posts du 23 mai, 2008


Corrida médiatique

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  Un petit sujet léger, comme d’habitude, pour trancher avec l’horreur et la décrépitude qui règne actuellement.

  CINDY SANDER ! Qui ne connait pas ce nom en France, aujourd’hui ? (Wah, ça c’est de l’intro, mon p’tit gars). L’énorme buzz Internet du moment, et après tout ce blog est là pour parler des « phénomènes de société », concerne cette chanteuse très « terroir », à la coiffure changeante, et au timbre de voix qui pourrait être bon, mais non. Rendue célèbre par sa décapitation en direct à « La Nouvelle Star » – un peu injuste à mon avis, vu que sa prestation n’était pas « dégueu » sur le plan vocal – l’esthéticienne mosellane est par la suite devenue un véritable sujet de conversation. Au point que « La Nouvelle Star » l’a invitée à son show – histoire de faire un peu d’audience – et qu’elle s’y est, à mon humble avis, plantée. Passons sur l’hypocrisie débordante de l’émission, qui lui a passé de la pommade tout en lui adjudicant de « revenir passer les voir ». Même si Cindy Sander vient de signer pour un single – son désormais mythique « Papillon de lumière » – il y a fort à parier que (en tout cas, c’est le but) elle sera enterrée rapidement, après l’avoir fait défiler pour amuser la galerie.

  C’est bon d’être mauvais, hein ? Ben ouais. C’est terrible, mais c’est ainsi. Pour la même raison qu’on lit d’abord les critiques ciné les plus méchantes (sisi, ne te planque pas ami lecteur, on fait tous ça) histoire de rigoler un brin avant de passser à l’analyse en double page du dernier « chef-d’oeuvre », Cindy Sander a fait le tour de France des blogs (et même la couv’ de Télé Loisirs). Alors, personnellement, je ne me place pas en juge, tous les goûts sont dans la nature comme on dit, mais il est de fait que j’ai rarement vu autant d’hostilité affichée envers une chanteuse. Ce qui tient également à son comportement très « je me prends vachement au sérieux tu sais », certes. Ceci dit, toutes les stars ou wannabee-star sont également narcissiques, elles prennent juste garde à ne pas le montrer « pour paraître humble ». Alors, l’un dans l’autre…

  Non, la morale que je tire de l’histoire, et ce n’est vraiment pas une révélation, est que les gens cherchent la certitude. Le talent, au fond, c’est très subjectif; pas le ridicule. On s’engueule entre fans pour savoir qui a préféré quel album, etc… mais une fille qui se croûte devant tout le monde, précisément, « tout le monde » pourra s’en moquer, et se donner joyeusement des coups de coude dans les côtes. C’est un peu le même phénomène qui fait qu’on étudie les guerres en Histoire, et pas les périodes de paix.

  Donc, je rends au moins hommage au courage et à la ténacité de Cindy Sander. Et même à son talent « inné ». Pour ce qui est de l’acquis, en revanche, y’a un vrai travail, chorégraphie, respiration, image (un régime ne serait pas de trop, en passant), apprentissage du « je suis humble » et surtout, trouver des compos qui sentent un peu moins l’orgue Bontampi. Pas une rafale de mitraillette donc, mais sûrement pas un gros bisou baveux sur la joue (ah oui, moins de maquillage aussi, en passant).

John McCain – pire que Bush ?

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  Un article très intéressant de Marianne, qui permet de comprendre une part de la complexité du système « démocratique » américain. Pour résumer, le « va-t-en guerre » de McCain est mal vu par les ultraconservateurs, car avec l’expansion du budget de l’Armée et une diplomatie « forte », ils craignent que « l’Etat » américain ne se renforce. Or, pour ces gentils chrétiens qui veulent le bien des américains, rien n’es meilleur qu’un pays dont le gouvernement n’a pas de pouvoir réel, et dans lequel les gens doivent se démerder tout seul… et s’en remettre au Christ, évidemment.

