posts du 9 mai, 2008


J’emmerde mai 68

  J’emmerde mai 68. Et je ne suis sûrement pas le seul. Les soixante-huitards ont été, sont et seront toujours à mon sens de tristes bouffons. Certains de leurs combats étaient intelligents et justes – ceux-là ont d’ailleurs triomphé, par la suite : Droit à l’IVG, droits égaux pour les femmes (qui ne pouvaient pas ouvrir de compte en banque sans leur mari !), réévaluation des salaires (le fameux Grenelle, dont le nom aujourd’hui a été ignominieusement réutilisé), fin des ségrégations entre les sexes dans l’enseignement, abaissement de la majorité pour voter, meilleures conditions pour les travailleurs. Voilà. Ca, c’est de la matière !

  Mais il y a les idées, et les méthodes. Je hais ces dernières, car elles ont fait jurisprudence, et aujourd’hui encore on « se bat » comme en 68, avec les mêmes armes nazes qui n’amèneront à la victoire que dans les rêves des fumeurs de pétards. On se bat avec des manifestations autorisées, qui suivent toujours le même tracé, tout le monde piétinant bien gentiment derrière sa banderole. On se bat avec des occupations et des grèves de blocage qui n’aboutissent à rien, sinon à la paralysie et à un fatal essoufflement que les forces de l’ordre viendront sempiternellement briser. On se bat avec des chansons, avec des slogans, avec des affiches. Non. On ne se bat pas. On festoie. Pour être plus technique : on fout le bordel.

  Alors oui, j’emmerde profondément mai 68, et encore une fois, je ne pense pas exprimer une opinion isolée. Si les vétérans qu’on entend se répandre tous les dix ans, à chaque anniversaire symbolique, pouvaient savoir à quel point les jeunes d’aujourd’hui SE FOUTENT DE LEUR GUEULE ! Ils sont si fiers de ne pas même avoir tenu un mois, à stupidement s’en prendre aux forces de l’ordre, à dresser des barricades dans des impasses, et principalement à Paris parce que, en province, « Mai 68 » ça a été très léger… C’est triste comme la pluie. Les vieux révolutionnaires sont coincés près d’un demi-siècle en arrière. On ne les a pas revus depuis, sans doute trop occupés qu’ils étaient avec leur nostalgie, à remonter des images d’archive et à collectionner des affiches. Mai 68, c’est comme le t-shirt de Che Guevara. Une institution. Mai 68, c’est un manque de discernement total, qui a voulu tout foutre par terre, tout bloquer, et après ? Après, bof, on rentre gentiment tous chez soi, et puis voilà.

  NON ! J’emmerde Mai 68, parce que c’est d’une crétinerie absolue de vouloir TOUT détruire sans rien proposer derrière, cela n’a pas marché et cela n’a, de toute manière, pas de sens ! Les soixante-huitards se sont opposés à l’armée ! Ah oui ? Et que fait-on alors de ceux qui ont besoin de cette structure, qui l’aiment, qui s’y sentent à leur aise et qui se retrouvent dans ses valeurs ? On les laisse à l’écart ? Mai 68 s’est attaqué à la religion… pour imposer la sienne, encore plus bizarre et vaseuse, une religion qui ne structure rien, une religion qui ne relie personne, à part à travers le sexe et la drogue – qui sont des plaisirs personnels, pas des valeurs collectives ! Je fais vieux con, en écrivant cela ? Sans doute. Mais la France, c’est 64 millions de personnes, et cette masse énorme de personnes, sans structures, sans points de référence, SOUFFRE tout simplement. Un philosophe inspiré a écrit que Mai 68 était la révolution de l’individualisme, et qu’elle a abouti in fine au retour bien plus brutal du communautarisme, parce que les gens NE PEUVENT PAS vivre sans structures.

