La croisade contre l’alcool

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Décidément, notre société s’américanise bel et bien. Le Ministère de la Santé vient de réinventer la prohibition, version mineurs… prédisons-lui le même succès que son aïeul.

En France, disons-le franchement, beaucoup de jeunes se bourrent la gueule, très souvent, très fort, et très tôt. C’est attesté par une foultitude d’études. De plus en plus jeune ? Non. L’alcoolisme juvénile a toujours existé. Dans les cités ouvrières, dans les faubourgs de Paris, à la fin du 19e siècle, tout au long du 20e, et jusqu’à maintenant, les jeunes ont tâté de la bouteille. Comme pour la délinquance, l’alcoolisme chez les mineurs n’a jamais été absent.

C’est sûr, on peut fantasmer sur un âge d’or, durant lequel les adolescents auraient écouté leurs parents, révisé gentiment leurs leçons, et n’auraient pas eu de rapports sexuels avant leur mariage. Seulement, qu’ils aient été en uniformes ou non, les jeunes – et les moins jeunes – se sont toujours drogués, lors de soirées, en solitaire, ou dans les cours d’école.

Les pratiques ont certes évolué, un peu. Mais la colle reste populaire. Le haschich était fumé par nos grands-parents, en moindre quantité peut-être ; ou peut-être pas. Ceci n’est cependant pas un encouragement à se défoncer, en toute impunité… et votre serviteur sait de quoi il parle. La drogue, c’est de la merde. Mais soyons réalistes : Les jeunes de 15, 16, 17, 18 ans voire plus (ou moins), qui fréquenteraient ce blog, sont totalement immunisés à cette leçon de morale. Alors, n’insistons pas. Ce n’est pas le rôle du JRDF.

Les jeunes se droguent, pour de multiples raisons. Ce sont celles-là qu’il faudrait peut-être étudier… pas de misérabilisme, d’abord; l’alcool n’est pas là, seulement pour atténuer leur sentiment d’insécurité face à une grande méchante « société ». Est-ce un rituel initiatique, à l’instar des plantes hallucinogènes chez les amérindiens ? Peut-être. Un test de résistance, un peu comme un bras de fer collectif ? Une occasion pour se marrer ? Encore plus probable.

Le problème, évidemment, c’est que l’alcool n’est pas si drôle que cela. Les OD ne sont pas une légende – les comas éthyliques, pour être plus précis. Le mélange de drogues avec l’alcool est encore plus explosif. « Explosif », c’est peut-être d’ailleurs le terme-clé. Les jeunes veulent un feu d’artifice; un facilitateur de relations sexuelles, d’inconscience, de délire; et puis, il y a la part sombre, la volonté d’anéantissement, l’alcool triste, l’alcool poivrot. Les jeunes ne sont pas moins sensibles que leurs aînés. Ils noient également leurs peines, d’une manière ou d’une autre.

Reste donc la politique, face à cela. Vouloir interdire l’alcool aux mineurs est une illusion. Une posture; Pas forcément « une mauvaise chose », en soi, mais aussi réaliste que d’essayer d’éteindre un feu de forêt en soufflant très fort dessus. Les jeunes sont débrouillards, à l’instar des vélociraptors dans Jurassic Park : ils testent en permanence tous les endroits de la clôture, afin de trouver sa faille.

Donc, il y aura toujours des épiceries pour vendre de l’alcool aux mineurs; ce qui était déjà interdit, d’ailleurs, soit dit en passant. On interdira aux bars de servir des bières à des lycéens… la belle affaire ! Comme si les adeptes du défonçage total allaient dans les bars ! Ils achèteront des bouteilles de vodka merdique au supermarché, ou un pack de 24 bières pour 3. Et ils feront ça chez eux, tandis que les parents sont au boulot, sur leurs heures de cours. Voici la situation actuelle… et elle n’est pas prête de changer. Elle n’est d’ailleurs pas si généralisée qu’on veut bien le prétendre, avec ce tableau noirci des jeunes intégralement alcooliques !

Après tout, ami lecteur, as-tu déjà mis les pieds dans une école de médecine ? Ou d’ingénieurs en informatique ? Rien que des adeptes des concours de boisson, là-dedans – qui parviennent pourtant à opérer, plus tard, à coeur ouvert, ou à pondre des pages de lignes de code qui donneraient des vertiges à l’immense majorité de l’humanité.

Alors, l’alcool ? Comme toute drogue, c’est une question de mesure. Les jeunes l’apprennent, avec le temps. Mais ce n’est pas du goût de l’UMP-j’ordonne et la société doit suivre ! Eh bien, bonne illusion de puissance, cher ministère de la Santé ! Et après, il parait que ce sont les jeunes qui vivent en dehors de la réalité…

 

-jrdf
rss 2 réponses
  1. zbouba
    19 juillet, 2008 | 7:19 | #1

    Le conditionnement en pack favorise la vente de la bière.rait
    il faudrait revenir à la vente à la bouteille, et réserver l’achtat d’alcool aux seules personnes qui, en super marché, achètent de
    l’alimentation, en quantité raisonnable.

  2. SIMON CUSSONET
    19 juillet, 2008 | 7:33 | #2

    Le boire est un maudit vice (Rabelais, je crois)

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