Grèce : l’insurrection faiblit

  Encore un évènement impressionnant… Décidément, ami lecteur, l’actualité se fait de plus en plus explosive…

  Le JRDF, fidèle à son credo, a patienté jusqu’au moment où des données fiables pourraient être recueillies sur ce mouvement violent, clairement destructeur, qui a embrasé la Grèce – et même une école grecque, en France ! – à la suite de la mort d’un adolescent de quinze ans, tué par un tir d’un policier.

  Revenons donc sur cet élément déclencheur, en premier lieu. C’est bien connu : la mort d’un ou de plusieurs jeune(s) est un terreau psychologique idéal pour initier une révolte. On pense au mouvement de guérilla urbaine et de pillage de 2005, en France; Mais pas seulement; Souvenons-nous que notre troisième révolution, celle de 1848, localisée sur Paris mais plus brutalement concentrée, et plus soudaine que celle de 1789, avait également eu lieu après que Guizot eut donné l’ordre de tirer sur des manifestants désarmés, principalement étudiants (Wikipédia parle d’un « tir malheureux »… Tu parles ! Il a fait entasser les cadavres des gamins qui l’avaient insulté sous sa fenêtre dans des charrettes, et leur a fait faire le tour de Paris !)

  Donc, un adolescent de quinze ans est mort, il y a de cela une semaine maintenant, et cela a constitué une allumette efficace pour faire partir un bon gros brasier… qui est allé jusqu’à faire partir en fumée, entre autres, deux ministères !

  Mais quelles sont les conditions exactes de ce tir de la police grecque ? Évidemment, les versions divergent fortement, entre celle des autorités qui évoquent « une trentaine de jeunes leur lançant des cocktails Molotov » et celle des anarchistes auquel appartenait la victime, qui n’en reconnaissent qu’une dizaine, et affirment n’avoir jeté que des pierres sur la voiture de police…

  Reste qu’à une dizaine, même en prenant l’estimatiob la plus basse, ce sont les jeunes qui ont agressé les policiers; cela ne méritait sans doute pas trois balles tirées directement sur les agresseurs, sans sommation, et un mort au final, mais on peut arguer que les policiers ont pu paniquer, et surtout qu’ils ont été provoqués…

  Nonobstant, l’allumette était là, elle a été utilisée… et la révolte a éclaté. Mais de quelle révolte s’agit-il ? D’un point de vue populaire, il est clair qu’une bonne partie du peuple grec, principalement sa population la plus jeune, ne peut plus piffer un gouvernement arrogant, antisocial et ultralibéral. L’équivalent de Sarkozy ici, mais en plus ferme encore – et dire que ça se prétend de « centre-droit »… mais un gouvernement légitimement élu, donc représentant fatalement le point de vue d’une autre partie de la population, dont la proportion est indéterminée, évidemment…

  Tout ça pour dire qu’il ne s’agit, a priori, pas d’une révolution, et que ce mouvement violent est en passe de s’éteindre – justement, parce qu’il était excessivement violent d’ailleurs. Ce qui est tout-à-fait louche, en passant… Quand on sait que Berlusconi emploie des casseurs pour discréditer des manifestants, et que Sarkozy fait de même, il est tout-à-fait envisageable qu’en Grèce aussi, le gouvernement mette de l’huile sur le feu afin de jouer au « Mais regardez ! Ce sont des sauvages ! On ne peut que leur envoyer des policiers, ils ne font que casser ! »; même si le Premier Ministre en question, surtout visé par cette révolte, a fait le distingo entre les « étudiants » et les « extrémistes ».

  Cela n’empêche pas, et en France ce genre de conneries s’amorce également, qu’aller piller des commerces, brûler des machins et balancer des cocktails Molotov sur les policiers, ça aboutit à ça :

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Et, pour la fin de l’histoire, je te laisse, ami lecteur, éplucher cet article de Libération :

 

Plusieurs manifestations se sont déroulées samedi à Athènes et Salonique, sans heurts, pour protester contre la mort il y a une semaine d’un adolescent tué par un policier, qui a déclenché une vague de violences urbaines en Grèce.

