Démago-fascisme, un cran plus haut

La tension s’accroît au sein de France Télévisions. Après plusieurs grèves généralisées de journalistes (celle qui les a vus déposer leurs micros et appareils, en protestation à leurs mauvais traitements, à la sortie d’un Conseil des Ministres, a été effacée des archives des agences de presse, en passant), différents accrochages (menaces contre France 3 parce que Sarkozy n’avait pas une loge de maquillage pour lui tout seul, nouvelles menaces à cause d’un technicien qui ne l’avait pas salué), et dans un climat polémique suite aux déclarations arbitraires du principal intéressé quant à la publicité – déclarations qui ont fait grimper, par un heureux hasard, le cours des actions des chaînes privées – l’escalade de la violence franchit aujourd’hui le niveau de Patrick de Carolis, brandissant un poing métaphorique, à présent convaincu que les torpilles de Sarkozy/TF1 sont lancées à son encontre.

Evidemment, la réplique immédiate, dans notre beau-pays-des-Droits-de-l’homme-tout-ça, émane de Christine Albanel, qui joue son offusquée parce que le patron de France Télévisions a employé les mots « faux » et « stupide ». Si le chef du service public de l’information se met à dire ce qu’il pense, où va-t-on ?

Retour sur les évènements. Suite à la magouille « publicité » orchestrée par Sarkozy (pour flinguer le programme « Horizons de France Télévisions, qui cassait les prix sur la pub et faisait de l’ombre au privé), avec sa fausse naïveté coutumière (mais enfin ! C’est pour faire plaisir aux gens !), le chef de l’Etat a appliqué sa non-moins traditionnelle méthode pour noyer le poisson : il a créé une commission. Votre serviteur s’est tapé le texte de ce machin officiel, ainsi que l’intégralité (oui, je suis courageux) du discours de Son Impérieuse Majesté du Cac 40.

Autant faire court, et relever ce qui m’a fait tiquer, noyé dans une épaisse mélasse de bonnes intentions et de rhétorique si chère à notre bon dictateur. OH ! Un gros mot ? Le JRDF se met au gauchisme alors, à traiter n’importe qui de dictateur fasciste ?

Je persiste et signe. Sarkozy est un putain de fasciste. Je l’ai déjà écrit, je le réitère ici : le fascisme, ce n’est pas le bruit des bottes. C’est d’abord le bon gros mensonge d’Etat, allié à un irrespect total envers des opinions divergentes ; on peut coller les opposants dans des camps ; on peut aussi créer des commissions qui font semblant de prendre en compte leur point de vue. Le résultat final est, évidemment, identique.

Donc, lorsque Sarkozy prend la parole et discourt en promettant un grand service de l’information, il va jusqu’à prétendre qu’en finançant celui-ci à hauteur de 150 millions d’euros, il fait le plus grand geste jamais fait par un chef d’Etat. Vraiment ? La suppression de la publicité fait perdre environ un milliard de recettes à France Télévisions. Sous l’apparence d’un cadeau, Sarkozy vient de réduire par six le budget de ce service public un peu trop dérangeant pour lui, pas assez inféodé à son goût…

On continue ? En voulant nommer un président de France Télévisions, qui chapeauterait donc une direction déjà existante, c’est à une évidente tentative de contrôle total, par l’Elysée, que l’on assiste. Lorsque quelqu’un se fera virer, ce ne sera plus le fait de Sarkozy, mais du « Président de France Télévisions ». Emballez, c’est pesé !

Plus subtil, et tellement révélateur : Dans son discours, Sarkozy évoque la « cohérence » de sa vision, selon le principe rhétorico-nauseux du « on élit quelqu’un pour qu’il prenne des décisions » : Ainsi, s’il accorde à France 3 l’originalité de sa formule déclinée en versions régionales, il ne faut pas, selon lui, que cela « remette en question la cohésion de l’ensemble ». Exit donc, les journaux régionaux. Quant aux autres directions, et surtout rédactions, elles seront fondues dans le « grand » service public futur de l’information. France 2, 3, 4, et 5 ne seront donc plus, in fine, que de jolis panneaux apposés sur une seule rédaction, bien uniforme, et bien à la botte de Narcisse 1er.

Alors, le lecteur avisé me dira : en état de dictature, cher JRDF, tes mots eux-mêmes seraient censurés. Cependant, Internet est encore un flou juridique, dans lequel la liberté d’expression flotte toujours, en apesanteur ; Cependant, le rayonnement de ce blog, ainsi que celui des autres non-alignés (big up au Réseau Voltaire !) est dérisoire face aux mastodontes de l’information officielle. Enfin, même si ces nouvelles étaient largement diffusées, que pourrait faire le peuple ?

Nous sommes, malheureusement, spectateurs face à un régime qui durcit son emprise, fortifie ses alliances avec d’autres systèmes encore moins démocratiques (Berlusconi, Kadhafi…) et semble vouloir battre des records d’illusion démocratique… et de censure.

Ami lecteur, crois-tu que cela me fasse plaisir d’imprimer ces mots ? On ne doit pas prendre à la légère le pouvoir actuel. Les faits sont là, avérés, les actes ont dépassé le symbolique, et le symptomatique… pour entrer dans la destruction. Pure et dure.

-jrdf
rss pas de réponses

Laisser un commentaire

WADE - Président - |
la vérité |
Mohamed Fouad Barrada |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | sarkosy un espoir pour la f...
| Sylvie Trautmann
| optiqueslibérales