posts du 7 septembre, 2008


56% des français prêts à manifester pour de meilleurs salaires !

Source : AFP

PARIS (AFP) – Une majorité des salariés français (56%) se déclare prête à manifester pour obtenir une hausse des salaires et des pensions de retraite, selon un sondage de l’institut CSA publié jeudi dans L’Humanité Dimanche.

A la question de savoir s’ils seraient prêts à manifester, 30% des salariés interrogées répondent « oui certainement », 26% « oui, probablement », tandis que 26% disent « non, certainement pas » et 16% « non, probablement pas ». Les 2% restants ne se prononcent pas.

Sur l’ensemble des Français (pas seulement les salariés), la proportion de personnes disposées à manifester pour les mêmes motifs est moindre: elle s’élève à 51%, contre 47% qui répondent non et 2% qui ne se prononcent pas.

En outre, 53% des salariés se disent prêts à faire grève « quelques heures », contre 45% qui y sont défavorables et 2% qui ne se prononcent pas, et 51% à se mettre en grève « plusieurs jours », contre 47% qui y sont opposés et 2% qui ne se prononcent pas.

Interrogés sur les mesures proposées par la gauche pour augmenter les salaires et pensions de retraite, une majorité des Français (55%) a le sentiment qu’elles ne seraient « pas efficaces » si elles étaient appliquées, moins d’un tiers (31%) « efficaces » et 14% ne se prononcent pas.

Ce sondage de l’institut CSA a été réalisé par téléphone le 27 août auprès d’un échantillon de 1.007 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas.

Le Point révèle une conspiration au sein de l’armée

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Source : http://www.lepoint.fr/actualites-monde/dans-le-plus-grand-secret-un-groupe-occulte-a-epaule-la/1648/0/261410

 

On n’a jamais parlé d’eux, et pourtant leur rôle s’est avéré essentiel dans la rédaction du Livre blanc de la défense et de la sécurité intérieure , que le président de la République a rendu public le 17 juin dernier. À côté des membres officiels désignés par l’Élysée, un groupe secret a travaillé en parallèle durant dix mois, en se réunissant un jeudi sur deux autour du président de la commission, le conseiller d’État Jean-Claude Mallet. C’est ce dernier qui avait choisi en personne ces personnalités, avec lesquelles il avait travaillé dans des fonctions antérieures, notamment du temps où il avait été patron de la DAS (Délégation aux affaires stratégiques) du ministère de la Défense, ou secrétaire général de la défense nationale.

 

Curieusement, ce groupe dont l’existence n’avait pas été révélée jusqu’à ce jour, est demeuré durant près d’un an totalement indépendant de la commission, et déconnecté de ses membres. « Nous avons réfléchi aux mêmes choses, en même temps, mais complètement à part. Entre nous, nous nous appelions black team (équipe noire) et n’avons jamais été identifiés. Même pas lorsque Jean-Claude Mellet nous a invités au pot de départ de la commission du Livre blanc. »

Ce groupe de huit personnes était composé de (par ordre alphabétique) :
- Jean-Marc Balencie, docteur en sciences politiques, cadre de la société d’analyse stratégique Risk & Co. Dernier ouvrage paru : Les Guerres bâtardes .
- Pierre Conesa , ancien administrateur civil, directeur général de la Compagnie européenne d’intelligence stratégique ( CEIS ) ;
- Jean-Claude Cousseran, secrétaire général de l’académie diplomatique internationale, ancien directeur de la DGSE ;
- Philippe Duluc, ingénieur de l’armement en disponibilité, directeur de la sécurité du groupe Orange ;
- Alain Dumontet, amiral (2e section), ancien chef de la Force d’action navale ;
- Nicole Gnesotto, ancienne responsable de l’ Institut de sécurité de l’Union européenne , titulaire de la chaire sur l’Europe au CNAM ;
- Marie Mendras , politologue, spécialiste de la Russie au Ceri ;
- Patrice Sartre , général (2e section), conseiller militaire du groupe Safran ;
- Thérèse Delpech, conseillère stratégique du Commissariat à l’énergie atomique et – persiflent ceux que son activisme atlantiste agace – membre de droit de toutes les commissions existant en France, donc de la commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité intérieure, a été associée aux travaux de la black team . L’une des personnalités de ce groupe précise, perfide : « Sa présence a été fort utile pour nous rappeler que les résistances se traitent avec l’arme nucléaire. »

Aux yeux du président de la commission, confirme-t-on dans son entourage, il s’agissait de s’entourer d’experts incontestables, à même de le rassurer sur sa « hantise : louper une très grosse évolution stratégique, en étant pris en main par une pensée trop conformiste ». Un des membres de ce groupe secret précise que Jean-Claude Mallet « ne voulait pas être plombé par les penseurs officiels ». Résultat : ce cénacle a étudié des problématiques qui n’ont pas été abordées par la Commission officielle : le rôle des sociétés militaires privées, les risques posés par l’unilatéralisme américain sur les options stratégiques françaises, et même le tabou : la réorganisation des services du ministère de la Défense.

