posts du 14 janvier, 2009


Sans-papiers de la Bourse du travail – Divisions et enlisement

Source : Libération

NDLR : Si j’étais cynique, je dirais qu’il s’agit « d’un cas de revendication sociale intéressant »… mais je ne le suis pas. Il s’agit d’êtres humains, là ! Cette situation est assez inextricable, pourtant, c’est vrai; le JRDF a relayé toutes les infos à sa disposition sur cette courageuse mobilisation des sans-papiers – qui dure depuis NEUF MOIS ! Mais il est également vital de montrer les points de vue périphériques de cette crise… D’un côté, on y découvre des grévistes qui sont tout de même plusieurs centaines (et auxquels j’ai eu l’honneur de me joindre, aux côtés des anarchistes) et ont peut-être des méthodes de lutte peu orthodoxes; d’un autre, des « professionnels de la solidarité » dépassés par le nombre, et ne sachant plus que faire…

 

Ce sont des dessins placardés sur un boulevard parisien du IIIe arrondissement. Ils égrènent des jours. Ils détaillent un combat. Le 6 juin, 36e jour, c’est «la fatigue» ; le 87e jour, «Miete a obtenu ses papiers» ; le 167e jour, «l’inquiétude patiente» ; le 181e, «la distribution des couvertures». Laure a croqué la bataille de ces travailleurs sans papiers qui squattent, depuis mai 2008, les locaux de la CGT, à la Bourse du travail. Deux fois par semaine, ils manifestent à grand renfort de sifflets. Pour se nourrir, ils organisent des quêtes, vendent des cartes postales avec les dessins de Laure. Il y a peu, ils ont fait la «tournée des consulats» pour protester contre les accords bilatéraux du ministère de l’Immigration. Ils se sont rendus récemment à la mairie de l’arrondissement pour réclamer du chauffage, coupé «dès 17 heures 30, lorsque les syndicalistes ont fini leur journée» , raconte Dabo. Des employés municipaux sont venus réparer des radiateurs. Car les nuits sont froides. «C’est une souffrance» , dit une femme. Et ils sont nombreux, allongés sur des matelas, dans des couloirs, dans les pièces jusque-là réservées aux commissions syndicales.

 

Mafé. Ils reçoivent dans ce qu’ils appellent «le grenier» : l’ancien local à poubelles de la Bourse. Là-dedans, il y a des sacs d’oignons et de brisures de riz. Une poussette, des effets personnels, et dans le fond, encore, des matelas. Ce matin-là, le chanteur d’origine ivoirienne Jah Prince passe la tête. Il vient proposer de «monter un truc» pendant une marche, pourquoi pas un concert. «Cette année, je vois que c’est un peu mort, les gens ont oublié. Eux, ils sont là, comme des zombies. Je ne peux pas voir mes frères comme cela» ,«Nous sommes des travailleurs isolés au noir» , dit Dabo, délégué de la coordination. Dans le hall, il y a des frigos, des tentes et il faut dégager des banderoles pour se rendre dans la «commission 2», le «fief des femmes» comme le surnomme Dabo. A la Bourse, les femmes sont séparées des hommes «pour une question de respect et de dignité» , explique Dabo. Il y a des salles où on ne va pas, que la CGT n’a pas cédées. Elles sont fermées à clé. Pas comme l’auditorium du rez-de-chaussée où plusieurs centaines de matelas sont installés jusque sur la scène. A la Bourse, des gens passent, surtout le soir, pour soutenir le mouvement. explique-t-il. Ses frères ? Ils seraient plus de 600 à dormir, en roulement, dans ces lieux. A 13 h 30, le mafé arrive, et c’est l’urgence du moment : manger.

«Il y a un courage énorme sur ce lieu et beaucoup d’isolement», raconte cette dame qui souhaite rester anonyme. «Dans cette lutte, les bons petits Blancs n’aident pas les petits Noirs, ce qui n’empêche pas cette mobilisation d’être intelligemment organisée», persifle cette autre.