A noter une vidéo hallucinante que j’ai découvert sur le net, qui montre que FOx utilise des images subliminales dans son JT pour imprégner l’image de MacCain chez les téléspectateurs !

 

Le Sénateur John McCain, à la tête de la course à l’investiture du Parti républicain pour l’élection présidentielle américaine, est souvent désigné comme “modéré” ou “centriste”. A l’appui sont mis en avant tantôt ses différends avec les intégristes chrétiens, tantôt sa position moins rigide, par rapport à ses confrères républicains, sur la fiscalité et l’immigration.

Moins bien comprise – autant aux Etats-Unis qu’en France – est la probabilité qu’un Président McCain continuerait – et même intensifierait – la politique étrangère néoconservatrice de l’Administration Bush. Comme un journaliste américain l’a fait remarquer à propos du projet militariste de McCain, “Si vous avez trouvé que George W. Bush a eu la gâchette facile, vous n’avez encore rien vu…”

Loin d’être “modéré”, McCain a été associé depuis longtemps au “conservatisme de la grandeur nationale” (“national greatness conservatism”) dont le haut lieu intellectuel est l’hébdomadaire néoconservateur The Weekly Standard. Des intellectuels comme David Brooks, William Kristol et Robert Kagan y prônent depuis les années 1990 une politique étrangère musclée et volontariste menée par un leader qui rassemblerait les Américains autour d’un grand projet nationaliste. Ils ont soutenu la candidature de McCain aux primaires républicaines de 2000, puisque George W. Bush préconisait alors une politique étrangère “humble”….

Pour certains des néoconservateurs, c’est la timidité de la diplomatie Bush qui gêne, et non pas son bellicisme. L’un d’eux s’est plaint dans The Los Angeles Times que le président “n’a pas fait assez pour faire respecter ses menaces contre la Syrie et l’Iran.” Pour cet analyste, la solution est d’élire McCain “parce que les autres pays auraient plus peur de lui que des Démocrates — ou bien que du président sortant.”

McCain est donc le candidat de tous ceux pour qui l’armée américaine n’est jamais assez grande ni le budget du Pentagone assez gonflé. Et McCain propose, en effet, d’augmenter de 20 pour cent les effectifs de l’armée et des Marines. Or cette augmentation interviendrait à un moment où les moyens que les Etats-Unis consacrent à la défense ont atteint leur niveau le plus élevé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale !

Bien qu’il se soit opposé à la pratique de la torture sous l’administration Bush, McCain partage avec le président sortant une conception la plus large possible de la “Guerre contre le terrorisme.” Comme il l’a expliqué dans un discours à l’Université de Stanford en septembre dernier, cette guerre s’incrit dans “un combat politique, économique et philosophique mondial entre l’avenir et le passé…dont l’issue déterminera le sort de notre mode de vie démocratique.” Pour assurer la perpétuité de celui-ci, McCain se dit prêt à rester en Irak pendant “100 ans”.

C’est davantage l’impérialisme de McCain que sa soi-disant “modération” qui est à la racine du clivage entre le candidat républicain présumé et le mouvement conservateur traditionnel. Robert Kagan, un des leaders des néoconservateurs et un conseiller diplomatique de McCain, l’a dit lui-même dans le Financial Times : “Les conservateurs traditionnels craignent, avec raison, qu’une politique étrangère de grandeur entrainera plus d’Etat.” Selon cette logique le magazine conservateur traditionnel Human Events a désapprouvé récemment, par exemple, que McCain et ses défenseurs “prétendent croire en des idéaux conservateurs mais n’hésitent pas à les accomplir à travers des moyens gauchistes, à savoir plus d’Etat.”

La surenchère patriotique de McCain ne plaît pas non plus aux fondamentalistes. Pour eux le problème, loin de leurs préoccupations sur l’avortement ou le mariage gay, est tout simple : McCain ne comprend pas que “c’est Jésus le Seigneur, et non pas l’Amérique”, comme l’a récemment déploré un blogeur du milieu intégriste.