 

« Nous étions les seuls à pouvoir mettre les mains dans le cambouis, chercher à comprendre pourquoi les technocrates du contrôle général des armées font des carrières plus rapides que les opérationnels, ce qui est quand même un comble ! » Sauf que les services centraux du ministère seront peu touchés par la réforme, et que nombre de membres de la commission du Livre blanc le regrettent. De ce point de vue, les chevaliers blancs de la black team font grise mine !

Le pouvoir d’achat prend des vacances (tout seul)

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48% des français, cet été, ne sont pas partis en vacances, un pourcentage en augmentation… comme le présente bien cet article de l’AFP : 

 Près d’un Français sur deux (48%) n’est pas parti en vacances depuis un an, essentiellement faute de moyens financiers, selon une étude du Credoc publiée aujourd’hui.

«Le pouvoir d’achat a un réel impact sur les départs»: seul un tiers des Français vivant avec moins de 900 euros par mois, sont partis pendant leurs congés au cours des douze derniers mois, contre 83% des hauts revenus.

Malgré tout, commente le Credoc, 52% des Français sont partis en vacances, c’est un peu moins qu’en 2006 (56%), mais «on est loin de la chute du taux, annoncée par certains analystes». Car «les Français tiennent trop à leurs vacances pour y renoncer et ils sont prêts à faire beaucoup de concessions».

Des astuces pour «partir moins cher»

Plus d’un quart des Français ont mis spécialement de l’argent de côté pour financer leur départ en vacances, et parmi eux, 59% ont choisi de se restreindre sur leurs loisirs et sorties et 40% sur l’habillement.

54% des partants ont trouvé l’astuce pour «partir moins cher»: 29% d’entre eux partent hors saison, 24% réservent longtemps à l’avance et 18% optent pour des formules de séjours «tout compris». 15% sont restés moins longtemps, 14% ont choisi une compagnie à bas coûts et 13% des partants ont guetté une promotion de dernière minute.

Au début de l’été, les deux tiers des Français envisageaient de pratiquer moins d’activités payantes sur leur lieu de séjour et d’aller moins souvent au restaurant. Une majorité (56%) évoquait la possibilité de partir moins loin ou de se faire héberger par la famille (52%) ou des amis (46%).

L’étude, publiée dans le cadre du bilan gouvernemental de la saison d’été, a été réalisée en juin 2008 par le biais d’entretiens avec un échantillon représentatif de 2.011 personnes âgées de 18 ans et plus.

Duel, justice, jugement « divin »

  Un très bon article de BrunoIcher (Libération) qui explique le phénomène sociologique du duel, ainsi que ses ramifications légales via la justice dite « divine », appliquée jusqu’à Saint Louis (pas jusqu’à hier, donc, mais pas franchement l’Antiquité non plus !)

 

Le dernier duel en France eut lieu en avril 1967. Il opposa le maire de Marseille, Gaston Defferre, bagarreur impénitent, à René Ribière, député gaulliste passé à la postérité grâce à cette passe d’armes. Après une sévère empoignade verbale à l’Assemblée nationale, le mot quifâche a été prononcé par le député SFIO, en l’occurrence un sonore «abruti !», qui conduit Ribière à expédier deux témoins et une invitation à en découdre à son offenseur. A moins, bien entendu, que celui-ci ne consente à retirer ces dures paroles. Or, Defferre, vieux briscard habitué au maniement des armes (ancien résistant coriace et déjà protagoniste d’un duel vingt ans plus tôt avec le radical Paul Bastid, directeur du quotidien l’Aurore), ne retire rien. D’autant qu’il n’ignore pas l’incompétence absolue de son adversaire en matière d’escrime.


