posts du 20 juin, 2008


Zimbabwe : de pire en pire

Autant faire court, ami lecteur, vu l’évidence des faits…

Les observateurs de l’élection présidentielle, qui se déroule actuellement au Zimbabwe, doutent « fortement » que le second tour fusse « équitable ». Comprendre : Que l’élection ne soit une tragique mascarade. Le leader de l’opposition, arrivé en tête au premier tour, a été incarcéré, et encourt la peine de mort pour subornation – rien que ça !

Robert Mugabe, ancien héros de l’indépendance, se planque toujours derrière ses arguments racistes. Il affirme lutter pour les droits des Noirs du Zimbabwe, et « ne veut pas quitter le pouvoir tant que toutes les terres ne leur auront pas été restituées ». L’argument serait recevable, d’un point de vue anticolonialiste, si ces terres n’étaient pas en fait « restituées »… uniquement à son clan. Et par « restituées », il faut entendre que leurs précédents propriétaires sont généralement brutalement massacrés. L’inflation, quant à elle, avoisine toujours les 150 000%. Et l’ONU pisse toujours autant dans son froc face à cette caricature de dictateur sanguinaire.

Alors, s’il y a des Zimbabwéens qui visitent ce modeste blog… peut-être serait-il temps de faire le ménage… non ?

La croissance française rate la marche et se plante méchamment

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C’est bizarre, on les entend nettement moins pérorer, à droite, à présent, quant à « la relance économique de la France grâce aux heures supplémentaires et au paquet fiscal »…

PARIS (AFP) – La ministre de l’Economie, Christine Lagarde, a estimé vendredi que les prévisions de l’Insee faisant état d’une croissance limitée à 1,6% sur l’ensemble de l’année 2008 étaient « exagérément pessimistes ».

 

« Ces prévisions me paraissent exagérément pessimistes surtout si je compare avec d’autres prévisions d’autres organismes comme le Fonds monétaire international ou l’OCDE ou nos propres prévisions », dont aucune n’est inférieure à 1,7%, a déclaré la ministre, interrogée sur France Info.

 

Alors que le gouvernement prévoit pour l’instant une croissance comprise entre 1,7% et 2,0% cette année, l’Institut national de la statistique estime, dans un rapport publié jeudi dans la nuit, qu’après une hausse inattendue de 0,6% au premier trimestre, le PIB de la France, rattrapée par la crise financière internationale, ne progresserait plus que de 0,2% au deuxième.

 

Il stagnerait ensuite (+0,0%) au troisième, avant de rebondir faiblement (+0,2%) les trois derniers mois de l’année.

 

Un niveau médiocre et de mauvais augure pour la croissance en 2009, que le gouvernement annonce pourtant en légère accélération (entre 1,75% et 2,25%).

 

La principale responsable est l’inflation, attisée par la hausse des prix du pétrole et produits alimentaires, qui devrait rester supérieure à 3% une bonne partie de l’année avec un pic à 3,6% en juillet.

 

Elle devrait ensuite progressivement s’assagir, pour une inflation moyenne de 3,2% sur l’ensemble de 2008 (dont environ 1,2 point lié au prix de l’énergie et 1 point lié aux prix alimentaires). Cela suppose toutefois que le baril de pétrole se maintienne autour de 130 dollars.

 

Dans ses dernières prévisions publiques, le gouvernement français prévoit de son côté une inflation moyenne de 2,2%. Mais avec un baril de Brent à 100 dollars…

 

Quant au pouvoir d’achat « par unité de consommation », qui prend mieux en compte les évolutions démographiques de la société, il devrait même stagner (+0%) sur l’ensemble de l’année.

 

Il s’agit en outre d’une moyenne sur l’ensemble de la population française. Or les carburants et l’alimentation étant les dépenses qui pèsent le plus lourd dans le budget des foyers les plus pauvres, il est vraisemblable que le pouvoir d’achat de ces derniers régressera purement et simplement cette année.

 

Autant de facteurs négatifs qui vont fatalement peser sur la consommation des ménages, traditionnel moteur de la croissance française ces dernières années, explique l’Insee. Déjà mal en point au premier trimestre de l’année, cette consommation restera « atone », et la consommation alimentaire devrait même reculer fortement (-1,1%).

