Une question d’emploi, version UMP

Les discussions sur les prochaines réformes en rapport avec l’emploi se poursuivent, au Parlement, et s’enlisent dans un épais mélange de destruction du code du Travail, et d’illisibilité de l’opposition.

1500 amendements (très majoritairement) déposés à l’encontre du concept d’ »offre valable d’emploi », qui conditionnera dorénavant l’indemnisation des chômeurs. Passées deux de ces offres, c’est l’éjection.

Si le terme est effectivement flou dans sa détermination, et s’accommode de bonnes grosses absurdités (un travail de vendeur dans un stand de supermarché, ou de téléprospecteur, est reconnu valable pour un ingénieur de formation), force est de constater que la gauche devrait arrêter de faire de l’obstruction aussi outrancière.

1500 amendements ! Et tous, ou presque, pour dire la même chose ! Merde ! Et chacun vient à la tribune pour répéter, à quelques variations près, son refus du concept d’ »offre valable », juste avant que son texte soit trappé, dans la minute, par un vote déjà joué d’avance. Le citoyen, lui, qui lit déjà rarement un amendement, sera décontenancé par cette masse de textes à la durée de vie très limitée. C’est le « jeu » parlementaire : tout le monde veut se faire voir. Ce n’est pas démocratique, c’est juste du cirque…

Ceci étant dit, l’avenir s’annonce très sombre pour les travailleurs français. Au nom de la baisse du chômage – dont les chiffres ne ressemblent déjà plus à grand-chose de réel, les RMIstes n’y étant par exemple plus comptabilisés – l’UMP fait passer en force son texte qui augmente (encore) les contingents d’heures supplémentaires. Déjà, la logique de faire travailler plus pour résorber le chômage m’échappe, mais on n’en est plus à cela près…

Il faut regarder les détails. 72% des heures supplémentaires actuelles NE SONT PAS PAYEES aux employés. On veut nous faire croire qu’un mécanisme, qui déjà est très peu utilisé (pas même un tiers du contingent, en moyenne, est utilisé par les employés) et qui sera encore plus compliqué à mettre en place par l’employeur, fera le bonheur des travailleurs… mais, au nom de la « personnalisation », ce sont les accords de branche qui sont abandonnés, au profit d’accords par entreprise. Ainsi, les patrons, petits et grands, pourront faire travailler leurs employés à leur guise. On évoque des cas de 78 heures sur des semaines de six jours !

L’employé, lui, n’est pas consulté. Les « négociations personnalisées » ne le concernent pas… il signera ce qu’on lui demandera de signer. En revanche, il pourra tirer une croix sur son repos compensateur, si telle est la volonté de « l’accord conclu par l’entreprise ». Quant au « bonus » qu’il est censé toucher sur ses heures supplémentaires, pour faire court, il est bien inférieur à ce qu’il perdra en cotisations retraite.

Merveilleux, non ? Le Sarkozy du débat télévisé est bien loin…

-jrdf
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