  Et c’est là, à mon sens, le nœud du problème, celui que les drogués adeptes de la pédophilie – tels Cohn Bendit, hé oui ! Il a écrit un livre à ce sujet ! – ne peuvent pas comprendre. Les structures peuvent être carcérales, injustes, sexistes, racistes. OUI ! Mais on ne peut s’en passer ! Il faut les TRANSFORMER, non les abolir ! Et pour arriver à ce résultat, il faut une action politique. Si l’action politique est impossible, et qu’on veut alors s’en remettre à une révolution – changement brutal d’un système, basé sur la force – désolé, mais ce n’est pas en allant crapahuter en rangs serrés dans la rue un après-midi, puis un autre, ou en bloquant toute production, ou en écrivant des chansons, qu’on y arrivera. Ca me rappelle cet excellent épisode de South Park « Crève Hippie, Crève ! » dans lequel les sales gamins sympathisent avec les doctrines altermondialistes, et se retrouvent embrigadés dans un gigantesque concert. Au bout d’une dizaine de jours, à ne rien faire tous plantés dans un champ, Stan réussit à s’emparer du micro et demande « Excusez-moi. Qu’est-ce qu’on fait, là ? ». Initiative, évidemment, vouée à l’échec.

  Alors, je l’écris une dernière fois : J’emmerde Mai 68. S’il faut changer les choses, on ne le fera pas en faisant la fête. On ne le fera pas en rêvant, en baisant, ou en se droguant. On le fera en travaillant, en s’organisant, en se battant et en définissant des objectifs ! Ceux qui croient le contraire, ceux qui se droguent à l’utopie sans être réellement sincères et sérieux dans leur démarche, n’exposent leur cause qu’à un seul phénomène : la putain de désillusion.

Une interview de Royal

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  In extenso, voici la dernière entrevue de la présidente du Poitou-Charentes, accordée à Le Parisien/Aujourd’hui en France. Globalement, je la trouve réussie et sensée, même si Royal a toujours tendance à retomber dans ses travers… elle a un côté têtu qui est une qualité pour une dirigeante, mais qui en énervera certains. Enfin, ami lecteur, je te laisse juger sur pièce :

MEHDI MARTEL. Un an après l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, quel est, selon vous, son plus grand échec… et sa plus grande réussite ?

Son plus grand échec, c’est la déception des Français. Lorsqu’on a la chance d’être chef de la cinquième puissance du monde, on n’a pas le droit de rater une année. La France a été séduite et elle est aujourd’hui abandonnée. C’est très grave. Le pouvoir en place semble dépassé. Il a fait croire qu’il maîtrisait les choses, que toutes les réformes étaient prêtes. Or, dans un monde qui va très vite, marqué par la mondialisation, un dirigeant ne peut pas être dépassé par les événements.

SERGE GADEA. Sarkozy a-t-il trouvé ses limites ?

Oui. Il n’est pas à la hauteur d’une période historique compliquée. Il s’est occupé davantage de lui-même que de la France. Il disait qu’il serait le président de la morale, du courage, du pouvoir d’achat, des droits de l’homme. C’est tout le contraire : on a de l’immoralité, du non-respect, de l’improvisation. Maintenant il faut qu’il se ressaisisse car il faut remettre la France sur la bonne voie : une autre politique est possible.

CAROLINE CHANFREAU. Mais y a-t-il quand même quelques succès ?

L’émergence au sein du gouvernement de femmes issues de la diversité est une chose positive… Encore que, en bonne logique républicaine, il faut juger sur les résultats.

JEANINE HAMELIN. Pourquoi, selon vous, avez-vous perdu la présidentielle il y a un an ?

C’est une bonne question, j’ai écrit un livre pour expliquer cela (rires) ! Je n’ai pas réussi à convaincre de nombreuses personnes parce que, en face, Nicolas Sarkozy a fait des promesses : celle de revaloriser de 25 % le minimum vieillesse, les petites retraites et l’allocation adulte handicapé. Il avait aussi annoncé qu’il demanderait aux patrons d’augmenter les bas salaires. Dans une élection, ça joue. Moi, je n’ai promis sérieusement que ce que je savais pouvoir tenir. Mon adversaire a aussi bénéficié pendant les années précédant l’élection de relais médiatiques extrêmement puissants et de moyens financiers considérables, en cumulant le ministère de l’Intérieur et l’UMP. Enfin, il m’a manqué le soutien de certains dirigeants socialistes, qui n’ont pas accepté ma désignation massive par les militants du parti.