 

Autre victime de la crise financière et d’une croissance en berne: l’investissement en logement des ménages, qui devrait reculer. Pour l’Insee, le « retournement » de l’immobilier « est désormais engagé en France », même si son ampleur reste encore incertaine.

 

Dans un environnement mondial moins porteur, le commerce extérieur devrait encore creuser un peu plus son déficit et peser davantage sur la croissance.

 

Laurent Banguet.

Tibet : 1000 manifestants ont « disparu »

LONDRES – Plus de mille manifestants arrêtés au Tibet en mars pendant les émeutes contre Pékin n’ont pas encore réapparu, a indiqué l’ONG Amnesty international mercredi.

Selon l’organisme de défense des droits de l’Homme, un quart des 4.000 personnes emprisonnées par la police n’ont plus été vues depuis leur arrestation. Les autres ont été relâchées ou officiellement incarcérées.

Le passage de la torche olympique par la capitale tibétaine Lhassa samedi pourrait toutefois attirer l’attention du public sur le sort des disparus et des détenus, a estimé le directeur d’Amnesty pour la région Asie-Pacifique. Plusieurs dizaines de médias étrangers ont en effet été invités à suivre le relais olympique.

« Il y a très peu d’informations qui sortent du Tibet, mais celles que nous avons font état d’une situation affreuse, avec détentions arbitraires et abus sur les détenus », a-t-il expliqué. « Avec le relais de la flamme qui s’apprête à entrer dans les régions tibétaines, on devrait avoir l’opportunité de mettre en lumière la situation là-bas ».

Les moines bouddhistes de Lhassa ont entamé en mars une marche de protestation contre le pouvoir chinois, qui a ensuite grossi et donné lieu à de violents affrontements contre les forces de l’ordre chinoises. Pékin a depuis renforcé son contrôle sur la région et interdit son accès aux touristes étrangers et à la plupart des médias internationaux. AP

Le Mexique bloque ses prix sur l’alimentation

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Comme quoi, certains n’hésitent pas, eux, à passer à l’action pour permettre à leur peuple de se nourrir :

MEXICO – Les industries agro-alimentaires du Mexique ont promis au gouvernement de geler les prix de près de 150 produits pour aider les familles à faire face à la hausse mondiale des prix.

Le président Felipe Calderon a expliqué que le prix de denrées comme les haricots, le thon en boîte, les jus de fruit, le café et les tomates en boîte resterait inchangés jusqu’au 31 décembre.

« C’est une mesure qui va bénéficier positivement et directement aux finances de millions de Mexicains », a assuré le chef d’Etat, entouré de représentants de la chambre de commerce et d’industrie de Mexico.

Felipe Calderon, un conservateur élu en 2006, a déjà pris plusieurs mesures pour enrayer la hausse des prix. Il a supprimé les taxes d’importation sur plusieurs produits alimentaires en mai, passé un accord avec les producteurs de riz pour qu’ils vendent leur récolte 10% en-dessous des cours mondiaux et imposé l’an dernier un prix plafond sur les tortillas, un plat à la base de l’alimentation des Mexicains. AP

Autoritarisme

 

 

On enchaine sur un billet du Contre-Journal, relatant un fait qui peut paraître dérisoire, mais me semble au contraire très symbolique, et alarmant : le début de répression orchestré contre les contestataires de la politique sarkozienne. Quand j’écrivais que ce régime avait un fort parfum de Second Empire…

http://contrejournal.blogs.liberation.fr/mon_weblog/2008/05/sarkozy-la-peur.html

La police est désormais chargée de faire place nette dans les villes visitées par le Président. Les interpellations, fouilles, saisies de tracts font débat sur le Net et sur le site de Libé Lyon. Témoignagnes et discussion.

Christine. «Cela fait maintenant la deuxième fois en moins d’un mois que la police interdit la liberté d’expression dans l’espace public. Derrière le caractère anecdotique des faits (personne ne meurt de se faire arracher un drapeau tibétain ou l’ Huma) se cache une atteinte fondamentale aux principes républicains et démocratiques.»

