Histoire révolutionnaire : Autour des Brigades Rouges – 11/ »La défaite de 1982″

Onzième et dernier article que nous transmettons ici, sur notre blog… Après 1982, les BR se sont « reformées », mais à notre humble avis, même si elle s’inscrit dans la continuité, c’est tout de même une autre histoire.

Le JRDF rappelle que ce texte a été écrit par l’un des fondateurs des Brigades Rouges, Renato Curcio, et que vous pouvez le consulter en intégralité ici :

http://archivescommunistes.chez-alice.fr/nac-fs/fs15.html

 

11.La défaite de 1982

Le 3 janvier 82 la colonne deux août libère quatre brigadistes de prison ; les COLP et le Noyau des Communistes libèrent quatre prisonniers de PL.

A Rome Ennio di Roco et Stefane Petrella sont arrêtés et parlent sous la torture. Le 9 janvier 82 Giovanni Senzani, le leader du PGPM, est arrêté; fin janvier tout le centre de l’Italie est contrôlé et les arrestations sont légion. Le 27 janvier 82 un brigadiste est arrêté, le 28 Dozier est libéré par les unités spéciales, les brigadistes Emanuela Frascella, Antonio Savasta, Cesare Di Leonardo, Emilia Libera et Giovanni Ciucci  » arrêtés « , torturés, puis officiellement arrêtés au bout de quelques jours. Seul Leonardo ne parle pas sous la torture.

Environ 1000 personnes eurent alors maille à partir avec la justice pour  » participation aux activités d’un groupe terroriste « .

A Rome, le vice-directeur de la police anti-terroriste de Rome est grièvement blessé.

A Rome, la colonne napolitaine (BR-PGPM) attaque une caserne dans le sud de la ville, s’emparant de 2 mortiers de 60, 2 lance-roquettes, 4 fusils-mitrailleurs, 20 fusils d’assaut et 6 pistolets-mitrailleurs.

Mais la situation est difficile. En trois mois, il y a eu plus de 200 arrestations de brigadistes ; près de 30 bases ont été découvertes. Et en mars, les BR-PCC annoncent l’ouverture d’une phase de retraite stratégique.

 » L’avant-garde doit apprendre à pratiquer la retraite stratégique, se retirer au sein des masses et construire parmi elles le système de pouvoir prolétaire armé « .  » Dans la retraite stratégique, l’avant-garde, en étroite dialectique avec les masses, prépare l’offensive « .

La défaite de l’action contre Dozier trouve sa source dans un  » écart entre les contenus des luttes « , c’est-à-dire le niveau de conscience de la classe, et le  » subjectivisme  » qui s’est développé dans l’organisation et a éloigné celle-ci de l’affrontement réel.

Le PGPM attaque alors violemment les br-pcc, considérées comme allant vers la reddition. La distance séparant les deux organisations se montrent dans l’attitude des prisonnierEs au procès Moro, en avril.

Les partisanEs du PGPM écrivent un  » communiqué n°1 « , signé:  » des militants du PGPM « , et appellent à  » reprendre l’offensive « , à travailler à la  » recomposition du prolétariat métropolitain dans la construction du système de pouvoir rouge « , à la  » redéfinition pratique d’un authentique internationalisme prolétarien « .

A l’opposé, les  » militants de l’Organisation Communiste Combattante Brigades Rouges pour la Construction du Parti Communiste Combattant  » écrivent un  » communiqué n°1  » qui défend la position de la retraite stratégique.
Dehors, la répression continue. 34 brigadistes du PGPM se font arrêter à Rome.

Francesco Lo Bianco, membre de la direction stratégique et dirigeant de la colonne génoise des BR, est également arrêté.

Cela porte à trois (avec Mario Moretti, Giovanni Senzani) le nombre des membres de la direction stratégique incarcérés.

Le PGPM accentue la pression. Il mitraille un car de police (trois blessé graves) devant le tribunal du procès Moro. La colonne napolitaine du PGPM exécute le conseiller régional démocrate-chrétien Raffaele Del Cogliano, délégué au travail.

A Rome, deux policiers sont exécutés et délestés de leurs armes. En juillet, c’est l’exécution d’Antonio Ammaturato, chef de la brigade mobile de Naples. A la prison de Trani, un repenti est tué, Ennio Di Rocco.

Les derniers groupes autres que les BR-PCC et le PGPM disparaissent au fur et à mesure. En avril c’est la défaite pour les NAC (Nuclei Armati Comunisti), issus des NAPO et qui menaient la lutte armée depuis 1980 ; en prison les prisonnierEs des NAC se rallieront aux BR-PCC.

En mai, la situation continue de se durcir. Le PGPM subit des arrestations : 3 à Rome, 5 à Naples.

Un chef de la colonne Toscane des BR, Umberto Catabiani, est tué au cours d’une fusillade avec la police anti-terroriste. A Rome, Marcello Capuano, dirigeant de la colonne Romaine du PGPM, est arrêté.

A Milan, un noyau armé de la colonne Walter Alasia perd un brigadiste dans un affrontement armé (il y a en plus deux brigadistes blessés et un policier tué).
En août, le groupe  » prima posizione  » exécute un carabinieri. Quelques jours plus tard, le PGPM lance un commando de dix brigadistes, dont trois femmes, attaquer un dépôt d’armes de l’armée de l’air dans la banlieue de Rome ( » volant  » en même temps une dizaine de fusils automatiques).

A Salerne c’est une caserne qui est attaquée. Quinze brigadistes, dont trois femmes, ouvrent le feu sur un convoi militaire : un policier est tué, deux blessés, deux militaires grièvement blessés. Le commando s’enfuit avec plusieurs armes automatiques.
En septembre un commando du PGPM vole quarante revolvers chez un armurier de Reggio de Calabre.

En octobre, un commando du PGPM exécute un carabinier, en blesse grièvement un autre et prennent leurs armes.
Cette dérive se cristallise dans une action discréditant totalement le PGPM : l’expropriation de la banque de Naples, à Turin. Deux vigiles sont exécutés alors qu’ils avaient été désarmés.

Les BR-PCC attaquent violemment le PGPM en raison de cette action dans le texte  » Sur l’action de Turin « . Puis, en décembre, le  » noyau historique  » à l’origine du projet de PGPM se dissocie de l’entreprise. Prenant le nom de  » collectif ce n’est que le début « , il regroupe Renato Curcio et 18 autres brigadistes, à l’origine pour la plupart de  » L’abeille et le communiste  » (décembre 1980) et de la  » Résolution de la direction stratégique  » de décembre 1981, intitulée  » Crise, guerre et internationalisme prolétarien « .

Le PGPM continue à subir la répression : en octobre Vittorio Bolognesi et dix autres membres de la colonne napolitaine sont arrêtés. Cinq importantes caches du Parti-Guérilla sont découvertes dans la banlieue de Naples. Natalia Ligas (24 ans), chef  » militaire  » de la colonne napolitaine du PGPM, est capturée à Turin ; en Novembre c’est une catastrophe : 19 arrestations dont celle d’Antonio Chiocchi, l’un des chefs de la colonne napolitaine du PGPM. Puis c’est l’arrestation de brigadistes à Milan : au total 32 depuis le début de novembre, de 4 membres de la colonne turinoise.

L’année 1982 est en fait celle de la débâcle. 915 militants armés de divers organisations ont été arrêté. Sur le plan militaire la régression est patente : il y aura 580 attentats, contre 849 en 1981, 1264 en 1980, 2366 en 1979. 26 militants ont été tué, comme en 1981. 1523 membres des BR sont en prison, sans compter les membres d’autres groupes et organisations.

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