MEHDI MARTEL. Avez-vous des propositions concrètes pour réduire le chômage des jeunes et faciliter l’accès dans la vie active ?

Il y a une déconnexion entre certaines filières de formation économique et la réalité du marché du travail. Et aussi un énorme gâchis à l’issue des deux premières années d’université, où 40 % des jeunes abandonnent sans qualification et sans diplôme. Il faut une réforme profonde de l’université et en particulier dé-spécialiser les premières années de formation. Et puis il y a des secteurs sous tension dans le bâtiment, la restauration, les services à domicile. Or, ces métiers ne sont pas suffisamment valorisés. C’est ce que j’ai fait dans ma région en donnant un chèque à tous les jeunes qui entrent dans ces trois filières pour les aider à financer leur permis de conduire, dont ils ont besoin pour aller travailler. Par ailleurs, je suis favorable au développement de l’apprentissage, y compris dans l’enseignement supérieur. C’est-à-dire la formation alternée entre la théorie et la pratique. Cela existe déjà et il faut le développer.

JEANINE HAMELIN. Comment accroître le pouvoir d’achat alors que tout augmente ?

C’est l’expression de l’angoisse principale : la vie chère, l’accès au logement devenu difficile, l’augmentation de l’essence… Au lieu de donner 15 milliards chaque année dans le paquet fiscal, on aurait pu baisser la TVA sur la consommation. Ou doubler la prime pour l’emploi pour 8 millions de salariés. Il faut imposer aux collectivités locales de respecter le quota des 20 % de logements sociaux. Il faut réorienter la masse de l’épargne vers le secteur de la construction. Quant aux prix, il faut contrôler les marges de la grande distribution. Je suis favorable à l’autorisation des actions de groupe de consommateurs. C’est très efficace pour instaurer un rapport de force sur les prix entre les consommateurs et les grandes entreprises.

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Myanmar, cauchemar

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  Aaaah… la Chine, son régime totalitaire, meurtrier et menteur appliqué à 1,3 milliard d’individus, et son soutien à diverses dictatures tout aussi (sinon plus) iniques ! Tout un programme ! Ben ouais. A quoi sert de parler de « la junte birmane » ? Elle n’est qu’un écran de despotes soutenus par le pays le plus peuplé au monde. J’ai déjà écrit, ici, quelques articles au sujet de la Birmanie (fuck « Myanmar »). Il est peut-être temps de les approfondir.

  Les catastrophes sont souvent des révélateurs, c’est bien connu. Dans le cas d’un cyclone dont les dégâts ont peut-être fait 100 000 morts, la réaction des autorités ne peut être que significative. Elle l’est bien plus, in fine, et je pencherais personnellement  pour le mot « horrible ». La junte refuse d’abord toute aide extérieure, bien trop flippée de se faire renverser (on se demande comment, d’ailleurs, mais c’est un autre sujet). Puis, elle se décide à mitiger sa ligne politique, accepte finalement que les ONG viennent secourir un peu leur peuple qui se retrouve dans une merde noire de chez noire… et non, en fait. Elle se rétracte, expulse les secouristes, CONFISQUE LES VIVRES et reprend sa propagande. Parce que, c’est pas tout ça, mais la junte birmane/chinoise a un référendum à faire valider par son peuple. On se demande bien pourquoi elle prend la peine de le faire, d’ailleurs, mais bon… Le référendum en question concerne un renforcement des pouvoirs de l’armée, qui obtiendrait d’emblée un quart des sièges au Parlement, et la maîtrise de la plupart des gros ministères.

  Ah bon, parce qu’il y avait une démocratie en Birmanie ? Première nouvelle. L’armée, parlons-en… forte de plus de 500 000 soldats, dont une bonne part recrutés en volant des enfants à leurs parents, elle est surtout dévolue, outre sa traditionnelle fonction de meurtre des opposants, à militariser la production. Comprendre : les travailleurs ont en permanence un fusil dans le dos.