Les deux hommes finissent par se retrouver dans le jardin ombragé d’un hôtel particulier de Neuilly-sur-Seine, en bras de chemise, épée en main, pour régler cette affaire. Trois assauts et deux blessures légères plus tard infligées à Ribière, le combat s’achève sous le regard amusé d’une cohorte de journalistes goguenards qui traiteront le fait divers avec ironie. Defferre ne put s’empêcher de faire circuler les détails croustillants du combat, insistant sur le fait qu’il ne cessa de viser de la pointe de la lame les parties génitales de son adversaire, qui devait se marier le lendemain. Ribière estima néanmoins que les estafilades qui ornaient désormais son avant-bras avaient suffisamment lavé son honneur bafoué, et c’en fut terminé à tout jamais d’une longue histoire.

Jugement divin

Car depuis cet épisode vaguement misérable, pas la moindre goutte de sang n’a été versée sur le territoire français dans le cadre d’un duel. Dernier acte donc d’un usage dont les origines remontent au Moyen Age et qui a connu plusieurs âges d’or sous tous les régimes, jusqu’à connaître une sorte d’apogée frénétique sous la Troisième République. Politiques, militaires de carrière, journalistes, dramaturges, hommes du monde, poètes, aigrefins et aventuriers de tous poils ; banquiers, capitaines d’industrie ou courtisans ambitieux s’expédiaient à la figure injures et soufflets au moindre prétexte. On se battait pour un regard de travers, un mot malheureux, une chronique acide dans une feuille de chou ou, le plus souvent, pour l’honneur prétendument bafoué d’une dame respectable. On croisait aussi le fer entre hommes du monde pour se distinguer de la populace qui réglait ses différends à coups de poing ou de cran d’arrêt dans l’obscurité anonyme d’une ruelle sordide.


Pour comprendre ce brusque enthousiasme, il n’est pas inutile de se pencher sur la chaotique origine du combat singulier. Il est le lointain descendant de l’ordalie bilatérale qui fut, depuis les Egyptiens, un mode de règlement judiciaire des problèmes les plus épineux. Lorsque la justice se montrait incompétente à déterminer la culpabilité d’un homme, il fallait s’en remettre au jugement divin.
Au fil des siècles, trois méthodes furent pratiquées. Le plus souvent, on exigeait de l’accusé qu’il empoigne fermement une barre de fer portée au rouge. La blessure était bandée et on attendait de voir comment elle évoluait. En cas de cicatrisation franche, le pauvre bougre était, certes, infirme à vie, mais lavé de tout soupçon. En revanche, si la plaie s’infectait, il était promptement achevé car l’instance judiciaire divine avait clairement montré sa culpabilité. Variante raffinée, il était possible d’obliger l’accusé à aller chercher une pièce de monnaie au fond d’un chaudron rempli de liquide bouillant. Dernière option : plonger le corps de l’individu dans l’eau glacée puis constater les effets obtenus. S’il coulait à pic en devenant bleu, ce qui devait se produire dans la majorité des cas, c’était bien que le gars avait quelque chose à se reprocher.
Très tôt, l’Eglise et l’Etat se montrent hostiles à ces pratiques d’origine païenne. Saint Louis y met un terme définitif en privilégiant le serment, à l’usage du feu et de la glace. Il n’en est pas exactement de même pour l’ordalie bilatérale – ou jugement de Dieu – qui met aux prises deux adversaires pour lesquels la justice des hommes se montre incompétente. Le duel est né et reste, jusqu’à la Révolution, l’apanage de la noblesse et du clergé qui compte alors en son sein de solides partisans comme le cardinal de Retz.

Hécatombe

 

La pratique du duel se généralise en dépit d’innombrables tentatives de l’Etat pour en limiter les effets désastreux. Impossible d’estimer avec justesse le nombre de vaillants militaires et de jeunes aristocrates tombés pour l’honneur dans les clairières au petit matin. Parmi les plus farouches adversaires du duel, Richelieu passe aux actes en 1626, poussant Louis XIII à promulguer une loi qui punit de mort les belligérants d’un combat singulier. Le cardinal montre sa détermination l’année suivante en faisant décapiter en place publique le comte de Montmorency-Bouteville, fine lame qui compte une vingtaine de duels à son palmarès, et qui, par bravade, avait croisé le fer et embroché Bussi d’Amboise en plein jour, place Royale à Paris. D’autres souverains avaient tenté de mettre un terme à l’hécatombe. Henri IV notamment avait fait interdire les duels mais, à chaque fois que des duellistes étaient pris l’épée à la main, le roi signait leur grâce au nom du code de l’honneur en vigueur.