Jeunes militants viennois. «Il est intéressant de noter que seuls les sympathisants sont invités à l’acclamer désormais. Cela nous amène donc à la superbe chasse aux sorcières orchestrée par les pouvoirs locaux. Plusieurs arrestations sont faites, sur désignation des agents des Renseignements généraux tout d’abord, puis directement celle de toute personne qui ne prendrait pas part à la grande liesse « populaire » entourant le Président. La ville était repeinte en bleu.

 

Un premier cordon fouillait, refoulait, ou non, intimidait, en clair, puis un deuxième se tenait dans les ruelles attenantes à la place où Sarkozy a débarqué, et enfin, des barrières derrière et des barrages de police isolaient le trajet direct de Sarkozy. Une des personnes arrêtées : « J’ai passé deux heures et demie en garde à vue parce que je portais deux affichettes format A4. » A propos de ces arrestations, les policiers n’ont pas été capables de fournir le moindre motif les justifiant. En tout, un peu plus d’une dizaine d’interpellations, dans la limite du possible en secret. Aucun motif réel. A chaque demande, des « on n’a pas à se justifier », à chaque remarque comme quoi transporter des tracts et des affiches n’est pas illégal, des « on connaît la loi, c’est nous qui la faisons respecter », mais quelle loi ? : « On n’a pas à se justifier ! » Triste épilogue, alors que la plupart des arrêtés ont été libérés, certains auront droit à un « rappel à la loi ». Nous lançons donc un appel aux juristes pour qu’ils nous expliquent quelle loi a été violée.»

 

Petermoutarde (lebonnetphrygien.org). «Si je vous dis badges, autocollants, tee-shirts, casquettes, tracts et banderoles soutirés à des manifestants par les forces de l’ordre et surtout interdiction de protester. Vous pensez de suite au passage de la flamme olympique à Paris, aux directives du gouvernement chinois, à l’obsession de ce dernier de donner une image propre et rayonnante au monde entier ? Eh bien vous avez tort. Ce comportement stalinien des forces de l’ordre a eu lieu lors des derniers déplacements de Sarkozy la semaine dernière. Sarkozy souhaite désormais offrir une image généreuse et rayonnante d’un Président bien dans sa fonction, sans « Casse-toi, pauvre con », sans « Descends de là, qu’on s’explique », quand bien même cette image serait entièrement artificielle, comme le meilleur des reportages de TF1.

 

Cette propagande digne de Poutine a donc été entamée cette semaine en minimisant l’action de manifestants militants, en leur soutirant leurs outils de protestation et en refoulant tous ceux qui voulaient protester contre la politique de Nicolas Sarkozy. Un vrai délit d’opinion ! Ces faits gravissimes sont occultés par les journaux télévisés et les rares vidéos qui font le tour du Web ne racontent qu’une partie de l’histoire. Melun, ce n’est pas uniquement la mise en scène très champêtre où Sarkozy plaisante avec une syndicaliste CGT bien gentille. La conversation avait quand même commencé par une remarque de la même CGTiste qui se plaignait que sa casquette avait été saisie par les forces de l’ordre. Vienne, ce n’est pas uniquement un reportage de France 3 Rhône-Alpes, le seul reportage télé qui parle d’un accueil mitigé. Non, Melun et Vienne sont surtout le symbole de l’attitude liberticide des forces de l’ordre avant l’arrivée de Sarkozy ! […] Bienvenue en Sarkochine populaire ! Avez-vous la carte du Parti ?»

500 000 personnes dans la rue

Ami lecteur, je n’illustre pas ce billet, pour une bonne et simple raison… les manifestations se suivent et se ressemblent. Leur effet est toujours aussi dérisoire; 500 000 personnes défilent pour crier leur mécontentement de la politique actuelle, et « défendre les 35 heures ». Est-ce beaucoup ? Peu ? Au fond, il y aurait bien pu y en avoir 100 000, ou 3 millions, quelle différence ? En quoi cela est-il indicatif ?