  Comment a-t-on pu en arriver là ? Le soutien chinois est évidemment une donnée cruciale dans cette abomination politique, mais il faut dire que cette pauvre Birmanie subit déjà depuis plus de soixante années l’une des pires tyrannie au monde. Sa paternité en revient à Ne Win (un pseudo signifiant « soleil irradiant », une connerie dans ce style), qui arracha le pouvoir, à force de nombreuses années d’intrigues, à une démocratie qui n’était certes pas toute rose (conflits ethniques, notamment, du à la faiblesse du régime), mais conduite par ceux qui avaient arraché leur indépendance – par la négociation ! – aux japonais. Le père de Aung San Suu Kyi, l’opposante la plus célèbre à la junte en place, ayant été assassiné par son second peu après la libération du pays, à savoir par celui qui allait devenir… Ne Win. Officiellement, ce dernier a régné pendant 26 ans, mais en pratique il disposait déjà du pouvoir avant son coup d’état, et l’a conservé par la suite, dans l’ombre, malgré sa « déchéance », et le remplacement de sa junte par une autre, également brutale et injuste.

  Une belle histoire, hein ? Donc, pour résumer, la Birmanie, pays initialement très riche, est dans un état social désastreux. Elle vient d’être laminée par un cyclone, est conduite par une clique de militaires fantoches à la solde du pays le plus puissant au monde, et incarnée en pratique par le plus haut taux de soldats par habitants. Enfin, les représentants du « monde civilisé » n’en ont pas grand-chose à foutre, et à part des discours, les birmans ne sont pas près de voir arriver un réel secours - ou de pouvoir opérer une véritable révolution, puissance de l’armée oblige.

  C’était notre rubrique « Ce satané monde de merde ». Merci de votre attention.

Charlie Hebdo se fait avoir en beauté

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  Une réaction par rapport à une interview que je viens de subir, sur I-Télé, à propos de Sarkozy et de la caricature. Charb, de Charlie Hebdo, y était notamment invité, ainsi que l’un des dessinateurs de « La face Karchée de Sarkozy ».

  Ce qui me permet de définir ici, à mon sens, l’un des pires travers dans lesquels une presse indépendante peut tomber. A savoir, l’institution. La rébellion, avec le temps, devient routine, et finalement, l’acide se change en habitude. Ces messieurs l’ont hélas prouvé : lorsqu’on leur demande si Sarkozy est un bon matériau, ils acquiescent mollement – ou tombent dans le dogmatisme (« Sarkozy ne sera jamais mon copain », vachement impartial !); Lorsque le journaliste, perfide, leur déclare que plus d’une cinquantaine de publications, en un an, ont paru à son sujet, ils ne relèvent pas le piège… Non. Ces messieurs sont bien contents d’être invités à la télévision. Ils sont courtois, rigolards. Eux, qui tartinent les dessins les plus outranciers sur Sarkozy, on les découvre tels de grands gamins qui s’amusent bien en faisant leur boulot.

  Pire, et c’est ce qui m’a révolté, sur la question de la critique en France, ils donnent foi au message « Je préfère l’excès de caricature à l’absence de caricature » envoyé par Mr S. lors du procès de Charlie Hebdo face aux islamistes ! N’est-ce pas évident que ce message est une démagogie de plus entièrement contredite dans les faits, par les projets de loi à venir qui vont réviser les lois sur la laïcité, sans parler de l’évocation, à demi-mots, d’un futur « délit de blasphème » ?

