Pour un rééquilibrage réel des forces de production, et une amélioration des conditions de travail

Dans l’optique du prochain congrès du PS, voici l’une des contributions que j’ai posté sur le site de Royal, http://www.congresutileetserein.com/ :

Salutations,

Je vous fais part de diverses réflexions et rapports de la part de citoyens, quant au sujet du « travail », de la « consommation », et d’une manière plus générale, des rapports du socialisme avec le marché. Ceci me semble s’insérer naturellement dans la question du « discours pseudo-révolutionnaire », face au conservatisme, lorsque la gauche arrive au pouvoir.

Le nerf de ces considérations consiste à bien intégrer le fait que l’économie, la communication, le travail ne sont sûrement pas des notions dépolitisées. La droite, et c’est loin d’être une nouveauté, est particulièrement financée par les grands groupes industriels, et autres lobbys pétrochimiques, agroalimentaires, etc… Elle est de plus relayée dans l’opinion par de nombreux organes de communication privés ET publics – l’indépendance des médias, en France, étant surtout garantie par le contrôle des rédactions qui, actuellement, sont quasiment toutes tombées aux mains de la droite. LA composition du CSA, qui compte neuf membres de droite sur neuf, en est un témoin flagrant.

Partant de ce constat, on peut certes formuler des projets de réformes, de législation, d’instauration de contre-pouvoirs. Mais ces mesures ne seront évidemment valables qu’à partir du moment où la gauche sera au pouvoir, sans compter que le Sénat, par sa structure, assure souvent un contrôle partiel de la droite. Une fois dans l’opposition, les réformes en question sont généralement abrogées, et tout est à reconstruire, tandis que pendant des années, la droite retisse ses réseaux industriels et médiatiques.

Une alternative existe : il s’agit, pour la gauche, d’initier et de soutenir ses propres moyens de production et de communication. Ainsi, même sans pouvoir au Parlement, à la Présidence, etc… Elle conservera une base industrielle et médiatique, qui sera à même de la maintenir. Actuellement, la droite est au moins dix fois plus riche que la gauche, du fait de ses liens précités; l’objectif serait de réduire cet écart. La question de la méthode est évidemment cruciale : à l’image de certaines entreprises qui ont initié une idéologie socialiste et même utopique – Ben and Jerry’s, fondé par deux hippies, qui a réinséré d’anciens prisonniers et drogués, Oxbow qui a déterminé des conditions de travail agréables pour ses employés, et même Google qui « chouchoute » ses salariés par de nombreux biais – le socialisme français peut tout-à-fait, avec un investissement préalable évidemment, concurrencer les forces traditionnelles du marché.

En dehors d’une amélioration des conditions de travail des employés, d’autres avantages seraient tirés de cette politique : le socialisme ne serait plus vu en tant que doctrine, mais en tant que modèle de travail pérenne. Deuxièmement, les bénéfices de ces entreprises permettraient de financer la cause. Troisièmement, un réseau médiatique digne de ce nom pourrait expliciter les projets des socialistes, qui sont souvent nébuleux pour l’opinion, en particulier du fait de leur mauvais traitement par les mass-medias traditionnels. De même, ces structures auraient pour vocation, progressivement, de grappiller les parts de marché des capitalistes. Enfin, tout simplement, ce projet réduirait le chômage et apporterait des produits qui, dans l’idéal, seraient de meilleure qualité, vendus moins chers, et qui apporteraient du plaisir, au peuple.

Quelques exemples. Pourquoi laisser des secteurs cruciaux de la consommation à des industriels sans scrupules ? J’ai évoqué les glaces de Ben and Jerry’s – un produit fortement plébiscité par les consommateurs – mais l’habillement, les jeux vidéos, les boissons sucrées et les boissons gazeuses, les chaussures de sport, et même pourquoi pas, le marché du luxe (secteur qui engendre le plus de bénéfices en France), sont-ils hors de portée des socialistes ?

La question des méthodes, encore. Dans cette optique, et dans un contexte étatique, pourquoi ne pas relancer les ateliers nationaux, qui pourraient réinsérer par le travail des citoyens qui connaissent l’exclusion, ou des personnes handicapées, sur le modèle des ateliers qui leur sont consacrés actuellement (mais qui sont en nombre très faible) ?

En espérant que ces réflexions, que votre serviteur défend farouchement depuis quelques années, trouveront ici un écho.

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