Loin de moi l’idée de renier l’expression populaire, mais le fait est qu’avec au moins une bonne vingtaine de milieux professionnels et de catégories de la population en grève, en lutte, bref en colère – ambulanciers, pêcheurs, camionneurs, retraités, personnes handicapées, fonctionnaires, personnel de justice, gardiens de prison, policiers, militaires, chômeurs, cheminots, étudiants et j’en passe – le résultat reste identique : la surdité du gouvernement est totale. Pire : Les négociations préalablement entamées avec les syndicats, par exemple sur la question des 35 heures, sont enterrées sitôt signées, et pour parfaire ce chaos d’injustices, on embrouille encore les cartes avec des déclarations contradictoires (Devedjian versus Bertrand, par exemple).

Difficile de faire plus malhonnête et autoritaire ! Donc, la question reste en suspens… comment faire pour que ce gouvernement abandonne son blabla stérile, et tienne au moins ses engagements ? Mystère… mais les mois passent, et le nombre de français grinçant sévèrement des dents, à mon humble avis, s’accumule. Je ne suis personnellement pas, ami lecteur, adepte des solutions violentes. Mais il y a une probabilité, de plus en plus affirmée et aggravée encore par le contexte économique mondial, pour que tout ceci se termine MAL. L’histoire est connue : Une explosion peut déclencher une réaction en chaîne. Ce serait déplorable… car il y a fort à parier que les véritables responsables de ces différents désastres échappent à la vindicte populaire, et comme d’habitude, ce seront les policiers, les civils, rebelles ou non, les véhicules ou les bibliothèques qui affronteront le feu du ressentiment populaire. Voilà… je ne suis pas prophète, et ne souhaite pas l’être, mais j’ai rarement été témoin d’une telle situation de blocage et d’exaspération, en France. Qu’en pensez-vous ?

Le « non » irlandais

Un séisme politique qui me permet d’inaugurer sur ce blog une nouvelle section, consacrée aux affaires européennes. Les fidèles lecteurs du JRDF savent que notre rédaction, qui n’est pas dogmatiquement opposée à l’Europe, n’en est pas moins critique, lorsque cela nous semble nécessaire.

 

Hélas, les occasions récentes de douter de l’aspect positif de l’Union Européenne sur le niveau vie de sa population, ne manquent pas. OGM imposés, traités qu’on essaye de faire passer de force par les parlements, sous couvert de culpabilisation, et surtout, absence de différentes options – c’est ce traité ou rien : Au fond, le « non » irlandais exprime le sentiment de nombreux habitants de l’Union.

 

Il est peut-être temps de revenir sur ce texte, en passe d’être également rejeté par le Parlement de la République Tchèque. Le traité dit « simplifié » de Lisbonne est en fait encore plus incompréhensible que son prédécesseur. Avec son poids de plusieurs centaines de pages, il faut pourtant rappeler qu’il compile, en fait, déjà, de nombreux traités déjà ratifiés et votés. Son côté cryptique n’en est pas moins affirmé : « Belles phrases » qui ne renvoient à rien de précis, tandis que les mentions de « mise en concurrence des services publics » sont nettement plus concrètes, très nombreux articles renvoyant à un Droit Européen encore non défini, préambule de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme finalement retiré (plus explicitement, il y est seulement fait référence), et même danger de communautarisme accru à travers une remise en question de la laïcité au profit d’un renfort des identités religieuses… le constat est sanglant. Sarkozy, qui avait promis un vote sur un texte court, en propose finalement un nettement plus long et plus lourd; lui qui voulait relancer l’Union Européenne à travers ses institutions « qui avaient fait consensus », s’est au contraire embourbé dans les détails, et à vouloir faire passer « son » traité à la sauvette, sans information du grand public, il ne peut guère s’étonner de ce que le seul pays qui ait pu se prononcer par référendum… se soit effectivement prononcé !

 

La suite est encore floue. Certains parlent de ne pas tenir compte de ce rejet, voire même d’éventuels rejets ultérieurs (quelle grande preuve de démocratie !), ou de faire revoter l’Irlande, comme cela a été fait pour le traité de Nice, pour obtenir un résultat plus satisfaisant.

