A partir de 65 ans, les seniors ne trouvent plus de logements…

Source : Sans-Logis N°168

 

Le logement des seniors est l’un des thèmes retenus par le 11e Salon des Seniors. L’occasion d’évoquer un phénomène qui touche cette population : la discrimination à la location.
 
Marie-Claude, 61 ans, reçoit un salaire confortable de 3300 euros net par mois. Elle travaille au Ministère de la Culture. « Je suis célibataire et je ne fais pas de bruit », précise-t-elle, en bonne élève. Marie-Claude doit déménager mi-avril. Elle pensait vraiment trouver une autre location, facilement. Mais, ces dernières emaines, son dossier a été rejeté plusieurs fois. Deux fois pour la même raison : « Trop vieille ». « Je n’aurais jamais imaginé que ce soit possible », dit-elle. Et Marie-Calude de s’inquiéter : « La dernière fois, le bailleur a préféré prendre un couple d’infirimiers qui gagnaient, à deux, la même chose que moi. Je commence à me décourager. »
 
Une pratique très répandue
 
Ouriel Bennaim, directeur d’une agence Orpi connaît bien le problème : « J’ai, en ce moment, une cliente de 68 ans qui a beaucoup de mal à trouver un logement à cause de son âge. » Pierre Moreau, directeur d’une agence immobilière à Paris, renchérit : « Les vieux, c’est comme les personnes de couleur, c’est de plus en plus difficile de leur trouver une location. »
 
La Haute Autorité pour la lutte contre la discrimination (HALDE) commence, elle, tout juste à appréhender le phénomène. « Nous avons mis du temps à réaliser, nous pensions toujours que le rejet était une question de revenus ou d’origine. Mais, cette année, des dossiers très spécifiques sont arrivés. Nous avons découvert que la discrimination des seniors, dès 65 ans, était une pratique très répandue, que tout le monde la connaissait », analyse Fabien Dechavanne, chef du pôle « Biens et services » à la direction juridique de la Hlade. En ce moment, de plus en plus deseniors se disent victimes de cette pratique. « A cause de la crise », s’avance Ouriel Bennaim. Peut-être, aussi, parce qu’il y a de plus en plus de demandes : les seniors bab-boomers sont plus mobiles que leurs parents.
 
Effets pervers de la loi Mermaz
 
Ce n’est pas du « racisme antivieux », explique Fabien Dechavanne [NDLR : C'est juste pour faire du fric, comme l'indique la suite de cet article] : « C’est en fait un effet non voulu de la loi Mermaz, qui date de 1989. » L4article protège les personnes âgées d’une explusion trop brutale. Un locataire âgé de plus de 70 ans qui a de faibles ressources ne peut être délogé que si le propriétaire lui trouve un appartement de remplacement, « situé dans le voisinage ».
 
Cette loi, Fabien Dechavanne la juge bien faite, mais mal interprétée : « Les agences immobilières et les propriétaires comprennent « à partir de 65 ans, l’expulsion n’est plus possible », donc ils refusent de louer. »
 
En cas de discrimination avérée, il faut contacter la Halde, constiutuer un dossier contenant des preuves (témoignages, enregistrements). Si le dossier est assez solide, le locataire peut espérer recevoir des indemnités de l’ordre de trois fois le montant du loyer.

-jrdf
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