Début de révolte (retraites)

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  La grosse manif prévue contre l’allongement de la durée des cotisations vient de s’achever. Elle a réuni, selon les organisateurs, 700 000 manifestants dans 153 villes. 296 000, selon la Police.

  Ce qui m’amuse, est de voir l’enchaînement des mouvements sociaux. Il y a à peine quelques mois, lorsque le gouvernement touchait aux régimes spéciaux – sauf à ceux des parlementaires et des militaires, évidemment – les gens n’ont pas bougé. Ils ont trouvé tout-à-fait juste qu’on s’attaque à des « privilèges ». A présent qu’ils sont tous touchés, bizarrement, ils se remuent plus.

  Alors, plutôt que de rapporter les slogans et les mots d’ordre des syndicats – vous savez, les seuls qui ont le droit de « parler pour les travailleurs », en France – je vais poursuivre la réflexion sur les temps de cotisation pour les retraires.

  60%. C’est le pourcentage de travailleurs qui partent en retraite sans avoir complété toutes leurs annuités. Situation qui va logiquement empirer avec le passage à 41 années de cotisations. Le système, majoritairement, ne fonctionne donc déjà pas. Il est d’une hypocrisie totale. Pourquoi ? Parce que dans notre société, passé 50 ans, un travailleur viré ne retrouve pas d’emploi, sauf rare exception. Parce qu’une mère de famille qui s’arrête pour élever son enfant – ainsi que les pères de famille, pas de sexisme ! – ou une personne qui connait des périodes de chômage, a autant de chance de boucler ses annuités que, mettons, Sarkozy de découvrir les vertus de la franchise.

  La réponse de l’UMP, bien formatée, est que « les français ont intégré le fait qu’ils devaient travailler plus longtemps », qu’il faut « rééquilibrer les comptes des fonds de retraite », et autres « chaque année, les français gagnent un trimestre d’espérance de vie ». Ce qui revient à reprocher au peuple de vivre. A quand un décret pour inciter au suicide, passé 80 ans, afin de garantir « l’intérêt de la Nation » ?

  Tout ceci n’est qu’une vaste connerie. Le fond du problème, est que le MEDEF, relayé par l’UMP, tente de rendre les retraites publiques inopérantes, dérisoires. Ce qui forcera les gens à cotiser dans des retraites privées, qui appartiennent au grand patronat, celui-ci finançant la droite. Le monde est bien fait, hein ?

  La vérité, c’est que sous Jospin, les fonds de retraite ont été crédités, et qu’un fonds spécial a même été créé (grâce aux privatisations notamment), que l’UMP veut aujourd’hui s’accaparer. Voilà. On nous prend pour des cons, et c’est loin d’être fini. Les retraites privées, si l’on suit les exemples de la Russie, de l’Argentine ou des USA, sont des titans financiers (plus riches que de nombreux pays) qui, de surcroît, font appel à des sociétés pour démonter leurs contrats. En clair, elles payent des types pour trouver la rature dans le contrat qui fait que le salarié, qui a cotisé toute sa vie, ne touchera pas sa retraite.

  On en est là. Impossibilité, pour la majorité de la population, de boucler sa retraite publique qui, de toute manière, n’est pas mirobolante, et obligation induite de cotiser dans des fonds privés qui arnaquent leurs clients. Et que voulait Royal, sur ce sujet ? Taxer les superprofits de certaines grosses entreprises (pétroliers, agroalimentaire, etc…) pour créditer les fonds de retraite publics sans devoir augmenter la durée des cotisations.

  Maintenant, appréciez bien votre ultralibéralisme !

-jrdf
rss 2 réponses
  1. schizoid
    23 mai, 2008 | 21:08 | #1

    « Maintenant, appréciez bien votre ultralibéralisme ! »

    Bah oui, mais puisque le libéralisme il parait que c’est de gauche (Delanoë dixit), l’ultralibéralisme est donc de l’ultragauchisme, cqfd.

    En fait ça fait un an que Besancenot est Président et personne ne le dit.

    La presse française fait vraiment mal son travail, vivement la privatisation de l’AFP! xD

  2. 24 mai, 2008 | 13:31 | #2

    Perdu cher ami, « ultralibéralisme » ça veut dire « en dehors du libéralisme ».

    Le libéralisme respecte, par exemple, les règles de la concurrence. Leur dérégulation mène à l’ultralibéralisme, la loi de la jungle avec, plus précisément, les financiers qui font les lois.

    Besancenot n’a pas été élu une seule fois, à un seul poste. Il serait peut-être temps qu’il devienne conseiller municipal, au moins.

    Quant à Délanoë, il appartient à une gauche qui adore s’écouter parler. Mis à part mettre Royal sur la touche et prendre le trône, je ne suis pas sûr qu’ils aient grand-chose à apporter au débat public…

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