 

Evidemment, personne ne parle de rédiger un autre traité, voire plusieurs autres, afin que les planqués adeptes du lobbying qui parasitent le Parlement Européen aient quelque chose à foutre de leur mandat. Ce n’est pas vraiment un scoop… L’Union Européenne, telle qu’elle est actuellement, nous prend vraiment pour des cons. Cette dernière phrase pourra passer pour une vulgarité stérile de jeune blogueur néophyte… je pense toutefois, ami lecteur, qu’elle exprime l’opinion de nombre d’européens. A chaque fois, on nous refait le même coup : voter contre un traité, c’est être un méchant antieuropéen. Et ne pas tenir compte de l’avis de plusieurs peuples, c’est quoi ? Du fervent européanisme ?

 

La question, encore une fois, est qu’on ne demande pas à des citoyens de choisir entre une seule option. C’est tellement débile, que j’ai honte de vivre au beau milieu d’un continent qui refuse de le voir en face. Demande-t-on de voter pour élire ses représentants, en nous donnant le choix entre une personne ? Un restaurant éditerait-il une carte ne comportant qu’un seul plat ? C’est absurde. Depuis des années, des politiciens un peu plus avisés demandent que les référendums européens s’appliquent à tous les peuples simultanément, et qu’ils permettent de trancher des questions précises – pas de choisir entre un traité de poids et d’intérêt équivalent au bottin téléphonique, et la mauvaise conscience d’être « un vilain antieuropéen pas-beau-du-tout ».

 

Les avancées de ce traité, concernant notamment le passage d’un vote à l’unanimité (difficilement gérable entre 27 pays, certes) à un vote à la majorité tenant compte de la population des pays (pour faire court), cette bonne idée-là, même, est à relativiser. La droite a presque toujours été majoritaire au Parlement européen, et actuellement au moins une douzaine de pays ont une politique extérieure indexée sur celle des USA. Un vote « majoritaire » pourrait donc avantager ce camp politique, sans plus laisser aucune porte de secours possible à ceux qui ne voudraient pas, par exemple, d’un traité… Dans le genre encourageant, on fait tout de même mieux.

 

Sarkozy, mis personnellement en difficulté, réagit donc en se déplaçant en Irlande, avec l’optique d’influencer un éventuel nouveau vote irlandais, tandis qu’il prétend que l’Union ne pourra plus s’élargir afin de tenter de briser les réticences de la République Tchèque (c’est compliqué, c’est par rapport à la Croatie). On voit la logique des choses : Plutôt que d’adapter un texte, il faut adapter le vote… ou les peuples.

 

Désolé, ami lecteur, mais ce n’est décidément ni ma vision de la démocratie, ni celle de la vie dont je rêve, en Europe.

Ottawa s’excuse auprès des Indiens déportés

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Source : Euronews

Entourés de leaders indiens et de la doyenne, âgée de 104 ans, le Premier ministre, Stephen Harper, a présenté ce mercredi des excuses historiques dans le cadre d’un processus de réconciliation.

 

Des excuses satisfaisantes pour la plupart des autochtones qui attendent que le discours soit accompagné d’indemnisations. « Je pense que c’était bien. Il était temps. Nous avons attendu plus d’un siècle pour ça », reconnait une autochtone.

 

Un autre membre de la communauté s’avoue déçu : « Je suis déçu par le fait qu’il ait dit que ‘quelques personnes, quelques enfants sont morts’. Non ! Beaucoup d’enfants sont morts. Des dizaines de milliers ».

 

Tout comme l’Australie, qui a présenté ses excuses aux aborigènes en février, le Canada avait mis en place des centres de « rééducation » pour enfants dès la fin du XIXe siècle et jusqu’aux années 70. Des enfants arrachés à leurs familles. Nombre d’entre eux ont été maltraités, certains ont même été abusés sexuellement.

Révolution en Corée du Sud

Encore un sujet complètement ignoré par nos médias… Une révolution populaire est pourtant en cours en Corée du Sud ! Voici le reportage que l’on doit à l’un des collectifs du nouveau parti de Besancenot (dont je parlerais plus tard, d’ailleurs) :

 

Les réformes du président de Corée de Sud ressemblent étrangement aux réformes françaises de notre cher président. En Corée du Sud, pays industrialisé et « occidentalisé », la grève générale a pour revendication principale la destitution du président, et montre concrètement les « bienfaits » d’une grève d’ensemble.

