L’affaire Pérol, in extenso

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  Aaaaah… elle en aura fait, du bruit, cette nomination ! Pour résumer l’affaire Pérol, ami lecteur, on pourra rappeler que cette personne, proche de Nicolas Sarkozy et ancien officiant du groupe Rothschild, a été parachuté afin de coordonner la fusion des deux structures bancaires de la Caisse d’Epargne, et des Banques Populaires, sur fond de plongée de Natixis (banque de financement et d’investissement commune aux deux groupes).

  Le problème résidant dans le fait que monsieur Pérol a « oublié  » de soumettre sa nomination à la Commission de Déontologie. Illico, le voici donc accusé de prise illégale d’intérêts, et forcé à comparaître devant une Commission d’Enquête.

  Rappelons que la Commission d’Enquête est une sorte de tribunal composé d’élus, chargé d’entendre un politicien, mais ne disposant ni du pouvoir de le sanctionner, ni de celui de l’obliger à répondre à ses questions. Séparation des pouvoirs oblige. Ainsi, Lagardère, durant sa comparution, avait éludé l’une de ces interrogations par la désormais mythique réplique : « Je peux utiliser un Joker ? Je peux appeler un ami ? »

  François Pérol, quant à lui, a adopté il y a quelques jours une stratégie inverse : celle du petit enfant innocent que-c’est-pas-sa-faute-il-a-fait-ce-qu-on-lui-disait-de-faire-et-c’était-déjà-cassé-quand-il-est-arrivé. Le voici donc, répondant d’une voix plus douce que celle du juge Burgaud, aux demandes de ses inquisiteurs. Il commence par planter le décor, en rappelant les chutes des cours des actions des différentes structures bancaires, depuis la crise; un rappel non dénué d’intérêt, certes, mais justifiant le deuxième point de l’argumentaire du monsieur :

  « Nous étions dans l’urgence. » C’est pour ça, qu’il n’a pas pensé à prévenir la Commission de la Déontologie. Et lorsqu’il s’est rappelé que c’était obligatoire, le secrétaire général de l’Elysée lui a dit que non, en fait, ce n’était pas nécessaire. Et pour finir, François Pérol a suivi « les conseils » qu’on lui donnait (devinez qui a bien pu lui donner des instructions…), en se disant que si on lui assurait que ce n’était pas nécessaire, c’est bien que ça l’était.

  Techniquement, il a raison : la Commission de Déontologie, dans ce contexte, a été rendue facultative depuis quelques temps. Mais Jean-Marc Ayrault le coince : Pérol est un récidiviste ! Plusieurs années avant l’introduction de cette loi, l’expert-banquier avait déjà contourné la Commission, dans une affaire similaire ! Et là, pas d’excuse de crise-urgence-conseils-tout-ça-tout-ça.

  François Pérol se défend, à la manière de la droite : 

  1/Il exagère : « Je vous signale, au risque de vous décevoir, que je ne suis pas responsable de l’intégralité du secteur bancaire, en France »; Qui a dit cela, au juste ?

  2/ Il se rebiffe : « J’ai lu que j’étais « l’homme de Rothschild ». Eh bien, non ! J’ai peut-être travaillé pour Rothschild, mais cela ne fait pas de moi l’homme de ce groupe. » Le pauvre, on le diffame… trop dure, la vie… sortez les mouchoirs…

  3/ Il nie les conséquences de ses actes : en effet, François Pérol, auparavant conseiller de Sarkozy, n’a pas émis d’avis sur la situation bancaire DIRECTEMENT aux autorités compétentes.

  Explication : En gros, il n’a pas conseillé le Ministre des Finances, mais seulement le Président de la République, qui nomme le Premier Ministre, lui-même définissant les missions du Ministre des Finances.

  La pantomime se poursuit donc. Loin de moi l’idée de vouloir instruire à charge contre François Pérol : je n’oserais commettre un procès d’intention. Un détail m’a toutefois braqué, lors de cette audition – et a également éveillé la suspicion de nombre d’autres participants à cette Commission d’Enquête : le représentant de l’UMP, l’un des porte-parole du parti, ouvrant son speech par une critique sur le fait que cette procédure fut filmée, et ainsi, rendue publique.

  Une intervention tellement appuyée, et insultante, qu’elle est rapidement coupée par le Président de la Commission, appelant le porte-parole à diriger son intervention sur le fond du sujet. André Vallini, par la suite, déclare se trouver en contradiction avec cette remarque, jugeant qu’il n’y avait « rien à cacher » dans cette affaire.

  Visiblement, ce n’est pas du goût de certains… mais peut-être que le porte-parole de l’UMP, avant de se rendre à cette commission, avait reçu lui aussi des « conseils »…

  Suite au prochain épisode. En jeu : 2 années de prison. Suspens…

-jrdf
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