Il faut donc attendre la Révolution pour que les choses changent. Avec l’abolition des privilèges, le droit de porter l’épée disparaît pour les nobles français. Les lois monarchiques punissant les duellistes sont supprimées du code pénal de 1791. Malentendu funeste puisque cela est interprété comme le droit accordé à chacun de porter une arme et de s’en servir. On peut désormais se battre avec qui l’on veut, sans clivage social, et les nouvelles élites bourgeoises ne s’en privent pas. Le climat de violence à Paris, l’omniprésence militaire dans les grandes villes, la démocratisation de l’escrime, discipline exclusivement réservée à la noblesse pendant des siècles, mais aussi le désir d’affirmer un code d’honneur, provoquent une recrudescence des duels pendant tout le XIXe siècle. Les Romantiques prisent le courage bravache de l’exercice, les intellectuels se divertissent dans des salles d’armes qui font également office de clubs littéraires, l’explosion de la presse populaire rend publiques les moindres querelles de salons et on s’empoigne à qui mieux mieux au bois de Vincennes, de Boulogne, sur les champs de courses, voire dans des lieux spécialement aménagés.

Suspense garanti

Des Trois Glorieuses en 1830 jusqu’à l’agonie du Second Empire en 1870, on retrouve une pléiade de noms illustres impliqués dans ces batailles. Entre autres, Lamartine, Victor Hugo, Proudhon, Alexandre Dumas, Sainte-Beuve, Gambetta, Ledru-Rollin et bien d’autres. La pratique se développe tant et si bien qu’elle trouve sa place dans toutes les couches de la société ainsi que le laisse entendre un célèbre fait divers dans les années 1840 : un certain Martin, boucher de la rue de la Harpe à Paris, fut étendu d’un coup de pistolet par son premier garçon boucher, Antoine Souchet.


La pratique est archi-codifiée par d’innombrables ouvrages : on se bat au pistolet à quinze pas (très dangereux), à quarante pas (plus hasardeux), assis dans des fauteuils, à l’épée, au sabre (très gore), au premier sang, à blessure grave, voire jusqu’à ce que mort s’ensuive, selon le degré de gravité de l’offense subie. Pour donner une idée du raffinement qu’atteint alors le duel, une pratique connaît un certain engouement sous la Monarchie de Juillet. Deux pistolets étaient confiés aux témoins juste avant le combat, soustraits aux regards des duellistes. L’un était chargé réglementairement, l’autre pas du tout. Les armes étaient placées dans un sac puis livrées au choix des deux hommes qui se mettaient face à face et faisaient feu en même temps. Gros succès et suspense garanti.

Rochefort et Evariste Gallois

A cette douce époque, quelques célébrités laissent la vie dans ces manifestations de virilité. Le journaliste Armand Carrel, qui succombe à l’assaut donné par Emile de Girardin, Evariste Gallois, mathématicien brillantissime de 19 ans qui ne fait pas le poids face à un obscur lieutenant de cavalerie, ou encore le poète russe Pouchkine. Quelques personnages hauts en couleurs y gagnent même une vive célébrité comme le pittoresque Henri Rochefort, dramaturge, journaliste, ami de Victor Hugo, exilé par le Second Empire puis sympathisant de la Commune qui s’évada du bagne de Nouvelle-Calédonie pour terminer sa carrière dans la pire fange antisémite. Son parcours mouvementé lui attribua le doux sobriquet de «l’homme aux vingt duels et aux trente procès».


Pendant ce temps, la loi se montre impuissante à contenir ces ardeurs homicides. Il faut dire que politiciens, magistrats et militaires constituent le gros de la troupe des duellistes. De plus, il est fréquent, pour ne pas dire systématique, que les procès d’assises tenus à l’occasion d’un duel s’étant soldé par la mort d’un des participants s’achèvent par l’acquittement pur et simple du vainqueur.


Finalement, c’est un phénomène d’usure qui aura raison du duel, après une embellie spectaculaire. Depuis la déroute de 1870 et l’avènement de la Troisième République, la France est revancharde et militariste. L’affaire Dreyfus met l’antisémitisme au coeur de la vie politique et, jusqu’en 1914, les débats publics sont d’une violence d’autant plus intense qu’elles se font par le truchement des journaux à scandales qui pullulent. Chaque débat houleux à la Chambre est susceptible de s’achever sur le pré. Chaque critique fielleuse d’une pièce de théâtre peut donner lieu à un échange de coups de feu le lendemain matin.