 

Situation au 9 juin : Amplification et radicalisation

 

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Le mouvement de contestation s’est encore amplifié durant les jours précédents, réunissant régulièrement entre 80.000 et 120.000 personnes suivant les jours et les sources. Le nombre de personnes est tellement important qu’en début de soirée plusieurs cortèges se forment, partant dans des directions opposées. Lorsqu’ils convergent de nouveau, les rues du centre de Seoul se transforment en un squat gigantesque. La circulation est bloquée et les gens vaquent a leurs occupations contestaires en groupes de quelques dizaines a plusieurs dizaines de milliers de personnes. Certains groupes, tels que les personnes affiliées avec le site web « Agora » procèdent par démocratie directe, votant les actions a venir que les individus en accord exécutent. Cependant, il n’est pas exagéré d’affirmer que le reste de la manifestation a une organisation « anarchiste » : occupation de l’espace publique sans hiérarchie, sans chef, sans porte parole, sans processus formel de prise de décision, sans structure de contrôle.

 

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C’est un immense magma effervescent d’individus tissant des liens sociaux et agissant au mieux des possibilités qu’offrent l’environnement physique et social. Personne ne peut avoir une vision claire de l’ensemble des groupes et des actions entreprises. On ne peut que constater au grès de son cheminement leur multiplicité, leur dynamisme, et leur intelligence collective.

 

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Ici, un groupe prend d’assaut un bus de la police. Une vingtaine de personnes arrivent avec des cordes, les attachent aux bus, et commencent a tirer sous les « Ho-hisse ! » du reste de la population, les déplaçant sur plusieurs dizaines de mètres. Alors que la police, pour se justifier, hurle dans les haut-parleurs que « Cette manifestation est illégale » et que « déplacer les bus de police est surement illégal », les fourgons se couvrent d’auto-collants disant « Parking illégal » ou « Vous gênez la circulation des citoyens » ou «Selon le premier article de la constitution, (tout le pouvoir vient du peuple), ces bus peuvent être déplacés par la population ».

 

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Ailleurs, un autre groupe de 10.000 personnes discutent de la stratégie a adopter, en particulier face aux provocations policières. Il semblerait en effet que certaines personnes des plus violentes envers la police soient elles-même des policiers, comme semblent le suggérer certaines photos, montrant ce qui a l’air d’etre les mêmes personnes tantôt du coté de la police, tantôt du coté des manifestant-e-s, et utilisant le même matériel que la police. Ceci n’aurait rien de surprenant et arrive dans beaucoup de manifestations.

 

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La-bas, des centaines de personnes distribuent de la nourriture et de l’eau qu’elles ont acheté après s’être cotisées. Alors que vous vous promenez en zigzaguant parmi les manifestant-e-s joyeux, un paquet de « mochi », ces gâteaux de pâte de riz, échoue entre vos mains. Continuant votre route en redistribuant son contenu au hasard, vous engagez ça et la la conversation.

 

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Puis vous vous arrêterez peut-être devant quelques musiciens, peut-être arracherez-vous une grille de fourgon de police, participerez-vous a un débat, croiserez-vous la « brigade des poussettes », rencontrerez-vous un élu politique du parti des travailleurs ou bien ce critique satirique connu qui émet en broadcasting depuis la manifestation.

Peut-être serez-vous arrêté par un groupe de lycéennes écrivant un article pour leur journal vous demandant ce que vous pensez de tout ceci. Surement vous croiserez quelques groupes de CRS attendant les ordres, assis sur leur casque, parfois criant un « Hou-Hou-Hou » bien viril a la manière de footballeurs américains avant un match. Sans doute passerez-vous votre chemin en souriant.

 

