PS : Parti Stupide

  Je ne suis pas un partisan. Enfin, pas vraiment. Je l’ai déjà écrit, et je le répète : je suis de gauche, je me reconnais dans les idées socialistes (transformer progressivement la société, sans entrer dans les délires totalitaires des communistes), j’ai choisi mon camp car il le faut bien – on peut oublier la politique, mais elle, n’oublie personne – et, quitte à choisir un chef dans cette mouvance idélogique, je me sens proche du « réformisme musclé » de Royal.

  Pour autant, je ne suis pas un gogol qui va aller acclamer toute chose giclant de Solférino. Je pense plus précisément au « texte fondateur » cuvée 2008, que le Parti vient de sortir de son chapeau (ou de ses fesses, c’est selon l’humeur) pour bien montrer que le PS est une organisation moderne qui se tient vachement à la pointe de l’actualité. Tellement qu’il en zappe les « forums de la rénovation » d’ailleurs (bien que moi j’appellerais plutôt ça des meetings entre ténors devant un public acquis d’avance), la consultation Internet qui y a été associée (pour amuser la galerie donc, visiblement), la démocratie participative qui l’a précédé (à peine quelques centaines de milliers de contributions, c’est vrai…), et d’une manière générale le travail intellectuel que peuvent fournir les militants « de base ».

  Tout ça, juste après avoir trimé comme des beaux diables pour les yeux de ces candidats à la mairie, ça fait juste un tout petit peu mal à l’arrière-train. Est-ce vraiment lié, par nature, à la gestion très autocratique, façon illusion d’optique, de François Hollande ? C’est grave, docteur ? Hélas, il me semble que le mal est plus généralisé que cela.

  Le PS souffre, à mon sens, de deux maux. D’abord, un effrayant manque de couilles, et ensuite, le syndrôme du parti élitiste, sur fond de « oui mais voyez-vous, nous n’avons pas les mêmes valeurs ». 

  Non, nous n’avons pas les mêmes valeurs, effectivement. Quand on voit qu’un Mélenchon (ouh je suis sénateur et je tape sur Royal, regardez-moi je suis de super-gauche) représente la « branche rebelle » du parti, aux côtés d’arrivistes comme Valls et Montebourg (j’ai un peu plus de respect pour ce dernier, qui lui au moins a eu le cran de vouloir s’attaquer aux paradis fiscaux), nappés entre un Julien Dray qui joue son Staline (hop-là, ni vu ni connu j’infiltre et je verrouille le parti) et un François Hollande qui va nous jouer le coup du retour en 2012 – ne parlons même pas de Lionel Jospin ! – en y rajoutant Fabius, DSK, et Martine Aubry, on se dit qu’on n’est pas sortis de l’auberge… Royal et Delanoë, feront l’objet de posts spécifiques.

  Tu as remarqué, ami lecteur ? Voilà, on peut discourir pendant des pages sans évoquer une seule véritable idée… ça s’appelle le clanisme. Le PS crève d’être sans cesse tiraillé entre des politiciens qui ne pensent qu’à le dominer. Qui pense simplement à l’écouter ? Si quasiment la moitié des adhérents socialistes ont fui après la présidentielle, c’est qu’ils ont bien senti le vent tourner… Ils ont senti qu’ils n’avaient pas grand-chose à attendre d’un parti qui, pour se « refonder », fait se réunir une demie-douzaine de ténors dans une pièce afin de rédiger un texte qui a le mérite d’être aussi consensuel qu’ennuyeux. Quel est-il, ce texte, plus précisément ? Il faut bien l’avouer, il n’est pas encore terminé, et sera voté par les militants « après débat ». Donc on ne peut gloser, pour le moment, que sur ses grandes lignes… en théorie, du moins. J’adore l’esprit démocratique du PS. On a le choix entre un texte. Aura-t-on le droit de l’amender ? Chouette alors. Et si on ne l’a pas ? Ca fait rien, on en discutera entre nous, on se montera la tête entre nous, en section, et puis chacun rentrera gentiment chez lui tandis que les dirigeants continueront à diriger, en attendant ce qui les motive suprêmement, à savoir le prochain Congrès. Quel clan va l’emporter ? Suspens !

  Et donc, les idées ? Ah oui, bon. Pour trancher avec les précédents textes, qui étaient encore un peu trop marxistes (autogestion, société sans classe, parti révolutionnaire, etc…), le PS marque noir sur blanc qu’il veut défendre « une économie de marché sociale et écologique ». C’est vrai que Jaurès, déjà, ne rejettait pas les principes de marché, alors c’était urgent de le rappeler… alalala la grande querelle du marché… Contrairement à ce que beaucoup de gens croient, les socialistes n’ont jamais voulu en sortir – on fait comment, d’ailleurs, on en revient au troc alors, ou on abolit la monnaie ? – autrement que par des nationalisations-clé, et des autogestions qui n’ont jamais été mises en pratique. Sauf au temps de la Commune, certes, mais on ne saura jamais si ça aurait bien pu marcher sur le long terme, pour cause de gros massacre.

  D’ailleurs, les communistes non plus, ne sont jamais sortis du marché; Ils en ont recréé un autre. Pas génial d’ailleurs, niveau conditions de vie des travailleurs – ce qui composait l’essentiel des doctrines marxistes avant qu’elles n’arrivent au pouvoir… drôle, non ?

  Donc, à moins de tous vivre comme des hippies, en admettant qu’un monde sans armes ni esclavage, ni crime puisse exister, on ne sortira pas des principes basiques des marchés, entre autres parce qu’on a besoin de travailler, de se vendre et de s’acheter des machins, et d’un Etat qui puisse faire fonctionner à peu près correctement tout ce bordel. Fin de la parenthèse… Mais bon, c’est peut-être encore trop pragmatique, ce que je viens d’exposer. Ce texte imposé d’en haut a surtout une visée esthétique. Parlons clair : Personne, ou presque, ne le lira. Je parle du grand public, là. Ce texte est une excuse, il dit : « Vous voyez, on est devenus raiusonnables, on est des socialistes bien sous tous rapports, mais en même temps on n’a pas oublié de coller le mot « social » un peu partout, et aussi de l’écologie parce que le vert ça fait bien ». Je caricature, évidemment, parce que l’écologie, quand on y réfléchit un peu, c’est forcément de gauche, et la politique de ces trente dernières années l’a sombrement prouvé. Mais franchement… les grosses tartines indigestes qui semblent dater du 19e siècle au niveau de la méthode, balancées comme ça en se disant que tout le monde n’y verra que du feu, c’est d’un énervant…

  Le problème, si un ténor du Parti lit ces lignes, est qu’il faudra bien que le PS accepte le fait, un jour, que ni les militants ni les gens ne sont des gros cons. C’est sûr, dans le lot il y en a, surtout des personnes qui, en fait, ne s’intéressent pas du tout, ou à peine à la politique; Mais, tous ceux qui font cet effort, eux, en sont rapidement dégoûtés par ces méthodes d’autocrates qui se regardent le nombril.

  Vive la démocratie, la vraie ! Vive la lumière ! Vive le conflit idéologique, bouillonnant et créateur ! Vive le choix et vive le respect de TOUS les membres d’un parti qui veut diriger l’une des grandes puissances de ce monde ! Vive la rage, vive l’intelligence ! Brûlons tous ces placards qui sentent le renfermé !

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