Film. Anzoumane Sissoko, porte-parole de la coordination de la Bourse du travail, enfonce le clou, refait le film. Au départ, des associations (dont RESF, Autre Monde, la Ligue des droits de l’homme) étaient présentes, mais rapidement, «elles sont venues ici pour nous demander de partir» , explique-t-il. «Pour elles, ce n’était pas bien de squatter des syndicats. Aujourd’hui, on se voit écartés de la régularisation parce qu’on est des travailleurs isolés.» Il avance un autre argument : la CGT aurait découragé tout le monde de soutenir cette occupation. «Tous les journalistes français sont passés ici. Après le départ des associations, ils ne sont plus revenus.» La coordination dit avoir déposé 700 dossiers à la préfecture, obtenu une vingtaine de régularisations. Brigitte Wieser de RESF, assure que les gens de la Bourse sont des «amis» , mais «occuper un lieu où on empêche la CGT de travailler, cela arrange la préfecture et le gouvernement et c’est aller vers une impasse.» Elle explique avoir tout fait pour qu’une «solution de sortie par le haut soit trouvée, où personne ne soit humilié, mais on n’a pas réussi». En gros, résume RESF, «on est solidaires tout en n’étant pas d’accord avec les occupants». Contactée par Libération , la CGT n’a pas répondu.

 Didier Arnaud.

Les parlementaires se goinfrent 100 millions d’Euros

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Source : Le Canard Enchaîné

Le chef de l’Etat vient de mettre la haute main sur une partie de la « réserve parlementaire »; C’est lui, désormais, qui décide de l’utilisation et de la répartition, en direction des ministres et des parlementaires, d’une vingtaine de millions d’euros. Les commissions des Finances de l’Assemblée et du Sénat continueront, elles, à distribuer un peu plus de 100 millions d’euros. Ces sommes, rappelons-le, servent à financer, sur justificatifs, des opérations de voirie, rénovations, aménagements divers, etc.

  La distribution des prix est close pour l’année 2008 : champion toutes catégories, Bernard Accoyer. Le président de l’Assemblée a perçu cette année pour ses oeuvres plus de six milliards d’euros. Viennent ensuite cinq dignitaires du Sénat.

Dans l’ordre :

* Jean Arthuis, président de la Commission des Finances (4 millions),

* son rapporteur, Philippe Marini (3,9 millions d’euros),

* l’ancien ministre du Budget Alain Lambert (3,5 millions d’euros),

* l’ex-président de la Haute Assemblée Christian Poncelet (3,1 millions d’euros).

  A l’Assemblée (en dehors de son président), la timbale est décrochée par les deux responsables de la commission des Finances. A droite, son rapporteur UMP, Gilles Carrez (1,8 millions d’euros). A gauche, son président PS Didier Migaud (2 millions).

  Eric Woerth, le ministre du Budget, s’est vu octroyer par lui-même 2 millions d’euros. Il n’est pas le seul ministre à bénéficier du magot. Sa collègue Alliot-Marie a mis de côté 600 000 euros pour son département des Pyrénées-Atlantiques. Son secrétaire d’Etat, Alain Marleix, chargé des collectivités locales et du découpage électoral, a obtenu 1,2 millions d’euros. Sans doute pour « fluidifier les relations » avec les élus…

   Mieux ! Son fils, olivier Marleix, qui n’est pas parlementaire mais conseiller général d’Eure-et-Loir, maire d’Anet et conseiller à l’Elysée, a touché 190 000 euros de la manne parlementaire !

  Histoire de famille, toujours… le fils du secrétaire général de l’Elysée, François Guéant, conseiller de Marleix père et député suppléant du Morbihan, a perçu, lui, près de 215 000 euros.

  L’ancienne suppléante de Sarko à l’Assemblée, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, a raflé quelque 500 000 euros. Beaucoup plus qu’un député de gauche (Montebourg : 90 000 euros, Lang : 70 000, Moscovici et Sapin : 8000 chacun).

  L’avionneur milliardaire Serge Dassault n’est gratifié que de 260 000 euros. Un pourboire pour lui… Quant à Patrick Balkany, le pote de Sarko, il est en droit de réclamer une revalorisation pour l’an prochain. Le député des Hauts-de-Seine  n’a eu droit « qu’à » 100 000 euros. Soit précisément la même somme que François Fillon… 

L’armée israëlienne tire sur des ambulances…

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  Ami lecteur, j’aborde ici un sujet qu’il devient de plus en plus périlleux de traiter… Non seulement car le (loooooong) conflit israëlo-palestinien est complexe en lui-même, mais aussi parce que, progressivement, Internet devient le champ de bataille hypocrite entre deux armés, ceux qui soutiennent Israël, et ceux qui soutiennent les palestiniens.