Vous constaterez que la radicalisation se traduit par une prise de conscience politique dans le mouvement, les gens portant une attention particulière à ne pas se faire contrôler ou manipuler, que ce soit par des organisations internes ou par des policiers infiltres. On peut prendre l’exemple de la « brigade militaire », applaudie il y a une dizaine de jours lorsqu’ils se mettaient en formation pour protéger la manifestation, mais contestée a présent. Ce service d’ordre n’a en effet pas tellement de conséquences en terme de sécurité pour la manifestation, il se borne a faire des chaines pour la canaliser, et surtout a se montrer.Après la charge et le « nettoyage » de la rue par la police vers 6h du matin, les gens ne pouvant plus marcher librement créent spontanément une manifestation sur les passage cloutes, traversant au feu vert, puisque c’est « légal ». De façon tout a fait risible, l’un des membres de la « brigade militaire » se met a coté du passage piéton et fait les mêmes gestes qu’aurait fait un policier en charge de la circulation. Ces « brigades militaires » ont été prises a parti par des manifestant-e-s leur demandant «mais c’est quoi la différence entre vous et des flics ? ». La personne interrogée répond de façon un peu penaude « Mais nous on veut juste vous aider ». Réplique des manifestant-e-s : « Si vous voulez nous aider, enlevez votre tenue militaire et venez vous joindre a nous ». Alors que le dialogue continue, les faux militaires répondront « Je ne peux rien dire, il faut que je demande a ma hiérarchie ». Cette référence a une hiérarchie dans un mouvement qui en est totalement dépourvu fit le plus mauvais effet une fois relayée sur internet.

 

 

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Concernant les médias, la chaine MBC est rentrée dans une incroyable guerre ouverte avec le gouvernement, telle qu’on ne pourrait le concevoir en france sur aucune chaine. Les images des violences policières sont diffusées et les remarques de présentateurs sont extrêmement critique. Pour mémoire, c’est cette chaine, dont la privatisation est une volonté de l’actuel gouvernement, qui avait a l’origine diffusé les reportages sur le bœuf américain. Des vidéos montrant une extrême brutalité policière (cf post précédent, la personne se prend des coups de pieds dans la tête au sol) très largement diffusées sur internet ont provoque l’indignation de la population. La police a alors changé de stratégie, prenant d’infinies précautions avant de charger la foule, une voix féminine annonçant pendant plusieurs heures l’imminence de la charge, invitant les journalistes, les vie-ux-illes et les personnes avec des enfants a ne pas rester. Lorsque la charge survient, elle fait peu de blessé-e-s et d’arrestations en comparaison avec les précédentes, l’objectif étant plus de déplacer les manifestant-e-s et de « nettoyer » la rue vers 5h du matin. De plus la police n’utilise pas d’équipement technologique tels que taser, flash-ball ou gaz lacrymogènes : c’est un contrat implicite avec la population, qui en retour n’utilise pas de cocktails molotovs contre la police. Fair enough. Sur les revendications, le président Lee Myong Bak a annoncé qu’il n’était pas possible de renégocier l’accord car la situation économique est très mauvaise et que cela pourrait avoir un effet négatif sur les exportations de voitures et de matériel high-tech. Son frère a déclaré avec mépris que ce mouvement n’était le fait que de « chômeurs, des jeunes qui n’ont plus de poste dans l’entreprise, des couches basses de la population, de PDG de PME dans des situations difficiles [...]. Ce sont des gens désespérés par les problèmes économiques.» En attendant, tous les conseillés de Lee Myong Bak lui ont envoyé leur lettre de démission, et des voix se font entendre dans son parti prédisant la démission prochaine de tous les ministres actuels. De plus, suite a certaines fraudes électorales, un nouveau scrutin a eu lieu pour l’élection de représentants au parlement, cette fois fortement en défaveur du président Lee Myong Bak.


Malgré la fatigue qui commence a se faire sentir, malgré la pluie certains jours, il n’y a jamais moins de plusieurs dizaines de milliers de personnes dans la rue. Le prochain grand rendez-vous est le dix juin, anniversaire du mouvement social massif qui entraina la chute de la dictature.

Lien d’origine :

http://www.npa31.org/index.php?option=com_content&view=article&id=185:greve-generale-insurectionnelle-en-coree-du-sud&catid=1:latest-news&Itemid=50

Les pratiques militaires des USA en Irak

A noter qu’à l’origine, j’ai trouvé cette information sur le Réseau Voltaire, qui est… fermé sans autre forme d’explication, après que certains de ses collaborateurs aient été emprisonnés, en Allemagne ! Visiblement, cela a un lien avec des accusations de liens entre l’administration américaine et le 11 Septembre… Juste pour dire que lorsque certains se targuent de lutter contre des méchants extrémistes censeurs, leurs méthodes sont loin d’être forcément plus nettes.

