A propos du commerce, et des tactiques du grand patronat

  Je livre ici une réflexion simple – je l’espère – dans sa formulation, mais dont les ramifications sont finalement assez universelles. Quels sont les buts du capitalisme débridé/ultralibéralisme/politique du grand patronat ? J’en propose trois :

  – D’abord, il s’agit de produire au plus faible coût. C’est donc un mélange de bas salaires, d’automatisation, de délocalisations ou tout bêtement d’esclavage (enfants qu’on envoie dans les mines, femmes payées moins chères que les hommes, « étrangers » exploités, etc…) qui est mis en place. La peur, la faiblesse des syndicats, une éducation imparfaite (notamment dans les domaines de la législation sur le Droit du Travail), des lois inappliquées (aaaah… les RTT !) et, d’une manière générale, la toute-puissance du patron face à l’employé, contribuent évidemment à cet étatde fait. La disparition d’une bonne centaine de tribunaux des Prud’Hommes n’est pas faite pour y remédier, ni la récente « réforme » du Code du Travail, qui renvoie en gros le salarié à la négociation en face-à-face devant son employeur. Ceux qui n’ont jamais pu participer à une grève, par exemple, par peur d’être virés, comprendront où je veux en venir…

  – Deuxièmement, il s’agit de forcer la vente d’un article, du moins d’en vendre le plus possible. Dans ce registre, on trouve la publicité, mais aussi les drogues (addictifs dans les clopes, par exemple), « la mode », et surtout la domination des marchés les plus essentiels par les sphères privées : alimentaire, éducation, bâtiment, pharmaceutique et soins médicaux, etc… Le truc, c’est que le « client » sera toujours forcé de manger, de se soigner, ou de disposer d’une bonne éducation. Si on flingue tous les secteurs publics qui y sont traditionnellement afférents, le « consommateur » sera bien forcé de se rabattre sur une production plus capitaliste (cliniques privées, écoles privées, fonds de pension par capitalisation, agroalimentaire chimique, etc…) A ce niveau, évidemment, les gros industriels s’arrangent pour dessouder leurs concurrents les plus faibles (petites entreprises, artisans), souvent avec le concours de politiciens corrompus. Ce genre de magouilles peut donner la loi récente qui avantage très nettement les grandes surfaces, les hyper et les discounters, au nom de la « concurrence » - en pratique, au détriment des petits commerçants. Paix à leur âme.

  – Troisièmement, une fois le marché dominé, le client harponné, et les produits fabriqués dans des pays pauvres et revendus trente fois plus chers dans les pays riches (pour les services, il suffit d’utiliser une main d’oeuvre rendue servile par un marché du travail sans pitié), une fois la concurrence éliminée donc, et les pouvoirs publics rendus inopérants, il reste à spéculer au maximum. Concrètement, il s’agit de vendre le plus cher possible un produit qui est, ou sera rendu nécessaire. C’est là où nous nous trouvons, ami lecteur. Les denrées alimentaires, revendues après un bon gros conditionnement mental du client, dans les centrales de distribution, augmentent alors même que les producteurs, parfois, en font baisser le prix à l’achat. SPECULATION ! Et les cas fourmillent, pas seulement du côté des grandes surfaces d’ailleurs : le prix du gaz, en France, par exemple. Sarkozy s’est récemment répandu à ce sujet, lors d’une interview télévisée blindée de démagogie et de contre-vérités… La réalité est que le prix du gaz n’est pas « indexé sur le prix du baril de pétrole ». Il est régulé par l’Etat. Et depuis trois années, le prix du gaz, à l’achat, a BAISSE. Durant ce même temps, il a AUGMENTE à la vente, l’Etat se chargeant de recouvrir ce tour de passe-passe d’un joli voile de désinformation.

  Voilà une preuve supplémentaire, ami lecteur, que le « capitalisme » (j’aime pas ce mot, beaucoup trop général) nous prend vraiment pour des cons. C’est également une preuve de l’importance fondamentale de la politique; Un bon régime peut utiliser des leviers pour garantir le fameux « pouvoir d’achat » du consommateur. Un régime corrompu s’en fout, se marre, et s’en met plein les poches dans l’intervalle.

-jrdf
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