Mise en scène

Toutefois, comme pour atténuer les effets funestes de ces moeurs de matamore, les duels se font de moins en moins dangereux. C’est la mise en scène qui prime et l’affaire se termine souvent au bistrot le plus proche pour des réconciliations éthyliques. Les journaux illustrés de la Belle Epoque, friands de ces événements, mettent aussi l’accent sur leur caractère généralement factice. Le duel opposant Jean Jaurès à Paul Déroulède, sur la frontière espagnole, en est un joli exemple. Les deux hommes se sont contentés de tirer une seule fois en prenant bien soin de se viser à côté et chacun est rentré chez soi. Georges Clémenceau, dont le sang chaud et le sens de la formule qui blesse l’avaient conduit une bonne douzaine de fois sur le pré, a raconté son duel face à Paul Deschanel. «Je n’avais pas encore fait un mouvement que Paul avait reculé de deux pas [.] Ma mauvaise impression s’accentue et puis Paul est devenu terreux, de la couleur de ses cheveux [.]. Au bout de la deuxième reculade, on s’aperçoit que mon petit Paul est blessé [.] Voila mon duel, je n’en suis pas fier.» (1)

Finalement, ce fut la boucherie de 1914 qui porta le coup fatal au duel. Quelques parlementaires tentèrent bien de ressusciter le combat singulier dans les années 1920, mais le coeur n’y était plus. La Seconde Guerre mondiale termina le travail. A la fin des années 1950, un duel opposa le marquis de Cuevas, directeur des ballets de Monaco, au danseur chorégraphe Serge Lifar, ancien directeur de la compagnie, mais l’escarmouche fit ricaner la France entière. Presque autant que celle de Gaston Defferre et René Ribière.

(1) Cité dans le remarquable ouvrage de François Guillet La Mort en face. Histoire du duel de la Révolution à nos jours. Aubier. 26 •.

Lutte Ouvrière éteint l’Etincelle

  La tumultueuse fraction minoritaire de Lutte Ouvrière, « L’étincelle », vient d’être exclue par la direction du parti d’extrême-gauche. Rappelons que la ligne de ce mouvement au sein de LO, critiquait les récents accords avec la gauche, qui brouillait selon ses dires l’image de LO dans l’opinion.

  Cette divergence idéologique peut s’expliquer par plusieurs points : D’abord, une vision radicale des composantes de cette fraction, additionnée d’un possible d’arrivisme (Jacques Morand, sa figure la plus connue, souhaitant probablement marquer son leadership) ; Ensuite, Lutte Ouvrière s’est rapprochée de la gauche, surtout en fuyant la LCR, qui a proposé plusieurs fois de faire fusionner les partis dans le Nouveau Parti Anticapitaliste en formation, actuellement. Arlette Laguillier, pour résumer, aurait préféré soutenir des modérés qu’elle conspuait il n’y a pas si longtemps, pour ne pas voir tomber son drapeau, ou parce qu’elle ne croyait pas en l’initiative de Besancenot. A mon humble avis, c’est toujours ça de pris pour une unité plus franche de la gauche « gouvernementale ».

  Quoiqu’il en soit, les cartes sont donc, au moins en partie, redistribuées au niveau de la gauche et de l’extrême-gauche… Cette exclusion le marque assez significativement.

L’Europe autorise jusqu’à 40 fois plus de pesticides

Cet article, du site « Notre Planète », fait très bien le point sur ces questions de pesticides, déjà évoquées entre ces pages d’ailleurs. Pour faire simple, une situation sanitaire déjà très lourde (on sait que les pesticides sont à l’origine du cancer du sein, par exemple) est en passe de s’aggraver, mais la Commission Européenne répond : « Ne vous inquiétez pas, on a des données scientifiques qui prouvent que ce n’est pas dangereux. » Une question : Peut-on les voir, s’il vous plaît ?

Source : http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1752.php

Depuis le 1er septembre, de nouvelles règles harmonisent, dans toute l’Union Européenne (UE), les limites appliquées aux résidus de pesticides présents dans l’alimentation. Pourtant, ce souci de cohérence s’accompagne de nouvelles limites jugées dangereuses par les ONG qui dénoncent une régression par rapport à certaines normes nationales en vigueur.