En début d’après-midi, quelque 300 lycéens ont organisé sur la place centrale de Syntagma à Athènes un rassemblement assis et pacifique pour honorer la mémoire de l’adolescent, Alexis Grigoropoulos, 15 ans.

Les jeunes, dont certains portaient des fleurs, ont déployé devant le Parlement deux grandes banderoles sur lesquelles était inscrit «On condamne la violence, il faut désarmer la police» et «06/12/08, Alexis Grigoropoulos, je n’oublie pas».

Quelques heures plus tard, environ 2.000 étudiants se sont regroupés sur la place et massés devant la tombe du soldat inconnu protégée par un cordon policier, en invectivant les forces de l’ordre.

Un face-à-face tendu a duré plus d’une heure avant que les étudiants ne se dispersent, laissant une centaine d’autonomes sur la place.

La plupart des manifestants étaient des étudiants de l’école Polytechnique et de la faculté de Droit occupées. Ils portaient des banderoles sur lesquelles était inscrit «L’Etat assassine» et «Assassins».

Un tract d’un comité de coordination lycéens-étudiants distribué sur place annonçait de nouvelles manifestations lundi devant la direction de la police et une grande manifestation générale des secteurs de l’éducation jeudi prochain devant le parlement.

Un rassemblement qui devait être organisé dans la soirée à Exarchia, le centre contestataire d’Athènes, a été reporté pour dimanche en fin d’après-midi pour rendre hommage au jeune Alexis, une semaine après sa mort dans le quartier.

A Salonique, deuxième ville de Grèce, dans le nord du pays, de légers incidents ont émaillé une manifestation qui a réuni quelque 2.000 personnes samedi après-midi.

Des groupes d’autonomes qui avaient rejoint une manifestation pacifique de lycéens et d’étudiants de gauche ont renversé des poubelles, endommagé une voiture, inscrit des slogans sur l’évêché et détruit une caméra de surveillance d’une banque dans le centre-ville.

Il n’y a pas eu de heurts avec les forces de l’ordre qui suivaient discrètement le cortège.

Dans la nuit, une série de mini-attentats à l’explosif ont secoué Athènes, mais aucun affrontement n’a été signalé en Grèce entre jeunes et forces de l’ordre, après sept jours de violences urbaines qui ont bouleversé le pays.

Les attentats, qui n’ont pas été revendiqués, ont visé cinq banques, quatre grecques et une américaine, et un bureau local du parti conservateur au pouvoir Nouvelle Démocratie (ND) dans deux quartiers de la capitale. Un supermarché et une boutique de l’Office des télécommunications (OTE) qui jouxtaient deux des banques touchées ont aussi subi des dégâts.

Ces attentats n’ont pas fait de victimes mais seulement provoqué des dégâts matériels et des départ d’incendies qui ont été rapidement maîtrisés par les pompiers.

Deux voitures ont par ailleurs été incendiées par des inconnus dans deux quartiers de la capitale, à Guizi et à Exarchia, le centre contestataire d’Athènes.

La police a fait état depuis deux jours d’«une baisse de tension» par rapport au début de la semaine, où de violentes échauffourées avaient secoué Athènes et les principales villes grecques.

Sur le plan politique, le Premier ministre Costas Caramanlis, mis à mal par la crise, a exclu vendredi de se retirer ou d’organiser des élections législatives anticipées.

«Comme je l’ai dit dans le passé, il est trop tôt pour que je prenne ma retraite», a-t-il dit à des journalistes en marge d’une réunion à Bruxelles des chefs d’Etat et de gouvernement européens.

2 Réponses à “Grèce : l’insurrection faiblit”

  1. mutuelle tarif dit :

    nous devons faire super gaffe a tous ce qui passe autour de nous….
    Esperons que cette nouvelle annee ne seront pas les meme choses.

    Souhaitons que tous le monde soient heureux

  2. mutuelle tarif dit :

    bonne et heureuse annee 2009 et que je vous souhaite plein de success pour cet nouvelles annee

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