posts du 4 juin, 2008


Début d’incendie européen

  Cette flambée des prix des carburants a décidément des conséquences exponentielles… Les marins, les routiers, les taxis et les autoécoles manifestent leur colère. La question de la TIPP (qui, dans sa version dite « flottante », détruite par la droite, ajustait les taxes sur les carburants et permettait ainsi de parer à ces problèmes de hausses, ou au moins de les atténuer) devient centrale. Pourtant, nos chers maîtres européens – qui sont, comme chacun le sait, les plus sages et les moins corrompus des politiciens – ne sont pas emballés par l’idée de faire payer le carburant moins cher, même en réduisant les taxes qui y sont associées. Bien que ceci ne résolve pas le problème pour certaines corporations (les marins, agriculteurs, et d’autres professions ne payent pas ces taxes, en partie ou en totalité), l’initiative présente un intérêt certain, au moins pour le consommateur lambda.

  La réponse de nos chers chefs européens ? La hausse des prix sur le carburant est une bonne chose, car elle nous permettra d’entrer dans l’après-pétrole (Genre quoi ? Biocarburants polluants qui squattent les terres cultivables et provoquent des famines mondiales ?), et puis surtout, ma bonne dame, ce n’est pas qu’une question de laisser des pétroliers se faire des bénéfices encore un peu plus colossaux. Nooooooon… Qu’allez-vous chercher là ?

  Donc, à un moment, ça pète. Enfin, des éléments de corporations déjà habituées aux coups durs, décident de frapper là où ça fait mal – et vont toquer à la porte des institutions européennes :

  BRUXELLES – Des heurts ont éclaté mercredi entre des policiers et quelque 400 pêcheurs français, italiens, espagnols et portugais qui protestaient contre la flambée des prix du carburant devant le siège de l’Union européenne à Bruxelles.

Après plusieurs heures d’un rassemblement sans incident, les manifestants ont lancé des pierres, des pétards et des fusées éclairantes sur les policiers qui ont donné la charge et usé des canons à eau et matraques. Des protestataires ont réussi à pénétrer dans des bâtiments de l’UE dont ils ont brisé des vitres. Ils en ont sorti des drapeaux et autres objets rassemblés dans la rue puis incendiés. Au moins une voiture a été renversée et des poubelles ont été brûlées.

Une délégation de pêcheurs s’est brièvement entretenue avec de hauts responsables européens devant la Commission européenne mercredi pour exprimer ses doléances et demander une aide d’urgence. « Pour avoir une pêche durable, nous avons besoin de prix du gazole moins élevés. C’est impossible de travailler avec ces prix-là », a expliqué Pierre D’Acunto, représentant des pêcheurs de Sète, dans le Sud de la France.

Patrick Tabone, l’un des principaux collaborateurs du commissaire européen à la Pêche Joe Borg, a appelé les pêcheurs à accepter la restructuration de cette industrie en Europe. « Nous devons nous assurer que les réponses que nous trouvons aident vraiment le secteur, non seulement à court terme, mais aussi à long terme », a-t-il insisté.

Pierre D’Acunto a déclaré que les marins-pêcheurs continueraient de manifester dans toute l’Europe et de faire le piquet pendant la réunion des ministres européens de l’Agriculture et de la Pêche prévue ce mois-ci à Luxembourg. AP

Sarkozy et les militaires… triste…

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Source : Secret Défense (un blog de libération)

Le ministère de la Défense vient de mettre en ligne sur son site internet un reportage télé consacré à la prise d’armes présidée par le Chef de l’Etat, le 21 mai aux Invalides, « en hommage aux trente ans des opérations extérieures » et de Kolwezi. On peut également écouter l’intégrale du discours prononcé par le président de la République sur le site de l’Elysée. (Photo: Elysée)

Ce que vous ne verrez pas sur ces vidéos, c’est le cafouillage de cette cérémonie et la désinvolture avec laquelle l’Elysée a traité une partie des anciens combattants et de leurs familles. Depuis le 21 mai, les témoignages accablés et les regrets attristés se multiplient. Voici comment les choses se sont (mal) passées.

L’idée de la cérémonie, à l’occasion du trentième anniversaire de l’opération de Kolwezi, était d’évoquer trente ans d’opex au travers de sept « tableaux ». La Présidence se demanda d’abord s’il était vraiment judicieux d’y inclure l’Afghanistan « étant donné le contexte« … Finalement, on choisit de le faire, mais il aurait peut-être mieux valu s’en abstenir ! La cérémonie était un peu longue: à chaque tableau, une section entrait dans le cour d’honneur des Invalides en chantant. La majesté d’une cérémonie militaire nécessitant plus de temps qu’un clip, les conseillers de l’Elysée s’impatientèrent. Ils demandèrent aux organisateurs d’accélerer le tempo, passant à la trappe des évocations et demandant aux troupes de faire vite. Du coup, le chant des uns s’emmêla à celui des autres…

Le chef de l’Etat devait ensuite remettre des décorations à d’anciens combattants. Il expédia la chose, sans un mot de sympathie. L’un d’eux – dont nous avons eu le témoignage – se demanda sur le moment « pourquoi le président lui en voulait personnellement… Je n’ai jamais croisé son regard. » Il était enfin prévu que le Président aille voir les familles de morts ou de blessés dans les Opex, qui étaient regroupées à l’angle Nord-Est de la cour. Las ! « D’un pas pressé vers la sortie« , raconte un témoin, « il est passé devant elles sans un regard ». Certaines familles étaient venues de province, à leur frais. Un officier de haut rang, qui assistait à cette prise d’armes avoue en est reparti « déçu et consterné« .