La candidature de McCain ne sera donc soutenue qu’avec réticence par des élements clefs de son propre parti : les conservateurs traditionnels et les chrétiens fondamentalistes. Mais ce qui repousse ces gens-là pourrait en attirer d’autres, et le projet militariste et impérialiste de McCain a toutes les chances de rassembler les électeurs modérés mais nationalistes de la classe ouvrière blanche. D’autant plus que les Démocrates sont en train de désigner soit une femme soit un noir comme candidat(e).

Par ailleurs, malgré les efforts de Barack Obama de se montrer rassembleur, il n’en est pas moins un des sénateurs les plus à gauche, tandis que McCain profite des querelles avec les intégristes pour se poser en “franc parleur”, le candidat du bon sens. Et si la situation en Irak reste relativement stable, le fait qu’Obama s’est opposé à la guerre dès le début — un de ses atouts dans les primaires démocrates — pourra se retourner contre lui en novembre. Or McCain, défenseur acharné de la stratégie de renforcement des effectifs en Irak, n’a jamais vacillé sur la question.

Chasser du pouvoir les néoconservateurs et le projet d’hégémonie américaine perpétuelle qu’ils représentent ne sera donc pas aussi facile qu’il peut paraître depuis la France. Et désigner John McCain comme “centriste” n’élucidera pas les vrais enjeux, non seulement pour les Etats-Unis mais pour le monde entier, des présidentielles américaines.

Jordan Stancil.

Et vive la Science !

WASHINGTON (AFP) – Une entreprise américaine de biotechnologie a annoncé mercredi qu’elle allait mettre aux enchères le droit pour des propriétaires de chiens de cloner leur animal favori, avec une mise de départ de 100.000 dollars.

BioArts International « va mettre en vente cinq offres de clonage de chiens pour le grand public via des enchères mondiales en ligne », a indiqué la firme, basée en Californie (ouest) dans un communiqué.

Les inscriptions démarrent mercredi et la première vente aux enchères aura lieu le 18 juin pendant 24 heures à partir de 13H00 GMT. La mise à prix de ces propositions de clonage augmentera pour les offres suivantes jusqu’à la cinquième, qui démarrera à 05H00 GMT le 19 juin avec un prix de départ de 180.000 dollars.

L’idée est d’ »encourager la participation dans les premières enchères », a expliqué BioArts sur son site internet bestfriendsagain.com, ajoutant que les enchères démarreront à cinq heures d’intervalle afin « qu’il y ait au moins une enchère qui se termine à une heure convenable pour tous nos participants à travers le monde ».

BioArts est la seule entreprise au monde ayant reçu l’autorisation de cloner les chiens, les chats et les espèces en danger, selon le communiqué.

La méthode utilisée est la même que pour la brebis Dolly, premier mammifère cloné à partir d’une cellule adulte en juillet 1996.

Les chiens sont les mammifères les plus difficiles à cloner, selon BioArts, qui avertit qu’il y aura « peut-être ou peut-être pas de nouvelle offre commerciale de clonage de chiens après cette enchère ».

Les banques solidaires

  Un article consacré aux banques solidaires, ces organismes qui aident les petites entreprises dans les pays « en voie de développement », comme on dit. Il n’y a que Royal pour avoir parlé d’en faire au niveau national… Enfin…

 

A Nouakchott, si vous cherchez une armoire, un lit ou un bureau, un bon conseil : demandez la menuiserie Pacifique, dans le 5e arrondissement de la capitale mauritanienne, non loin du grand marché. Là, vous rencontrerez Moussa, un entrepreneur talentueux et souriant. Il y a dix ans, il a lancé seul sa petite fabrique de meubles sur mesure, grâce à un prêt équivalant à moins de 7 000 francs français. L’an dernier, aidé par un nouveau prêt de 20 000 francs, Moussa a acheté des machines, créé six emplois et multiplié son chiffre d’affaires par 6,5.

