L’âge du départ à la retraite est repoussé de 5 ans… surprise !

  J’aime bien cette analyse de Rue 89, que je classe aussi du côté de l’extrême-gauche, par rapport à sa note finale clairement critique envers « l’opposition » :

 

C’est à coups de canif, réputés moins douloureux, que Nicolas Sarkozy et la majorité UMP sont en train de remettre en cause, sans le dire, le modèle social français. Quelques euros de franchise médicale par ci, un peu de travail le dimanche par là, des réductions d’effectifs et des coupes budgétaires tous azimuts… Et voilà désormais la retraite à 70 ans!

Les Français qui n’ont pas bien suivi ont dû être surpris d’apprendre samedi 1er novembre -jour de la Toussaint!-, que leurs députés avaient voté dans la nuit, sans que l’on y prenne garde, une disposition permettant aux salariés de travailler jusqu’à l’âge de 70 ans, sur une base volontaire évidemment.

Les réactions de plusieurs porte paroles de la gauche et des syndicats ne s’y sont pas trompés. Il est clair, comme l’a déclaré la député des Verts, Martine Billard, que « l’âge de la retraite est insidieusement repoussé à 70 ans ».

Le volontariat n’est, à ce stade, qu’un cache sexe d’une réforme fondamentale à venir, du fait que, selon toute vraisemblance, de moins en moins de salariés auront suffisamment cotisé à leur arrivée à l’âge de la retraite légale, à 65 ans.

Certaines des réformes sociales engagées sont de logiques adaptations à un environnement différent, à l’évolution de la pénibilité de certaines tâches, ou constituent des modernisations acceptables.

 

Des réformes décidées de manière unilatérale, et souvent en avançant masqué

Le problème tient, comme à chaque fois depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence il y a dix-huit mois, à la méthode. Les réformes sont décidées de manière unilatérale, après parfois une concertation de façade, et souvent en avançant masqué.

Ce qui est plus grave aujourd’hui, c’est que la crise financière et la récession dans laquelle est entrée la France -les chiffres du dernier trimestre le confirmeront dans quelques jours- servent de prétexte à accélérer et légitimer ces évolutions. Au début de l’année, le refrain était « les caisses sont vides »; désormais, ça va être « on n’y peut rien, c’est la crise »…

Ce serait acceptable si le président de la République tenait un discours de vérité aux Français, non pas sur l’ampleur de la crise, de ce point de vue, il en a rajouté dans le rôle du chef des pompiers planétaires envoyés sur le front du « 11 Septembre de la finance »…

Non, c’est sur sa vision de l’évolution de la société française que le chef de l’Etat ne dit pas aux Français où il nous entraîne.

Avec sa méthode, Sarkozy prend le risque de susciter un refus violent

Il a un problème, évidemment: difficile de croire aujourd’hui à un discours churchillien (« du sang et des larmes ») contre l’ennemi commun de la récession quand le quinquennat a commencé par le péché originel du paquet fiscal.

Les sacrifices et les coupes sont acceptables quand ils sont perçus comme équitables en période difficile: il est clair que, de ce point de vue, Nicolas Sarkozy souffre d’un déficit chronique de crédibilité, et pas seulement parmi ceux qui n’ont pas voté pour lui.

En procédant comme il le fait, par petits coups de canif qui ne disent pas leur nom dans un édifice social qui est le produit de la riche histoire politique et sociale française depuis un siècle et demi, Nicolas Sarkozy prend le risque de susciter un refus violent.

Un refus qui ne trouve pas aujourd’hui sa traduction politique, vu l’état de délabrement de l’opposition, et qui, en France, trouve toujours d’autres moyens de s’exprimer. Attention aux réveils douloureux.

  par Pierre Haski

-jrdf
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