Ce cafouillage – qui peut s’expliquer par des contraintes d’emploi du temps et le zèle de conseillers – n’est malheureusement pas une première. Lors de son déplacement aux Glières, le 18 mars dernier, le comportement du président de la République a surpris de nombreux participants. S’adressant à d’anciens maquisards au garde-à-vous devant lui, il leur parla de son épouse Carla… Enfin, alors que la question des médailles (très délicate dans ce milieu) était évoquée par une personnalité locale qui demandait l’attribution d’une dizaine de Légion d’honneur à d’anciens résistants, Nicolas Sarkozy lâcha, souriant : « Je vous en donne quinze. Vous êtes content? » Fermez le ban.

 

A noter : Les réactions consternées s’accumulent, de la part des militaires. Ce n’est pas un acte isolé… Pour mémoire, on peut consulter cet article du Canard Enchaîné reproduit par Les Moutons Rebelles, intitulé « L’homme qui riait au cimetière » : http://moutons.rebelles.free.fr/sarkozy/cimetiere/cimetiere.jpg

Hillary c’est fini

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Source : Nouvel Observateur

La défaite d’Hillary Clinton, que tout le monde considérait comme largement favorite de la primaire démocrate avant janvier dernier, ne tient pas qu’au charisme de Barack Obama, son challenger. La sénatrice de l’Etat de New York, qui n’a pas concédé sa défaite hier et s’est donné quelques jours pour prendre une décision, a également commis des erreurs.

Selon les observateurs de la campagne d’Hillary Clinton, son équipe de campagne n’a pas été assez unie et a mal appréhendé le fonctionnement des primaires démocrates, son message a été mal calibré et l’influence de Bill Clinton, qui a fait une campagne active pour sa femme, s’est révélée plutôt néfaste.

Certainement trop confiante, l’équipe de campagne a d’abord subi un choc difficile à encaisser lorsque Clinton se classa seulement troisième lors de la première primaire de l’Iowa. Dès le 8 janvier, le jour de la primaire du New Hampshire, Hillary Clinton fit savoir qu’elle voulait se séparer de son manager de campagne, Solis Doyle, notamment sous la pression des généreux donateurs croyant aux chances de la sénatrice de New York.

Selon le Wall Street Journal, cet épisode, mal accepté par une partie de ses équipes, fut suivi d’une période de flottement jusqu’au Super Tuesday le 5 février. Beaucoup au sein du camp Clinton se plaignait de la présence trop importante prise par Mark Penn, le stratège qui avait permis la réélection de Bill Clinton en 1996.

L’équipe de campagne a été ensuite lente à s’organiser à une course qui se révélait plus longue que ce qu’elle attendait, notent certains observateurs. Les Clinton comptaient gagner vite en remportant les grands Etats. Mais après le Super Tuesday, Hillary Clinton a ainsi subi une série de 11 défaites de suite dans des Etats plus secondaires.

Hillary Clinton s’est en outre présentée comme la candidate la plus sûre. Il est vrai que les mid-terms de 2006 ont donné l’impression que les candidats démocrates les plus centristes et les plus solides du parti avaient le mieux combattu leur opposant républicain. Cependant les électeurs ont semblé cette année donner leur voix au candidats représentant le plus le changement. Les démocrates de la base du parti auraient peut-être également aimé que Clinton se présente sous un jour plus humain. La larme qu’elle a versée avant les primaires du New Hampshire est finalement plutôt bien passée.

Enfin beaucoup critiquent l’influence de Bill Clinton. Il était un héros avant cette campagne, ce qui explique qu’il ait été mis en avant. Mais il a fait plusieurs déclarations, par exemple en comparant avec mépris Obama à Jesse Jackson, un ancien prétendant noir à l’investiture démocrate, que beaucoup ont jugé déplacées. Son image est sans doute ternie pour longtemps.

S’il a bien compris que la primaire se jouerait en labourant tous les Etats alors que Clinton a négligé les plus petits, le camp Barack Obama a quand même également eu de la chance. D’abord que John Edwards, un autre candidat crédible, empêche Clinton de gagner dans l’Iowa. Ensuite que les primaires de Floride et du Michigan, où il n’était pas favori, n’aient pas entièrement compté, et enfin que la primaire démocrate se joue à la proportionnelle. Avec les règles du parti républicain – le gagnant du scrutin remporte tous les grands électeurs de l’Etat -, Clinton l’aurait emporté.

Nicolas Madelaine (à New York)

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