Sans-papiers de la Bourse du travail – Divisions et enlisement

Source : Libération

NDLR : Si j’étais cynique, je dirais qu’il s’agit « d’un cas de revendication sociale intéressant »… mais je ne le suis pas. Il s’agit d’êtres humains, là ! Cette situation est assez inextricable, pourtant, c’est vrai; le JRDF a relayé toutes les infos à sa disposition sur cette courageuse mobilisation des sans-papiers – qui dure depuis NEUF MOIS ! Mais il est également vital de montrer les points de vue périphériques de cette crise… D’un côté, on y découvre des grévistes qui sont tout de même plusieurs centaines (et auxquels j’ai eu l’honneur de me joindre, aux côtés des anarchistes) et ont peut-être des méthodes de lutte peu orthodoxes; d’un autre, des « professionnels de la solidarité » dépassés par le nombre, et ne sachant plus que faire…

 

Ce sont des dessins placardés sur un boulevard parisien du IIIe arrondissement. Ils égrènent des jours. Ils détaillent un combat. Le 6 juin, 36e jour, c’est «la fatigue» ; le 87e jour, «Miete a obtenu ses papiers» ; le 167e jour, «l’inquiétude patiente» ; le 181e, «la distribution des couvertures». Laure a croqué la bataille de ces travailleurs sans papiers qui squattent, depuis mai 2008, les locaux de la CGT, à la Bourse du travail. Deux fois par semaine, ils manifestent à grand renfort de sifflets. Pour se nourrir, ils organisent des quêtes, vendent des cartes postales avec les dessins de Laure. Il y a peu, ils ont fait la «tournée des consulats» pour protester contre les accords bilatéraux du ministère de l’Immigration. Ils se sont rendus récemment à la mairie de l’arrondissement pour réclamer du chauffage, coupé «dès 17 heures 30, lorsque les syndicalistes ont fini leur journée» , raconte Dabo. Des employés municipaux sont venus réparer des radiateurs. Car les nuits sont froides. «C’est une souffrance» , dit une femme. Et ils sont nombreux, allongés sur des matelas, dans des couloirs, dans les pièces jusque-là réservées aux commissions syndicales.

 

Mafé. Ils reçoivent dans ce qu’ils appellent «le grenier» : l’ancien local à poubelles de la Bourse. Là-dedans, il y a des sacs d’oignons et de brisures de riz. Une poussette, des effets personnels, et dans le fond, encore, des matelas. Ce matin-là, le chanteur d’origine ivoirienne Jah Prince passe la tête. Il vient proposer de «monter un truc» pendant une marche, pourquoi pas un concert. «Cette année, je vois que c’est un peu mort, les gens ont oublié. Eux, ils sont là, comme des zombies. Je ne peux pas voir mes frères comme cela» ,«Nous sommes des travailleurs isolés au noir» , dit Dabo, délégué de la coordination. Dans le hall, il y a des frigos, des tentes et il faut dégager des banderoles pour se rendre dans la «commission 2», le «fief des femmes» comme le surnomme Dabo. A la Bourse, les femmes sont séparées des hommes «pour une question de respect et de dignité» , explique Dabo. Il y a des salles où on ne va pas, que la CGT n’a pas cédées. Elles sont fermées à clé. Pas comme l’auditorium du rez-de-chaussée où plusieurs centaines de matelas sont installés jusque sur la scène. A la Bourse, des gens passent, surtout le soir, pour soutenir le mouvement. explique-t-il. Ses frères ? Ils seraient plus de 600 à dormir, en roulement, dans ces lieux. A 13 h 30, le mafé arrive, et c’est l’urgence du moment : manger.

«Il y a un courage énorme sur ce lieu et beaucoup d’isolement», raconte cette dame qui souhaite rester anonyme. «Dans cette lutte, les bons petits Blancs n’aident pas les petits Noirs, ce qui n’empêche pas cette mobilisation d’être intelligemment organisée», persifle cette autre.

Film. Anzoumane Sissoko, porte-parole de la coordination de la Bourse du travail, enfonce le clou, refait le film. Au départ, des associations (dont RESF, Autre Monde, la Ligue des droits de l’homme) étaient présentes, mais rapidement, «elles sont venues ici pour nous demander de partir» , explique-t-il. «Pour elles, ce n’était pas bien de squatter des syndicats. Aujourd’hui, on se voit écartés de la régularisation parce qu’on est des travailleurs isolés.» Il avance un autre argument : la CGT aurait découragé tout le monde de soutenir cette occupation. «Tous les journalistes français sont passés ici. Après le départ des associations, ils ne sont plus revenus.» La coordination dit avoir déposé 700 dossiers à la préfecture, obtenu une vingtaine de régularisations. Brigitte Wieser de RESF, assure que les gens de la Bourse sont des «amis» , mais «occuper un lieu où on empêche la CGT de travailler, cela arrange la préfecture et le gouvernement et c’est aller vers une impasse.» Elle explique avoir tout fait pour qu’une «solution de sortie par le haut soit trouvée, où personne ne soit humilié, mais on n’a pas réussi». En gros, résume RESF, «on est solidaires tout en n’étant pas d’accord avec les occupants». Contactée par Libération , la CGT n’a pas répondu.

 Didier Arnaud.

Une Réponse à “Sans-papiers de la Bourse du travail – Divisions et enlisement”

  1. academie dit :

    en lisant et relisant le communiqué de la CA, il est difficile de lire que les syndicat par le biais de la CA vous procéder à l’expulsion des sans papiers qui occupent la bourse du travail.
    se sont des propos malhonnete de la part des soutiens ainsi que des responsable des sans papiers.
    il n’est nullemnet cité que la CA et les syndicats vous faire expulser les occupants.
    arreté de faire circuler des propos aussi peut fiable…
    je ne suis pas contre les sans papiers, mais contre leur occupation… la bourse du travail n’est pas un lieu d’ocucpation, mais un lieu ou plutôt un outil pour les salariés, et aujourd’hui c’est outil ne sert pas la cause des salariés, pâr l’occupation elle ne peut apporter aucun soutien réel, l’occupation n’apporte aucune solution, le gouvernement ce fou complétement de cette situation et préfére laisser pourrir les choses.
    cette occupation ne sert en rien la cause des sans papiers, elle fait au contraire mourir cette cause. le mouvement des sans papiers n’est plus crédible…
    l’isolement des sans papiers en ais la preuve…
    l’occupation empéche des salariés des syndicats d’exercer le métier, mais surtut empeche les syndicats de travailler et de pouvoir apporter leur aide
    arrete de critquer les syndicats, se sont encore eux qui vous aide le plus… et de plus certain des responsables des sans papiers se servent de cette occupation pour soudouyer de l’argent a de pauvres sans papiers qui eux n’ont vraiment rien…
    est ce normale… non.
    alors il serat vraiment temps que cette ocupation s’arrete, car aucune possibilité ne peutr en resortir, allez plutôtvoir se qui se passe dans les préfectures, peut-être que vous arrverais a comprendre que les dossier ne sont pas bloqué par les syndicat mais belle et bien pour les préfectures.
    arrete de faire croire que se sont les syndicat qui ont été acheté par le gouvernement… je pense que certain resonsable des sans papiers sont mieux placé pour savoir réellement qui sont les responsable de ce bloquage
    trop d’abus a fait tout simplement pourrir votre cause…

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