Quelques notions sur les pesticides et leur surveillance

Rappelons que dans une logique productiviste, l’agriculture emploie massivement des pesticides, qui sont des produits chimiques dangereux destinés à repousser ou tuer les rongeurs, champignons, maladies, insectes et « mauvaises herbes » jugés nocifs.
Le recours à ces produits dits phytopharmaceutiques peut notamment nuire à la santé des consommateurs qui se nourissent des aliments traités. C’est pourquoi, tous les pesticides commercialisés doivent indiquer une limite maximale de résidus ou LMR. Celle-ci correspond à « la quantité maximale de résidus d’un pesticide attendue dans un végétal lorsque les bonnes pratiques agricoles sont respectées ». Jusqu’alors fixée au niveau français, européen et international selon le cas, elle s’exprime en milligrammes de substance de pesticide par kilogramme de végétal. Une LMR ne doit pas entraîner un dépassement de la dose journalière admissible (DJA) du pesticide. Cette DJA représente la quantité qu’un être humain peut ingérer quotidiennement durant toute sa vie sans que cela ait une influence sur sa santé.
Notons que la présence de résidus de pesticides dans les aliments ne signifie pas automatiquement qu’il y a un risque pour la santé humaine. En revanche, elle indique que les bonnes pratiques agricoles n’ont pas été respectées.

 

Au total, 349 pesticides différents sont présents dans les produits alimentaires vendus dans l’UE. 45,7% des produits alimentaires testés contiennent des pesticides. Plus de 25% de fruits, légumes et céréales contiennent deux ou plusieurs pesticides différents, tandis que plus de 5% de fruits, légumes et céréales contiennent 5 ou plus de pesticides différents.

Un nouveau réglement européen pour davantage de cohérence

En vigueur depuis le 1er septembre 2008, un nouveau règlement européen fixe les nouveaux plafonds autorisés pour la présence de résidus de pesticides dans les aliments.
Ce nouveau règlement européen couvre environ 1 100 pesticides utilisés dans l’agriculture, au sein et hors de l’UE. Il répertorie les limites maximales de résidus pour une large variété de produits : de la viande au lait en passant par les légumes, les fruits, les noix, les épices et les aliments pour animaux. Ces limites s’appliquent aussi bien aux produits frais qu’aux produits transformés. Pour ces derniers, il est tenu compte des opérations de dilution ou de concentration lors de la transformation.

Jusqu’ici, les limites étaient fixées par l’UE ou par les États membres, selon le type de pesticides. Ainsi, une même quantité de résidus pouvait être jugée acceptable dans un pays, et excessive dans un autre. Enfin, certains pesticides n’étaient soumis à aucune limite. Selon la commission européenne, « ce manque d’uniformité était source de confusion, pour les opérateurs comme pour les consommateurs. » De plus, « les nouvelles limites tiennent compte des besoins des groupes les plus vulnérables, comme les bébés et les enfants, et reposent sur un principe fondamental : la sécurité alimentaire prime sur la protection des végétaux. »

Si l’initiative est certainement louable pour certains pays européens dont la réglementation est déficiante ou trop laxiste, celle-ci pourrait pénaliser la santé des consommateurs de pays où la législation nationale demeure beaucoup plus sévère. En effet, ces nouveaux seuils, qui harmonisent les normes européennes en la matière, doivent remplacer les limites fixées actuellement au niveau national pour chaque pays.

De nouvelles limites jugées « dangereuses »

Plusieurs ONG ont vivement dénoncé cette nouvelle réglementation qui pourrait entraîner une augmentation « spectaculaire » des limites existantes : « la Commission européenne nous entraîne vers une contamination toujours plus importante par de plus en plus de pesticides dans les aliments. L’UE doit revoir immédiatement ces limites que nous jugeons dangereuses », alerte Ulrike Kallee, experte en produits chimiques pour Greenpeace.

Selon une analyse conjointe de Greenpeace et de l’ONG environnementale autrichienne Global 2000, « plusieurs centaines de limites maximales en résidus deviennent désormais dangereuses pour les consommateurs », et ce « au regard même des normes d’analyse et des méthodes d’analyses fixées par l’UE ». Or, « pour chaque pesticide, la Commission a identifié le pays ayant la plus mauvaise limite de sécurité et a adopté ce niveau pour les normes européennes », explique Hans Muilerman, porte-parole de l’ONG néerlandaise Natuur en Milieu. « Les consommateurs européens vont donc être moins bien protégés en étant exposés à plus de 200 pesticides différents à des niveaux importants », ajoute-t-il.
Ainsi, par exemple, « pour un enfant pesant 16,5 kilos, la dose de pesticide dangereuse pour la santé est dépassée après la consommation de 20 grammes de raisin (soit 5 à 7 grains), 40 grammes de pomme ou 50 grammes de prunes », affirme le biochimiste Helmut Burtscher, cité par Global 2000.