  Détail amusant : la plupart semblent n’avoir jamais mis un pied dans la région, mais chut ! Ne le leur dîtes pas, ils n’ont pas tellement le sens de l’humour…

  DONC cette putain de guerre reprend, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle sent le réchauffé. Rappelons que dans les derniers épisodes, le Hamas avait gagné les élections dans ce qui reste de la Palestine, mais que le la « communauté internationale », comme on dit, n’a pas voulu le reconnaître. A la place, ils ont dit aux électeurs que c’était bien d’être allé voter, mais qu’en fait on avait déjà choisi leur président pour eux, en la personne de Mahmoud Abbas. Ce qui tombait nickel, puisqu’il était déjà au pouvoir, et donc, qu’il n’y avait pas besoin d’en changer.

  Evidemment, le Hamas ne l’a pas vraiment bien pris, et après une guerre civile, en gros il a laissé Abbas dans son palais, pour s’emparer du restant de pouvoir en Cisjordanie et à Gaza. Il y a moins d’un mois, rompant la trêve par des tirs de roquettes,  le Hamas a justifié une invasion israëlienne… Les forces de Tsahal ayant adopté un plan inspiré par les tactiques Etats-Uniennes, à savoir « Shock and Awe », « taper et terrifier » en français dans le texte. Ce qui n’a rien à voir avec du méchant terrorisme, évidemment. Bref, ce plan consiste, officiellement, à bombarder les palestiniens au maximum afin de les inciter à voter pour le Fatah. Ce qui est vachement malin, c’est sûr.

  Et en parlant de votes, comme par hasard, ce nouvel accrochage entre les israëliens et les palestiniens intervient à la veille d’élections en Israël. La dernière grande offensive en date se situant, quelle coïncidence, également à quelques semaines d’un vote important. Donc, précédemment, il s’agissait de la droite israëlienne qui voulait montrer qu’elle avait à coeur de défendre les vies de ses électeurs; maintenant, il s’agit des travaillistes qui veulent prouver qu’ils ne sont pas des petites brêles et que, en cas de danger, ils sont tout aussi compétents en termes de bombardement et de tourisme en tanks, que leurs confrères de droite. Et quant au Hamas, sa cote grimpe méchamment… C’EST A CROIRE QUE TOUT CA EST DECIDEMENT TROP BIEN FOUTU POUR N’ÊTRE QU’UN MALHEUREUX CONCOURS DE CIRCONSTANCES HEIN…

  Pendant ce temps, évidemment, les civils palestiniens se font joyeusement canarder, depuis trois semaines. Par exemple, un immeuble dans lequel les forces israëliennes avaient rassemblé des palestiniens, vient d’être touché par un missile. Bilan : 30 morts.

  Cependant, les palestiniens peuvent se réjouir : trois heures durant, chaque jour, Tsahal ordonne un cessez-le-feu. Le temps pour les secours, d’aller soigner des blessés… lorsqu’ils ne se font pas canarder, comme le décrit cet article :

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/international/20090106.OBS8591/larmee_israelienne_attaquerait_des_medecins.html

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Des équipes médicales venant en aide à des blessés dans la bande de Gaza ont été attaquées par l’armée israélienne, affirme mardi 6 janvier l’ONG israélienne Physicians for Human Rights (PHR).
« Des témoignages indiquent que les IDF (l’armée israélienne) attaquent des équipes médicales qui veulent aller secourir des blessés, dont des ambulances et des docteurs en tenue médicale (…) », indique PHR dans un communiqué, précisant avoir recueilli des informations sur dix cas de ce type.

« Bouclier humains »

Interrogée sur le rapport, l’armée israélienne n’a pas réagi directement mais a insisté sur le fait qu’elle faisait « tout ce qui est en son pouvoir pour éviter de blesser des civils » et a accusé le Hamas, le mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza, d’utiliser des civils comme « boucliers humains ».
PHR indique avoir reçu un coup de téléphone de l’hôpital Al-Awda, de Gaza, qui affirme que des médecins n’ont pas été en mesure de sortir pour évacuer des personnes blessées par les frappes israéliennes.
« Nous ne pouvons pas faire sortir les ambulances parce qu’on nous tire dessus ».
Dans un autre appel téléphonique, la Croix-Rouge à Gaza a indiqué : « Nous ne pouvons faire sortir les ambulances car, aussitôt parties, on leur tire dessus avec des (hélicoptères d’assaut) Apache ».

