Européennes : points de vue socialistes

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  La bataille électorale européenne, ami lecteur, s’annonce compliquée ; Dans ce post, je vais tenter d’en démêler certains fils, notamment à travers les réflexions de mes camarades de section.

  En premier lieu, force est de constater (c’est le point de vue que j’ai pu émettre, dernièrement, sur ce sujet au sein du PS) que le taux de participation prévisionnel est PARTICULIEREMENT bas. Pour parler clair, environ 60% des électeurs, si on s’en tient aux différents sondages, comptent s’abstenir de voter aux élections européennes.

  Pourquoi ? D’après ce qu’ont pu m’en dire différents citoyens, au cours de mes pérégrinations politiques, ce que j’ai pu lire et voir sur ce sujet, et ce que je puis en penser, je dirais que :

   - Premièrement, le Parlement Européen ne dispose pas de beaucoup de pouvoir. Moins que la Commission Européenne, déjà ; les traités européens en sont la preuve : lorsqu’ils sont rejetés, le Parlement n’est pas fichu de les modifier, afin de pouvoir les représenter au suffrage populaire.

  - Deuxièmement, la politique de l’Union Européenne est très obscure. Sans parler des autres organes, ce qui se trame au Parlement est peu retranscrit par les médias. Le travail des parlementaires – à tort ou à raison – est difficile, de ce fait, à évaluer.

  - Troisièmement, le passif… L’UE compte faire revoter l’Irlande, comme lors du traité de Nice, impose les cultures OGM sous peine de sanctions financières, etc… les directives européennes autoritaires s’entassent, dans des domaines variés, ainsi que des méthodes peu démocratiques (voir comment le traité de Lisbonne a été renégocié entre « princes » et hors de tout cheminement parlementaire) ; Reprocher aux citoyens de rester méfiants à l’égard de l’UE, dans ces conditions, serait d’une mauvaise foi assez épaisse.

  Faut-il, pour autant, rejeter en bloc l’Union Européenne ?

  Ton serviteur, ami lecteur, bien qu’également sur ses gardes, ne peut pourtant arguer que l’Union Européenne n’a pas certains avantages – des atouts parfois très brillants. Parmi ceux-ci, notons :

  * L’Europe de la paix : A l’exception des conflits dans les Balkans, qui ont notamment éclaté sous la pression de Milosevic, et alors que la politique diplomatique européenne n’était pas encore bien « sur les rails », avouons-le, la situation en Europe a rarement été, au cours de notre Histoire, aussi apaisée qu’actuellement – d’un point de vue militaire. Cette paix n’est pas acquise, elle demande du travail ; mais que valent des vies – des centaines, des milliers, des millions de vies – épargnées par les affres de la guerre ?

  * Le marché commun : Critiquable sur certains aspects – augmentation des prix en parallèle de l’introduction de l’euro, balance du commerce extérieur alourdi (paradoxalement) par la force de la monnaie, politique de la BCE – l’Euro présente pourtant des avantages indéniables ; Par exemple, depuis son introduction, les dévaluations catastrophiques et assez fréquentes qu’ont connu, auparavant, les pays de l’Union Européenne, n’ont plus lieu.

  Les autres avantages sont à l’appréciation de chacun, mais déjà, moins de conflits militaires et (pour l’instant) plus de dévaluation massive des monnaies, c’est déjà ça…

 

 

  Voyons, à présent, le point de vue de différents camarades sur les élections européennes, leurs enjeux, l’Union d’une manière générale :

  - L’UE s’est complexifiée depuis les dernières adhésions. L’intégration des pays de l’ancien Bloc de l’Est, qui est un tour de force idéologique et humaniste, s’est doublée d’un changement dans les influences internationales ; les polonais, par exemple, qui ont tendance à se méfier de tout ce qui a l’air, même de loin, russe, idolâtrent souvent les points de vue made in USA. Sincèrement ou non… l’influence des Etats-Unis sur la politique européenne s’accroit donc, et cela pose nombre de problèmes, en termes de souveraineté européenne, notamment…

  - Le Parti Socialiste veut faire des élections européennes un vote-sanction à l’encontre de Sarkozy… nombre de camarades pensent que cette stratégie est dangereuse, et qu’elle se révèlera contre-productive. (Je partage ce point de vue)

  - Nombre d’électeurs peuvent être tentés, dans le contexte actuel, d’orienter leurs votes sur les « extrêmes », donc sur des partis qui n’ont pas la vocation de gouverner, mais seulement de s’opposer (point de vue que je ne partage pas forcément). Pour ce camarade, la crise sociale n’est pas près de s’apaiser, surtout lorsqu’on constate la fréquence des remises en cause de valeurs fondamentales de notre société !