Dans certains pays étudiés, comme l’Allemagne ou l’Autriche, le changement serait très préoccupant, selon ces associations.
En Autriche par exemple, 65% des pesticides utilisés verront leur taux maximal augmenter, pour certains jusqu’à 1 000 fois, alors que seuls 4% verront leur taux baisser, affirme Global 2000.

 » Ainsi, après analyse et comparaison avec certaines LMR nationales aujourd’hui en vigueur en France et celles prévues par l’UE, nous avons pu constater qu’un consommateur risquait, à l’avenir, de consommer certaines molécules à des taux plus élevées. Par exemple, pour les agrumes, la molécule fénoxycarbe, considérée comme cancérigène probable et perturbateur endocrinien possible, serait tolérée à des taux 40 fois supérieurs par rapport à la valeur actuelle! En effet, cette LMR spécifique passerait de 0,0500 mg/kg à 2 mg/kg!  » précise François Veillerette, Président du MDRGF et administrateur de PAN (Pesticide Action Network) Europe dans un communiqué.

Au final, pour les associations, la Commission européenne « n’a pas rempli son obligation de fixer des limites légales les plus basses possibles », comme le prévoyait un précédent règlement de 2005, dénonce Elliott Cannell, coordinateur du réseau environnemental PAN Europe.

Les ONG intentent un procès à la Commission Européenne

Dès le 10 avril 2008, Natuur en Milieu et PAN Europe ont écrit au Commissaire européen de la santé pour demander officiellement un réexamen interne (dans le cadre du règlement 1367/2006 de la Convention d’Aarhus) du règlement 149/2008 qui établit les Limites Maximales en Résidus (LMR) en matière de pesticides des produits alimentaires. La lettre des ONG fait état du fait que le règlement 149/2008 pose problème pour plusieurs raisons et devrait être réexaminé d’urgence.
Malheureusement, le 1er Juillet 2008, la DG SANCO a répondu au nom du Commissaire à la santé en faisant valoir que la demande de PAN Europe était irrecevable d’un point de vue juridique.
C’est pourquoi, le 11 août 2008, Natuur en Milieu et PAN Europe ont formé un recours auprès du Tribunal de première instance contestant la décision de la Commission qui refusait ce réexamen interne.
Maintenant, Natuur en Milieu et PAN Europe attendent que la Commission fournisse à la Cour une copie de sa position officielle dans les trois prochains mois. La Cour pourrait alors donner un avis début 2009.

En attendant que cette nouvelle bataille juridique trouve un dénouement heureux pour la santé des consommateurs, l’agriculture biologique qui se caractérise notamment par la non utilisation des produits chimiques de synthèse démontre une nouvelle fois son intérêt.

Les micronations (introduction)

  Ami lecteur,

   Voici un début de dossier que j’écris actuellement pour les anarchistes, de la Fédération. Je t’encourage d’ailleurs à parcourir leur revue « Le monde libertaire », qui contient plein d’informations intéressantes.

  Cette série d’articles est consacrée aux micronations. Voici le texte qui introduit le sujet. Enjoy !

 

  Qui a le droit de régner sur un peuple ? Qui a le droit de fonder une nation ? Et qu’est-ce qu’une nation ? Que peut-on en faire ? Où se situe la limite entre « l’utopie », et un régime reconnu officiellement par l’Organisation des Nations Unies ? D’ailleurs, les pays non-reconnus par cette institution, sont-ils vraiment différents des autres ? En quoi le seraient-ils ?

  Beaucoup de questions, qui recoupent finalement celle de l’origine même d’un territoire habité, d’un Etat, superstructure officielle, base de la diplomatie, et d’un gouvernement censé gérer tout cela, en un mot : d’une « Histoire » (avec une majuscule, s’il vous plaît). Mais les histoires ont la fâcheuse tendance à se compliquer, ainsi que les langues, ainsi que les philosophies… Que vaut une distinction entre un pays « officiel » et un autre, autoproclamé et non-reconnu ? Toutes ces interrogations sont, entre autres, l’affaire des micronations, pas forcément si « petites » que leur nom peut le laisser penser – Hutt River couvre 75 km2 – et, surtout, pas si aisément définissables…