 

Protection spéciale

 

L’ONG dénonce une situation « extrêmement dangereuse », rappelant que les équipements médicaux et le personnel médical sont censés bénéficier d’une neutralité médicale et d’une protection spéciale (…) même en temps de combats ».
Elle appelle toutes les parties « à fournir tous les efforts possibles pour éviter d’attaquer le personnel et les équipements médicaux ».
Lundi, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) avait indiqué que des personnes blessées dans les combats étaient décédées car les ambulances n’avaient pas pu les secourir à temps.
« Parfois, les ambulances ne peuvent pas du tout arriver jusqu’aux blessés à cause des combats et des bombardements », avait relevé l’organisation dans un communiqué.
« Des blessés meurent tout simplement en attendant une ambulance », déplorait le chef du bureau du CICR à Gaza, Antoine Grand. 

Le plan d’Obama pour relancer la consommation aux USA

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Source : AFP

Le président élu des Etats-Unis, Barack Obama, a promis jeudi une réduction d’impôts de 1.000 dollars à 95% des ménages américains dans le cadre de son plan de relance de l’économie, seul capable selon lui d’éviter de longues années de récession.

 

Dans un discours prononcé près de Washington, M. Obama, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, a expliqué que cette baisse d’impôts devait inciter les familles à « se remettre à dépenser ».

Le coût du plan de sauvetage d’au moins 775 milliards de dollars sur deux ans, préparé par la future administration, « creusera certainement le déficit du budget à court terme », a admis le président élu. Ce plan consiste pour 40% en des réductions d’impôts.

« Mais il est tout aussi certain que ne pas en faire assez, ou ne rien faire du tout, conduirait à un plus grand déficit d’emplois, de revenus, et de confiance dans notre économie », a-t-il prévenu.

Ne pas lancer un vaste plan de sauvetage aurait des conséquences désastreuses sur l’économie, bien pires que l’aggravation du déficit budgétaire, a averti M. Obama dans ce discours prononcé à l’université George Mason à Fairfax (Virginie, est).

Le budget des Etats-Unis, plombé par la crise, devrait dégager un déficit faramineux de 1.200 milliards de dollars cette année, a averti mercredi le bureau du Budget du Congrès américain (CBO) publié mercredi. Cette prévision ne prend pas en compte le coût du plan de relance.

Mais le futur président juge que la guerre à la récession doit être l’unique priorité.

« Je ne crois pas qu’il soit trop tard pour changer de cap, mais cela le sera si nous ne prenons pas des mesures cruciales le plus vite possible. Si rien n’est fait, cette récession pourrait durer des années », a averti le futur chef d’Etat.

Dans le cadre des travaux d’infrastructures (rénovation de ponts et chaussées et d’école, généralisation de l’internet à haut débit…) qu’il a prévus, le président élu a promis de doubler la production d’énergies nouvelles en l’espace de trois ans.

« Nous moderniserons plus de 75% des immeubles de l’administration et améliorerons l’efficacité énergétique de deux millions de foyers américains, faisant ainsi économiser des milliards (de dollars) aux consommateurs et aux contribuables », a-t-il précisé.

Au Congrès, les républicains ont accueilli avec méfiance le discours du futur président.

« Mon inquiétude est grande », a déclaré sur la chaîne CNN le représentant républicain Eric Cantor. Redoutant une augmentation inconsidérée du nombre d’emplois publics, M. Cantor a mis en garde contre un endettement « qui se fait sur le dos de nos enfants ».

Mais des critiques sont venues aussi du camp démocrate, celui du président. Le président de la commission budgétaire du Sénat, Kent Conrad, a ainsi critiqué la déduction fiscale de 3.000 dollars que M. Obama compte accorder aux entreprises qui embauchent.

« Les patrons ne vont pas se mettre à embaucher des gens pour produire des choses qui ne se vendent pas », a-t-il estimé.

« Le président Obama marche au devant d’une catastrophe budgétaire de proportions gigantesques et conjuguée à une récession dont on ne connaît ni la durée ni la profondeur », a-t-il averti.

La présidente de la Chambre de représentants, Nancy Pelosi, a espéré que le plan de relance serait adopté avant la mi-février, faute de quoi elle a prévenu que les parlementaires ne partiraient pas en vacances comme cela est prévu à partir du 14 février.

 P.AMASWARAN

Substances toxiques… dans nos veines

Source : Le Canard Enchaîné

Au printemps 2004, l’ONG écolo WWF voulait attirer l’attention sur toutes les cochonneries chimiques qu’à notre insu nous absorbons. L’opération Détox consistait à demander à 39 députés européens de se laisser prélever quelques gouttes de sang au creux du bras. Bilan : une moyenne de 41 produits chimiques par député.