A Madagascar, Olga a pu développer une production de foie gras de canard dans sa propriété, le Clos normand, à la sortie d’Antananarivo, grâce à un prêt de 36 000 francs, obtenu en complément d’un petit pécule de 27 000 francs patiemment économisé avec l’aide de sa famille. Après avoir créé huit emplois, Olga envisage maintenant d’aller chercher de nouveaux clients dans l’océan Indien, voire en Europe, qui s’ajouteront à ceux de l’hôtel Colbert, du Prisunic, des familles bourgeoises et des expatriés de la capitale malgache. Toujours à Madagascar, mais à Fianarantsoa cette fois, Fiononana a créé cinq emplois grâce à son école de coiffure au statut de SARL.

Quels établissements financiers ont osé dire oui à ces emprunteurs, dont les seules garanties, ou presque, sont la volonté et le savoir-faire ? Quel organisme de développement a financé directement des projets aussi petits, divers et peu conventionnels ? Aucun. Ces exclus du crédit traditionnel sont clients de banques solidaires , souvent appelées banques des pauvres , du moins par les riches . Moussa, Olga et Fiononana sont des clients de la Société d’investissement et de développement international (Sidi) par ses filiales, IDM en Mauritanie et Sipem à Madagascar.

En tout, 2 000 expériences ont été recensées dans le monde sous des formes diverses : associations, fondations ou sociétés financières.

Première banque solidaire et la plus connue, la Grameen Bank du Bangladesh, créée en 1976, compte 2 millions de clients. Le travail de ces établissements ? Ce que les banques traditionnelles ou les organismes de développement ne peuvent, ne veulent ou ne savent pas faire. Ou pas tout seuls. Les banques solidaires s’adressent d’abord aux femmes pauvres, citoyennes de troisième catégorie dans les sociétés en développement. Et ça marche : les défaillances dans les remboursements sont exceptionnelles. Car le crédit est fondé sur des relations emprunteur-prêteur radicalement différentes de celles que nous connaissons. Preuve du succès : cette révolution silencieuse du développement est aujourd’hui importée dans les pays développés, pour combattre l’exclusion (voir encadré page 116).

Le marché des banques solidaires est théoriquement le plus grand du monde, puisqu’il est constitué des milliards de femmes et d’hommes privés d’emploi et d’accès au capital. Ils n’ont pas d’argent, sont souvent très peu instruits, demandent de petits prêts (quelques centaines ou milliers de francs, pour créer leur propre emploi) et un soutien ou une formation. La Grameen Bank, qui a prêté 1 milliard de dollars depuis 1976, a démarré en confiant de 20 à 50 dollars à des Bangladais illettrés. Si les banques traditionnelles en faisaient autant avec leurs structures actuelles, elles feraient faillite.

Quant aux organismes de développement, ils ont déjà bien du mal à soulager les maux des indigents de la planète. Le fondateur de la Grameen Bank, Mohammed Yunus, économiste titulaire d’un PhD de la Vanderbilt University, aux Etats-Unis, exagère à peine lorsqu’il affirme que la moitié de l’aide internationale au Bangladesh revient chez les pays donateurs sous forme de contrats, qu’un quart est employé à payer des cadres issus des pays bailleurs de fonds et que le reste profite aux cadres locaux. Autrement dit, rien ou presque ne parvient à ceux qui en ont le plus besoin. L’objectif de Mohammed Yunus : donner aux pauvres une chance d’être des capitalistes. It’s not charity, it’s business ! concluait-il lors d’une conférence à l’Unesco.

Et les projets sont pour le moins très divers. Ateliers de réparation automobile ou fabriques de textile, boutiques d’artisanat, boulangerie, briqueterie, menuiserie, teinturerie la palette est large.

