforme en permanence en une main tendue de l’Afrique pour recevoir la pitance’’.

Le directeur général de la FAO, Jacques Diouf se prononçant sur les ‘’émeutes de la faim’’, a lancé un ‘’appel alarmiste’’ sur le danger de famine qui menace l’Afrique du fait de la hausse de denrées de première nécessité, avait dit le chef de l’Etat à l’entame de son intervention.

Il a souhaité que le sommet dit de la crise alimentaire convoqué à Rome (Italie) ne soit pas ‘’un de ces éternels tours de table où les médecins se penchent avec condescendance sur un malade en perpétuelle transfusion avec le sentiment que leur devoir ne va pas plus loin que le maintien en vie’’.

Sarkozy et le codéveloppement

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(Moui, elle est un peu orientée au niveau de la retouche, cette photo de Reuters, mais je la trouve sympa quand même)

Retranscription d’un article de Libération, par Christian Losson :

Pour prendre «sans attendre» la «mesure» des «drames» de la faim qui se développent sur la planète, la France va doubler son aide alimentaire et la porter à 100 millions de dollars (63 millions d’euros). Yeux rivés sur son discours, Nicolas Sarkozy, lors d’un sommet climatique des 16 pays les plus pollueurs (lire ci-contre), a usé du registre compassionnel. A l’image d’un George W. Bush qui vient d’allouer 200 millions de dollars à la lutte contre la flambée des denrées de base…

Paille. «Y a-t-il un seul parmi nous qui peut rester indifférent à la révolte de ceux qui, au Sud, ne peuvent plus manger à leur faim ?» s’est interrogé le chef de l’Etat français. Salutaire prise de conscience ? Il reste de la marge. Car «la France n’est pas, c’est le moins que l’on puisse dire, un gros donateur d’aide alimentaire, confie à Libération Christiane Berthiaume, porte-parole du Programme Alimentaire Mondial (PAM). Elle arrive au 18e rang des contributeurs, avec 5,5 millions de dollars reçus au 13 avril 2008. A comparer avec les besoins de la PAM, revus à la hausse suite aux « émeutes de la faim » – de 500 à 750 millions de dollars.

Dire, comme Sarkozy, que face à «l’urgence, […] lutte contre la pauvreté et lutte contre le changement climatique doivent se renforcer l’une l’autre», l’expose à un rappel douloureux. Le premier instrument de la lutte contre la pauvreté, l’aide publique au développement (APD), est en chute libre depuis son arrivée au pouvoir. Pour la première fois depuis 2001, l’aide française a baissé en 2007, de 15 %, soit 0,39 % du revenu national brut, rompant avec les promesses de Chirac. Et quand on soustrait les 2,3 milliards de dollars (1,4 milliard d’euros) alloués aux frais de scolarité des étudiants étrangers, à l’outre-mer, et à «l’accueil» des réfugiés, que reste-t-il pour l’aide réelle ? «Pas grand-chose, reconnaît un diplomate. On dépense près de dix fois plus en aide pour le changement climatique dans les pays émergents que sur l’aide à la petite agriculture des plus pauvres.»

Nicolas Sarkozy peut jurer que la France y consacre «750 millions de dollars», il oublie qu’il s’agit de prêts. Comme les 100 millions de dollars à l’Afrique du Sud pour une ferme éolienne. «L’hypocrisie est totale, note Sébastien Fourmy, d’Oxfam France. D’un côté, Sarkozy parle de solidarité nécessaire et de souveraineté alimentaire. De l’autre, il vante la vocation exportatrice de l’agroalimentaire, qui, à coups de subventions à l’exportation ou d’accords de libre-échange, lamine les petits fermiers africains.»

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