Bref, voici le témoignage de Jimmy Massey. Il s’agit d’un ex-soldat de l’armée US, particulièrement versé dans les opérations violentes, et qui s’est décrit comme un « psychopathe légal ». Ce tueur en service commandé n’en a pas moins érté dégoûté de son « métier » par les atrocités perpétrées en Irak. Il a alors retourné sa veste, rejoint le mouvement des vétérans de l’Irak contre la guerre, et livre à présent son témoignage… très impressionnant.

 

 

 

Paru dans Le Courrier en 2006, relayé par « Le Grand Soir » :

Lorsqu’il réclame le retour des boys, Jimmy Massey sait de quoi il parle. Il a vu et participé aux exactions US en Irak. L’ex-sergent-chef sera aujourd’hui au Festival du film sur les droits humains.

 

Son bail chez les Marines aura duré douze ans. Il s’est terminé en avril 2003 dans le bourbier irakien, lorsque le sergent-chef Jimmy Massey, 32 ans, dénonce alors auprès de ses supérieurs les exactions commises par l’armée étasunienne. Rapatrié aux Etats-Unis, il est rendu à la vie civile quelques mois plus tard avec un diagnostic attestant d’un syndrome de stress post-traumatique. « L’armée me paye une pension ainsi que mes médicaments. Moi, je mets tout cet argent dans le mouvement anti-guerre », rigole-t-il. Avec d’autres, l’ex-sergent-chef a fondé les « vétérans d’Irak contre la guerre » (Iraq Veterans against the War). L’association compte 400 membres. Rencontre avec Jimmy Massey en marge du Festival international du film sur les droits humains (FIFDH) et à la veille du troisième anniversaire de l’invasion de l’Irak.

 

 

Le Courrier : Il y a trois ans, vous étiez l’un des premiers soldats à entrer en Irak.

 

Jimmy Massey : Nous avons franchi la frontière koweïtienne le 20 mars. Un ou deux jours plus tard, je ne me souviens pas exactement, notre bataillon subissait la première perte de cette guerre. Un marine a eu la jambe arrachée par une sous-munition d’une bombe à fragmentation lancée par notre propre artillerie. Ce soldat essayait d’éloigner les civils irakiens, car nous avions bombardé une zone habitée.

 


 

Si vous deviez vous souvenir d’une image…

 

- Nous étions à un check point. Une voiture s’est dirigée à toute vitesse vers nous. Comme elle ne s’arrêtait pas, nous avons vidé nos chargeurs contre le véhicule. Trois des occupants étaient mourants. Le quatrième, étrangement indemne, a demandé pourquoi nous avions tiré, parce qu’ils n’étaient pas des terroristes. J’ai ensuite compris que l’une des victimes était le frère du conducteur. Ce dernier m’a regardé et m’a dit : « Pourquoi vous avez tué mon frère ? »

 


 

Avez-vous eu connaissance de bavures similaires ?

 

- La configuration du check-point et des véhicules ne s’arrêtant pas toujours était fréquente en Irak. Lorsque nous sommes arrivés à Bagdad, les renseignements transmis par radio ont commencé à changer. On a entendu parler de fedayin, de soldats de la garde républicaine déguisés en civils, de pilleurs, de kamikazes… Cela faisait de nombreuses raisons d’avoir la gâchette facile. Mais aucun des civils que nous avons tués n’étaient armés, pas plus qu’ils n’avaient sur eux de documents compromettants. A cause de toute cette brutalité, nous avons très rapidement perdu la considération des Irakiens, alors qu’ils nous avaient d’abord accueillis en libérateurs.

 


 

Combien de civils irakiens avez-vous vu mourir ?

 

- En trois mois, ma section, soit une quarantaine d’hommes, a tué plus de 30 civils.

 


 

Qu’imaginiez-vous avant de pénétrer en Irak ?

 

- Bien sûr, je savais que nous allions mener des missions de combat. On nous avait aussi dit qu’on ferait de l’humanitaire, parce que l’Irak se trouvait sous embargo économique depuis des années. En réalité, notre premier objectif a été de sécuriser les champs pétroliers près de Bassora pour « faire économiser beaucoup d’argent aux contribuables américains ».

 

 

 

 

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