Augmentation programmée (et dissimulée) des tarifs EDF

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Source : http://www.lesmotsontunsens.com/augmentation-tarifs-edf-petits-arrangements-chiffres-5176

Il y a un mois, le pédégé d’EDF Pierre Gadonneix réclamait une augmentation de 20% des tarifs de l’électricité, sur une période de 3 à 5 ans. Devant la levée de boucliers, la ministre de l’économie a courageusement tapé du poing sur la table. Résultat : une hausse « raisonnable » de 1,9% pour les particuliers et 2,3% en moyenne. C’est mieux. C’est mieux ? Pas vraiment…

D’où vient cette moyenne claironnée de 2,3% ? Nul ne sait. L’augmentation annoncée est de 1,9% pour le tarif bleu (particuliers et petits professionnels), de 4% pour le tarif jaune (pme-pmi) et de 5% pour le tarif vert (grandes entreprises). En tenant compte des volumes consommés par les abonnés aux différents tarifs réglementés, on obtient une hausse moyenne de +2.8% en 2009, contre +3.8% en 2008. L’augmentation baisse. Alors, de quoi se plaint le peuple ? Le hic, c’est qu’en 2008, l’inflation était de 2,8%, tandis qu’en 2009, elle sera à peine positive.

 

Pas si loin des 20% !

 

La charte de service public signée en 2005 entre l’Etat et EDF stipulait pourtant que les hausses ne devaient pas dépasser l’inflation. Qu’à cela ne tienne, cette charte, le gouvernement s’en moque comme de son premier service public. L’important est ailleurs : les retombées pour EDF sont comprises entre 500 millions et un milliard d’euros. Et pour l’Etat : entre 100 et 200 millions d’euros en TVA et à peine moins en dividendes. Non négligeable en période de disette, et pas si loin des 20% sur cinq ans ! Surtout que sur les quatre dernières années, les PME ont vu leur addition s’envoler de 14 % et les grandes entreprises de 17%. Finalement, les demandes de Pierre Gadonneix n’étaient pas si absurdes qu’on a bien voulu le laisser croire. « Quand on veut des étoiles, on demande la lune » avait commenté Christine Lagarde. Et quand on a la lune, on fait quoi ?

 

Opacité du système de calcul

 

D’autre part, les chiffres généralement annoncés dans la presse sont absurdes. Au moins autant que le nouveau système de calcul. La dernière augmentation tarifaire d’août 2008 avait donné lieu à une publication au Journal Officiel  de trois lignes. Trop simple : l’annonce parue au JO de vendredi dernier comporte pas moins de 20 pages ! Des abonnements ont disparu, d’autres ont été créés, fusionnés, recalculés. Du coup, il est rigoureusement impossible de comparer avec la grille précédente. Mediapart a cependant pris le temps d’en étudier les grandes lignes. Et ce n’est pas vraiment rassurant. Un exemple : le prix de l’abonnement pour les plus petites installations (3 kVA) passe de 21 à 58 euros, soit 172% d’augmentation. Ces abonnements ne représentent que 8% de l’électricité consommée, mais tout de même.

 

Les petits priés d’éclairer les gros

 

D’autant que la situation des abonnements pour la puissance supérieure (6kVA, particuliers ne se chauffant pas à l’électricité) n’est guère plus favorable : ils passent de 54 à 67 euros, soit 24% de hausse. Comme le note la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), de façon générale pour les installations de petite et moyenne puissance, les « augmentations de facture [sont] d’autant plus élevées que la consommation du site est faible« . De fait, les abonnements pour des puissances élevées diminuent de 15% quand le prix du kWh augmente à peine. Situation identique pour les PME-PMI, pour lesquelles « les baisses de facture les plus importantes sont concentrées sur les sites ayant de fortes consommations« . Bref, une façon de faire payer les petits pour les gros.

 

Aberrations en série

 

En prévision d’une éventuelle baisse des factures des particuliers liée à l’utilisation de boitiers intelligents permettant d’optimiser leur consommation, la CRE a trouvé une idée géniale : les sociétés impliquées (Voltalis notamment) devront indemniser EDF pour l’énergie « injectée mais non consommée ». Un comble ! Et ce n’est pas tout. Alors qu’EDF est désormais importateur net d’électricité et qu’elle connaît de grandes difficultés à fournir l’ensemble du réseau en périodes de pointe, les « tarifs d’effacement » (EJP) qui permettent d’amortir les chocs en hiver vont être augmentés de 6%… histoire de dissuader les nouveaux candidats ?

 

Vers la fin des tarifs réglementés ?

 

En catimini, le gouvernement instaure une opacité totale sur les grilles tarifaires d’EDF. De telle façon qu’il a « les mains libres pour organiser le marché de l’électricité comme il l’entend. Les appétits privés qui lorgnent sur la rente nucléaire [...] vont pouvoir intensifier leurs pressions. Ils ont toutes les chances d’être satisfaits » conclut Mediapart. Selon toute vraisemblance, le gouvernement souhaite en effet mettre un terme aux tarifs régulés d’ici à 2010, se cachant derrière les réglementations européennes. Sauf que l’Europe n’interdit en rien les tarifs régulés. Elle impose seulement l’existence d’une « libre concurrence », contrairement à ce que prétend le gouvernement.

 

A vos factures, prêts… comptez !

-jrdf
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