Une question de budget

L’UMP, comme il fallait s’y attendre, entre en mode « restriction économique », notamment face à l’obligation faite par l’Europe, d’ici 2012, d’arriver à l’équilibre des comptes publics. La rigueur est donc… de rigueur, ou plutôt, pardon, « des mesures courageuses » pour lutter contre « le conservatisme qui a mené le pays à sa situation actuelle ».

Les débats, à l’Assemblée et au Sénat, sont donc houleux, et je l’avouerais, ami lecteur, particulièrement amusants. Ah bah oui, le malheur, quelque part, c’est toujours drôle. La droite se défend comme elle peut, avec sa rhétorique habituelle, et essaye tant bien que mal de balayer sous le tapis les preuves un peu trop flagrantes de sa mauvaise gestion. En effet, malgré les coupes sombres, le déficit s’accentue. Sans parler d’une croissance qui, euphémisme, ne décolle guère… La Cour des Comptes rappelle ainsi à l’ordre « la majorité », et pointe du doigt certaines techniques de dissimulation, qu’elle ne semble pas précisément goûter.

Plutôt que d’abrutir le lecteur de chiffres, essayons de nous attacher aux méthodes. Certes, le contexte économique est mauvais, reconnaissons-le. Certes, malgré ses charcutages, le gouvernement semble malgré tout tenir certaines de ses promesses, en augmentant le budget de l’enseignement supérieur, ainsi que celui de la Justice – afin de construire et de faire rénover, notamment, des prisons (pas trop tôt !).

Reste que l’UMP, et ses alliés, s’empêtrent dans leurs tours de passe-passe budgétaires, un poil trop voyants. D’abord, il y a la diversion : C’est pas de notre faute, c’est celle des collectivités locales et territoriales – dirigées par d’inconscients socialistes ! Mip ! Mauvaise réponse ! L’Etat doit toujours 2 milliards d’euros aux régions, et transfère toujours plus de compétences vers elles, sans les fonds adéquats ! Avec une belle inflation, reconnaissons à la gauche un certain talent de jonglage gestionnaire ! Même chose concernant la « proposition » de réduire les subventions faites à certaines grandes villes… comme par hasard, tenues par des socialistes !

Ensuite, il y a les dettes non payées. Celle du Crédit Foncier, celle de l’Assurance Maladie, etc… mais surtout, il y a un nouveau joujou de la droite, sur lequel il nous faut revenir plus particulièrement : les PPP – Partenariats Public Privés.

Ce nouveau concept, qui sonne bien, cache un habile trucage des marchés publics, qui fait profiter certains amis de la maison patronale, avec l’inconvénient d’être extrêmement non rentable ! Explication : L’Etat délègue à une société privée la construction, la gestion et l’entretien de bâtiments – par exemple, un hôpital, ou une prison – en échange d’un loyer payé sur de nombreuses années, au terme duquel le bâtiment appartiendra à l’Etat. Le gouvernement actuel s’engage ainsi à laisser des couleurs de béton tels Bouygues gérer des bâtiments pénitenciers (après tout, ils font bien aussi dans la télé… et bientôt dans le nucléaire !), contre un engagement sur dix, quinze, vingt ans mettons, qui coûtera in fine à l’Etat bien plus que s’il s’était chargé lui-même de payer l’addition initiale.

Pour faire simple, l’UMP masque l’accroissement du déficit avec une dette déguisée laissée à ses successeurs, et délègue au privé des compétences inédites, tout cela dans une belle opacité (heureusement qu’ils se proclament libéraux, hein…), croyant ainsi tromper Bruxelles. En vain, d’ailleurs.

Autre technique classique de la droite (UMP/Nouveau Centre) : Faire croire qu’on est d’accord avec l’adversaire. Les voici donc hurlant contre l’iniquité des niches fiscales, dans lesquelles s’évade l’équivalent des rentrées totales annuelles de l’Etat, en stigmatisant d’un air très indigné le fait que « quelqu’un qui touche un million d’euros par an puisse ne pas payer d’impôts ! »

La belle ritournelle. Le problème, est que la droite nous joue ce couplet depuis belle lurette, et ne cesse d’augmenter ces foutues niches fiscales ! Leur parole a donc autant de résonance qu’un Sarkozy fustigeant les patrons-voyous, juste avant de dépénaliser le droit des affaires, ou qu’un même Président du Pouvoir d’Achat en campagne larmoyant face aux parachutes dorés – qu’il n’a pas même effleuré, une fois au pouvoir. Pendant ce temps, les socialos veulent taxer les superprofits des entreprises liées à l’Etat, tel Total, afin de créditer les fonds des retraites – plutôt que d’obliger les gens à bosser pendant plus de 40 ans pour pouvoir se payer leur loyer, une fois mis au rencart par la société… A ce sujet, l’UMP lance un plan « pour aider les travailleurs à quitter le monde du travail le plus tard possible » ; le problème, c’est que déjà 60% des retraités n’ont pas complété leurs annuités !

Il ne suffit donc pas de dire pour faire… certes, tout cela profitera encore aux mutuelles privées – et devinez à qui elles appartiennent ?

 

-jrdf
rss pas de réponses

Laisser un commentaire

WADE - Président - |
la vérité |
Mohamed Fouad Barrada |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | sarkosy un espoir pour la f...
| Sylvie Trautmann
| optiqueslibérales