Fin du suspens : le gouvernement dévoile son décret pour « lutter contre les excès du système capitaliste » !

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  Ami lecteur, j’ai écrit précédemment que le JRDF ne se livrerait jamais au procès d’intention. L’idéologie est une chose; La mauvaise foi en est une autre. Nous avons donc attendu que le fameux décret « anti-bonus » paraisse, très officiellement, afin de pouvoir exprimer notre avis à son égard.

  Il est – ô euphémisme ! – pour le moins mitigé. Il s’agit d’un décret qui sera levé « d’ici 2010, si nous sortons de la crise »; une mesure d’un an environ, au final, qui ne comprend la régulation du capitalisme que dans l’optique suivante : « En période dure, le peuple risque de voir qu’on se sucre sur son dos, et de se révolter. Il est donc nécessaire de sauver les apparences. Mais demain, quand ce sera fini, on pourra reprendre exactement comme avant. »

  Comme il est loin, le temps où Sarkozy se réclamait de Jaurès… Résumons-nous : ce décret ne concerne que six banques : Société Générale, Paribas, Crédit Agricole, Banque Populaire, Caisses d’Epargne, Crédit Mutuel, ainsi que les deux groupes automobile Renault et PSA. Pour un pays qui compte des millions de sociétés, et une bonne quinzaine de banques françaises – sans compter les institutions étrangères – c’est un peu court, jeune homme.

  Deuxièmement, ce décret interdisant  les stock-options et les actions gratuites, n’est que provisoire. Il ne remet pas en question ce système, parfaitement « légitime » en cas de non-crise. Quand les caméras ne sont pas braquées dessus, donc.

  Troisièmement, la cerise sur le gâteau : les bonus des chefs d’entreprise (de ces huit sociétés) seront rendus illicites en cas de « licenciements importants ». Pour connaître la définition précise de cette expression, et savoir qui sera chargé d’évaluer cette importance, adressez-votre courrier à :

  LE VIDE

  BOÎTE POSTALE NEANT

  LA-BAS, A GAUCHE APRES L’INFINI

 

  Laurence Parisot, quant à elle, poursuit sa stratégie-fétiche : d’une part, elle voit « une légitimité dans le fait que l’Etat définisse les conditions des prêts et des aides qu’il accorde aux entreprises »; mais laissez-la parler un peu, et elle vous dira que « la loi ne peut cependant pas tout », et que ce qu’elle ne peut pas faire, le code éthique du MEDEF s’en chargera bien volontiers.

  Traduction : Faire appliquer ce que les représentants du peuple ont décidé, par voie de justice notamment, n’a pas autant de poids qu’un texte que les grands patrons ont la liberté d’appliquer, ou non, sans aucune sanction. Lumineux…

  Quant à François Hollande (Martine Aubry semble toujours aux fraises…), il a « répété son opposition à un décret pour encadrer les dirigeants des entreprises aidées et plaidé pour une loi, qui concernerait aussi les autres entreprises, sauf celles qui démarrent. Il est favorable à un plafonnement des salaires des dirigeants à 400.000 euros par an. »

  Le JRDF ne le contredira pas sur ces principes. Dommage que le PS n’ait pas appliqué ces idées, lorsqu’il était au pouvoir…

  En conclusion, le monde financier s’effondre, mais la droite française reste toujours fidèle à elle-même : elle ne bouge son cul que lorsqu’un scandale éclate, et l’éclabousse; elle fait l’apologie du changement tout en n’assurant même pas le minimum requis; et surtout, elle étale une bonne couche de morale sur son système capitalisto-glauque, histoire que ça se voie moins.

  A tout prendre, ce décret n’est donc pas mauvais, en lui-même; un peu comme quelqu’un qui balancerait un seau d’eau sur un immeuble de cinq étages en flammes.

  Pas sûr que cela éteigne l’incendie, en revanche…

-jrdf
rss 2 réponses
  1. boddah
    7 avril, 2009 | 10:54 | #1

    ça vaut le coup de prendre l’avion (même pas l’eurostar) avec une belle emprunte carbone pour aller au G20 et accoucher de cela !

  2. Someone
    8 avril, 2009 | 20:44 | #2

    « Pour un pays qui compte des millions de sociétés, et une bonne quinzaine de banques françaises – sans compter les institutions étrangères – c’est un peu court, jeune homme. »

    « Millions de sociétés »… dont combien de PME ?

    Ca va faire de l’emploi de contrôler tout ça mais bon.. je doute fortement que la plupart des patrons de PME puissent se sucrer sur le dos de l’état ou de leurs employés…

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