  Et les voilà qui enfoncent le clou… « Il n’y a pas de censure en France ». Putain, quelle misère d’en arriver là ! Il serait peut-être temps, pour ces gentils dessinateurs, de sortir de leurs confortables fauteuils pour affronter la réalité ! La plupart des discours de Royal, durant la campagne, ont été réduits à des extraits de quelques secondes ! Le sondage, dans « La Tribune », qui lui donnait une plus grande crédibilité en matière économique, a été remplacé par un article sur « le moral des français au beau fixe » ! Plantu s’est vu morigéné par Sarkozy lui-même, lorsqu’il l’a dessiné avec des mouches tournant autour de sa tête (symbole habituellement échû à Le Pen) ! La campagne Metrobus qui égratignait un peu l’omniprésence de Sarkozy dans les médias a tout simplement été bannie ! L’article sur Cécilia Sarkozy qui n’est pas allée voter a d’abord été trappé ! Les dépêches, sur Yahoo, trop défavorables à l’UMP « disparaissent » au bout de quelques jours ! Lagardère lui-même a fait censurer, par exemple, un article se référant à un groupe de folk gitan qui s’est vu reconduire à la frontière manu militari, alors qu’il était invité à un festival, pour ne pas gêner le ministre de l’Intérieur de l’époque ! MERDE ! Que leur faut-il de plus ?

  C’est désespérant… Les quelques remparts de liberté d’expression qui nous restent, en France, prennent l’actualité politique à la rigolade… Ah ça, pour faire des caricatures sur Carla Bruni, les montres de Sarkozy, et sa petite taille, y’a du monde ! Mais pour entrer dans le nerf du sujet, nettement moins ! Et encore, ces messieurs ne se rendent même pas compte qu’en attaquant uniquement l’image du chef de l’UMP, ils vont le rendre attachant et sympathique !

PS : Parti Stupide – la preuve !

PARIS – L’ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard a affirmé vendredi qu’il « ne croyait pas » que Ségolène Royal serait un bon Premier secrétaire du Parti socialiste, doutant même qu’elle pourrait le devenir.

« Je ne pense pas qu’elle puisse (devenir Premier secrétaire) parce que l’ensemble du parti, c’est-à-dire les membres vrais, ont analysé ce qu’il s’est passé: Nous avons quand même perdu pour la troisième fois une élection présidentielle par une marge de 6% », a-t-il lancé sur RTL. « N’importe quel socialiste aurait fait 17 millions de voix, c’était le point bas ».

A la question de savoir si elle pouvait être un « bon Premier secrétaire », Michel Rocard a tranché: « Ma réponse est je ne crois pas, mais ce n’est pas le vrai problème ». Il faut d’abord aider le PS à clarifier ses positions sur « l’Europe », « l’économie de marché », « avant de s’occuper d’une présidentielle qu’on commencera à préparer en 2011″, a-t-il estimé.

Interrogé sur la popularité de l’ancienne candidate à la présidentielle chez les sympathisants socialistes qui souhaitent qu’elle devienne Premier secrétaire du PS, Michel Rocard a reconnu que « ça (l)’agace un peu (…) c’est une donnée de fait ». AP

ALORS…

1/ Rocard, déteste Royal (ce qui n’était pas réciproque, à la base, d’ailleurs), car il a voulu la « remplacer » au cours de l’élection présidentielle, un mois avant le premier tour. Elle a refusé, un peu éberluée, arguant du vote des militants en sa faveur…

2/ Rocard, déteste Royal, car il la soupçonne d’être une mitterrandiste. Ce qui n’est pas forcément faux, mais dépend surtout de ce qu’on entend par là… L’ex Premier Ministre, lui, semble n’y voir que rancoeur et opportunité d’une vengeancc personnelle.

3/ Rocard, ne veut pas que Royal soit Première Secrétaire du PS, parce qu’il veut l’être.

4/ Pour Rocard, le fait que la base militante soit majoritairement favorable à une direction Royal, est « un état de fait ». Pour un pauvre petit con comme moi, cher grand politicien sauveur de l’humanité, ce n’est que la démocratie interne d’un parti… Rocard veut trôner à Solférino ? Qu’il ait au moins le courage de se présenter !

