La tragédie des « Conti »

  Cet article, ami lecteur, extrait du « Monde », semble bien résumer les tenants et les aboutissants de cette crise. Le point de vue du JRDF, à cet égard, est le suivant :

  1/Il faut considérer l’impact humain de cette affaire – bien abordé dans l’article qui suit – à savoir, l’avenir de travailleurs qui ont dévoué, souvent, des années voire des dizaines d’années à cette marque, et se retrouvent dans une situation critique.

  2/C’est bizarre, mais le « grand défenseur de l’industrie française » actuellement élu n’est pas terriblement présent, sur ce coup-là. Peut-être que l’Elysée a des problèmes de communication… Nous nous déclarons, en conséquence, partisan d’une cotisation collective pour payer un fax à Sarkozy.

  3/Certes, une entreprise n’est pas une oeuvre de charité. Une entreprise doit pouvoir réorganiser ses effectifs à sa convenance; MAIS d’une part, Continental a trahi son engagement – qui promettait de maintenir le site en question jusqu’en 2012 – ET, d’autre part, la société dégage toujours des bénéfices assez faramineux. Plus précisément : une marge de 39% annoncée en 2008, sur un chiffre d’affaires visé de 19,4 milliards d’euros. Soit 8 milliards d’euros, grosso modo.

  Ce conflit, très loin d’être isolé, peut ainsi être vu comme symptomatique :

  * Des dérives très communes du capitalisme financier, particulièrement sensibles, par contraste, en période de crise et alors que Continental dégage de confortables bénéfices.

  * De l’autisme actuel de la classe politique AU POUVOIR (ne pas mettre tous les politicards dans le même sac)

  * De la volonté de résistance qui se dégage au sein du peuple français, caste après caste, cas après cas; un syndicaliste de Continental a déclaré en substance : « Ca y est, nous y sommes, c’est la lutte des classes ! On ne peut plus reculer, sinon on meurt ! »

  Peut-être, n’est-il pas très éloigné de la vérité. En espérant que cette lutte ne prenne pas un tour sordide et inique, amis lecteurs, comme cela est déjà arrivé – DEFENDEZ-VOUS !

  …et essayez de ne pas vous faire trahir…

 

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Source : http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/04/24/les-salaries-de-clairoix-face-aux-actionnaires-de-continental_1184974_1101386.html

Cantonnés derrière un cordon de policiers, ils piétinent depuis quasiment une heure devant la Kuppelsaal, le centre des congrès d’Hanovre. Lorsqu’une personne tirée à quatre épingles sort de ce bâtiment gris et trapu, les noms d’oiseaux fusent : « Actionnaires voyous ! »

Jeudi 23 avril, environ 3 000 personnes, employées par Continental pour l’essentiel, sont venues exprimer leur « colère » devant les actionnaires réunis en assemblée générale (AG). Dans la foule se trouvent 1 000 à 1 200 Français, des salariés de l’usine de Clairoix (Oise) qui ont fait le déplacement, parfois avec leurs proches, dans un train spécialement affrété par le comité d’entreprise.

Il y a aussi des Allemands, qui travaillent dans un établissement de Continental situé sur l’agglomération d’Hanovre. Tous ces salariés ont au moins un point en commun : leur usine va fermer dans quelques mois – en mars 2010, normalement, pour ceux de Clairoix.

Xavier Mathieu, de la CGT, fait partie de la petite délégation qui a pu pénétrer dans le bâtiment. Après de longues palabres, raconte-t-il, elle a obtenu qu’une « motion » soit lue face à « tous ces fils de p… » Dans ce texte, les salariés dénoncent les fermetures de sites qui ne visent qu’à augmenter « les marges bénéficiaires » de Continental. Ils refusent d’« être jetés à la rue » et exigent des mesures garantissant l’emploi. « Avant de partir, nous avons été applaudis par la moitié de la salle (où se déroulait l’AG)« , affirme M. Mathieu.

Mais les salariés de Clairoix ne se font plus aucune illusion. «  »Ils » ne reviendront pas sur leur décision », confie Véronique, 40 ans, employée à la « confection ». Les derniers espoirs ont volé en éclats, mardi 21 avril, lorsque le tribunal de grande instance de Sarreguemines, saisi en référé, a rejeté la demande de suspension du plan social. « La justice leur a donné le droit de tout faire », dit un salarié.

« UNE TRAHISON »

Et l’hypothèse d’une reprise par un accessoiriste automobile basé à Dubaï ? Elle ne suscite que rires ou haussements d’épaules car pour les salariés, il est évident que Continental va récupérer l’intégralité des outils de production à Clairoix. Secrétaire (CFTC) du comité d’entreprise, Antonio da Costa trouve que le gouvernement joue un peu avec le feu en évoquant publiquement une piste incertaine. « Il faut donner du concret, sinon la colère des salariés sera très très grande », juge-t-il.

Aujourd’hui, la principale préoccupation des personnels est de savoir dans quelles conditions ils vont quitter Continental. Embauché en 1971 alors qu’il venait de décrocher son CAP de mécanique générale, Jean-Marie Prayez, 55 ans, explique qu’« il n’a jamais envoyé de CV de sa vie ». « C’est mon père qui m’a fait entrer dans l’usine », indique-t-il. A son âge, il ne se voit pas démarrer une nouvelle carrière. Il espère pouvoir toucher l’assurance-chômage en attendant que « la retraite tombe ».

Le montant des indemnités de licenciement est au coeur de toutes les conversations. Aux yeux des salariés, Continental se doit de signer de gros chèques, puisque le groupe a commis « une trahison » en décidant de fermer Clairoix alors qu’il s’était engagé à maintenir l’activité jusqu’en 2012.

Le dédommagement est aussi crucial pour tous ceux qui se sont endettés afin d’acheter leur logement. William, 32 ans, doit, à ce titre, rembourser 800 euros par mois. L’avenir l’inquiète car il craint de ne pas retrouver un emploi aussi bien rémunéré que celui qu’il occupe chez Continental. Le but des négociations à venir, déclare M. Mathieu, est de donner aux personnels le « parachute » le plus solide possible.

Bertrand Bissuel, envoyé spécial

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