Indispensables pour démarrer : parrainages et soutiens financiers Mais, avant d’aboutir, ce business bancaire nécessite une longue phase d’investissement. Donc un soutien de l’Etat ou d’une fondation. Certaines expériences mettent longtemps à décoller, végètent ou sont victimes de blocages administratifs. Les banques solidaires ne finissent par équilibrer coûts et recettes que lorsque les premiers projets qu’elles ont financés ont grandi. C’est le cas du Banco Sol, devenu la deuxième banque de Bolivie avec ses 60 000 clients, qui a pu compter sur l’appui de la Banque interaméricaine de développement et de nombreuses ONG. Ou de la Grameen Bank, encouragée par l’Etat au Bangladesh. De même, la Banque Contigo, créée en 1989 au Chili par Laurent Marbacher et Hubert de Boisredon, coopérants HEC, doit son existence aux 3 millions de francs apportés par Jean-Camille Genton, PDG de l’Omnium financier de Paris (Groupe Total), sur son propre patrimoine. Et aussi à un comité de parrainage impressionnant où se côtoyaient Jacques de Larosière, alors gouverneur de la Banque de France, Ernest-Antoine Seillière, vice-président du CNPF, et François de Laage de Meux, directeur général d’Alcatel-Alsthom.

De son côté, la Sidi a été fondée en 1983, avec l’apport financier du CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement), d’actionnaires privés et de la Caisse française de développement (5 %

du capital). Depuis, la Sidi a été soutenue par des souscripteurs du fonds commun de placement Faim et développement et de la sicav Eurco Solidarité, lancés avec le Crédit coopératif, le Crédit lyonnais et la Caisse des dépôts. La Sidi a recruté un ancien ministre chilien, l’ancien président de la Bourse thaïe, le président du patronat mauritanien, le président d’une société nationale ivoirienne et celui d’une banque marocaine, pour assurer la présidence de ses filiales locales. Enfin, de nombreuses expériences sur le terrain fonctionnent grâce à la garantie bancaire de la fondation suisse Rafad (Recherche et applications de financements alternatifs au développement), dont le président, Roberto Mizrahi, n’est autre que le gendre de David Rockefeller, avec le soutien de la Coopération suisse et celui de nombreux donateurs privés.

Pendant une longue période de maturation, ces soutiens financiers sont indispensables aux banques solidaires. L’exemple d’Investissement et développement en Mauritanie (IDM) l’illustre. Le cabinet d’expert-comptable qu’il a créé facture moins de 10 % du coût réel ses interventions auprès des entreprises naissantes. Mouhamed Lemine Diack, directeur d’IDM, a démissionné il y a deux ans de son poste de directeur du crédit dans une grande banque locale pour diriger une équipe d’une quinzaine de jeunes diplômés en gestion de l’université de Nouakchott. Pour nous c’est un sacerdoce, puisque actuellement nous ne sommes pratiquement pas rémunérés.

Ni banques ni organismes publics de développement, les banques solidaires peuvent néanmoins travailler avec leurs grandes soeurs.

Elles distribuent parfois, pour le compte des organismes spécialisés, des crédits publics. La Caisse française de développement, l’Union européenne, la Société de financement international (filiale de la Banque mondiale) ou le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) ont recours à leurs services. Quand ce n’est pas directement le ministère des Affaires étrangères. En 1989, celui-ci a confié à la Sidi des fonds destinés à être prêtés à des ONG palestiniennes, lesquelles ont accordé à une centaine d’entreprises des territoires autonomes ou de Cisjordanie des prêts allant de 5 000 à 10 000 dollars, pour financer par exemple une fabrique de loukoums ou un élevage de poules.

Les premières clientes des banques des pauvres dans les pays en développement sont les femmes. En général, les mentalités les excluent de la vie économique. Elles sont les dernières à avoir accès à l’éducation. La loi leur interdit souvent d’emprunter sans le contreseing de leur mari, ou de disposer seules de l’argent du ménage. Les femmes pauvres sont ainsi doublement condamnées à la misère, et leur famille avec elles. D’où l’idée de Michaela Walsh, alors associée dans une banque d’affaires de Wall Street avec six autres businesswomen des cinq continents, de créer la Women’s World Banking (WWB), un réseau d’aide et de financement pour les femmes entrepreneuses. Créée à New York, en 1979, cette banque est aujourd’hui présente dans 40 pays et compte 500 000 clientes, ayant emprunté 300 dollars en moyenne.