5/ Quand Rocard dit que le PS doit clarifier ses positions sur « l’Europe » et sur « l’économie de marché », il faut comprendre qu’il a envie d’exposer ses théories sur l’Europe et sur l’économie de marché, les siennes, qui sont fatalement transcendantes. Vu que le rapport du monsieur sur Internet et les nouvelles technologies faisait un peu plus de 800 pages, on peut augurer que la compilation des pensées rocardiennes sur l’Europe est du genre à fournir de la lecture pendant un paquet d’années. Mais ce n’est pas forcément la question…

  La question, c’est ça : un vieux qui pique son caprice, qui lâche que « n’importe qui aurait fait mieux » (sous-entendu : lui), devant les caméras, histoire d’exister parce qu’il en a marre qu’on le laisse tout seul, dans son coin. C’EST CA, ÊTRE SOCIALISTE, BORDEL ?

  Enfin… au moins, on aura échappé à un énième bouquin sur le thème de « Royal est nulle, c’est de sa faute si on a perdu, et je vous l’avais bien dit » (votez pour moi) !

PS : Parti Stupide

  Je ne suis pas un partisan. Enfin, pas vraiment. Je l’ai déjà écrit, et je le répète : je suis de gauche, je me reconnais dans les idées socialistes (transformer progressivement la société, sans entrer dans les délires totalitaires des communistes), j’ai choisi mon camp car il le faut bien – on peut oublier la politique, mais elle, n’oublie personne – et, quitte à choisir un chef dans cette mouvance idélogique, je me sens proche du « réformisme musclé » de Royal.

  Pour autant, je ne suis pas un gogol qui va aller acclamer toute chose giclant de Solférino. Je pense plus précisément au « texte fondateur » cuvée 2008, que le Parti vient de sortir de son chapeau (ou de ses fesses, c’est selon l’humeur) pour bien montrer que le PS est une organisation moderne qui se tient vachement à la pointe de l’actualité. Tellement qu’il en zappe les « forums de la rénovation » d’ailleurs (bien que moi j’appellerais plutôt ça des meetings entre ténors devant un public acquis d’avance), la consultation Internet qui y a été associée (pour amuser la galerie donc, visiblement), la démocratie participative qui l’a précédé (à peine quelques centaines de milliers de contributions, c’est vrai…), et d’une manière générale le travail intellectuel que peuvent fournir les militants « de base ».

  Tout ça, juste après avoir trimé comme des beaux diables pour les yeux de ces candidats à la mairie, ça fait juste un tout petit peu mal à l’arrière-train. Est-ce vraiment lié, par nature, à la gestion très autocratique, façon illusion d’optique, de François Hollande ? C’est grave, docteur ? Hélas, il me semble que le mal est plus généralisé que cela.

  Le PS souffre, à mon sens, de deux maux. D’abord, un effrayant manque de couilles, et ensuite, le syndrôme du parti élitiste, sur fond de « oui mais voyez-vous, nous n’avons pas les mêmes valeurs ». 

  Non, nous n’avons pas les mêmes valeurs, effectivement. Quand on voit qu’un Mélenchon (ouh je suis sénateur et je tape sur Royal, regardez-moi je suis de super-gauche) représente la « branche rebelle » du parti, aux côtés d’arrivistes comme Valls et Montebourg (j’ai un peu plus de respect pour ce dernier, qui lui au moins a eu le cran de vouloir s’attaquer aux paradis fiscaux), nappés entre un Julien Dray qui joue son Staline (hop-là, ni vu ni connu j’infiltre et je verrouille le parti) et un François Hollande qui va nous jouer le coup du retour en 2012 – ne parlons même pas de Lionel Jospin ! – en y rajoutant Fabius, DSK, et Martine Aubry, on se dit qu’on n’est pas sortis de l’auberge… Royal et Delanoë, feront l’objet de posts spécifiques.