  - Pour une camarade, le désintérêt massif des citoyens européens envers la politique de l’UE, semble plus dangereux encore que la possibilité, pour la gauche, de perdre à nouveau cette élection. [Pour info : Le PPE est le part majoritaire actuellement. C’est une sorte d’UMP européenne.]

  - Les réflexions se sont tournées vers le texte commun des socialistes européens – le « Manifesto » signé par tous les PS (33 partis pour 27 pays). Je t’encourage, ami lecteur, à le lire, pour t’en faire une idée… le problème, avec ce texte, étant qu’il est soutenu, notamment, par Zapatero, qui soutient également… Barroso ! Pour faire simple, la politique libérale (voire plus que libérale) de ce dernier est déjà un sujet de tension – il appartient à la mouvance social-démocrate, en plus d’être au PPE – chez les socialistes ; la gauche, qui veut faire front à peu près commun contre lui, voit donc certains de ses membres le soutenir – Zapatero (premier ministre espagnol), notamment. C’est une source de confusion assez évidente…

  - L’image de Sarkozy, globalement, s’est améliorée après sa présidence de l’UE. Le sujet est vaste, mais en tout cas, il semblerait qu’il ait été perçu comme un « bon » président de l’Union, par une bonne majorité des électeurs. Cela jouera très probablement en sa faveur.

  - La stratégie de l’UMP est pour le moins… déroutante. Normal, c’est le but ! Sarkozy joue la carte de  la dernière minute. A l’heure de la rédaction de ces lignes, les listes UMP pour les européennes n’ont même pas encore été établies définitivement ! La stratégie consistant à éviter les répliques ennemies, et surtout les bisbilles internes, autant que faire se peut. Malin, peut-être, mais sûrement pas très respectueux des électeurs !

  - Plusieurs camarades pensent que la crise économique actuelle, non seulement, mais aussi d’une manière plus générale, que l’Union Européenne ne peut être réformée, d’un point de vue social, en louvoyant. En bref, qu’il ne faut pas avoir peur de traiter les sujets graves avec des mesures fortes ; que le Droit de la concurrence est très sévèrement atteint, et que l’aspect technocratique de l’UE l’a emporté, depuis longtemps, sur l’aspect social…

  - Le traité de Lisbonne fait toujours débat, au sein du PS. Sans défendre, idéologiquement, le protectionnisme, les socialistes, très très très majoritairement, refusent le démantèlement des services publics.

  - La question de savoir si la cotisation des pays au fonctionnement de l’UE doit augmenter ou non (elle est de 1% actuellement) n’est pas réglée ; beaucoup pensent, cependant, qu’il est nécessaire de s’endetter pour investir – en suivant l’exemple d’Obama, notamment. Le taux d’endettement, cependant, au sein comme en dehors de l’UE, est très variable…

  - Sur la question de l’endettement, d’ailleurs, il faut noter que les solutions divergent. Les Etats-Unis et l’Angleterre, notamment, ont préféré encourager l’endettement des particuliers plutôt que celui de l’Etat. On a vu le résultat… la crise actuelle, très fortement liée aux subprimes ! N’oublions pas que cette solution était privilégiée par Sarkozy, également, il n’y a pas si longtemps… Par ailleurs, la politique pré-crise d’austérité de l’Europe peut être vue comme une réaction forcée par rapport à une mauvaise réserve de change, par rapport à nos partenaires étrangers…

 

  Qu’en penses-tu, ami lecteur ? Endetter l’Etat, ou les particuliers ? Réinvestir ou trancher dans le vif, comme toujours, dans le social ?

  Pas simple, tout ça…

Une Réponse à “Européennes : points de vue socialistes”

  1. pascal dit :

    L’europe a été un symbole de liberté pour nos peuples,la monaie,l’ouverture des frontiere,la comunication et la puissance geographique mais maintenant elle prend les memes directive que les Etats -Unis alors a savoir si c’est bon économiquement ou pour notre santé ,j’en suis moins sur!

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