De fait, les femmes sont les plus concernées par les banques solidaires : 94 % des clients de la Grameen Bank sont des clientes, au point qu’au pays de Taslima Nasreen certains religieux accusent la banque d’être anti-islamique . Au Chili, même constat : les femmes représentent 84 % des clients de la Banque Contigo, qui a accordé 2 000 prêts depuis 1989 dans les quartiers déshérités de Santiago. Il faut dire que partout les femmes remboursent mieux que les hommes.

Avec un sens plus aigu de la famille, elles gèrent mieux leur budget, vont rarement le boire et pensent plus à leurs enfants. A Santa Cruz, en Bolivie, Emilia, cliente du Banco Sol, paie ainsi un salaire à son mari, à ses trois ouvrières permanentes et aux cinq autres qui viennent faire face aux commandes importantes de son atelier de couture, spécialisé dans les robes de fête pour enfant. Cette infirmière d’un quartier défavorisé a bénéficié, en plusieurs prêts, de 700 dollars pour monter son entreprise, en plus de son activité libérale.

Le taux de recouvrement a de quoi faire rougir plus d’un Occidental.

Il atteint 98 % à la Grameen Bank, 95 % à la Women’s World Banking, 98 % chez Contigo, et même 100 % pour les premières expériences lancées en Albanie. A son démarrage, Investissement et développement en Mauritanie, une plus petite structure, a connu quelques défaillances chez les emprunteurs : le taux de recouvrement se limite donc à… 92 %.

Pourquoi les pauvres remboursent-ils mieux leurs dettes que les riches ? La pédagogie des banques solidaires est bien rodée. La sélection des projets se fait sans complaisance. Pour obtenir un prêt plus important, il faut avoir remboursé les petits emprunts précédents en temps et en heure. Les prêts ne sont pas meilleur marché qu’ailleurs, plutôt même supérieurs à la moyenne de quelques points, compte tenu des coûts d’accompagnement. Enfin, une formation à la gestion et à la comptabilité est dispensée, et surtout les entreprises sont suivies de très près.

Au-delà du financement, une fonction d’éducation Le premier ressort du succès, c’est la fierté et la volonté de s’en sortir. Maria Nowak, la fondatrice de l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie), à Paris, avait testé la formule du crédit solidaire au Burkina et en Europe centrale, avant d’arriver en Albanie. Comme aucun marché n’existait nulle part, l’expérience a été beaucoup plus difficile à mettre en route qu’au Burkina , témoigne cette convaincue. Mais ses premiers clients albanais sont très reconnaissants de la chance qu’on leur donne de pouvoir enfin s’établir. Autre facteur très important : les pauvres se tiennent les coudes . Chez Grameen Bank, Women’s World Banking, Contigo ou Banco Sol, les clients appartiennent à un groupe solidaire, formé de cinq ou six clients du même quartier, sans lien de parenté entre eux, qui s’entraident au quotidien, mais aussi pour rembourser les traites à la banque.

En fait, les banques solidaires ne reposent que sur la confiance accordée à une personne avant de financer un projet. Les emprunteurs peuvent donc à tout moment modifier leur projet ou leur activité, lâcher le commerce ambulant pour créer un service de nettoyage, ou revendre leur matériel de menuiserie pour ouvrir une boulangerie.

Ils sont mieux que quiconque à l’écoute du marché, et ils s’adaptent très rapidement aux besoins , explique Maria Nowak. Aujourd’hui, ces banques solidaires sont un phénomène social qui dépasse largement le cadre du crédit. Non seulement elles donnent souvent des cours de gestion, mais elles créent une véritable culture d’entreprise, propice au développement. A la Grameen Bank, l’emprunteur s’engage à envoyer ses enfants à l’école, à refuser de recevoir et de donner des dots lors des mariages, à planter des arbres, à cultiver des légumes et à les manger, à ne pas boire d’eau sale, à creuser des latrines, etc.