  A l’image des nations, les micronations sont très variées. Il convient de les distinguer, en premier lieu, des tout petits états tels Andorre, et autres Monaco. Une micronation peut dépasser leur superficie, et pourtant, ne pas être reconnue par ses « grandes sœurs ». Certaines ont eu – tel le « Royaume de l’Humanité » – des visées philanthropes, visées qui ont d’ailleurs pris un tour tragique dans le cas de cet exemple, en particulier, visées détruites par la cupidité des nations « officielles ». D’autres ont subi le même sort, et sont tombées, également, ont été coulées à l’explosif (Rose Island, au large de l’Italie), ou démantelées par la police (Marlborough, en Australie), tels des squats un peu trop dérangeants. Il y a eu des expériences qui sont restées pour la postérité : Frestonia,  dans un quartier de Londres, immortalisée par un film des Sex Pistols, et hélas autodétruite par la perte de son esprit ; ou qui existent toujours, laissées bien tranquilles dans leur coin, visitées même, très officiellement, par le pays « hôte ». Il y a eu des coups de chance, et des désastres, des sécessions (en Australie, qui en compte un paquet, sur la base d’un texte datant de la mort de Richard III… hélas maintenant rendu caduque), et des flous juridiques – une plateforme pétrolière est-elle une nation potentielle ?  Il y a eu des bouffonneries revendiquées, des concepts virtuels, des délires monarchiques (beaucoup), et dans le lot, des aventures nettement moins enthousiasmantes – piraterie, arnaques, système matriarcal basé sur des esclaves sexuels (Other World Kingdom)…

  Il y en a même… en France. Tous ces rêves, appliqués  ou au moins jetés tels des concepts, reflètent la volonté humaine, peut-être pas si généralisée mais sensible, de recréer un système « plus juste », plus conforme à ses aspirations, indépendant… et également, la propension à vouloir fonder sa propre dynastie régnante. Peu de micronations ont entrepris un fonctionnement républicain ; L’histoire du Royaume de l’Humanité montre qu’un système « centralisé et absolutiste », à petite échelle, peut même mieux fonctionner, et apporter à son peuple, qu’une république plus sensible à la corruption partisane, et parfois plus faible – en particulier lorsqu’elle est farouchement combattue. C’est l’éternel dilemme du « bon roi » et du « chaos partisan », encore non résolu, évidemment. Les micronations sont donc essentiellement l’œuvre de quelques personnes, aussi virtuelles qu’un Etat imaginaire défini sur des bouts de papier, et associé à une maison – les Etats-Unis, par exemple, reconnaissent, dans certaines limites, le droit de sécession… il y a même une controverse sur le Texas, qui n’aurait jamais été vraiment rattaché au territoire nord-américain ! ; ou prendre une ampleur toute autre, voire même reconnue, malicieusement, par l’administration – telle notre « République de Saugeais », inoffensive mais dotée d’une présidence nommée initialement par l’un de nos préfets !

  Toutes ces histoires, très variées, ne sont évidemment pas enseignées dans les livres d’Histoire, refoulées à l’entrée par les vigiles de « l’officiel » ; Elles ont pourtant, à l’image du soviet des Conseils d’Alsace – tout aussi inconnu dans le grand public – vécu, ou survécu encore jusqu’à aujourd’hui, vu des habitants s’y investir, créé le plus souvent leur propre monnaie (qui est parfois échangée hors de ses frontières, à un taux défini), leur propre drapeau, leur devise. Ma préférée restant : « Oui, nous en avons une ! ».

  L’humour est donc bien présent, très fréquemment, dans ces « naissances spontanées d’Etats indépendants », mais derrière cette dérision, d’autres questions, bien plus lourdes, se profilent. Quid des conventions de Genève, en cas de guerre ? Des votes et des résolutions de l’ONU ? Des passeports ? Des lois appliquées sur le sol, instable, de ces utopies – lorsqu’elles en sont…

  Ce sont ces sagas, bizarres selon un point de vue « officiel », légitimes selon un autre, donnant plus de poids à l’autodétermination, que nous vous proposons de parcourir, ami lecteur, dans une série d’articles qui leur seront consacrées. Vous y découvrirez comment certains ont essayé de faire croire qu’ils « ramèneraient » Atlantis, comment d’autres ont investi des millions de dollars en vain, pour la gloire de Minerve, ou comment, tout simplement, des idéalistes ont pu demander, comme en Israël, qu’on les laisse vivre leur expérience pacifique, s’occuper de leur bout de terre, essayer d’aider d’autres personnes en leur offrant un refuge.

  Le prochain article sera consacré à mon histoire préférée, que j’ai déjà évoqué : il s’agit du Royaume de l’Humanité/République de Morac-Songhrati-Meads !

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