Début de justice au Darfour ?

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Omar El-Béchir, le président du Soudan qui, selon toute cohérence, serait l’initiateur du plan de massacre des habitants du Darfour (je vous renvoie à mon post dédié au sujet : http://jrdf.unblog.fr/2007/03/10/le-darfour-le-pays-des-hommes-forts/ ), vient d’être mis en accusation par une Cour Pénale Internationale.

 

Tout n’est cependant pas encore joué, comme nous l’explique Pierre Harzan, spécialiste du droit international.

 

Source : Libération.fr

Pourquoi la Cour pénale internationale (CPI) demande-t-elle l’arrestation du président soudanais ?

Ce n’est pas une surprise. Le procureur Luis Moreno-Ocampo laissait entendre depuis des mois qu’il irait dans ce sens. L’annonce officielle de la demande d’inculpation d’Omar el-Bechir tardait cependant à venir car la CPI ne voulait pas mettre en péril un possible accord de paix entre les milices soudanaises et le gouvernement. C’est le vieux dilemme entre la recherche de paix et celle de la justice: comment inculper des hommes politiques présumés responsables de crimes de masse et vouloir dans le même temps avancer dans la voie de la négociation? En l’occurrence, les négociations étaient dans l’impasse et le procureur de la CPI a aujourd’hui inculpé le président soudanais. L’année dernière, il avait déjà inculpé Ahmad Haroun, un ministre soudanais. Le président Bechir avait traité par le mépris les poursuites de la CPI. Aujourd’hui, c’est lui qui se trouve dans le collimateur de la justice internationale.

 

Quelle va être la réaction du Soudan ?

Le gouvernement soudanais va sûrement considérer qu’il s’agit là d’une ingérence inacceptable de la CPI. Même si cette inculpation constitue essentiellement un acte symbolique, elle redistribue les cartes, en introduisant un nouveau paramètre dans le conflit. Nul ne peut préjuger quel en sera l’effet tant sur les populations du Darfour, que sur la présence onusienne au Soudan,et surtout si le gouvernement soudanais va radicaliser encore ses positions ou au contraire s’ouvrir à des négociations.

 

Concrètement, que risque à présent Omar el-Béchir ?

Il ne peut pas être arrêté pour la simple raison qu’il n’existe pas de police internationale. Il faudrait un changement de régime au Soudan et que celui-ci décide de le remettre aux juges de La Haye afin que Béchir comparaisse un jour devant la cour pénale internationale. On n’en est pas là. Mais rappelons-nous que deux chefs d’Etat en exercice, Slobodan Milosevic et Charles Taylor ont été inculpés par des tribunaux à caractère internationaux et par la suite ont comparu devant leurs juges.

Propos recueillis par Marie Piquemal.

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