Ayant fait la preuve de leur efficacité au Sud, les banques des pauvres sont en passe de devenir un modèle pour les pays riches, désemparés devant la montée de l’ exclusion . Aux Etats-Unis, une quarantaine de fonds privés distribuent déjà des prêts dans les quartiers pauvres. L’un d’entre eux, le Good Faith Fund, n’a pu démarrer, il y a six ans, que grâce au soutien actif du gouverneur de l’Arkansas, actuellement président des Etats-Unis. D’ailleurs, pour Bill Clinton, Mohammed Yunus, l’inventeur des banques solidaires, devrait recevoir un Prix Nobel !

Adrien de Tricronot, L’expansion

Début de révolte (retraites)

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  La grosse manif prévue contre l’allongement de la durée des cotisations vient de s’achever. Elle a réuni, selon les organisateurs, 700 000 manifestants dans 153 villes. 296 000, selon la Police.

  Ce qui m’amuse, est de voir l’enchaînement des mouvements sociaux. Il y a à peine quelques mois, lorsque le gouvernement touchait aux régimes spéciaux – sauf à ceux des parlementaires et des militaires, évidemment – les gens n’ont pas bougé. Ils ont trouvé tout-à-fait juste qu’on s’attaque à des « privilèges ». A présent qu’ils sont tous touchés, bizarrement, ils se remuent plus.

  Alors, plutôt que de rapporter les slogans et les mots d’ordre des syndicats – vous savez, les seuls qui ont le droit de « parler pour les travailleurs », en France – je vais poursuivre la réflexion sur les temps de cotisation pour les retraires.

  60%. C’est le pourcentage de travailleurs qui partent en retraite sans avoir complété toutes leurs annuités. Situation qui va logiquement empirer avec le passage à 41 années de cotisations. Le système, majoritairement, ne fonctionne donc déjà pas. Il est d’une hypocrisie totale. Pourquoi ? Parce que dans notre société, passé 50 ans, un travailleur viré ne retrouve pas d’emploi, sauf rare exception. Parce qu’une mère de famille qui s’arrête pour élever son enfant – ainsi que les pères de famille, pas de sexisme ! – ou une personne qui connait des périodes de chômage, a autant de chance de boucler ses annuités que, mettons, Sarkozy de découvrir les vertus de la franchise.

  La réponse de l’UMP, bien formatée, est que « les français ont intégré le fait qu’ils devaient travailler plus longtemps », qu’il faut « rééquilibrer les comptes des fonds de retraite », et autres « chaque année, les français gagnent un trimestre d’espérance de vie ». Ce qui revient à reprocher au peuple de vivre. A quand un décret pour inciter au suicide, passé 80 ans, afin de garantir « l’intérêt de la Nation » ?

  Tout ceci n’est qu’une vaste connerie. Le fond du problème, est que le MEDEF, relayé par l’UMP, tente de rendre les retraites publiques inopérantes, dérisoires. Ce qui forcera les gens à cotiser dans des retraites privées, qui appartiennent au grand patronat, celui-ci finançant la droite. Le monde est bien fait, hein ?

  La vérité, c’est que sous Jospin, les fonds de retraite ont été crédités, et qu’un fonds spécial a même été créé (grâce aux privatisations notamment), que l’UMP veut aujourd’hui s’accaparer. Voilà. On nous prend pour des cons, et c’est loin d’être fini. Les retraites privées, si l’on suit les exemples de la Russie, de l’Argentine ou des USA, sont des titans financiers (plus riches que de nombreux pays) qui, de surcroît, font appel à des sociétés pour démonter leurs contrats. En clair, elles payent des types pour trouver la rature dans le contrat qui fait que le salarié, qui a cotisé toute sa vie, ne touchera pas sa retraite.

  On en est là. Impossibilité, pour la majorité de la population, de boucler sa retraite publique qui, de toute manière, n’est pas mirobolante, et obligation induite de cotiser dans des fonds privés qui arnaquent leurs clients. Et que voulait Royal, sur ce sujet ? Taxer les superprofits de certaines grosses entreprises (pétroliers, agroalimentaire, etc…) pour créditer les fonds de retraite publics sans devoir augmenter la durée des cotisations.

  Maintenant, appréciez bien votre ultralibéralisme !

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