Petits bouts de télévision (retardateurs de flammes bromés), parcelles de poêle antiadhésive (PFOA), miettes de tongs (phtalates) ou débris des cinq fruits et légumes par jour (pesticides) : on trouve de tout, chez les élus. Les retardateurs de flammes perturbent le développement du cerveau. Le PFOA est classé cancérigène probable aux Etats-Unis. Les phtalates sont toxiques pour la reproduction. Les pesticides sont soupçonnés des méfaits les plus divers [NDLR : Avec les additifs alimentaires...] allant du cancer à une baisse de la fertilité. Et puis il y a toutes ces autres molécules dont on ne sait presque rien. 

  Pour 99% des 100 000 substances chimiques mises sur le marché depuis un siècle, les données de toxicité sont « rudimentaires » – ce qui est embêtant. [NDLR : Ce qui signifie qu'on connait à peu près que dalle sur 99% des trucs chimiques qu'on nous fait bouffer ou dont on nous environne...]

  Quatre ans après l’opération Détox, on commence tout juste à rectifier le tir. La réglementation européenne sur les produits chimiques (Reach) est en place depuis juin 2008. L’enjeu : rattraper ces décennies d’incurie et contraindre les industriels à répertorier et à tester leurs substances. Mais le processus s’échelonne jusqu’en 2018. En attendant, personne n’a la moindre idée du nombre de polluants que contiennent les Français.

  Pour en avoir le coeur net, on peut éventuellement demander un prélèvement sanguin à son médecin. Un taux de plomb ? facile. Prévoir une quinzaine d’euros. Sinon, autant se lever de bonne heure pour dégotter un laboratoire capable de mesurer les taux de polluants ordinairement très faibles. En France, la toxicologie est un secteur tellement désolé que les organismes de recherche publics doivent envoyer certains de leurs échantillons à l’étranger : les dosages de pesticides et de phtalates en Allemagne, ceux de mercure au Canada.

  Sans compter que les analyses, qui se font par familles de produits, coûtent un oeil. Prenons les PCB, dont sont truffés les poissons du Rhône et de la Seine. Comme ils sont 209, on mesure en moyenne 7 PCB indicateurs, plus les 12 PCB de type dioxine les plus indicatifs. 200 Euros le lot. Tant qu’on y est, prenez aussi les dioxines : elles ont le même genre d’effets. Entre 100 et 200 Euros. Ah… la Sécu ne rembourse que le plomb. Pas grave ! Personne ne sait vraiment à partir de quelle dose ces polluants peuvent poser problème…

  Et si les pouvoirs publics se préoccupaient de la composition réelle de notre sang, tout bonnement ? En Europe, plusieurs pays, y compris la petite République tchèque, possèdent des programmes de « biosurveillance ». Les Allemands, par exemple, ont ainsi pu constater que les trois quarts de leurs enfants avaient des taux de phtalate bien supérieurs aux seuils nocifs. Et on ne parle même pas des Etats-Unis, qui cherchent dans leur population la présence de pas moins de 148 polluants.

  La France, elle, est à la ramasse. Alors, quand le ministère de la Santé accueille, début novembre et en grande pompe, un colloque sur la biosurveillance, forcément, ça ricane un peu dans les travées. Singulièrement insensible à la problématique, la France n’a jamais été fichue de mettre en place une enquête de grande ampleur.

  Mais le flegme et la paperasse n’ont pas réussi à dissoudre toutes les bonnes volontés. De hardis chercheurs spécialisés dans divers domaines planchent depuis des années pour mettre en place l’une des plus importantes enquêtes au monde. L’Etude Longitudinale Française depuis l’Enfance (ELFE) a pour ambition de suivre 20 000 nouveaux-nés jusqu’à l’âge adulte. Des prélèvements devraient être faits chaque année, en commençant par le sang du cordon ombilical. Une occasion exceptionnelle de faire le lien entre l’exposition à des polluants environnementaux et l’apparition des maladies. Avec, notamment, cette question en arrière-fond : Dis, papa, comment on fait les cancers ?

  Cela vaut bien 26 millions d’euros pour les six premières années d’étude. Les ministères ont assuré le financement pour 2009; mais font mine de ne pas comprendre que l’étude ne peut pas démarrer s’il s’agit de mendier les crédits d’une année sur l’autre. Les 60 équipes de recherche sont suspendues à ces tergiversations bureaucratiques. [NDLR : Et un paquet d'industriels sans scrupules se frottent les mains]

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