  Tu as remarqué, ami lecteur ? Voilà, on peut discourir pendant des pages sans évoquer une seule véritable idée… ça s’appelle le clanisme. Le PS crève d’être sans cesse tiraillé entre des politiciens qui ne pensent qu’à le dominer. Qui pense simplement à l’écouter ? Si quasiment la moitié des adhérents socialistes ont fui après la présidentielle, c’est qu’ils ont bien senti le vent tourner… Ils ont senti qu’ils n’avaient pas grand-chose à attendre d’un parti qui, pour se « refonder », fait se réunir une demie-douzaine de ténors dans une pièce afin de rédiger un texte qui a le mérite d’être aussi consensuel qu’ennuyeux. Quel est-il, ce texte, plus précisément ? Il faut bien l’avouer, il n’est pas encore terminé, et sera voté par les militants « après débat ». Donc on ne peut gloser, pour le moment, que sur ses grandes lignes… en théorie, du moins. J’adore l’esprit démocratique du PS. On a le choix entre un texte. Aura-t-on le droit de l’amender ? Chouette alors. Et si on ne l’a pas ? Ca fait rien, on en discutera entre nous, on se montera la tête entre nous, en section, et puis chacun rentrera gentiment chez lui tandis que les dirigeants continueront à diriger, en attendant ce qui les motive suprêmement, à savoir le prochain Congrès. Quel clan va l’emporter ? Suspens !

  Et donc, les idées ? Ah oui, bon. Pour trancher avec les précédents textes, qui étaient encore un peu trop marxistes (autogestion, société sans classe, parti révolutionnaire, etc…), le PS marque noir sur blanc qu’il veut défendre « une économie de marché sociale et écologique ». C’est vrai que Jaurès, déjà, ne rejettait pas les principes de marché, alors c’était urgent de le rappeler… alalala la grande querelle du marché… Contrairement à ce que beaucoup de gens croient, les socialistes n’ont jamais voulu en sortir – on fait comment, d’ailleurs, on en revient au troc alors, ou on abolit la monnaie ? – autrement que par des nationalisations-clé, et des autogestions qui n’ont jamais été mises en pratique. Sauf au temps de la Commune, certes, mais on ne saura jamais si ça aurait bien pu marcher sur le long terme, pour cause de gros massacre.

  D’ailleurs, les communistes non plus, ne sont jamais sortis du marché; Ils en ont recréé un autre. Pas génial d’ailleurs, niveau conditions de vie des travailleurs – ce qui composait l’essentiel des doctrines marxistes avant qu’elles n’arrivent au pouvoir… drôle, non ?

  Donc, à moins de tous vivre comme des hippies, en admettant qu’un monde sans armes ni esclavage, ni crime puisse exister, on ne sortira pas des principes basiques des marchés, entre autres parce qu’on a besoin de travailler, de se vendre et de s’acheter des machins, et d’un Etat qui puisse faire fonctionner à peu près correctement tout ce bordel. Fin de la parenthèse… Mais bon, c’est peut-être encore trop pragmatique, ce que je viens d’exposer. Ce texte imposé d’en haut a surtout une visée esthétique. Parlons clair : Personne, ou presque, ne le lira. Je parle du grand public, là. Ce texte est une excuse, il dit : « Vous voyez, on est devenus raiusonnables, on est des socialistes bien sous tous rapports, mais en même temps on n’a pas oublié de coller le mot « social » un peu partout, et aussi de l’écologie parce que le vert ça fait bien ». Je caricature, évidemment, parce que l’écologie, quand on y réfléchit un peu, c’est forcément de gauche, et la politique de ces trente dernières années l’a sombrement prouvé. Mais franchement… les grosses tartines indigestes qui semblent dater du 19e siècle au niveau de la méthode, balancées comme ça en se disant que tout le monde n’y verra que du feu, c’est d’un énervant…

  Le problème, si un ténor du Parti lit ces lignes, est qu’il faudra bien que le PS accepte le fait, un jour, que ni les militants ni les gens ne sont des gros cons. C’est sûr, dans le lot il y en a, surtout des personnes qui, en fait, ne s’intéressent pas du tout, ou à peine à la politique; Mais, tous ceux qui font cet effort, eux, en sont rapidement dégoûtés par ces méthodes d’autocrates qui se regardent le nombril.

  Vive la démocratie, la vraie ! Vive la lumière ! Vive le conflit idéologique, bouillonnant et créateur ! Vive le choix et vive le respect de TOUS les membres d’un parti qui veut diriger l’une des grandes puissances de ce monde ! Vive la rage, vive l’intelligence ! Brûlons tous ces placards qui sentent le renfermé !

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